Test : Trails of Cold Steel, introduction à froid

La saga Legend Of Heroes se poursuit sur Playstation Vita et PS3, et après avoir visité Liberl dans Trails in the Sky, nous voilà partis dans l'empire Erebonien pour la première partie de cette nouvelle trilogie de JRPG de chez Falcom qui sort le 29 Janvier en Europe. Anglophobes s'abstenir.

 

Test : Trails of Cold Steel, introduction à froid

C'est la rentrée à l'école militaire de Thors, et Rean, notre jeune héros, découvre la classe spéciale nouvellement créée dans laquelle il a été intégré.

Alors que nobles et gens du peuple sont séparés, qu'il s'agisse de leur classe ou de leur dortoir, la Classe VII a la particularité de mélanger les classes sociales.

Autre particularité : armes orbales dernier cri et entraînements sur le terrain sont au programme scolaire.

Pendant ce temps, dans le reste du pays, la tension est à son comble entre nobles et réformistes, tandis que les relations avec les pays voisins semblent être au plus mal. À vous, et vos petits amis, de découvrir ce qui se trame.

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 D'après nos experts en géopolitique il semblerait qu'il y ait un gros streum à cogner.

Subtilité, vous avez dit subtilité ? Parce que moi je vais le dire : subtilité.

Avant de vous lancer dans ce Legend of Heroes : Trails of Cold Steel, il va falloir vous armer de patience, de café et d'aspirine.

Comptez un bon 70h avant d'arriver à la fin de cette introduction à la trilogie Trails of Cold Steel, ses stéréotypes, ses quêtes et activités annexes à foison, ses dialogues, ses heures passées dans les menus, et ses (pas si nombreux) combats, le tout intégralement en anglais.

Après une longue introduction à la vie étudiante, la première découverte de vos camarades et du campus, vous voilà parés à passer une année riche (on reviendra là-dessus) en rebondissements !

À chaque chapitre un mois. Enfin, une ellipse d'un mois, plus précisément. Quelques jours par mois, vous retrouverez Rean, ainsi qu'une dizaine de camarades de classe aux origines diverses et variées, pour appliquer un schéma bien huilé.

Après quelques cours, à vous une journée "libre"... enfin, vous serez surtout libre d'aider les étudiants du campus dans des quêtes annexes (voire cachées) aussi épiques que rechercher le propriétaire d'un cahier perdu ou chercher un livre à la bibliothèque. Dans ce même laps de temps, certains de vos camarades seront disponibles pour faire mieux connaissance avec eux et renforcer vos liens, à la manière d'un Persona.

Votre exploration des lieux sera néanmoins facilitée par la présence d'un bouton de course (que vous bénirez, quand vous ne vous prendrez pas un mur à force de foncer partout), mais surtout une fonction pour se téléporter rapidement dans les divers bâtiments de la ville et du campus sans avoir à retraverser les mêmes décors à longueur de temps. 

Pour finir chaque "journée libre" le principal vous demandera d'explorer l'ancienne école, afin de résoudre ses mystérieux mystères (et tuer des monstres au passage).

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La subtilité, une arme pas forcément maîtrisée par Trails of Cold Steel


Mais je vois que vous commencez à somnoler, on revient sur le déroulement du jeu un peu plus tard... 

Trêve d'exposition, place à la baston

Si Trails in the Sky avait su convaincre les joueurs, c'était en partie grâce à son système de combat.

Peu d'évolutions ici, mais toujours autant d'efficacité. L'arrivée de la 3D complique parfois un peu la lisibilité du terrain, sans toutefois être vraiment gênante.

Pour ceux qui découvriraient la série, nous sommes ici face à un Grandia-like, avec du tour par tour mâtiné de tactical rpg impliquant le placement des personnages, ainsi que la gestion des zones d'effets.

Arts (a.k.a. magie), Crafts (techniques personnelles de chaque personnage), attaque, déplacement, objets... rien de farfelu à l'horizon.

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Enfin, rien de farfelu à part des dodos-punks.

 

Une difficulté bien dosée et des boss sympathiques et plutôt classes, le système de combat fait très bien le boulot et ravira les fans du genre.

Mais ce qui va vous passionner (et parfois vous fatiguer) pendant des heures, c'est la gestion des Quartz.

