Evoland 2, un action-RPG en forme d'hommage

Sorti à la fin août 2015, Evoland 2 entendait proposer une expérience rafraîchissante aux amateurs de jeux rétros en leur offrant un jeu qui leur permettait de revisiter leurs classiques en voyageant dans le temps, tout en bénéficiant d'une intrigue originale et de modes de jeux parfois décalés pour ce type d'aventures. Nous livrons nos impressions, après être sortis d'une boucle temporelle...

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Vu que le jeu est le second d'une série, certains parmi vous pourraient se poser la question de savoir s'il faut avoir joué au précédent opus avant de se lancer dans cette nouvelle aventure : ce n'est pas le cas, cette intrigue est totalement indépendante du premier jeu.

Quand nous avions rencontré les développeurs de Shiro Games lors de la dernière gamescom, ils nous avaient dit qu'ils avaient pris leur temps, un peu plus d'un an, pour analyser ce qui avait fait les forces de leur premier Evoland et aussi ses défauts, car ils voulaient que leur nouveau jeu montre une réelle amélioration. Après un peu plus de trente heures de jeu, on peut dire qu'ils ont clairement réussi leur pari.

Un projet longuement mûri

Une des critiques les plus fréquentes à l'encontre d'Evoland était qu'il était bien trop court, et qu'il laissait les joueurs sur leur faim, les pauvres attendant que le plaisir dure encore un peu plus longtemps. Notre première partie nous a pris pas moins de 23 heures de jeu, en jouant à un rythme tout à fait raisonnable et en cherchant à débloquer quelques contenus cachés, ce qui est une nette amélioration par rapport au premier et tout à fait raisonnable pour un jeu indépendant de ce type. Même si certaines parties peuvent sembler un peu longuettes, il y a toujours quelque chose à faire dans ce jeu: vous pouvez progresser dans l'histoire, explorer le monde de manière plus ou moins libre en fonction de votre progression, chasser les coffres cachés ou vous lancer dans des duels de cartes pour débloquer l'intégralité du contenu du jeu.

Vous ne vous ennuyez jamais quand vous explorez l'univers d'Evoland 2. Il y a toujours une référence cachée qui n'attend que votre culture geek pour se révéler à vous. Vous rencontrerez des personnages emblématiques de l'histoire du jeu vidéo, comme Lara Croft, Elizabeth de Bioshock Infinite, Sakura de Street Fighter ou Annie de League of Legends; vous noterez des éléments du décor qui dénoteront dans cet univers fantastique ou qui vous rappelleront de vieux souvenirs, comme le bouclier de Captain America suspendu entre l'épée de Cloud de Final Fantasy 7 et le Bouclier Hylien de Link, ou un squelette traînant dans le coin d'un donjon qui n'est autre que le héros de MediEvil. Honnêtement, notre première réaction fut même de nous dire qu'il y en avait trop et que ce serait un miracle si le jeu ne se mangeait pas un procès pour avoir violé les droits de l'une ou l'autre des oeuvres concernées. Mais quand vous décidez de jouer le jeu et de prendre ce jeu pour ce qu'il est, un hommage à l'histoire vidéo-ludique et à la culture geek,  vous vous amuserez comme un petit fou.

Un hommage qui s'assume et jongle avec les genres

Nicolas Decasse, l'un des développeurs du jeu, s'était présenté à nous pendant notre entretien à Cologne comme étant un énorme fan de Chrono Trigger, et l'influence de cette légende du jeu vidéo est palpable sur la trame scénaristique d'Evoland 2. L'histoire du jeu vous amènera à voyager dans le temps grâce à des pierres sacrées dressées puis abandonnées par une civilisation mystérieusement disparue, tout en prenant conscience, à mesure de vos expérimentations avec la trame temporelle, que vos actions peuvent être lourdes de conséquences. Comme tout héros qui se respecte, Kuro, votre avatar, se fera de nouveaux amis tout au long de son aventure, chacun avec leur histoire et leurs peines, et il nouera une amitié profonde avec eux, qui lui permettra d'utiliser leurs pouvoirs spéciaux en combat ou pour explorer son environnement, en enlevant des obstacles de son chemin ou en créant des passages pour lui. Une fois que vous aurez débloqué le niveau maximum de leur pouvoir, vous aurez accès à des invocations spécifiques à chacun de vos partenaires, dont l'apparence ne sera pas sans vous rappeler, en fonction de la période d'invocation, les invocations de Final Fantasy 6 et 7.

