Test d'Homefront The Revolution : révolutionnaire, vraiment ?

Finalement sorti en mai 2016 sur PlayStation 4, Xbox One et PC, Homefront : The Revolution a connu un développement chaotique. En effet, suite aux difficultés financières de Crytek, le studio de développement derrière le jeu ainsi que la licence ont été rachetés par Deep Silver, qui a repris à son compte l'édition du jeu, tandis que Crytek UK a changé de nom, devenant Dambuster Studios. Le titre est-il à la hauteur de ses ambitions révolutionnaires ?

C'est pas ma guerre

Commençons par une mise en contexte. Homefront : The Revolution se déroule en 2029 dans la ville de Philadelphie. Celle-ci est occupée par l'APEX, une société nord-coréenne spécialisée dans l'armement. Principale fournisseuse de l'armée américaine depuis le milieu du 20ème siècle, APEX a envahi les États-Unis lorsque ceux-ci n'ont plus été capables d'honorer leur dette envers elle. Notre héros, Ethan Brady, est un nouveau venu dans la ville de Philadelphie. Directement intégré aux forces rebelles, son objectif est d'initier une révolution afin de libérer la cité du contrôle nord-coréen.

Test d'Homefront The Revolution : révolutionnaire, vraiment ?

Avant de poursuivre le test, je me permets un avertissement : ce contexte est au coeur du jeu et il déterminera si vous l'appréciez ou non. En effet, la révolution est soigneusement mise en scène : de nombreuses cinématiques sont inclues et chaque objet récupéré dans un quartier influe sur la lutte contre l'envahisseur. Si vous adhérez à ce point de départ, le jeu a une chance de vous plaire. En revanche, si vous préférez les expériences moins manichéennes, passez votre chemin. Si un personnage secondaire joue le rôle du moralisateur, en répétant que les ennemis que l'on tue ont eux aussi une famille et que la révolution nuira aux civils, le titre est globalement dénué de toute nuance : les Nord-coréens sont des ennemis, que l'on tue par centaines afin de ramener la liberté.

Cette volonté du développeur d'offrir une histoire simplistes ravira certainement certains joueurs, car elle permet une mise en scène plus hollywoodienne. À l'inverse, ceux ayant apprécié le côté sombre de This War of mine ou les diverses approches possibles de Watch_Dogs ou d'InFamous : Second Son seront ici déçus.

District 9

Plus concrètement, l'aire de jeu est divisée en quartiers, de deux types différents : les zones rouges et les zones jaunes. Dans les premières, il n'y a plus âme qui vive, hormis les forces armées de l'APEX et les rebelles. Elles sont donc le théâtre d'un affrontement assez simpliste : le joueur doit libérer ces zones partie par partie afin d'en expulser les Nord-coréens. Pour ce faire, il est le plus souvent nécessaire d'appuyer sur un bouton en un lieu précis, mais parfois il est requis d'effectuer une action spécifique, comme par exemple de rouler avec une moto sur une dynamo afin de relancer un générateur.

Des civils résident dans les zones jaunes, dans lesquelles les ennemis sont aussi plus nombreux. Dans ces régions, il est donc nécessaire de faire profil bas, en évitant les patrouilles et en se cachant dans des abris en cas de problème. L'objectif dans ces zones est de faire progresser l'engouement, en diffusant des messages de propagande, en tuant des ennemis ou en sabotant les générateurs de l'APEX. Une fois celui-ci à 100%, les civils se révoltent, permettant d'assaillir le bastion principal des forces ennemies, contraintes en cas de défaite de quitter le quartier.

 

L'avantage de ce système est que chaque action du joueur a un impact sur son environnement. À mesure que l'engouement progresse, les civils sont plus entreprenants face aux forces de l'ordre et les rebelles plus nombreux. Cependant, la réalisation est assez grossière : récupérer un territoire à l'APEX se résume généralement à appuyer sur la touche E près d'un marqueur sur la carte. La libération d'un quartier manque donc de diversité ; pis, le seul mini-jeu est pratiquement injouable avec une souris.

En outre, les zones offrent de nombreux chemins possibles ; les portes closes sont rares en zones jaunes et inexistantes en zones rouges. Il est donc toujours possible de passer par plusieurs passages, verticaux comme horizontaux. Toutefois, Homefront : The Revolution n'est pas un véritable monde ouvert : les zones sont d'une taille assez réduite et sont reliées par des tunnels (imposant un - court - temps de chargement). Cela nuit à l'immersion, le joueur n'ayant pas l'impression d'évoluer véritablement dans une grande ville, mais dans une suite de quartiers sans véritable lien entre eux.