Bon, là il va falloir faire un petit point exposition (ça vous manquait ? Vous inquiétez pas, j'en ai encore plein en stock).

Lors de chaque combat, vous allez gagner des Sepith, petits cristaux servant un peu à tout, notamment à ouvrir des emplacements sur votre arme et surtout à fabriquer des Quartz. Ces Quartz peuvent à leur tour être échangés contre de meilleurs Quartz.

Votre but : récolter un maximum de Sepith pour fabriquer de meilleurs Quartz que vous échangerez contre des Quartz encore meilleurs.

Ces Quartz auront des effets divers et variés sur vos personnages. Magies de soutien, d'attaque, d'entrave, bonus de statistiques, raccourcissement des délais pour lancer des sorts, bonus de drop, et tout un tas de choses.

En plus de tout ça, il existe un Master Quartz aux effets bien plus puissants, mais unique, que vous pourrez échanger entre vos personnages, trouver dans des coffres ou encore acheter.

À votre disposition, 8 Quartz et un Master Quartz pour trouver les synergies les plus folles (et avouons le, parfois un peu pétées) et les plus adaptées.

 

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 Léa passion du Quartz


Le point noir ? Vous jouerez plus de dix personnages au cours de l'aventure, avec des équipes qui changent régulièrement, ce qui veut dire recommencer le choix des Quartz à chaque fois. Et laissez moi vous dire que rééquiper 40 Quartz et repenser les synergies avec les nouveaux personnages avant de pouvoir commencer une mission devient un poil rébarbatif quand vous devrez le faire deux fois en une heure de jeu, vous poussant à utiliser les mêmes personnages à chaque fois quand vous le pouvez, plutôt que de varier.

 

Une réalisation carrée

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 Je vous avais pas menti : c'est carré.


On a ici affaire à des personnages très bien modélisés ainsi que quelques environnement très sympathiques. Mais vous passerez au final le plus clair de votre temps dans des décors urbains, à grands renforts de murs de brique et de rues à intersections à 90 degrés. Même ambiance (le ciel bleu en moins) dans les donjons, qui souffrent en plus de salles pas franchement grandes et d'une linéarité à couper le souffle.

Bref, un donjon c'est avant tout 3 à 4 salles qui se traversent chacune en quelques minutes (selon votre volonté ou non de déclencher des combats sur la carte), avec des murs gris et marrons, des virages à 90°, l'impossibilité de s'égarer avec la carte à disposition et des puzzles qui n'en ont que le nom. Bref, votre âme d'aventurier ne sera pas mise à trop rude épreuve.

Le développeur a également visiblement cherché à faire plein de jolis effets de lumière avec de belles ombres dynamiques... le problème ? Des ombres anarchiques, en escaliers, et des ralentissements dès qu'un effet de mise en scène survient ou qu'un environnement est trop chargé. Des chutes de framerate qui deviennent régulièrement très marquées et qui rajoutent à l'impression de lenteur généralisée.

Malgré ses défauts, le jeu reste globalement agréable à suivre visuellement et quelques jolis panorama ainsi qu'une paire de donjons qui sortent de l'ordinaire réveillent un peu.

 

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Et puis on a un cheval, c'est bien les chevals.


Côté musiques, rien de spécial à signaler, on est dans du plutôt classique, avec malgré tout quelques musiques qui se détachent et une paire qui deviennent un peu fatigantes après quelques dizaines d'heures à les entendre.

Toujours dans les oreilles, on a droit à un doublage anglais de très bonne qualité ; seuls quelques personnages secondaires ont une voix un peu hors sujet, mais la plupart des personnages principaux restent très agréables à écouter.

 

Aujourd'hui, nous allons sauver l'univers ? ... non ? Le monde ? Le quartier ? Oh tiens, j'irais bien pêcher plutôt.

Entre deux ramassages de fleurs sauvages et une livraison de pommes de terre, plusieurs petites activités s'offrent à vous. Pêche, cuisine, lecture, jeu de cartes, à vous de parler à tous les PNJ que vous croisez à chacune des occasions qui se présentent pour tout découvrir.

