Test de Case Solved: The London Files - Logique, mon cher Watson

Que diriez-vous d'un petit jeu d'enquête et de déduction pour occuper ces chaudes journées d'été ? Voici le programme de Case Solved: The London Files.

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Souvenirs d'enfance

Lorsque j’étais enfant, ma maman, l’été venu, ne manquait jamais des magazines regroupant une grande variété de sports cérébraux, comme on les appelait à l’époque. Si les mots croisés, mots fléchés et autres mots cachés n’ont jamais vraiment titillé mon intérêt, il en est un que je ne manquais jamais : les logigrammes ou integrammes, comme on aime les appeler maintenant. C’est sous ce nom un peu barbare que l’on trouve des jeux d’enquêtes, plus proches en réalité des jeux de logique et de déduction qui, à partir de quelques affirmations, demandaient aux lecteurs de résoudre un mystère. Si je vous parle de ça, c’est parce que l’équipe de Minimol Games a visiblement également connu ces magazines et s’en est souvenu au moment de créer Case Solved : The London Files.

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Case Solved reprend donc le principe de ces jeux de déduction, en lui ajoutant simplement un petit enrobage narratif. Chaque dossier se divise ainsi en cinq actes, qui forment une enquête complète. Et il suffit de se plonger dans le premier acte du premier dossier pour comprendre le peu d’ambition dont va faire preuve le jeu. Plutôt que d’inviter le joueur à interroger les suspects pour recueillir les indices nécessaires à la reconstitution des faits lors de la seconde phase de chaque acte, Case Solved réduit son enquête à un banal mini-jeu de recherche d’objets, indiqués par les suspects. Le joueur n’a plus qu’à repérer quelques éléments, à peine dissimulés dans le décor, pour obtenir des indices souvent déconnectés de l’objet recherché. Discuter avec les suspects est même parfaitement facultatif, tant les objets sont simples à trouver. Il faudra juste penser à parler au collègue présent sur chaque cas pour obtenir les derniers indices manquants.

Rasoir d'Ockham

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Cette première étape passée, il est temps de s’intéresser à ce qui devrait être le cœur de ce genre de jeu : le tableau de déduction. Un nouvel écran apparait alors, divisé en deux sections. À gauche, les indices, sous la forme d’affirmations logiques. Parfois directes (« X était dans la rue », « Y n’était pas fatigué »), parfois indirectes (« celui qui était dans la rue n’était pas fatigué », « si X était endormi, alors Y était dans sa chambre »…), ces indices doivent vous permettre de remplir le tableau présent sur la droite de l’écran, en attribuant à chacun les informations que vous avez obtenues ou déduites. Plusieurs catégories d’informations sont à attribuer correctement, que le jeu a la bonne idée de représenter par différentes couleurs (une couleur = une catégorie). Si les énigmes les plus simples peuvent être directement résolues par ce biais, on sent qu’il manque quelque chose dès que les énigmes se compliquent. Le tableau n’offre en effet aucune possibilité de rendre visuels les liens que vous pourriez faire entre certaines informations, mais que vous ne pouvez attribuer à un suspect précis. Pire, les erreurs conduisent régulièrement à devoir recommencer le tableau en entier, faute d’avoir un moyen de marquer les éléments dont vous êtes sûr. Prévoyez donc une feuille de papier à côté pour pouvoir prendre des notes et refaire les grilles si caractéristiques des logigrammes et dont l’absence se fait sentir dans ce jeu.

Un contenu qui joue à cache-cache

Les énigmes additionnelles sont verrouillées
Les énigmes additionnelles sont verrouillées

Bref, on finit par remplir notre tableau, on valide, on a droit à un petit commentaire de notre détective avant de passer à la suite. Tout l’enrobage autour des cas reste assez limité, et même franchement répétitif. Mais c’est lorsqu’on regarde le contenu proposé par le jeu que l’on tique le plus. Le jeu ne propose que trois affaires réellement complètes, avec le découpage en actes et l’enrobage. Autant dire que vous aurez fini cette partie en deux petites heures. En complément, on trouve sur l’écran d’accueil un menu « Confidentiel » qui regroupe une quarantaine d’autres énigmes qui vont droit au but, sans la partie recherche d’objet ou narration. L’idée aurait pu constituer un bon moyen d’allonger la durée de vie. Malheureusement, l’équipe de développement a choisi de verrouiller ce contenu derrière un système de mots de passe à dénicher dans le jeu, sur la page Steam ou encore ailleurs sur Internet. Une contrainte aussi étrange qu’inutile puisqu'on trouve déjà une bonne quinzaine de ces mots de passe sur le forum Steam du jeu.

On saluera par contre le fait d’avoir proposé une traduction dans bon nombre de langues, dont le français. On n’échappera pas totalement à quelques erreurs ou coquilles, que l’on sent issues d’une traduction semi-automatique, mais dans l’ensemble, ça reste compréhensible. Il n’y a vraiment qu’un indice dans l’une des dernières énigmes qui n’a strictement aucun sens, mais on se consolera en se disant qu’il n’a aucun sens dans toutes les langues.

Conclusion

Sans être un mauvais jeu, Case Solved : The London Files ne m’a pas franchement convaincu. Si le jeu ne ment pas sur ce qu’il est dans le fond (un logigramme, pas un jeu d’enquête), on peut être un peu déçu par la forme. Et c’est justement là qu’est le problème. Qu’apporte le passage en jeu vidéo par rapport aux magazines qui existaient dans mon enfance, et existent encore aujourd’hui ? Pas grand-chose, et on y perd même en praticité. Difficile aussi de ne pas froncer les sourcils devant l’idée de ne pas rendre immédiatement disponible la plus grosse partie du contenu d’un jeu qui se révèle sacrément court autrement.  

Test réalisé par Grim sur PC à l'aide d'une copie fournie par l'éditeur

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