Test de Qliphah in Providence's Shadow - the Japan X Files

Qliphah in Providence's Shadow est un "RPG de timeline à contre tactique", développé et publié par Arc System Works. Il sort ce jeudi 24 septembre sur PlayStation 5, Switch et PC (Steam et Epic Games Store).

01-titre.jpg

Le jeu se déroule en 2030, à Tokyo. Une catastrophe mal comprise, mais baptisée "l'Effondrement" corrompt la réalité. Le quartier du 709 et son célèbre passage piéton ont laissé la place à un gigantesque gouffre béant. L'Effondrement n'est pas que physique, cependant : il est aussi moral, sociétal voire même métaphysique. Ainsi, certaines personnes "s'éveillent" (pour reprendre la terminologie du jeu) peu à peu sous son influence et finissent par se transformer en monstres sanguinaires.

L'histoire débute par la rencontre de nos deux protagonistes : Rena Hizuki, membre d'une brigade de la police Tokyo qui lutte contre l'Effondrement, et Soma Hoshigami, un jeune livreur à temps partiel qui présente tous les signes de l'Éveil sans avoir succombé à la folie. Jugé trop dangereux pour rester libre, Soma est confié à la garde de Rena, et l'accompagne donc dans son enquête sur le Veritalis, une nouvelle drogue de synthèse qui déclencherait l'Éveil et donc la transformation en monstres de ses consommateurs ...

03-rencontre.jpg
06-exploration.jpg

Même si le jeu se présente comme un jeu de rôle, il est plus proche en dehors des combats d'un visual novel, je trouve. Il n'y a pas vraiment, par exemple, d'exploration ou de donjons : on visite différents points de la carte – parfois un peu au hasard, l'objectif suivant n'étant pas toujours explicite – pour y déclencher dialogues et combats, jusqu'à trouver la scène qui fait avancer le scénario. Tout au plus, certains points d'intérêt restent inaccessibles tant qu'on n'a pas visité un autre endroit avant. Chaque chapitre étant limité en temps, on est dissuadé de visiter tous les points d'intérêt et donc d'obtenir tous les rapports d'enquête.

Il n'y a pas non plus de gestion de l'équipement ou de l'inventaire, étant donné qu'il n'y a ni objets consommables ni marchands.

Il y a, par contre, beaucoup de textes : dans les dialogues eux-mêmes, tout d'abord, mais aussi dans les rapports d'enquête que rédige Rena ou dans les fils de réseaux sociaux que le duo peut consulter. Thématique policière oblige, c'est parfois dans ces derniers que l'on trouve des indices pour faire avancer le scénario ou débloquer des compétences supplémentaires.

En effet, une partie des compétences de combat s'apprend en progressant dans l'enquête : chaque endroit visité correspond à un rapport, lequel correspond à une compétence. Et il faut parfois trouver des mots de passe sur les réseaux sociaux (ceux présents dans le jeu, pas IRL) pour les déverrouiller. Les autres compétences, elles, peuvent être gagnées en fin de combat (auquel cas – si le drop n'est pas garanti – une même compétence peut être gagnée à divers endroits).

Le jeu se définit lui-même comme un "RPG de timeline à contre tactique" et une fois en combat, on se rend compte que c'est tout à fait justifié. J'irais même plus loin et plus que comme un action-RPG, je qualifierais Qliphah de réaction-RPG : même s'ils peuvent sembler assez brouillons en début de partie – quand on s'en sort encore en bourinnant –, on se rend vite compte que les combats sont assez complexes. Les attaques ennemies font assez mal et il est moins risqué de leur laisser l'initiative pour savoir comment réagir : les attaques codées en couleur peuvent être contrées par une attaque de la même couleur, les autres doivent être bloquées ou esquivées. Il est d'autant plus important de savoir contrer que, d'une part, c'est le prérequis pour lancer certaines attaques spéciales et que, d'autre part, à force de contrer un ennemi, on finit par le projeter en l'air ; c'est alors le moment idéal pour réaliser un combo.