...mais (oui, encore un "mais") tout ça serait bien plus motivant si vous n'aviez pas déjà passé les 5 dernières heures sans voir un monstre. Rajouter deux heures de discussions avec des PNJ pour trouver toutes ces petites choses cachées risque de vous faire franchir de nouvelles frontières dans l'ennui et de faire éclater le compteur d'heures du jeu.

Mais suffit, revenons-en à notre histoire !

Chacun des six chapitres consacrera, comme nous l'avons vu plus tôt, sa première moitié à vous occuper sur le campus, tandis que dans la deuxième il vous enverra dans une ville ayant une importance historique ou politique. L'objectif : découvrir les enjeux et les moyens mis en oeuvre dans cette lutte constante entre différentes factions Nobles et Réformistes.

Lors de chacune de ces sorties, vous aurez droit au même format : Découvrir l'histoire d'un à deux personnages > Découvrir une région > découvrir ses enjeux > résoudre une situation en rapport avec ces enjeux. Mais alors que chacune des situations vous semble, lorsque vous la vivez, importante, et semble enfin être le début d'une quête épique : que nenni, la tension redescend aussitôt le boss vaincu, retour à l'école et au train train quotidien.

Voilà, vous avez le format du jeu. Répétez 6 ou 7 fois, et vous aurez compris l'un des problèmes majeurs du jeu : tout début de tension retombe très vite, puisque la moitié de chaque chapitre est dédiée à la vie désespérément normale du campus de Thors.


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L'exposition a pour but de présenter un univers au joueur, de préférence subtilement. Mais pas ici.


SUB-TI-LI-TÉ.

Peu d'action, des enjeux qui se mettent en place très sporadiquement... avec quoi on s'occupe du coup ?

La majeure partie de votre temps sera consacrée à vos camarades de classe. Découvrir l'histoire personnelle de chacun, sa famille, son environnement, dans l'optique de vous faire vous attacher à chacun d'entre eux. Et c'est une super idée, on a une vraie équipe de personnages, des personnalités à découvrir !

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Ce personnage m'a l'air vraiment sympathique.

... sauf que, ben, voilà, quand dès la première minute monsieur "je hais les nobles" et monsieur "je suis un noble hautain" se rencontrent, on sait déjà comment ça va finir... mais ça va mettre des dizaines d'heures. Le jeu use et abuse du foreshadowing (disséminer des indices sur un événement ultérieur) avec si peu de subtilité qu'on pourra voir arriver certains événements gros comme une maison, sans que les personnages ne comprennent, et ce pendant parfois plus de cinquante heures. Du coup, se lancer dans un chapitre qui va durer une bonne dizaine d'heures tout en sachant tout ce qui va s'y passer lasse. Les clichés s'entassent et, si les personnages sont très sympathiques, leurs histoires ne se démarquent pas par leur originalité.

On retient au final une écriture en demi-teinte. Un instant agréable à voir se dérouler devant nos yeux avant de nous faire de gros clins d'œil sur des événements à venir.

Conclusion

De bons personnages, une réalisation potable, des musiques sympathiques, un système de combat parfaitement au point, des quêtes annexes à foison, Legend of Heroes : Trails of Cold Steel aurait pu être une très bonne introduction à la trilogie.

25h d'introduction, 10h pour préparer la suite : Trails of Cold Steel avait ma voix et mon amour.

Malheureusement, on est ici face à (minimum, si vous vous épargnez le 100%) 65h d'introduction. Une introduction parfois terriblement verbeuse, aux enjeux faibles. Une introduction qui annonce tout ce qu'elle va faire des heures à l'avance. Une introduction qui pose des problématiques, mais qui ne résout rien. Bref, une introduction de l'ennui.

On finit néanmoins avec quelques heures qui donnent envie, avec de l'action, des révélations, de nouvelles questions qui se posent et... FIN.

Difficile de conseiller ce nouveau Legend of Heroes en cette fin Janvier.

Néanmoins si l'aventure vous tente, prenez votre temps, avancez tranquillement dans le jeu, le burnout n'est jamais loin et avec un peu de chance sa suite sera parmi nous d'ici à ce que vous ayez fini !

Test réalisé sur une version Playstation Vita du jeu fournie par l'éditeur.


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5,8 / 10 - Assez bien

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