Test de Crimson Desert - Un monde colossal aux fondations rugueuses
Pearl Abyss signe avec Crimson Desert un monde ouvert d'une densité rare, porté par un combat solide et une liberté d'exploration sincère. Le titre peine toutefois à convaincre sur tous les fronts : narration effacée, contrôles laborieux et systèmes peu accessibles viennent tempérer l'enthousiasme. Un jeu clivant, taillé pour un public précis.
Crimson Desert, le nouveau titre de Pearl Abyss, s'impose comme une proposition ambitieuse dans le paysage du jeu de rôle en monde ouvert. À mi-chemin entre le RPG d'action et le bac à sable, il offre un terrain de jeu d'une densité rare, où l'exploration et la découverte constituent le coeur de l'expérience. Après une dizaine d'heures passées à parcourir ses régions, un constat s'impose : Crimson Desert est un jeu qui mérite l'attention, à condition d'accepter ses partis pris, parfois exigeants.
Un univers vivant et immersif
L'un des points forts indéniables du titre est la crédibilité de son monde. Les villes et villages sont animés de nombreux personnages vaquant à leurs occupations : des marchands tirant leurs charrettes, des pêcheurs au bord de l'eau, des habitants conduisant leur bétail ou teignant leurs vêtements à la teinturerie du coin. Chaque lieu semble habité et cette sensation d'appartenir à un monde cohérent est renforcée par un niveau d'interactivité poussé. Les objets posés sur une table, les barils, les sacs de farine, les armes accrochées à un râtelier, etc. En bref, la grande majorité des éléments du décor peuvent être manipulés individuellement, dans une logique proche de ce que proposent les titres de Bethesda.
La bande sonore accompagne bien cet univers fantasy. Les musiques s'adaptent aux situations et renforcent l'atmosphère générale, tandis que les effets sonores contribuent à donner du relief à l'environnement. Concernant les voix, le doublage en anglais (pas de voix françaises disponibles à ce jour) est globalement de qualité.
Des mini-jeux qui donnent de la vie
L'univers de Crimson Desert est ponctué de mini-jeux et d'activités annexes qui renforcent son caractère de bac à sable. Parmi eux figurent des concours de tir à l'arc, des épreuves de bras de fer et du rodéo. Ces activités permettent de gagner de l'argent et de s'immerger dans la vie du monde.
Le jeu propose même un accès à un marché financier virtuel ; en visitant une banque, il est possible d'investir selon différents niveaux de risque et d'observer l'évolution de ses placements. Le système de chasseur de primes mérite également d'être signalé, permettant de ramasser des avis de recherche affichés en ville, puis de traquer les cibles, de les capturer et de les conduire en prison pour en percevoir la récompense.
Une direction artistique soignée, des performances inégales
Sur le plan visuel, Crimson Desert propose des panoramas régulièrement saisissants. La direction artistique est l'une des réussites du titre ; les environnements sont variés, denses et construits avec un souci du détail qui force le respect. Sur le plan technique en revanche, l'expérience est inégale selon les configurations et les plateformes.
Les temps de chargement au lancement constituent le principal point de friction que j'ai rencontré. Je compte plus de cinq minutes avant d'entrer en jeu, auxquelles s'ajoutent quelques minutes supplémentaires le temps que les éléments de décor et notamment les PNJ finissent de se charger. Une fois en jeu en revanche, le titre tourne correctement, y compris sur ma configuration qui commence à dater (un i5-9600K couplé à une RTX 2070). Il est probable que l'installation sur disque dur classique, faute de place disponible sur mon SSD, soit à l'origine de ces lenteurs au démarrage.
Une interface pénalisante
L'interface semble avoir été conçue en priorité pour une manette et son adaptation au clavier-souris laisse à désirer. Accéder à la carte, à l'inventaire ou aux quêtes nécessite plusieurs manipulations successives, alors qu'une simple touche de raccourci serait attendue. Il est par exemple impossible d'assigner la touche "M" à l'ouverture de la carte. Résultat, consulter ses quêtes en cours ou naviguer dans les sous-menus devient une démarche fastidieuse qui s'ajoute à la complexité des nombreux systèmes de jeu.
