Test de Strikers Edge : un stick c'est assez, deux c'est trop

Jeu d'affrontement ouvertement inspiré de Windjammers, Strikers Edge est disponible depuis le 30 janvier sur PlayStation 4 et PC. Vaut-il le détour ?

Test de Strikers Edge : un stick c'est assez, deux c'est trop

Tuer ou être tué

Commençons par présenter sommairement le concept du jeu. Dans Strikers Edge, deux équipes s'affrontent, chacune étant composée d'un ou de deux joueurs. Pour vaincre l'adversaire, il est nécessaire de le toucher avec un tir, mais celui-ci dispose de plusieurs options défensives : esquiver, se cacher derrière un obstacle, dasher ou parer.

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La subtilité du jeu est qu'attaquer ou dasher consomme de l'endurance ; parer n'en demande pas, mais chaque personnage ne peut parer que trois fois au cours d'un affrontement. Il est donc nécessaire de se montrer économe de ses ressources, sous peine de se retrouver inoffensif et vulnérable le temps que l'endurance remonte.

Précisons enfin, pour finir la présentation du système de jeu, que chaque personnage dispose d'un pouvoir spécial, utilisable en maintenant appuyé la touche de tir avant de passer à l'attaque. Le projectile est généralement plus rapide et agrémenté d'un pouvoir spécial, mais pendant qu'il est préparé, le joueur est ralenti et ne peut dasher, le rendant vulnérable aux attaques adverses.

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Touché

Je précisais "chaque personnage", car le jeu en contient huit différents. Ceux-ci ne se contentent pas de disposer d'un pouvoir distinct : ils ne se jouent pas du tout de la même façon. Galad, l'homme d'arme, par exemple, est extrêmement lente, mais inflige davantage de dégâts si elle touche ses cibles. Cela peut sembler constituer un détail, mais la prise en main change vraiment d'un personnage à un autre, sans pour autant menacer l'équilibrage du jeu. Tous disposent de qualités et de défauts, que le joueur devra exploiter.

Sur le plan du contenu, Strikers Edge réalise un sans faute. Outre les huit personnages, le jeu propose quatre arènes. Là encore, passer de l'une à l'autre se remarque. Tout d'abord, certaines contiennent des obstacles : si ceux-ci sont destructibles, ils affectent logiquement la manière de se placer. De même, l'une des arènes contient une rangée de soldats à ses extrémités, qui renvoie très vite un joueur la percutant, permettant des stratégies avancées... ou des échecs malencontreux, selon le skill. Chaque arène dispose en outre de menaces spécifiques : pics tombants au sol, zones empoisonnées, etc. Le joueur devra les éviter, incitant là encore à se placer différemment en fonction des arènes.

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En outre, le jeu est jouable de nombreuses façons différentes. En solo, une campagne scénarisée est proposée. Si celle-ci se limite à des affrontements classiques contre les autres combattants, elle contient à chaque fois de petites séquences narratives. De même, chaque personnage a droit à sa propre histoire, ce qui est agréable. Toutefois, le jeu est surtout intéressant à plusieurs. Pour cela, deux options : jouer en local ou en ligne. Dans les deux cas, il est possible de se battre en un contre un ou en deux contre deux, avec un équilibrage intéressant. Ainsi, en deux contre deux, chaque équipe dispose de cinq vies en tout et pour tout ; si l'un des équipiers en gaspille quatre à lui seul, son partenaire devra faire avec une seule. L'erreur se paie donc, mais ce mode de jeu permet aussi de mettre en place des stratégies avant de harceler un ennemi et de l'empêcher de fuir.

IA against humanity

Exprimé ainsi, le jeu semble intéressant. En l'étudiant de manière neutre, la bonne volonté du studio de développement est en effet indéniable. Cependant, elle ne sauve pas le problème majeur du jeu : la gameplay de base est exécrable. Ainsi, le joueur doit utiliser un joystick pour se déplacer et un autre pour viser. Certains jeux sont parvenus à un résultat probant en dépit de ce défaut, mais ils étaient moins dynamiques que Strikers Edge.

Pour gagner, il est nécessaire de se concentrer sur son propre personnage, afin d'éviter les tirs adverses et les dangers du décor. Cependant, pour gagner, il est aussi nécessaire de viser son adversaire. Or, il est impossible de se concentrer sur ces deux éléments au même moment. Pis : en y faisant attention, il est relativement facile d'éviter un projectile ennemi (même sans dash), ce qui signifie aussi que bien viser n'est guère valorisé. Aussi, le joueur se retrouve rapidement à tirer au hasard et à se déplacer de la même façon, en essayant de faire semblant qu'il sait ce qu'il fait et en espérant toucher un adversaire confronté à la même problématique.

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Dans Windjammers, l'attaque et la défense ne se passent pas au même moment, permettant de se concentrer sur l'une ou sur l'autre selon la situation. Dans Towerfall Ascension ou dans Helldivers, deux jeux utilisant de la même façon les sticks analogiques, il est souvent intéressant de demeurer immobile et de se concentrer sur le fait de viser. À l'inverse, Strikers Edge impose un mouvement presque permanent pour éviter les tirs ennemis... empêchant de réellement préparer les siens.

Le jeu semble avoir été créé pour des intelligences artificielles, ce que confirme la campagne : même en mode facile, elle se révèle extrêmement corsée, l'ennemi étant capable de se concentrer sur deux choses différentes. Pour un joueur lambda, en revanche, ce défaut rend les parties au mieux aléatoires, au pire frustrantes. Il progresse certes petit-à-petit, mais la problématique fondamentale du titre n'est jamais pleinement surpassée. Or, cela empêche d'atteindre toute la dimension stratégique évoquée plus tôt : il est par exemple rare d'épuiser son nombre de parade, car parer signifie être conscient qu'un projectile est sur le point de nous arriver dessus... ce qui est impossible en regardant du côté de l'adversaire pour essayer de le viser.

Même pas mal

Il est difficile de conclure au sujet d'un tel jeu. En effet, la bonne volonté des développeurs est évidente. L'ensemble est soigné, le contenu au rendez-vous, la direction artistique et la bande son agréables... Néanmoins, le coeur du gameplay du jeu est hautement problématique. Peut-être que sur PC, avec le duo clavier/souris, l'expérience est meilleure, mais sur PlayStation 4, je ne vois aucune raison de recommander le titre. Si vous avez aimé Windjammers, le portage du jeu original ou Disc Jam vous apporteront beaucoup plus d'amusement. Si vous désirez du fun entre amis sur cette console, il existe plusieurs dizaines de titres réellement convaincants, eux. Dommage.

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Test réalisé par Alandring à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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4,7 / 10 - Moyen

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