Test de Metal Gear Solid: Master Collection Vol. 2 - Un remaster timide, mais les frissons sont toujours là

Enfin, il est de retour ! Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots, malgré les critiques dont il a souffert parfois, reste un épisode très important dans la série des Metal Gear. Pourtant, et depuis sa sortie originale sur PlayStation 3, le titre n'avait jamais été porté sur d'autres consoles, au contraire de ses prédécesseurs. Il était, depuis, impossible d'y jouer à moins d'encore posséder une PS3. C'est un manquement réparé, avec un MGS 4 qui profite de cette Metal Gear Solid: Master Collection Vol. 2 pour réapparaître et s'offrir un lifting, accompagné par l'épisode Peace Walker, initialement sorti sur PSP. 

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MGS 4, l'épilogue de Solid Snake

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On va pas se mentir, ça fait un petit quelque chose de relancer ce vieux Metal Gear Solid 4. Imparfait techniquement sur PlayStation 3 à l'époque, la faute à une machine qui crachait déjà ses poumons et une ambition visuelle assez évidente, on retrouve le jeu cette fois-ci dans un état impeccable avec les très attendus 60 fps, un confort bienvenu quand on se souvient des 30 fps que le jeu peinait même à maintenir, ainsi que des textures affinées, et une résolution plus conforme à notre époque. Mais aussi, des temps de chargement réduits entre les différentes zones, et plus l'obligation de charger les données d'un chapitre à l'autre (même si cela avait déjà fait l'objet d'un patch à l'époque). C'est donc dans les meilleures conditions que l'on redécouvre un jeu qui, semble-t-il, s'est bonifié avec les années, puisque le recul que l'on a désormais sur la saga permet de mieux apprécier ou au moins de déceler les intentions derrière certains choix. Comme les cinématiques, que certains qualifieront d'interminables (notamment son désormais célèbre et très long épilogue), mais qui confèrent au jeu quelque chose de cinématique qui venait couronner une saga d'une assez belle manière. Qu'il s'agisse d'émotions ou de rebondissements, le jeu manipulait le joueur aussi bien que l'aurait fait Screaming Mantis et c'est d'autant plus appréciable 18 ans après, avec ce que la saga a connu par la suite et sa disparition que l'on regrette sûrement encore un peu. Et c'est là que l'on apprécie d'autant plus l'aventure qui, à sa manière, cherchait à proposer une sorte de best-of de ce que les épisodes précédents avaient de meilleur, comme un retour momentané en Amérique du Sud à l'image du 3ème épisode, où un acte entier est dédié à Shadow Moses, la base des évènements du tout premier MGS. Et il appuie un peu plus son discours dénonciateur autour de la militarisation du monde en nous mettant dès son premier acte sur une scène de guerre, dans lequel Solid Snake n'est qu'acteur secondaire en toile de fond. Les frissons sont toujours là et c'est ce qu'on vient chercher.

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MGS 4 apparaît finalement comme une sorte de parc d'attractions, car il met un terme à l'histoire d'un Solid Snake vieillissant, mais le fait en rendant hommage aux aventures qu'il a traversées, ramenant au passage de nombreux guests, avec des personnages importants dont l'arc se conclut également, dans une grande aventure où les scènes formidables s'enchaînent dans un rythme toujours important. Côté gameplay, le jeu offre encore aujourd'hui quelques moments assez géniaux, d'autres moins réussis, pour un jeu en dents de scie où le gameplay est parfois accessoire aux cinématiques. Mais c'est un titre que j'ai pris énormément de plaisir à redécouvrir, des années après, en lui trouvant des qualités qui étaient moins évidentes à l'époque. Peut-être parce que la technique le rend beaucoup plus agréable à jouer aujourd'hui, mais aussi peut-être parce qu'on profitait du remake Delta du 3ème épisode l'année dernière et que les faire quasiment coup sur coup aide beaucoup mieux à voir la filiation entre ces deux épisodes. Un vrai plaisir donc, de pouvoir retrouver cette aventure qui a été très discutée à l'époque, mais qui gagne beaucoup à être redécouverte sous un angle différent, avec plus de recul et avec une vue globale sur l'ensemble de la série. Un bémol peut-être, le bloom assez vilain du passage en Europe de l'Est reste de mise sur ce remaster, qui fait pourtant un quasi-sans-faute visuellement avec un titre qui, certes, accuse parfois son âge, mais qui reste très agréable à l'œil, plus encore avec la résolution revue à la hausse.

Peace Walker, un épisode à part, mais pourtant fondamental

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Les choses sont peut-être moins emballantes pour Peace Walker. Peut-être parce que c'est un épisode PlayStation Portable, que sa structure très cloisonnée a assez mal vieilli et que, graphiquement, malgré un fort lifting et une résolution bien supérieure (même si cette édition permet d'y jouer aussi dans les conditions d'origine), on reste sur un titre assez peu flatteur visuellement. Pareil pour le gameplay, sensiblement modernisé, mais qui souffre de quelques lourdeurs qui étaient déjà pénibles à l'époque, comme l'impossibilité de ramper au sol (on peut s'allonger, mais sans bouger !) ou la visée, moins dynamique que dans MGS 4, peu importe que l'on choisisse la visée assistée ou manuelle. Heureusement, c'est narrativement que Peace Walker amenait des éléments intéressants et un discours intéressant autour de la paix et de l'influence néfaste de l'armement nucléaire ou l'arrivée dans la narration des "Militaires sans frontières" qui représentent une force armée sans nation. C'est un titre qui insistait énormément sur des thématiques, certes pas nouvelles pour la série qui a toujours eu un côté antimilitariste, que l'on a ensuite retrouvé sans trop de finesse dans MGS V. Peace Walker tourne néanmoins ici également à 60fps, sans sourciller heureusement compte tenu de ce qu'il affiche à l'écran avec des graphismes datés et des zones minuscules. Ce gain côté performances, en comparaison du jeu PSP et de la "HD Collection" sortie sur PS3 et Xbox 360, dont l'expérience a pris un sacré coup de vieux, le rend malgré tout intéressant à parcourir à nouveau. D'autant que c'est un maillon important dans le lore de la série, notamment pour MGS V sorti quelques années après. À l'aventure principale, le remaster rajoute un accès à un livre numérique du scénario, idem pour MGS 4 ; des petits ajouts sympathiques pour les fans, mais qui n'apportent en réalité pas grand-chose à l'ensemble.

Cette deuxième collection de remasters Metal Gear Solid était très attendue en ce qu'elle permet (enfin) de jouer à MGS 4 dans de bonnes conditions, tandis que Peace Walker est un bonus sympathique. Pas de révolution néanmoins, on retrouve les jeux tels qu'ils sont sortis à l'époque, moyennant un lifting visuel et un framerate plus élevé. Certains diront que ces remasters sont paresseux, mais en réalité, simplement pour la conservation de MGS 4 qui était difficilement jouable aujourd'hui, c'est un remaster important. D'autant plus que le titre s'est bonifié avec les années et que le parcourir a été un vrai plaisir, comme lors de la redécouverte de MGS 3 l'année dernière avec son remake. Plus encore, ces remasters et remakes variés rappellent à quel point la série des MGS était solide côté gameplay, avec une approche de l'infiltration qui manque énormément aujourd'hui.

Test réalisé par Hachim0n sur PlayStation 5 à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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