Test de Phonopolis - Amanita Design donne le Son
Si vous êtes un amateur de point’n’click, il est probable que le nom d’Amanita Design vous soit familier. Alors qu’il nous avait habitué à des sorties presque annuelles, le studio tchèque s’était fait rare depuis Happy Game en 2021, un jeu qui n’avait de Happy que le nom. Cinq ans plus tard, nous voici donc devant le nouveau projet du studio : Phonopolis.

Le chant de la révolution
Dans Phonopolis, nous sommes plongés dans un univers dystopique où la vie des habitants se résume à obéir aux ordres hurlés par les haut-parleurs que l’on trouve partout dans la cité. Il n’est pas question de réfléchir, pas question d’avoir des pensées personnelles, juste d’obéir, une milice étant là pour « laver les oreilles » de ceux qui s’oublieraient. Et obéissant, Félix l’était, lui, le modeste éboueur. Jusqu’au jour où un accident au travail lui permet de découvrir un ancien opéra et, à l’intérieur de celui-ci, un casque qu’il s’empresse de mettre sur ses oreilles. Soudain sourd aux ordres des haut-parleurs, Félix devient une menace pour l’ordre établi et le seul qui puisse empêcher ses concitoyens de devenir les esclaves du Chef.
J’ai l’habitude de dire qu’il y a deux types de jeux qui sortent de chez Amanita Design. Ceux qui assument une part d’absurdité pour donner des jeux plutôt légers et drôles, comme Chuchel ou Botanicula, et ceux un peu plus sérieux comme Machinarium ou Creaks. J’ai personnellement une préférence pour ces derniers et, le hasard fait bien les choses, c’est également dans cette catégorie que se range Phonopolis. En cela, Phonopolis est en tout point similaire à la formule du point’n’click selon Amanita Design. Il ne s’agira donc pas ici de ramasser tout et n’importe quoi dans le décor en espérant que cela serve un jour, mais bien de résoudre les petits puzzles qui se dresseront sur le chemin de Félix. Ainsi, la seule chose dont vous aurez besoin pour terminer le jeu est d’un contrôleur, idéalement une souris, même si le jeu supporte aussi les manettes.Un style reconnaissable entre mille
Amanita fait partie de ces studios dont on reconnait immédiatement les jeux juste en les voyant. Il y a véritablement une patte artistique qui traverse leurs productions alors même que ceux-ci sont visuellement différents. Amanita a le don pour passer d’un style que l’on sent comique à la Cuchel à l’ambiance étrange de Creaks. Pour Phonopolis, le style visuel se trouve quelque part entre ces deux extrêmes. On retrouve le côté absurde dans les animations, dont celles qui s’enclenchent en réaction aux hurlements des haut-parleurs, avec quelques éclats de rire à la clé. Ce qui contrebalance efficacement la thématique finalement assez sombre de son sujet. Phonopolis n’est peut-être pas le plus beau des jeux du studio, mais il reste original dans son esthétique. Les décors ont d’abord été réalisés en carton avant d’être numérisés, ce qui donne au monde un côté un peu rigide qui fait écho au thème du jeu. Pour ceux que ça intéresse, Amanita a d’ailleurs réalisé un documentaire d’une cinquantaine de minutes sur la construction du jeu (en anglais, malheureusement).
En termes de gameplay, c’est à cette rigidité que Félix, et le joueur avec lui, s’attaque. Ici, c’est un morceau d’un véhicule que vous pourrez arracher, mettant en évidence ses commandes. Là, c’est les murs d’une habitation que vous pourrez réorganiser pour semer la zizanie dans un couple. Sans oublier bien sûr les interactions avec les haut-parleurs, auxquels les autres habitants sont toujours soumis et que vous pourrez utiliser à votre avantage. Le jeu trouve un bon équilibre entre les énigmes plus basées sur la logique et celles qui consistent à manipuler votre environnement. Le jeu repose également sur l’expérimentation plus que sur les mécaniques complexes. Le joueur sait avec quoi il peut interagir, à lui de comprendre comment cela peut l’aider à progresser. Si la majorité des énigmes restent assez logiques, on n’échappe pas totalement à quelques passages qui m’auront paru pas vraiment tordus, mais plutôt peu intuitifs (celui où il faut guider Félix à l'aide des caméras de sécurité est un bon exemple). J’ai également noté ici et là quelques petites approximations dans les contrôles, du style pointeur de souris qui manquait un peu de précision. Heureusement, le jeu n’a pas réellement de séquences qui demandent des réactions rapides du joueur.J'ai moins aimé
Au rayon des points négatifs, je me permets de classer le narrateur (en anglais sous-titré français) de l’aventure. Il me semble que c’est le premier jeu dans lequel Amanita en intègre un et le résultat ne me convainc pas tout à fait. Je comprends l’idée d’en faire un personnage assez plat et je suppose que c’est raccord avec ce monde dans lequel tous sont soumis. Le hic, c’est que les jeux d’Amanita sont déjà assez lents par nature et que rendre le narrateur franchement amorphe n’aide pas à donner du rythme. D’ailleurs, et c’est l’autre petit point négatif du jeu à mes yeux, les écrans de chargement sont nombreux. Pas longs, le jeu était installé sur un NVMe, mais assez nombreux pour que ça vienne, là aussi, un peu casser le rythme.
Conclusion
Dans l'ensemble, Phonopolis ne sera pas mon jeu Amanita préféré. Cela ne l'empêche pas de cocher toutes les cases de ce que l’on attend d’un jeu d’Amanita Design et d'être un bon jeu qui devrait combler les fans du studio. Mais si le jeu a les qualités habituelles des jeux Amanita (visuels, énigmes sympas mais pas prises de tête), il en a également les défauts : c’est une aventure extrêmement courte. Comptez entre trois et quatre heures en prenant votre temps, un peu plus pour les succès.
Test réalisé par Grim sur PC à l'aide d'une copie fournie le développeur
| Plateformes | Windows |
|---|---|
| Genres | Aventure, aventure graphique, point & click, futuriste / science-fiction, humoristique |
| Sortie |
20 mai 2026 |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.




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