Test de Robinson : The Journey : beau, mais creux ?

Robinson : The Journey est sorti le 09 novembre dernier, exclusivement sur PlayStation VR. Sorti un mois après le casque, il a une lourde responsabilité : prouver que la réalité virtuelle ne se limite pas à de petites expériences finies en quelques heures. Pari réussi ?

Test de Robinson : The Journey : beau, mais creux ?

Flower

Dans Robinson : The Journey, le joueur incarne une personne ayant survécu au crash d’un vaisseau colonisateur. Si la planète n’est pas habitée par des humains, elle est riche en faune et en flore, avec notamment des dinosaures. Accompagné de Laïka, son bébé T-Rex de compagnie, et de Higs, un robot utilitaire, notre personnage a la dure mission de survivre sur ce territoire parfois hostile.

Sur le plan du gameplay, le titre est un étrange mélange entre un puzzle game et un jeu d’exploration. En effet, pour avancer dans l’histoire, le joueur doit résoudre quelques problèmes, comme rediriger l’énergie d’un générateur vers les différents objets d’un secteur ou détruire un nid de ptérodactyles perturbant le camp. Si les premières énigmes sont très simples, il est par la suite nécessaire de davantage se creuser les méninges pour comprendre comment parvenir à ses fins. Rien d’insurmontable, mais une difficulté suffisante pour que le jeu ne soit pas qu’une longue balade linéaire.

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En parallèle de cela, il est possible de remplir son pokédex en scannant les animaux environnants, mais aussi de récupérer des enregistrements permettant de mieux comprendre ce qui est arrivé dans le vaisseau. Sur ce plan, Robinson : The Journey est une grande réussite : si le bestiaire n’est pas aussi original qu’on aurait pu l’espérer, il est très agréable de découvrir ainsi une planète, fragment par fragment. Le thème est bien choisi et bien exploité. Pour cette raison, je recommande de ne pas se fier à la durée de vie annoncée par certains joueurs ayant rushé le jeu. Oui, il est possible d’arriver à la fin en six ou sept heures, mais le plaisir n’est pas là. En prenant le temps d’explorer la planète Tyson III, il faut compter plus d’une dizaine d’heures pour arriver au bout de l’aventure. Ce n’est pas énorme pour un jeu vendu plein tarif, mais c’est une durée assez similaire à certains AAA traditionnels.

C’est d’autant plus vrai que la durée de vie ne sent pas le remplissage, tout au contraire. Les boucles de gameplay sont efficaces, notamment l’escalade, reprise de la démo The Climb. Le joueur doit regarder la prise qu’il désire atteindre et appuyer sur une touche pour s’en saisir. La précision n’est pas excellente, mais l’ensemble fonctionne très bien en réalité virtuelle. Le scan est lui aussi très réussi. Il ne suffit pas d’appuyer sur un unique bouton, tout au contraire. En déclenchant le scanner, des points verts et rouges apparaissent sur l’animal. Il est nécessaire de scanner tous les points verts sans toucher aux rouges ; plus l’animal est imposant, plus l’opération peut se révéler complexe, mais moins il sera nécessaire de la répéter pour réaliser un inventaire complet de l'espèce. Certains animaux pouvant fuir si on se rapproche trop, l’exploration nécessite de la concentration de la part du joueur et n’a rien d’un contenu secondaire que l’on ferait en vitesse. Toutes les parties de l’expérience sont donc soignées, qu’il s’agisse du gameplay, des énigmes ou de l’exploration.

Le tout est alimenté par une technique parfaitement maîtrisée, Crytek oblige. Robinson : The Journey est probablement le plus beau jeu actuellement disponible PlayStation VR et le titre est intégralement doublé en français. Cela participe assurément à l’immersion.

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Très bien, mais hors-sujet

Alors, Robinson : The Journey est-il le parfait ambassadeur de la réalité virtuelle ? Tout semble réuni : durée de vie, gameplay, technique… Malheureusement, le jeu souffre d’un handicap de poids : son concept n’est probablement pas adapté à la réalité virtuelle. Prenons l’exploration en exemple. Elle fonctionne bien et est intéressante en elle-même. Cependant, elle implique un déplacement, qui va de pair avec un motion sickness. Plusieurs options de réglage de la caméra et des déplacements permettent de diminuer le problème. De plus, avec un peu d’habitude et en prenant le réflexe de ne jamais toucher au joystick droit (qui contrôle la caméra), le titre devient vite beaucoup plus supportable. Ce n’est donc pas un élément rédhibitoire, mais cet aspect oblige à se demander si le titre n’aurait pas été meilleur sans réalité virtuelle. Le déplacement aurait gagné en fluidité, malgré une perte en immersion.

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Quelques scènes sont très convaincantes, de même que quelques éléments de gameplay, mais la majorité du jeu serait parfaitement jouable sans casque de réalité virtuelle – et l’expérience serait probablement meilleure. Ainsi, il arrive que le joueur soit un peu perdu, ne sachant pas exactement où il doit se rendre. Or, pour limiter le motion sickness, les déplacements du joueur sont volontairement ralentis… ce qui rend ces moments d’autant plus frustrants.

Témoin de ce statut un peu bâtard du jeu, il n’est jouable qu’avec une manette DualShock 4… alors que le personnage tient en permanence un objet très similaire à un PlayStation Move. Le jeu était-il prévu pour ce controller, avant un changement de dernière minute ? Dans tous les cas, la manette nuit à l’immersion et renforce l’impression que le jeu n’est pas véritablement adapté à la réalité virtuelle.

 

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Un voyage low cost ?

Robinson : The Journey est un titre qu’il est difficile d’évaluer. Ses qualités sont évidentes et liées à de nombreux domaines, du gameplay à la technique en passant par la narration. Le titre occupera de nombreuses heures les possesseurs de PlayStation VR et ce de façon plutôt agréable. Cependant, il lui manque l’essentiel, ce qui pousse les gens à dépenser 400€ pour un tel casque : l’effet wahou. Sur le strict plan de la réalité virtuelle, Robinson : The Journey perd face à des expériences beaucoup plus simplistes, comme par exemple Danger Ball, de PlayStation VR Worlds.

 

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En définitive, le jeu illustre très bien une chose : la réalité virtuelle est une révolution. Comme toute révolution, elle obéit à des codes différents de ceux dont les développeurs avaient l’habitude. Un excellent jeu traditionnel peut ne pas fonctionner du tout avec un tel casque tandis qu’à l’inverse un concept très simple peut être transcendé par la réalité virtuelle.

Robinson : The Journey est dans l’entre-deux. C’est un bon produit, qui fonctionne en réalité virtuelle, mais n’en profite pas pleinement. Pour 60€, cela fait cher pour une expérience certes de qualité, mais qui n’est pas entièrement convaincante.

Test réalisé par Alandring à partir d’une version fournie par l’éditeur.

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