Choose your weapon

Sur le strict plan du gameplay, Homefront : The Revolution est un jeu de tir à la première personne assez classique. Les armes (fusil à pompe, fusil d'assaut, etc.) ne sont en rien originales. Cependant, le titre permet de les personnaliser de manière simple et rapide. Une même arme dispose ainsi de plusieurs variantes et peut accueillir des objets en plusieurs emplacements. Il est ainsi possible d'ajouter un pointeur laser et une lunette, ou à l'inverse un mécanisme réduisant le recul de l'arme. L'ensemble est facile à prendre en main.

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Outre les armes, le joueur dispose également de projectiles incendiaires, d'explosifs, d'outils de piratage et d'engins de diversion. Chacun peut également être amélioré de plusieurs façons différentes. Si les munitions se trouvent sur les cadavres des ennemis, les outils doivent, eux, être craftés au moyen de ressources trouvées sur la carte. Cela récompense l'exploration, bien que le système soit perfectible. En effet, la capacité maximale en ressources s'atteint vite, alors qu'elles se révèlent parfois indispensables. Il arrive donc d'être à court d'un matériel de craft, alors que dix minutes plus tôt il n'était pas possible d'en ramasser, la capacité maximale ayant été atteinte. Cela force à ne pas abuser de ces objets, mais il est frustrant de passer si rapidement du maximum au minimum en raison d'un plafond beaucoup trop bas.

Le système de points de vie est lui très old school. La barre de vie ne se recharge pas au moyen de grands bols d'air frais ; il est nécessaire d'utiliser des medkits, relativement rares, pour cela. Cela force à se montrer prudent, sous peine de quoi la réserve d'objets de soin sera désespérément vide au moment opportun. Ce choix est un peu plus réaliste et favorise l'immersion, mais il nuit également au dynamisme des combats.

Enfin, Homefront : The Revolution permet de parcourir ses zones à moto... ou plutôt, d'essayer de le faire. En effet, ce moyen de transport est extrêmement peu maniable - au clavier/souris tout du moins. Il aurait été préférable d'offrir au joueur un véhicule plus stable, comme un quad, ou de lui permettre de passer en vue TPS pendant ces phases. En l'état, la jouabilité compliquée de ces véhicules couplée à l'irrégularité de l'environnement incitent à tout simplement faire l'impasse sur eux.

La guerre ne se gagne pas seul... mais à cinq

Autre spécificité du titre, la possibilité de demander de l'aider à d'autres rebelles, en appuyant sur une simple touche. Il est agréable d'être ainsi épaulé. Malheureusement, il n'est pas possible d'avoir plus de quatre coéquipiers, ni d'interagir avec eux de manière poussée. Il y a d'autres rebelles sur la carte, qui agissent par eux-mêmes, mais ce concept donne l'impression d'une bonne idée mal exploitée. Un système de points de compétences à attribuer, permettant de réunir davantage d'alliés, aurait été appréciable. En l'état, cela tient davantage du gimmick que de la véritable fonctionnalité, ce qui est dommage.

En outre, Homefront : The Revolution est doté d'un mode en ligne, intitulé "Résistance". Dans celui-ci, des équipes de 4 joueurs peuvent effectuer l'une des six missions proposées. Un fort accent est mis ici sur la personnalisation : armement, apparence et compétences sont ainsi modifiables. La progression est laborieuse, les nouveaux objets s'obtenant via des caisses au contenu aléatoire, mais riche. La volonté du développeur de proposer deux expériences distinctes, ayant toutes deux un contenu important, est appréciable. On en viendrait presque à regretter que le système de compétences ne soit pas présent en solo.

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Mérite-t-il le titre de "Révolution" ?

En l'état, difficile d'avoir un avis très positif sur Homefront : The Revolution. Les développeurs ont eu de bonnes idées et l'ensemble part d'une bonne intention. Malheureusement, il leur manque une expertise dans le gameplay et probablement un peu de moyens pour pleinement exploiter cela. Il en résulte que ce deuxième opus de la série Homefront est un jeu passable, envers lequel il est difficile d'être trop critique, car les développeurs ont été ambitieux et ont probablement fait le maximum, mais qu'il est également difficile de recommander, tout du moins à son prix actuel. Si le contexte vous intéresse, vous serez probablement satisfait par le jeu, qui adapte de manière correcte ses mécanismes à cet enjeu. Néanmoins, il ne s'agit en rien d'un jeu culte, à fortiori en comparaison de la concurrence. Dommage.

Testé réalisé par Alandring à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.