Neo Retro : Star Ocean: Till the End of Time

Il y a presque 13 ans de cela sortait en France Star Ocean: Till the End of Time, troisième épisode de la licence lancée il y a deux décennies par tri-Ace. Aujourd'hui, le jeu mêlant space fantasy et médiéval fantastique se rappelle à nous avec ce portage PlayStation 4 dont voici le retour.

Sorti en 2003 sur PlayStation 2 au Japon puis en 2004 dans le reste du monde, Star Ocean: Till the End of Time est le troisième volet de la série développée par tri-Ace depuis 1996. Assez unique en son genre, la licence Star Ocean se caractérise par le mélange entre space fantasy - genre regroupant des œuvres comme Star Wars ou Star Trek -, et médiéval fantastique afin de mettre en scène la confrontation entre des mondes sous-développés et des technologies très avancées. Dans la continuité de l'anniversaire de la licence, initié par la sortie du cinquième épisode aux retours mitigés, Square Enix a ressorti de ses cartons Star Ocean: Till the End of Time dans une version PlayStation 4 en haute définition vendue 20,99€ sur le PS Store.

Le casque vissé sur les oreilles diffusant un air de Pink Floyd, me voilà en pleine écriture de ce retour sur un jeu qui a bercé mes jeunes années d’adulte, quand je n’avais aucune ride, aucun cheveu blanc (ou presque).

Neo Retro : Star Ocean: Till the End of Time

T'as pris un sacré coup de vieux

S’il me faut commencer par le point le plus important, c’est par le fait que ce portage n’est pas un remake comme peuvent l’être Final Fantasy X/X-2 ou encore Final Fantasy XII, qui arrivera chez nous d’ici quelques jours. Ici, on parle bel et bien d’un portage dans sa plus pure tradition, donc un simple passage en 1080p pour s’adapter aux standards actuels, quelques succès à débloquer et… c’est tout. Si vous vous attendiez à une véritable cure de jeunesse, pardonnez-moi de vous ôter vos quelques illusions. Et le plus triste, c’est que ce Star Ocean aurait bien mérité un petit ravalement de façade. En 2003, le jeu n’avait déjà pas de quoi briller en soirée, surtout face à un Final Fantasy X sorti deux ans plus tôt. Personnages peu détaillés, plutôt raides, des décors assez vides, des effets visuels mal maîtrisés et un rendu global assez terne, on ressentait assez vite les différences de budget entre les deux jeux. Soyons honnêtes, on était loin de la démo technique, mais ce n’était pas non plus une horreur pour les yeux, loin de là ; l’ensemble restant très homogène et cohérent sans jamais choquer.

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Vos yeux vont aimer !

Le souci dans le cas du portage, c’est que tous les défauts de l’époque ont été accentués par le passage à la haute définition. Chaque gros plan sur des visages, chaque partie de l’interface, chaque flou artistique, chaque texture ressort avec l’effet d’une grenade lacrymo. Vous voilà prévenus : vous risquez de saigner des yeux. Toutefois pas d’inquiétude : une fois que vous vous serez vidés de votre hémoglobine, vous pourrez toujours profiter d’une belle aventure au gameplay intéressant, même s'il n'est pas parfait.

À noter que les musiques de Motoi Sakuraba font toujours mouche même si ses compositions semblent, elles aussi, avoir subi les affres du temps.

Dans longtemps dans notre galaxie...

Tout commence avec Fayt et Sophia, en vacances sur une station spatiale avec les parents du jeune homme. Alors que tout le monde fait bronzette et que Fayt s’éclate sur son simulateur de combat, un ennemi inconnu attaque la station à l’aide de vaisseaux surarmés. L’ordre est alors donné d’évacuer l'endroit, mais dans sa fuite, Fayt se retrouve d’abord séparé de ses parents puis de Sophia lorsque sa capsule se retrouve forcée d’atterrir sur une planète sous-développée. Commence alors pour Fayt une longue aventure durant laquelle il rencontrera de nombreux compagnons et fera face à des révélations étonnantes.

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La mise en scène est quelque peu datée.

L’histoire de Star Ocean: Till the End of Time n’est peut-être pas la plus captivante, mais elle a au moins le mérite d’être originale et de proposer quelques retournements de situation bien appréciables pour relancer l’intérêt du scénario. Les personnages, quant à eux, sont bien plus réussis que ceux des deux épisodes suivants et si Fayt peut s’avérer énervant, ses compagnons s’en sortent beaucoup mieux. Ne rêvez pas : vous avez toujours droit aux éternels clichés, mais lorsque l’on remet le jeu dans le contexte de sa sortie, il y a presque 15 ans, on peut difficilement en vouloir à tri-Ace d’avoir usé de stéréotypes aujourd’hui éculés. Et, sans être mauvaise langue, on évite la gamine insupportable que l’on a dû se coltiner dans les épisodes suivants et rien que pour ça, c’est un bonheur de se relancer sur ce troisième.

