Test de Little Nightmares sur Xbox One

Tarsier Studios, boîte surtout connue pour son travail sur des épisodes de Little Big Planet, vient de nous faire parvenir, le 28 avril dernier, son nouveau né : Little Nightmares. Sorti simultanément sur Xbox One, PlayStation 4 et PC, ce jeu a su attirer l’œil des gamers par sa patte visuelle particulièrement léchée. Mais qu’en est-il outre ça ?

Test de Little Nightmares sur Xbox One

Six, six, six, the number of the…

Dans Little Nightmares, vous incarnez Six. Faible, caché dans son ciré jaune bien trop grand, sans défense et équipé en tout et pour tout d’un briquet. Et… c’est tout. D’ailleurs, le nom du héros, si je ne vous l’avais pas indiqué ici, vous ne l’auriez probablement pas su autrement qu’en vous renseignant sur le jeu. Parce qu’il n’est pas indiqué à un seul moment de l’histoire. Une volonté des développeurs de retranscrire parfaitement l’expérience que tout enfant a vécue dans un cauchemar… Car oui, c’est là l’histoire principale de Little Nightmares. Vous êtes coincé dans un bateau aux occupants peu amicaux et n’aurez qu’une envie… fuir.

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Fear of the dark.

Comme déjà indiqué en introduction, la direction artistique est parfaite. Ni plus, ni moins. Que ce soit visuellement ou d’un point de vue des effets sonores, c’est saisissant et on en redemande toujours plus. Ce n’est pas sans rappeler l’univers de Tim Burton à sa grande époque.  Les niveaux se suivent, mais ne se ressemblent pas. Tout sonne juste, parfaitement à sa place, ancré dans un univers crédible de réalisme. Une immersion en eaux troubles qui peut à elle seule vous donner envie de mettre les mains sur ce petit bijou.

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All nightmare long.

Le truc, c’est qu’un jeu, ce n’est pas que des graphismes. Oui, certains le pensent et le répètent, mais je le dis haut et fort : nope. Le gameplay est bien plus important que les graphismes. Et dans la situation présente, Little Nightmares n’est pas innovant. Il s’inspire clairement de ses aînés en plateformer que sont Limbo et Inside et qui ont su, eux aussi, marquer les esprits par leurs ambiances aussi malsaines que géniales. Mais c’est tout et c’est bien dommage. Vous pourrez courir, pousser des objets, lancer des objets, grimper, sauter ou encore vous accroupir : la panoplie standard, j’ai envie de dire. Reste la petite nouveauté apportée par le briquet… mais qui ne sert finalement à rien si ce n’est faire de jolis effets lumineux. Vous vous rendrez très vite compte que vous pouvez vous déplacer de partout sans en avoir besoin, ce qui réduira son utilité à peau de chagrin.

Par ailleurs, le jeu n’est pas bien difficile en soi, mais s’avère très traître… Le classique de la caméra qui ne vous aime pas. Vous aurez donc vite fait de mal jauger un saut ou de ne pas voir un précipice à cause d’une caméra fixe qui sera mal placée. En 2017, on espère encore que ça soit plus le cas. Ou alors peut être que le but est aussi que les joueurs vivent un « little nightmare »… ? Mystère.

Enfin, je rajouterai que l’IA est… pas bien maline. Elle vous poursuivra dès qu’elle peut, offrant quelques moments stressants plutôt bienvenus, mais fera preuve de la plus grande débilité si vous vous cachez sous une table, devant ses propres yeux. Une pensée pour les cuisiniers dans le niveau en rapport qui auront passé du temps à tenter de m’attraper sous les tables et… bah ce n’est pas possible. C’est juste une zone totalement safe alors qu’ils me voient. Et dans le fond, j’aurais préféré y rester, me faire attraper et devoir mieux jouer. Mais cela n'a pas été le cas. Tant pis !

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Man in the box.

Bon alors. Parler de l’histoire ? Check. La direction artistique ? Check aussi. Le Gameplay ? Hmmm… ah bah c’est bon ! Il reste quoi alors ? Attendez, faut que je me rappelle… Ah bah oui, la durée de vie ! La FAMEUSE durée de vie. 3h. Voilà, je ne vais pas perdre de temps à tourner autour du pot. 3 heures. Trois. J’insiste, histoire d’être sûr que vous avez bien lu. Vous allez me dire, c’est pas mal long déjà un cauchemar de 3 heures. Mais quand on paye son jeu 20 euros dans sa version digitale, 30 (voire 35) balles pour sa version collector physique, on est, « IL ME SEMBLE », en droit d’avoir un poil plus que 3 heures de jeux pour 5 niveaux. Alors ouiiiii, j’en conviens, les 5 niveaux ont des univers totalement différents et le jeu a au moins l’avantage de ne pas tomber dans une certaine redondance de gameplay et permet donc de renouveler l’expérience jusqu’au bout. Mais en même temps, de vous à moi, en 3 heures, ça serait osé de nous faire du répétitif. D’autant qu’on nous le sert avec un scénario purement inexistant, à la fin expédiée vite fait bien fait merci au revoir bonne soirée. Y’a que moi qui craque ?

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Night… marre !

Oui bon, j’ai un peu dû pousser ma gueulante. Ce n’est pas dans mes habitudes. Surtout que dans le fond, j’ai vraiment aimé le jeu. Pour son univers, ses couleurs qui m’ont rappelé aussi le travail de Jean-Pierre Jeunet, sa musique et ses protagonistes. Mais j’ai une sale sensation de jeu pas fini. De « écoute on a fait ce qu’on voulait, pour le reste, tu te démerdes de ton côté » laissant libre court à l’imagination de chacun de comprendre ce qu’il veut comprendre. Mais moi, je n’apprécie pas ça. Tu as toute la matière à avoir un must have et… tu foires l’essai. Plaquage, cassage de côte, coucou l’hosto. Bien entendu, cet avis n’engage que moi (Coucou, Dunta, 29 ans !) et non l’ensemble de ce que pense la rédaction, mais franchement, je ne sais pas si je vire au vieux con, mais me servir un jeu de 3 heures qui me laisse sur ma faim, alors qu’il a tellement de potentiel à proposer plus… C’est vraiment dommage. Et pourtant, si vous me demandiez mon avis sincère, je vous inviterais vraiment à y jouer. Parce qu’il est très bon dans son genre. Mais clairement pas à le payer plein pot. Désolé, ce n’est pas cool pour le studio de dire ça, mais attendez une petite promo et faites vous une session en un run dont vous vous rappellerez longuement et qui saura, aussi, faire écho à de vieux souvenirs d’enfance que vous auriez préféré oublier.

 Test réalisé par Dunta à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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