Test de Nurse Love Addiction

En 2011, le studio Kogado ravissait les amateurs de yuri en sortant Hakuisei Ren'ai Shoukougun sur PSP : un Visual Novel prenant place dans le milieu hospitalier. Quatre années plus tard, ils récidivaient avec Hakuisei Aijou Izonshou, cette fois sur PS Vita et PC ; le jeu s'inscrit dans le même univers, mais sans être une suite - difficile de faire une suite pour un VN dont le but reste finalement de poursuivre une romance. Un peu plus d'un an plus tard, en juillet 2016, l'éditeur du jeu, Degika, publie une version anglaise, sous le titre Nurse Love Addiction, sur laquelle nous allons nous pencher.

 

Avant toute chose, il est important de préciser que le jeu ne contient aucune scène à caractère sexuel. Ce genre vidéo-ludique est souvent assimilé à des jeux pornographiques alors qu'il existe un grand nombre de titres proposant des histoires tout public ou, à défaut, ne contenant aucune scène se rapportant au sexe.

Autre point important pour les non initiés, le yuri, nom japonais donné aux fleurs de lys, se rapporte aux histoires mettant en scène des relations amoureuses ou fusionnelles entre deux femmes, qu'elles soient explicites ou non. Parmi les œuvres les plus célèbres, on peut citer Sailor Moon, Lady Oscar, Yuru Yuri ou encore Maria-sama ga miteru.

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Test de Nurse Love Addiction

Comme souligné dans l'introduction, Nurse Love Addiction n'est pas à proprement parler une suite du premier opus, mais se déroule dans le même univers et sur la même thématique de l’hôpital. Les deux titres sont donc totalement indépendants, bien qu'on retrouve quelques clins d'œil ici et là. Nul besoin donc d'avoir joué au premier titre pour pleinement profiter de celui-ci. Si Shoukougun nous mettait dans la peau d'une infirmière débutante, Addiction nous place cette fois dans celle d'une étudiante infirmière débutant ses études dans une école spécialisée, accompagnée de sa petite sœur - comment les deux se retrouvent dans la même classe est l'une des premières choses expliquées, pour les plus sceptiques. On se retrouve à suivre le quotidien de l'insouciante Asuka apprenant à devenir une infirmière. Si ce synopsis peut s'avérer simpliste et peu intéressant au premier abord, plusieurs questions viennent se poser à mesure que le temps passe et l'atmosphère, initialement légère et amusante, s'appesantit de plus en plus à mesure qu'on en apprend davantage sur les diverses protagonistes, mais aussi à mesure qu'elles découvrent la réalité du métier auquel elles aspirent.

Visual Novel (ou VN) oblige, le gameplay est pour ainsi dire inexistant. On avance dans l'histoire avec de temps en temps un choix à faire, lesquels finissent par définir la « route » que l'on va finalement aborder. Comprendre laquelle des prétendantes Asuka va activement poursuivre. Si le public japonais est habitué et friand du genre, le public occidental est pour sa part divisé quant à la pertinence de « jeux » qui se résument à cliquer, lire du texte et parfois faire un choix. Sans rentrer dans le débat, disons simplement qu'il convient de considérer les VN plus comme des livres tirant profit des possibilité liées au support multimédia que comme des jeux vidéo. Et nous sommes ici  dans l'expression la plus pure du VN, qui ne s'encombre pas de statistiques à gérer ou de mini-jeux pour donner le change. Non, Nurse Love Addiction ne se soucie que de dévoiler son histoire, au travers de plusieurs routes possibles rattachées à 4 personnages en plus du protagoniste.

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Dilemme, dilemme...

Chaque route apporte son lot de réponses quant aux nombreux mystères qui apparaissent au fil du jeu et chacune possède une bonne, mais aussi une mauvaise fin. Ne suivre qu'une seule de ces routes est tout à fait possible, mais vous risquez de vous retrouver avec encore un grand nombre de questions. Notons toutefois que le VN suit une branche commune formant environ les trois quart de l'histoire avant de se décliner vers une route spécifique lorsqu'on approche de la conclusion. Difficile de rentrer dans les détails sans spoil de l'histoire, mais sachez toutefois que celle-ci ne se résume pas simplement à des jeunes filles homosexuelles à la recherche de l'âme sœur, même si les relation entre personnage (romantiques, amicales ou conflictuelles) restent au cœur du titre.