Au bout du compte, le plus gênant, c’est l’âge du jeu qui se fait fortement ressentir dans sa mise en scène très brute, qui manque cruellement de fluidité. Du moment que vous vous souvenez que c’est un jeu PS2, tout va bien, mais si vous commencez à comparer avec des titres plus récents, la sentence est sans appel : le jeu a vieilli et pas si bien que ça.

Je t'ai mis un perfect

S’il y a un point sur lequel on attend un Star Ocean, c’est bien son gameplay et plus particulièrement ses combats. Rappelons que tri-Ace est né de l’éclatement du studio Wolf Team, à l’origine des premiers Tales of, ceci expliquant les grandes similitudes entre les deux séries quant aux mécaniques de jeu. En effet, toutes deux proposent des combats en semi temps-réel dans des arènes où les personnages peuvent se déplacer librement et toutes deux se basent sur l’utilisation de combinaisons de coups spéciaux.

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Les cinématiques s'en sortent plutôt bien malgré la compression.

Lorsque Star Ocean: Till the End of Time est sorti, c’était le tout premier jeu entièrement en 3D de tri-Ace, avec les complications engendrées par de nouvelles contraintes comme la gestion de la caméra et la lisibilité des combats en fonction de la taille des ennemis ou encore des différents effets appliqués aux coups spéciaux. Sur ce point, on ne peut que féliciter le studio japonais pour avoir réussi là où d’autres se seraient rapidement ratés. Certes, tout n’est pas parfait et la caméra fait parfois des siennes pour d’inconnues raisons, mais l’ensemble est tout à fait jouable et même assez agréable à prendre en main si on exclue l'absurdité du déplacement de la caméra avec les boutons L1/R1 au lieu du stick analogique droit, qui ne sert à rien.

Le principal défaut des combats, c’est l’extrême facilité des rencontres. Certains parmi vous vont probablement tiquer en lisant ce début de paragraphe, mais ce Star Ocean est facile du début à la fin. Bien évidemment, les donjons optionnels débloqués après le boss de fin et bien connus des fans de la série - autre point commun avec les Tales of - relèvent le niveau, mais la quête principale se plie avec une aisance rarement vue. Attention tout de même, ceci n’est vrai que pour les versions occidentales du jeu sur PS2 ; les Japonais n’ayant pas eu accès aux mêmes avantages que nous à l'époque - injustice corrigée depuis. Quels sont-ils ? Eh bien, cela se résume en deux mots : Cancel Combo, une arme de destruction massive qui réduit les combats les plus ardus en balades de santé avec mamie au bord d’un petit ruisseau. Les joueurs les plus jeunes du début des années 2000 n’ont pas forcément découvert cette mécanique, ce qui pourrait expliquer ce sentiment assez général d’un jeu avec quelques gros pics de difficulté, mais le Cancel Combo est en fait très simple à utiliser. Pour frapper un ennemi, vous devez utiliser les boutons croix (coup faible) et rond (coup fort) de votre manette, ce qui lancera une attaque parmi les deux disponibles en fonction de la distance (corps à corps ou longue portée). Pour les coups spéciaux, vous avez la possibilité d’en assigner quatre sur ces mêmes boutons croix et rond sur lesquels il faudra appuyer plus longtemps pour qu’ils se lancent. En résumé, vous avez droit à quatre coups normaux et quatre coups spéciaux utilisables selon le bouton et la distance entre votre personnage et l’ennemi visé. Comment utiliser un Cancel Combo ? C’est très simple, il faut créer un enchaînement de coups dans un ordre précis.

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On choisit ses coups spéciaux et... Cancel Combo !

Exemple : coup normal faible -> coup spécial faible -> coup spécial fort -> coup spécial faible -> coup spécial fort -> etc. le coup normal faible servant de déclencheur, même si vous pouvez directement passer au coup spécial faible. Pour réussir cette manipulation, il faut juste faire attention à enclencher le prochain coup avant que l’animation de l’actuel soit terminée, ce qui est très facile. Conséquences ? Le second coup passera à 175% de dégâts, puis 200 pour le troisième, 250 pour le quatrième et enfin 300%. Comme vous pouvez l’imaginer, le résultat est d’une grande violence et les points de vie des ennemis fondent comme neige au soleil d’autant plus qu’ils sont souvent incapables de faire quoi que ce soit lorsqu’ils sont pris dans le combo.

