Test de Moss: Book II - Un bel emballage

Sorti en 2017, Moss est un des titres en réalité virtuelle ayant le plus marqué les esprits. Sa suite, sobrement intitulée "Moss: Book II", est-elle à la hauteur ?

Il était une fois

Moss: Book II débute quelques minutes après la conclusion du premier jeu. Afin de ne pas divulgâcher ce dernier pour ceux qui ne l'auraient pas (encore) fait, j'éviterai donc de trop en dire. Rappelons juste que le jeu repose sur la complémentarité entre l'héroïne du récit, la petite souris du nom de Quill, et le joueur, incarnant un "lecteur" dans ce monde.

Le titre d'histoire interactive est particulièrement pertinent pour désigner ce jeu. En effet, la narration occupe une place centrale dans le récit, celui-ci s'interrompant régulièrement pour ramener le joueur dans une chapelle, devant un livre dont il doit tourner les pages pour connaître la suite de l'histoire. Celle-ci n'est pas particulièrement bien écrite et le mur de narration que se prend le joueur dans les premières minutes du jeu (afin de lui rappeler les événements du premier opus, de manière détaillée) a de quoi rebuter. Cependant, une fois ce premier obstacle franchi, l'histoire devient rapidement prenante.

1.jpg

En effet, à défaut d'avoir une histoire originale, bien écrite ou surprenante, Moss a le mérite d'exceller dans sa mise en scène. Fait rare pour un petit jeu indépendant, Moss: Book 2 a profité d'une traduction intégrale en français, allant jusqu'aux crédits de fin et comprenant un doublage en français de grande qualité. Alors que le jeu le plus vendu de l'histoire ne s'est même pas donné cette peine, il est vraiment appréciable que les développeurs de Polyarc aient consenti à cet investissement, qui renforce grandement l'immersion.

Il serait cependant erroné de limiter les qualités de la mise en scène de Moss: Book 2 à sa traduction intégrale, qui n'est en réalité que la cerise sur le gâteau. L'ensemble de l'habillage sonore est de qualité, qu'il s'agisse des musiques ou des bruitages, qui se révèlent toujours pertinents. Les personnages sont attachants, en bonne partie grâce à un chara design de qualité. Cependant, tout ceci n'est toujours qu'accessoire en comparaison de la principale qualité du titre : il est absolument magnifique.

Anecdote : dans l'équipe rédactionnelle de JeuxOnline, certains rédacteurs ont l'habitude de mitrailler leur jeu, multipliant les captures d'écran. Je suis plutôt l'inverse : j'en prends assez peu et me débrouille ensuite. Moss, en revanche, a fait exception. En effet, chaque niveau donne l'impression d'être face à un tableau, dont le résultat est enivrant.

Vous ne le comprendrez probablement pas en regardant de simples images ou des vidéos du jeu. La meilleure preuve de cela est le fait qu'en dépit des nombreuses captures d'écran que j'ai prises, j'ai finalement décidé d'utiliser les images officielles pour illustrer cet article, car aucune de mes captures ne rendait réellement justice au jeu. Moss: Book II fait partie des jeux qui doivent se vivre, qui permettent de constater en quelques instants pourquoi la réalité virtuelle est une technologie si merveilleuse, en dépit de ses défauts sur lesquels nous reviendrons plus bas. C'est un titre qui n'aurait aucun intérêt sans cette technologie, mais qui l'exploite pleinement, offrant un résultat spectaculaire sur le plan visuel, mais pas seulement.

2.jpg

Un gameplay simple, mais efficace

Moss: Book II se joue exclusivement à la manette. Si cela peut inquiéter pour un jeu en réalité virtuelle, celui-ci est en réalité très confortable ; je n'ai jamais ressenti de cinétose en jouant. Pour y parvenir, le jeu propose des plans fixes, sur lesquels la petite souris, Quill, évolue en fonction des consignes du joueur. Ce dernier joue le rôle de la caméra, avant de se téléporter quand notre héroïne atteint le niveau suivant.

Concrètement, le jeu prend la forme de puzzles, globalement assez simples : il faut trouver comment atteindre la sortie, ce qui se fait généralement en déplaçant certains objets ou en empruntant un chemin précis. Il m'est arrivé quelques fois d'être bloqué, au point de devoir chercher sur un let's play comment avancer, mais la majorité des niveaux fonctionnent très bien. Si le gameplay est au départ assez simple, il s'enrichit progressivement pour augmenter les possibilités du joueur, bien qu'il demeure toujours assez basique.

Si la seule contrainte des niveaux est de les terminer, ceux-ci contiennent aussi des parchemins à découvrir et des caisses à briser. Tout ceci est facultatif, mais enrichit agréablement l'expérience de jeu, sans être trop difficile ; paradoxalement, s'il m'a parfois fallu chercher la solution de certains niveaux, je n'ai jamais eu de difficulté à atteindre les parchemins, ni n'en ait manqué un seul au cours de mon aventure principale.

