Test de Mouse: PI For Hire - Un détective à l'emmental d'acier

Il y a des jeux qui n'ont pas besoin d'un long discours pour réveiller l'intérêt. Mouse : PI for Hire fait partie de ces titres qui t'attrapent par le col de ton imperméable et te soufflent rapidement : "Tu vas passer un excellent moment !".
Sorti le 16 avril 2026 dernier sur PC, Xbox Series, Switch 2 et PlayStation 5, ce FPS développé par Fumi Games nous plonge dans la peau de Jack Pepper, un rongeur détective privé évoluant dans un univers calqué sur les cartoons américains des années 30. Bip bip, il y a une souris qui fouine à Mouseburg.

Un univers sorti tout droit d'une boîte à fromage poussiéreuse

Si Cuphead a su vous laisser une forte impression visuelle en 2017, il y a fort à parier que Mouse va vous en coller une autre avec un style encore plus ancré dans l'esthétique des premières animations rubber hose américaines. Tout y est : le noir et blanc granuleux, les mouvements exagérés, tout comme les expressions de dessin animé qui font mouche. L'univers du film noir des années 30-40 se mêlant naturellement à ce style graphique, chapeau fedora, pluie battante et cigare au bec, le résultat est une cohérence artistique bluffante pour un titre à ce prix.

Les animations sont un spectacle à elles seules. Les ennemis tombent avec des effets dramatiques dignes de Tom & Jerry, tandis que Jack dégaine son arsenal avec une fluidité qui donne envie de regarder uniquement l'animation des armes. On sent que les développeurs ont étudié les classiques de Walt Disney d'avant-guerre avec amour et précision. Chaque recoin du jeu est assurément pensé pour rendre hommage au genre.

Cette cohérence visuelle est d'autant plus renforcée par sa bande originale qui colle à la peau du jeu comme du fromage fondu sur un toast. Du jazz, du big band, des cuivres qui swinguent : la musique n'est pas décorative, elle raconte elle aussi l'époque, l'ambiance, l'enquête qui avance. Elle invite régulièrement à dodeliner de la tête tout en jouant, preuve de son côté addictif.

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De la référence brie-llante

D'un point de vue du scénario, on retrouve l'ambiance typique du film noir d'époque, avec des personnages hauts en couleur noir & blanc, des environnements particulièrement grands et variés, ainsi que son lot de rebondissements. À sa façon, il m'a rappelé des jeux comme la saga Bioshock, pour cette approche portée sur le scénario, l'aventure et l'exploration plutôt que l'action et le combat (même si cela reste un élément principal, évidemment). Petit disclaimer, mais ne vous attendez tout de même pas à un trip à la Sin City, vos 3 enquêtes principales vous mèneront à la recherche d'un magicien disparu, une série d'enlèvements de musaraignes ainsi que la mort suspecte d'une star du cinéma. Qui sait, peut-être que ces enquêtes sont plus liées qu'elles ne le semblent ?

Une autre grande force de Mouse, c'est sa générosité en termes de références culturelles. Le jeu ne se contente pas de nous faire jouer dans un univers des années 30 : il le mélange habilement à la pop culture, qu'elle soit moderne ou d'époque. Les clins d’œil sont donc glissés récompensant donc les joueurs les plus attentifs. Sans spoiler quoi que ce soit, certaines scènes ou ennemis évoquent clairement des icônes du cinéma, du jeu vidéo ou de l'animation américaine classique et le tout est traité avec suffisamment d'intelligence pour ne pas tomber dans le plagiat grossier

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Ça sent un peu le maroilles

Bon, je me dois d'être honnête : Mouse: PI For Hire n'est malheureusement pas un jeu parfait. Et ses défauts, s'ils ne ruinent pas l'expérience, méritent d'être tout de même évoqués.

Tout d'abord, la structure de progression du jeu ou plus précisément les arènes de combat. Le jeu en raffole et on les reconnaît beaucoup trop vite. Au bout de quelques heures, la structure se répète ad nauseam : tu arrives dans un espace délimité rempli de fûts explosifs, de munitions et de soins, des hordes d'ennemis déboulent, tu les gères avec ton arsenal à disposition, la porte pour accéder à la suite s'ouvre, tu continues jusqu'à retrouver une zone équivalente. La mise en scène varie, le principe non. J’aurais apprécié plus de de variété dans la conception de ces confrontations, un petit quelque chose qui casse la routine. Mais ce n'est pas le cas. Ce n'est pas rédhibitoire, mais c'est tout de même dommage pour un jeu aussi inventif et marquant sur d'autres points.

Dans le même ordre d'idée, les ennemis manquent un peu de personnalité propre. Graphiquement, ils s'inscrivent bien dans l'univers, ils ont des designs différents (petits et rapides, massif qui nous chargent, sniper avec son trench au loin, etc.) mais en termes de comportement, on peine à vraiment les différencier. Une fois qu'on a pigé les patterns des premiers ennemis, les suivants ne réservent pas beaucoup de surprises. Les combats restent funs et ont quand même un peu de difficulté lors des boss, mais j'aurais apprécié moins d'ennemis et plus de variétés/approches différentes à mener.

De leur côté, j'ai trouvé que les armes ne laissaient pas ressentir l'évolution en prenant du niveau. Un chargeur plus conséquent, un tir secondaire pas toujours très distinctif, une recharge plus rapide... On se retrouve vite à utiliser la même build en boucle, sans ressentir de changement significatif dans la façon de jouer. Un peu plus de punch dans la progression ou un blocage volontaire de certains combos pendant des passages définis aurait rendu le système d'armes plus intéressant.

En ce qui concerne les zones de jeu, j'ai trouvé qu'elles avaient tendance à se transformer facilement en un labyrinthe dès que l'on veut pousser le curseur de l'exploration. En effet, on découvre rapidement la présence de zones secrètes et d'accès cachés avec des objets intéressants à la clé. Sauf qu'en l'absence de carte en jeu, il est parfois compliqué de se repérer et de détecter ces différents éléments qui sauront titiller l'esprit de tout joueur aimant tout collecter avant d'avancer au niveau suivant.

Enfin, le jeu se dote de son propre mini-jeu de base-ball. Collecte de cartes, système de duels. Sorte de bataille consistant à sortir plus de points que l'adversaire en phase d'attaque ou de défense pour avancer sur les différentes bases, le jeu s'avère assez vite répétitif et anecdotique. Le seul véritable intérêt du jeu se trouve principalement dans une récompense offerte après un certain nombres de victoires. Sympa, mais pas inoubliable non plus.

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Il est l'heure de comté mon avis

Mouse : PI for Hire est clairement une des belles surprises de ce début d'année. Dans un paysage vidéoludique souvent dominé par des AAA à 80€ qui oublient parfois ce qu'est le plaisir de jouer, il débarque avec une DA forte, un univers soigné, une bande-son parfaitement adaptée et une générosité qui force le respect. Ses défauts (combats répétitifs, ennemis peu différenciés, progression des armes peu marquée, exploration parfois brouillonne) existent, mais ne sont pas assez négatifs pour donner envie d'en faire tout un fromage.

Vendu au prix doux de 29,99€ pour une durée de vie de 15 à 20h (ce qui est relativement conséquent, vous l'admettrez), vous aurez assurément du flair de lui accorder sa chance en l'ajoutant à votre backlog. Pour les amateurs d'animation classique, de film noir et de jeux qui n'ont pas peur d'avoir une âme : enfilez votre chapeau, rechargez votre revolver, et partez résoudre cette affaire jusqu'à la dernière miette.

Test réalisé sur Xbox par Dunta à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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