Coté graphismes, Nurse Love Addiction se place dans le haut du panier. Les décors sont soignés, bien qu'assez classiques - la chambre d'Asuka et Nao, la salle de classe, la salle de pratique, la station de train, etc. -, et suffisamment variés pour former des transitions fluides sans être trop nombreuses, rajoutant à la cohérence du décor. L'interface est classique également et le menu simple à utiliser, bien qu'exploitant des notions médicales pour la sauvegarde et le chargement, qui peuvent prêter à confusion la première fois. Seule ombre au tableau, la zone de texte mange un bon tiers de l'écran, probablement vestige du support d'origine, à savoir la PS Vita, imposant une zone conséquente pour être lue confortablement. On peut toutefois regretter qu'en effectuant le portage, ils n'aient pas ajusté la zone de texte pour tenir compte de la résolution des écrans pc. En revanche, il est possible dans le dossier du jeu de définir le ratio de la résolution suivant que l'on souhaite avoir du 16:9, du 16:10 ou même du 4:3. La résolution de base est de 1280x800, ce qui offre une résolution confortable qui conserve un aspect suffisamment fin quand on le passe en plein écran.

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Le menu. « Powan ! »

Le character design est l'un des points forts du jeu. Naruse Chisato cède la place à Hayase Akira qui exécute un excellent travail avec des dessins tout en nuance et de qualité. Les expressions des personnages, à commencer par Asuka, sont travaillées et variées, donnant aux personnages toute une gamme d'expressions qui, si elles reviennent régulièrement, sont suffisamment plaisantes pour qu'on ne s'en lasse pas.

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Quant à la bande son, les musiques sont agréables et servent bien l'ambiance tout en restant assez discrètes pour ne pas gêner. Les effets sonores sont restreints au menu, avec une petite touche sympathique : il est possible, dans le menu, de définir les sons d'interface en leur attribuant la voix d'un des personnages. Seule Asuka est disponible au début, mais on débloque les autres voix en finissant la route du personnage associé. On a alors l'un des personnages qui prononce les onomatopées quand on ouvre/ferme le menu ou quand on clique sur une option, à coup de « powan », « sun » et ainsi de suite. C'est mignon et on se surprend à ouvrir et fermer le menu en boucle juste pour en profiter. Il s'agit là d'une fonctionnalité entièrement optionnelle ; par défaut, ce sont les sons classiques qui sont sélectionnés.

Au niveau du doublage, Nurse Love Addiction conserve les voix japonaises et franchement, on ne peut qu'approuver tant le travail effectué par les actrices est de qualité. Mention toute particulière pour Asakura Asumi, qui joue Asuka avec un enthousiasme collant parfaitement au personnage. Le reste du cast n'est pas en reste, bien que la plupart aient des rôle plus posés, mais les voix collent bien aux personnages incarnés et ne détonnent pas.

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Siscon et Tsundere detected.

La durée de vie est raisonnable. Comptez une douzaine d'heures pour compléter une première route en lisant de manière fluide et sans trop se presser. Il est bien sûr possible de skip les textes pour passer l'histoire en accéléré et pour ceux qui visent des routes spécifiques sans vouloir tout relire, il existe une option vous amenant directement au choix suivant, permettant de rapidement accéder à la fin souhaitée. De fait, la rejouabilité est extrêmement variable et dépendante de chacun : outre l'envie ou non de faire toutes les routes (bonne ou mauvaise), l'envie de prendre son temps ou juste sauter aux fins va grandement faire varier non seulement le nombre de fois que vous recommencerez, mais aussi le temps passé sur chaque route. Le nombre de choix est raisonnable sans être excessif et il sont généralement assez espacés pour ponctuer l'aventure sans pour autant vous solliciter toutes les trois répliques ou vous faire oublier leurs existences.

Pour ce qui est des défauts, outre la taille de la zone de texte mentionnée plus haut, il y a quelques coquilles traînant par ci par là, mais qui restent relativement rares pour ne pas gêner - par exemple, une ligne de dialogue incluant « ...don't speak tell her... ».

Nurse Love Addiction est-il un must have ? Si vous aimez les VN et le yuri, indéniablement. Le studio Kogado signe ici un titre d'excellente facture sur le plan technique avec une histoire qui saura surprendre et jouer sur plusieurs registres, bien que son appréciation variera d'un individu à l'autre. Le prix (36,99€) peut sembler élevé pour un « jeu » qui n'a pour ainsi dire aucun gameplay et pour un portage, mais le VN est lui-même relativement récent comparé à d'autres portages (un peu plus d'un an), doté d'une durée de vie raisonnablement conséquente et intégralement doublé. Si vous êtes réfractaire aux Visual Novel ou au yuri, en revanche, autant passer votre chemin.

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Test réalisé par Chantelune à partir d'une version commerciale.


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