Et ce n’est pas la seule raison de la grande facilité du jeu. Il en existe d’autres un peu moins évidentes à mettre en place, mais tout aussi dévastatrices. Première chose à savoir : si Star Ocean est connu, c’est aussi pour l’intégration du craft dans son gameplay. Ce n’est pas toujours très poussé, mais ça a le mérite d’exister et celui de l’épisode qui nous concerne n’est pas en reste. Grâce à lui, vous pouvez rapidement créer des armes puissantes, bien plus qu’elles ne le devraient. La difficulté, c’est que vous ne savez pas ce que vous allez faire, la création d’objets fonctionnant autour de l’invention en investissant une somme précise qui sera votre seule indication. N’ayez crainte : il vous suffit de sauvegarder et de recharger votre partie jusqu’à l’obtention d’un objet intéressant.

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Non, le craft n'est pas du tout abusé.

Et le craft ne sert pas qu’à créer, il permet aussi d’améliorer et là, ça devient n’importe quoi. Vous pouvez exploser les compteurs de dégâts en ajoutant les bons bonus à vos armes au point de tuer le boss final en moins de dix secondes sans lui laisser le temps de vous faire des dégâts. Et là, je ne parle même pas d’optimisation, c’est juste en choisissant les bonus les plus basiques accessibles vers les deux tiers du jeu.

Je ne m’étends pas non plus sur les compétences passives dont une permet d’intervertir points de vie et de magie lorsque vos personnages prennent des dégâts. Le côté absurde de la chose, c’est que les coups pris sur la barre de magie font sept fois moins de dégâts et vu que la différence entre points de vie et points de magie n’est pas aussi importante, vous augmentez énormément la survie des personnages. Pour vous donner un exemple, le personnage que j’utilise durant les combats (Maria pour les connaisseurs) possède 15 000 points de vie pour environ 5000 points de magie. Résultat ? Elle passe à 35 000 points de vie grâce à cette compétence. Vous trouvez cela abusé ? Dites-vous que ce n’est pas la seule compétence passive à casser la difficulté du jeu, puisqu’il vous est aussi possible d’augmenter votre attaque de 30% contre une perte de 30% de défense, ce qui n'est pas gênant vu que vous avez grandement augmenté vos points de vie.

 

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Star Ocean, ce sont aussi des rencontres, des moments... Hum...

Bref, le problème ne vient pas vraiment des mécaniques, qui sont très intelligentes et même passionnantes à approfondir, mais plus de l’équilibre entre la difficulté générale du jeu et ces dernières. tri-Ace a malheureusement fait la terrible erreur de ne pas revoir la difficulté du jeu malgré l’ajout des Cancel Combo sur les versions occidentales lors de la sortie du jeu sur PS2 et la version PS4 n'a tout simplement pas été remaniée. Heureusement, il est toujours possible de choisir le niveau de difficulté en début et même en cours de partie. Idem, d’autres difficultés sont déblocables par la suite et c’est bien le minimum requis pour retrouver un peu de challenge dans les combats.

Vers l'infini et c'est déjà pas trop mal

On est en droit de se demander si cela vaut le coup de revenir sur Star Ocean: Till the End of Time pour 20 balles après si longtemps et surtout après avoir connu des jeux bien plus modernes. Au fond, ce n’est qu’un portage un peu fainéant sans aucun ajout de contenu au-delà des succès et sans aucune amélioration graphique autre que l’augmentation de la résolution. De ce fait, chaque défaut de l’époque revient hanter en haute définition le joueur candide, qui rêvait de retrouver un des jeux fétiches de son adolescence. Est-ce un frein au plaisir ? Chacun devra trouver sa réponse, car l’appréciation de ces portages est bien trop subjective et liée à un très gros effet de nostalgie qui diffère selon les individus. Personnellement, malgré cette difficulté bien trop faible, malgré la perte de quelques litres de sang par les glandes lacrymales, j’ai tout de même pris grand plaisir à revenir sur ce jeu 13 ans après l’avoir fait sur PS2. Je ne nie pas avoir pesté plus d’une fois et j’ai sûrement laissé échapper quelques noms d’oiseaux, pourtant j’en garde un très bon souvenir et j’espère que d’autres jeux de l’époque referont surface, même si un petit ravalement de façade ne serait pas de refus dans certains cas.

Test réalisé par Lianai à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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5,3 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.