3.jpg
En outre, on sent une véritable bienveillance de la part des développeurs. En effet, les niveaux sont assez courts, mais chacun contient plusieurs points de contrôle afin de ne pas devoir tout recommencer en cas de chute malencontreuse. De même, le jeu contient quelques combats, contre des vagues d'ennemis ou contre quelques boss ; à chaque fois, mourir n'oblige pas à recommencer, mais ramène simplement au début de la séquence concernée, ces combats étant divisés en de multiples petites parties. Dans un cas, j'ai même eu l'impression que la séquence se simplifiait au fur et à mesure de mes échecs.

De toutes les qualités de Moss: Book II, celle-ci est probablement qu'il faut le plus mettre en avant : les développeurs se sont assurés que tous les joueurs puissent venir à bout de leur titre, sans ressentir de frustration excessive.

L'aventure principale dure environ 5h en prenant son temps, un peu plus si vous traquez les succès. Ces derniers ne sont pas aussi réussis que le reste du jeu, car une bonne partie ne s'obtient pas naturellement ; il faut vraiment jouer pour les obtenir, avec un guide sous la main, ce qui n'est évidemment pas une bonne approche de ces accomplissements.

Un jeu brillant pour un casque de seconde zone

Moss: Book II est sorti le 31 mars 2022, exclusivement sur PlayStation VR. C'est bien là son principal défaut.

En dépit du fait que le jeu se déroule à la manette, les développeurs ont fait le choix étrange de se reposer sur très peu de boutons. Ainsi, pour effectuer une roulade, il faut appuyer sur la touche d'attaque (carré) puis sur celle de saut (croix). Plus tard dans le jeu, Quill obtient la capacité d'effectuer un dash. Pour activer cette compétence, il faut garder appuyée la touche d'attaque (carré, toujours), mettre la manette sur la souris, appuyer sur R2 quand on y est, puis réappuyer sur la touche d'attaque pour que Quill s'élance vers l'avant. Autre exemple : pour changer d'arme, il est nécessaire d'ouvrir l'inventaire (en appuyant sur le pavé tactile), de placer sa manette sur l'arme appropriée, d'appuyer sur R2 puis de se déplacer en maintenant R2 jusqu'à Quill pour qu'elle s'en empare.

Disons-le clairement : c'est un enfer. Il est vraiment étrange que Polyarc ait décidé de demander autant d'étapes pour certaines actions, alors que certaines touches (rond, triangle, L1 et R1, plus les touches directionnelles) sont inutilisées. Il aurait été beaucoup plus simple d'avoir la roulade sur rond, l'attaque spéciale sur triangle et le changement d'arme via L1/R1.

En outre, ils se heurtent vraiment aux limites du PlayStation VR sur ce plan. Comme celui-ci repose sur une caméra fixe, il est parfois impossible d'atteindre Quill avec la manette, car elle se trouve en dehors de l'espace de jeu. Je comprends la volonté de ces interactions directes entre le joueur et la souris et elles sont globalement sympathiques, comme quand Quill nous tend la main pour nous féliciter, mais à de nombreuses occasions, l'absence d'un réel room scale transforme une action qui devrait être simple en un véritable parcours du combattant.

"Un véritable parcours du combattant" est aussi une bonne description de la façon de jouer au jeu depuis une PlayStation 5. En effet, si celui-ci est entièrement rétrocompatible, le PlayStation VR n'aime guère la nouvelle console de Sony. Pour pouvoir l'utiliser, il est nécessaire d'utiliser un adaptateur pour la PlayStation Caméra, celle de la PlayStation 5 n'étant pas compatible avec le casque. En outre, si Moss: Book II se joue exclusivement à la manette, la DualSense ne peut être utilisée ; il est nécessaire d'avoir une DualShock 4. Pour toutes ces raisons, même si je ne peux que vous recommander chaudement de jouer à Moss: Book II, il vaut probablement mieux attendre sa sortie sur Meta Quest 2 ou la sortie du prochain casque de réalité virtuelle de Sony.

La Gardienne de la Galaxie

Quand j'ai accepté de tester Moss: Book II, ce n'était au départ qu'un prétexte pour me forcer à réinstaller mon PlayStation VR, rangé à la cave depuis la sortie de la PlayStation 5. Pourtant, l'aventure a su m'embarquer par sa mise en scène époustouflante ainsi que par son gameplay simple et accessible. Si vous possédez un casque de réalité virtuelle, Moss: Book II constitue donc probablement un passage obligé, tant il serait dommage de s'en priver.

En revanche, comme dit plus haut, il est probablement préférable de choisir un autre support que le PlayStation VR pour pleinement profiter du titre. En outre, si vous n'avez pas joué au premier opus, vous pouvez sans peine débuter par celui-ci, mais je vous conseillerai de commencer par Moss avant d'attaquer sa suite, car les deux jeux sont tellement proches qu'il y a peu de chance que l'un vous plaise et pas l'autre.

Test réalisé par Alandring sur PlayStation 5 (via la rétrocompatibilité PlayStation 4) grâce à une version fournie par le développeur.

Réactions (2)

Afficher sur le forum


Plateformes Oculus Quest 2, PlayStation VR
Genres Action, plateformes, fantasy

Sortie 31 mars 2022 (PlayStation VR)
21 juillet 2022 (Oculus Quest 2)

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.