Un combat riche et varié
Le système de combat constitue l'un des piliers les plus solides de l'expérience. Le jeu propose une palette d'attaques étendue : combos légers et lourds, attaques contextuelles, techniques de lutte, coups de pied, projections et même un mode combat à mains nues disposant de ses propres enchaînements. La variété des options disponibles dépasse largement ce que la plupart des situations exigent, mais cette générosité donne au joueur une liberté d'expression très appréciable. Face aux ennemis ordinaires, le sentiment de puissance est prononcé. Face aux boss en revanche, le ton change radicalement.
Ces derniers sont exigeants, agressifs, dotés de plusieurs phases et capables d'éliminer le joueur en quelques coups bien placés. Certains d'entre eux vous demanderont à n'en pas douter plusieurs tentatives, voire nécessiteront que vous prépareriez votre équipement avant de retourner les affronter. Ce déséquilibre de difficulté entre les combats ordinaires et les affrontements majeurs peut dérouter, mais les boss sont mémorables et récompensent par des équipements liés à leurs capacités.
Ces affrontements frôlent par moments le Souls-like, avec cette même exigence, ce même sentiment de mort punitive et de progression par l'échec. Un parallèle d'autant plus parlant que le jeu ne propose qu'un seul niveau de difficulté
Des contrôles lourds et une prise en main laborieuse
L'inertie du personnage, volontairement prononcée, alourdit les déplacements. Cette lourdeur ne se dissipe pas entièrement avec la maîtrise des contrôles et constitue une friction importante pour s'approprier le gameplay. De manière générale, la difficulté que j'ai pu éprouver à entrer dans Crimson Desert tient en grande partie à ses commandes. Par exemple, l'interaction avec les PNJ requiert l'appui sur plusieurs touches successives alors qu'un seul bouton devrait suffire.
Une narration en retrait
L'histoire de Crimson Desert ne figure pas parmi les points forts du titre. Le scénario met du temps à trouver son rythme. Les quêtes principales et secondaires se ressemblent souvent dans leur construction et les personnages peinent à susciter un véritable attachement. Pour un jeu de cette envergure, l'écriture reste en deçà de ce que le genre peut offrir. Cela ne remet pas en cause l'expérience d'exploration, mais les joueurs en quête d'une narration soignée seront déçus.
Un jeu à l'identité "MMO solo"
Crimson Desert s'inscrit dans une logique de jeu en monde ouvert très orientée vers l'exploration, la découverte et la collection, avec une trame narrative principale en retrait. Cette approche permet au joueur de ne pas se sentir contraint à suivre un récit particulier, mais plutôt de s'approprier un monde vaste et cohérent, dans lequel il peut revenir régulièrement pour vivre de nouvelles aventures, collecter de nouveaux objets et découvrir de nouveaux systèmes. La carte du jeu est immense, mais cette richesse est à double tranchant.
Beaucoup de systèmes, trop nombreux pour certains, sont difficiles à mémoriser et à maîtriser. De même pour les contrôles, nombreux et labyrinthiques. Le jeu peut ainsi se montrer peu accessible, ce qui constitue un frein réel pour un titre que beaucoup ne pourront pas terminer d'une traite tant il est étendu.
Mon avis
Crimson Desert est un jeu de rôle en monde ouvert d'une ambition considérable, qui convaincra les amateurs d'exploration libre, de systèmes enchevêtrés et d'univers fantasy crédibles. Son caractère de "MMO solo" en fait une expérience unique, à condition d'accepter une courbe d'apprentissage prononcée, une interface perfectible et une narration principale peu mémorable. Les joueurs en quête d'une aventure balisée et accessible risquent de décrocher. En revanche, ceux qui apprécient se perdre dans un monde dense, de trouver leurs propres objectifs et de progresser à leur rythme y trouveront un terrain de jeu généreux et durable.
Test réalisé sur PC par Nephistos grâce à une version fournie par l'éditeur.
| Plateformes | PlayStation 5, Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Action, action-rpg, jeu de rôle (rpg), fantasy, médiéval |
| Alpha-test |
2021 (République de Corée) |
| Sortie |
19 mars 2026 (Monde) |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.
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23 mars 2026
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21 mars 2026
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16 mars 2026
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5 février 2026




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