Test de Pokémon Pokopia - l'étoile inattendue
Arrivé de nulle part sans faire trop de vagues, Pokémon Pokopia s’est installé dans nos salons le 5 mars 2026 dans un enthousiasme inattendu. Simple jeu chill qui arrive au bon moment ou véritable pilier de la jeune Switch 2 ? C’est ce qu’on va essayer de voir !
C’est lors du Nintendo Direct généraliste du 12 septembre 2025, le dernier en date à l’heure à laquelle cet article est rédigé, que Pokopia a été annoncé. On y voyait un Métamorph à l’apparence humanoïde qui reconstruisait un village Pokémon avec une direction artistique enfantine très colorée. Ça ressemblait un peu à Minecraft et à Animal Crossing, mais une chose était sûre : ça ne soulevait pas les foules. Pas le moins du monde. Cela dit, la hype a monté progressivement au fur et à mesure des révélations et l’arrivée du 5 mars était entourée d’une certaine effervescence. La suite, on la connaît : des ruptures de stock généralisées, des excellents retours et des Switch 2 qui se sont écoulées. Comment est-on passé d’une quasi indifférence à la sensation de ce début de printemps ?
Pokopia, c’est un ovni. On y incarne un Métamorph, Pokémon capable de prendre la forme d’à peu près tout ce qui existe, qui sort d’un long réveil. Il opte pour une apparence humanoïde à paramétrer. Si, de base, peu de possibilités sont offertes, de nombreuses sont à débloquer dans le jeu, que ce soient des coupes de cheveux ou des vêtements. Cette apparence, elle est justifiée dans le lore : il s’agit de celle de son dresseur (ou de sa dresseuse) qui a disparu. Et malheureusement, ce n’est pas la seule personne qui demeure introuvable : tous les humains sont partis, le monde est en ruine et très peu de Pokémon répondent à l’appel. Derrière son apparence enfantine se cache un monde bien plus sombre avec une double lecture très intéressante pour les fans de la première heure. Ce jeu ne se déroule pas dans une région spéciale inventée pour l’occasion, elle tire ses racines dans le monde Pokémon connu et soulève de nombreuses questions. Que s’est-il passé et pourquoi tout est en ruines ?
Le but de Métamorph est donc de recoller les pièces du puzzle et surtout de recoller le monde. En bon maître du Morphing, il est en mesure de copier le pouvoir de certains Pokémon rencontrés. Le Feuillage de Bulbizarre lui permet de planter des buissons, le Pistolet à O de Carapuce lui offre la possibilité de réhydrater les sols et d’arroser les plantes tandis que la Coupe d’Insécateur le transforme en bûcheron-désherbeur sur pattes. Entre autres. Il y a de nombreux pouvoirs à débloquer et leur utilité n’est pas seulement cosmétique. Pour que ce monde renaisse de ses cendres, il faut que les Pokémon reviennent et pour ça, il faut qu’ils se sentent bien. Ça se traduit par la reconstruction de leur habitat naturel. Par exemple, un rocher entouré de 4 buissons, une canne à pêche avec son petit tabouret à côté ou encore un sac de frappe et un banc. Les recettes se découvrent progressivement à l’approche d’un potentiel habitat et plusieurs Pokémon différents peuvent être attirés. Certains sont même très rares et peuvent demander de nombreux essais (ou pas). Ma fille a été ravie de rencontrer Dracaufeu au tout début de son aventure alors que, personnellement, je l’attends encore. Au total, ce sont plus de 300 créatures qu’il est possible de rencontrer (en prenant en compte les Pokémon qui sont disponibles au cours d’événements limités dans le temps), soit plus que dans les derniers RPG de la série principale.
Faire revenir des Pokémon dans leur habitat de prédilection n’est pas suffisant. Il faut faire en sorte qu’ils se sentent bien et donc être à l’écoute de leurs besoins. À l’instar d’un Animal Crossing, une bonne partie du temps de jeu pourra être accordée à la recherche de leur satisfaction. Il peut s’agir d'objets à trouver, d’endroits à rénover ; la liste est longue, mais le passage est obligatoire pour avancer dans le jeu : le bonheur des Pokémon fait augmenter le niveau du village et permet de débloquer le suivant, ce qui fait progresser l’intrigue. Le plus étonnant, c’est que chaque Pokémon a sa personnalité et son background. Tous ne sont pas forcément très bien écrits et un bon nombre de Pokémon sont plats et sans saveur, mais certains s’avèrent touchants et nous en apprennent un peu plus sur le lore de la région et de “la vie d’avant”.
