Test d’EVE Gunjack : la réalité virtuelle comme avenir des shoot them up ?

Si pour vous il n’existe que trois casques de réalité virtuelle – le HTC Vive, l’Oculus Rift et le PlayStation VR –, vous n’avez peut-être pas suivi l’historique d’EVE Gunjack. En effet, le titre est initialement sorti en novembre 2015 sur Gear VR, avant d’être ensuite porté sur les trois casques cités plus tôt lors de leur sortie. En d’autres termes, nous parlons aujourd’hui du portage d’un jeu smartphone sur consoles et PC. Hérésie ou vraie bonne idée ?

Test d’EVE Gunjack : la réalité virtuelle comme avenir des shoot them up ?


Une VRaie révolution

La réalité virtuelle redéfinit les codes du jeu vidéo traditionnel. De par sa nature, elle s’adapte à des jeux différents de ceux qui se vendent habituellement. Ainsi, le rail shooter, un genre que l’on pensait mort il y a plus de dix ans, revient en force avec la sortie des casques de réalité virtuelle. En effet, cette dernière se prêtant mal aux déplacements volontaires du joueur, les expériences ne proposant pas de déplacement – ou un déplacement automatique, sur rails – sont à privilégier.

EVE Gunjack remet en lumière un autre genre, cantonné aux plateformes digitales depuis de nombreuses années : les shoot them up. Le titre met le joueur aux commandes d’une tourelle, en lui confiant la mission d’éliminer plusieurs vagues successives d’ennemis. Toutefois, plutôt que de devoir viser avec une croix directionnelle, un stick analogique ou une souris, c’est le regard qui oriente ici les tirs, ce qui fait toute la différence.

 

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Comme souvent avec la réalité virtuelle, il est difficile de rendre justice à une expérience en l’exprimant par des mots. Dès le début, lorsque la tourelle se met en place, l’immersion est totale. Devoir suivre des yeux les vaisseaux hostiles, en déplaçant sa tête vers tous les coins de son champ de vision, renouvelle en profondeur le genre. Il n’y a pas de perte de précision, tout au contraire ; une fois accoutumé aux particularités de ce type de visée, il est difficile de revenir à la souris pour jouer à un jeu de tir traditionnel. Enfin, les courts passages scénarisés – et sous-titrés en français – précédant chaque mission renforcent encore cette immersion.

 

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J’ai préféré Resogun

Alors, Gunjack est-il à la fois l’avenir de la réalité virtuelle et des shoot them up ? Probablement pas. En effet, s’il exploite parfaitement la première, il ne rend pas vraiment justice aux seconds, pour plusieurs raisons. Premièrement, le jeu se termine rapidement : il ne compte que 20 niveaux, dont la durée varie entre 3 et 15 minutes. Il est bien entendu toujours possible de les recommencer en cherchant à maximiser son score, mais ce n’est guère intéressant en raison du deuxième défaut du jeu : sa difficulté aléatoire. Il est parfaitement possible d’échouer dans un niveau, épuisant ses continus, puis d’obtenir trois étoiles au premier essai du niveau suivant. La difficulté est davantage liée au rechargement : effectué au mauvais moment, il peut causer la mort du joueur. Il est donc important de savoir quand les ennemis apparaîtront ou d’avoir de la chance. Malheureusement, cette difficulté ne convaincra ni les hardcore gamers ni les joueurs occasionnels, puisqu’elle est souvent trop faible pour les premiers et parfois frustrante pour les seconds. Troisièmement, en dépit de sa faible durée de vie, Gunjack tombe rapidement dans la monotonie. Certes, les ennemis varient et il existe plusieurs sortes de power up, mais rien ne modifie véritablement le jeu durant les vingt niveaux. Le cadre fixe lasse nécessairement le joueur, à moins qu’il ne joue que par de courtes sessions.

 

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Enfin, le gameplay du titre est pauvre. Il n’exploite que trois boutons : R2 pour tirer ou ramasser un objet, L2 pour utiliser un power up et carré pour recharger. Il paraît étrange d’attribuer deux fonctions à une seule touche, mais c’est probablement lié à l’origine mobile du titre. Bien sûr, le nombre de commandes n’est pas déterminant pour la qualité d’un jeu, à fortiori en réalité virtuelle ; on pense notamment à VR Luge et à Danger Ball, deux jeux de PlayStation VR World qui se contentent d’utiliser l’inclinaison de la tête et l’orientation du regard. Néanmoins, pour un shoot them up, cela signifie que les possibilités d’action du joueur sont très limitées.

 

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En conclusion, EVE Gunjack livre une copie assez inégale. Il montre que la réalité virtuelle est l’avenir des shoot them up. Il prouve également qu’il est possible d’avoir d’excellents jeux sur Gear VR. Néanmoins, sur PC ou PlayStation 4, le titre manque probablement d’ambition pour constituer un incontournable. C’est un jeu sympathique, qui vous occupera deux ou trois heures si vous désirez obtenir le maximum d’étoiles pour chacun des niveaux, mais n’est pas à la hauteur des titres phares du PlayStation VR ou de son cousin EVE Valkyrie.

Test réalisé par Alandring à partir d’une version fournie par le développeur.


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5,3 / 10 - Moyen

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