Le voyage dans le temps est facilement repérable dans le jeu, et les amateurs de rétro-gaming seront ravis: le plus loin dans le passé vous voyagerez, le plus rétro sera la patte graphique du jeu. 8 bits pour le passé, 16 bits pour le présent, 3D isométrique pour le futur, impossible que vous ne sachiez pas à quelle époque vous êtes (une seule zone fait exception à cette règle, car considérée comme hors du temps). Pour explorer de fond en comble certaines zones, vous devrez parfois alterner régulièrement entre les époques pour débloquer les puzzles en interagissant avec un élément de l'une pour bénéficier des conséquences dans l'autre. Cet élément aurait pu être intéressant si sur le long terme il n'avait pas trop haché l'action ou le fil de l'intrigue : avoir sans cesse à faire des navettes vers les piliers de voyage temporel est une véritable plaie pendant les premières heures du jeu, du moins tant que vous n'avez pas de moyen de transport. Et encore, on n'évoquera pas ici les quelques fois où l'on ne sait plus vraiment quelle est la trame principale du jeu et où commence les quêtes annexes, surtout quand elles vous demandent toutes de vous rendre dans un endroit différent à une époque précise.

Un gameplay sans cesse renouvelé 

Cependant, Evoland 2 trouve toujours un moyen de susciter votre intérêt, en sortant des sentiers battus de l'action-RPG et en proposant régulièrement au joueur de s'amuser sur des modes de jeu normalement aux antipodes des canons du genre. Par exemple, vous devrez venir à bout d'un boss dans une séquence de combat proche des Street Fighter, vous essayerez de sauver une civilisation entière de la destruction dans une phase de tactical RPG et vous vous échapperez du sommet d'une montagne dans une séquence de shoot'em'up à la Ikaruga... Vous ne saurez pas vraiment à quoi vous attendre sur votre première partie, et vous serez inévitablement surpris : honnêtement, combien d'entre vous s'attendraient à jouer à un mix de Dance Dance Revolution et Guitar Hero dans un Action RPG ? Cela participe malgré tout à la mauvaise impression que l'on a pu évoqué plus haut, malheureusement : le jeu n'est, par bien des côtés, qu'un très agréable mais bien réel pot pourri de références et d'hommages qui gomment en grande partie l'identité propre du titre, vous donnant l'impression de jouer à un jeu qui est plus une vitrine pour d'autres jeux que pour sa propre histoire.

Si nous devions formuler ne serait-ce qu'une vraie critique à l'égard de ce jeu, on pointerait du doigt le fait que certains puzzles que vous devez résoudre sont très difficiles à solutionner, non pas parce qu'il faut un doctorat pour trouver leur solution, mais surtout parce que les angles de vue ou les zones faisant office de point de contact avec vos attaques sont juste très mal agencés. Dans certaines situations, vous aurez l'impression d'attaquer le bon buisson obstruant votre chemin, sans lui infliger de dégâts, et vous penserez que ce n'était pas la solution, sauf que vous tapiez en fait deux millimètres au-dessus de la zone de contact qui ne recouvrait pas l'ensemble du buisson... On a par exemple ainsi passé une heure dans la forêt des Sylphes, sachant pertinemment où était la sortie, mais sans pouvoir l'ouvrir, à cause d'une hitbox mal placée... Mais dans l'absolu, les puzzles restent compliqués, pour la plupart, et il vous faudra bien faire attention à votre environnement pour les résoudre.

Crache ta Valda avariée, Myrhdin

En guise de conclusion, on recommandera donc chaudement ce jeu aux joueurs qui sont un peu nostalgiques de l'âge d'or des action-RPGs, aux joueurs qui ont une énorme culture geek, ou tout simplement à ceux qui cherchent un jeu agréable qui les divertira une vingtaine d'heure. Il a de mauvais côtés, oui, comme tous les jeux : on pointera notamment du doigt le rythme qui n'est vraiment pas constant ou le fait que les alliés soient réduits, en phase de combat, à de la simple figuration pendant 90% du jeu,. Mais la variété des modes de jeux proposés, les très nombreuses références humoristiques et la bande-son qui est tout simplement parfaite font d'Evoland 2 un jeu que vous aurez sans doute plaisir à prendre en main.


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5,7 / 10 - Assez bien

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