Obtenir des objets demandés par un Pokémon demande bien souvent de passer par le système de craft et celui-ci est GIGANTESQUE. Très facile à prendre en main, il demande bien souvent d’acheter au préalable des recettes (disponibles facilement dans un PC avec une monnaie qui s’acquiert en réussissant diverses actions), de réunir les composants nécessaires (trouvables en explorant la région et en cassant à peu près tout ce qu’il y a à casser) et de lancer la fabrication. Le résultat est instantané et ne fait pas perdre de temps, ce qui n’est pas le cas des constructions et des réparations. Certains plans de maisons “toutes prêtes” demandent de récolter une somme importante de ressources et de réunir des Pokémon dotés de certaines qualités particulières, mais il faut ensuite attendre. Parfois jusqu’au lendemain ! À l’instar d’un Animal Crossing, ne pas pouvoir faire avancer l’histoire à cause d’un choix de game design est parfois frustrant, surtout que ça peut être contourné en bidouillant un peu dans les réglages de la console.
Mais Pokopia, c’est aussi une ode à l’imagination qui n’a pas grand-chose à envier à Minecraft. L’un des pouvoirs permet de casser des blocs et de les récupérer dans l’inventaire, ce qui offre à peu près tout ce que la créativité a à offrir. Chaque jour, on voit apparaître des travaux colossaux sur les réseaux : entre les personnes qui essaient de reproduire à l’identique leur région préférée, les interprétations de villes réelles ou les nombreux chefs d’oeuvre visuels, il n’y a presque aucune limite tant le canvas est vaste et la palette fournie. Ou bien, il y a aussi des villages tout à fait fonctionnels dans lesquels tout est placé aléatoirement, sans aucune décoration ni liant, mais il n’y a aucune honte à avoir l’esprit moins créatif… ou tout simplement aucun intérêt en l’aspect cosmétique de la chose.
Pokopia, c’est un petit bonbon, un jeu avec un rythme lent qui tranche beaucoup avec les dernières sorties de la licence. Alors que Légendes : Z-A apportait des combats en temps réel et même des zones chronométrées dans son DLC, ce jeu est là pour vous faire du bien dans un contexte national et international anxiogène. L’histoire en elle-même est prenante à partir du moment où on a la volonté de la creuser en parlant aux autres Pokémon et en retrouvant des notes perdues ; la simple complétion de l’histoire principale vous occupera plusieurs dizaines d’heures. Mais Pokopia, c’est bien plus. Constructions, aménagements, inventivité, cache-caches en multi, il y a toujours quelque chose à faire et c’est très rafraîchissant… même si ça ne plaira pas à tout le monde. C’est mignon, c’est chill, mais on peut très vite tourner en rond si on n’est pas spécialement réceptif à ce type de cosy game. D’ailleurs, on est peut-être à un tournant de l’histoire de la saga. Tandis qu'avant, la saga vivait principalement par ses RPG, il se pourrait bien que le modèle change avec de nouveaux jeux dans des styles totalement différents qui rythmeront l’attente entre les jeux principaux avec de nouvelles expériences, des créatures inédites et des détails sur le lore de l’univers. En d’autres termes, pouvoir profiter de Pokémon sans être enfermé dans le carcan des J-RPG vieillissants qui peinent de plus en plus à convaincre les plus jeunes.
Test réalisé par Malison sur Switch 2 grâce à une version fournie par l'éditeur.
| Plateformes | Nintendo Switch 2 |
|---|---|
| Genres | Bac à sable, simulation sociale, contemporain, post-apocalyptique |
| Sortie |
5 mars 2026 |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.











Réactions
Pas de compte JeuxOnLine ?
Créer un compte