Le timing pour placer ces contres est parfois assez serré, mais c'est là une force du système de combat, qui utilise ce que je qualifierais de temps réel à géométrie variable : le temps s'écoule, mais uniquement quand vos personnages agissent. Si vous laissez la liste de commandes se vider entièrement, alors le temps ralentit fortement, pour vous laisser réfléchir à votre tactique. Il est aussi possible de déclencher ce ralenti sur commande, voire de mettre le combat en pause, au besoin.

L'image est sans doute mauvaise, mais la meilleure comparaison qui me vienne à l'esprit, ce sont les jeux de la famille "Donjons Mystère" (Pokémon Explorateurs ou Équipe de Secours ; Chocobo ; Shiren the Wanderer ...), où les monstres sont limités à une action pour chaque action que le joueur entreprend.

04-resultat.jpg

À l'inverse, l'une des faiblesses des combats, c'est la caméra, située par défaut trop près du sol et des personnages, et qui a parfois du mal à rester centrée sur l'action (surtout dans les combats avec plusieurs ennemis).

La seconde ombre au tableau, c'est la difficulté, qui progresse de manière inégale d'un combat à l'autre. D'une part, les niveaux de adversaires fluctuent : à titre d'exemple, le boss du chapitre quatre est au niveau 34, quand certains des autres adversaires de ce chapitre peuvent monter jusqu'au niveau 39 dans les bonnes (ou mauvaises) conditions.

D'autre part, la difficulté d'un combat varie grandement en fonction de la composition du groupe adverse. Contre un adversaire unique, il n'y a généralement pas de soucis à se faire ; contre deux, il faut commencer à faire attention ; et contre trois, on n'a plus trop le droit à l'erreur et l'affrontement tourne à l'épreuve de microgestion, surtout s'ils arrivent à synchroniser leurs attaques.

05-menu.jpg
11-dialogue.jpg

En conclusion, j'ai apprécié Qliphah in Providence's Shadow. Bien qu'il ne soit pas exactement le titre auquel je m'attendais (Je m'étais imaginé un RPG plus traditionnel), je ne peux pas dire que le titre tel qu'il est m'ait déplu, loin de là.

Il faut avant tout saluer la présence d'une traduction française – de bonne qualité, qui plus est – dans une production qui tient plus du jeu de niche que du AAA (La version numérique du jeu est à 25€ hors promotion). Surtout quand on voit la quantité conséquente de textes présents en jeu.

Le volet exploration est plutôt réussi, avec un bon équilibre dans le nombre d'endroits à visiter : assez pour ne pas paraître linéaire et trop pour qu'on ait le temps de tous voir, à cause de la pression temporelle exercée par le calendrier. Cela peut cependant être une raison de recommencer une nouvelle partie, de la même manière qu'on peut être tenté d'optimiser son utilisation du temps dans les jeux Persona les plus récents.

L'écriture de son ambiance "pré-apocalyptique" est très réussie, tout comme le fait de donner au joueur le contrôle du rythme des combats avec le ralentissement du temps. J'ai plus de mal cependant avec les fils de réseaux sociaux auxquels on a accès pendant le jeu. Non pas que l'idée soit mauvaise (elle est même plutôt bien trouvée, je pense), mais leur utilité principale est de trouver des mots de passes pour déverrouiller certaines compétences dans le tableau d'enquête et donc, je suppose, d'encourager la coopération entre joueurs via le bouche à oreilles. Or, nous sommes à l'âge d'internet et je pense plus probable que dans la semaine qui suit la sortie du jeu, toutes les réponses seront disponibles les sites ou forums d'entraide. (Et je suis sans doute naïf sur les délais, pour être honnête.)

Enfin, il faut signaler que le jeu est classé PEGI 16, il est donc déconseillé aux moins de 16 ans, avec un descripteur de contenu "Violence". L'histoire aborde l'usage ainsi que le trafic de drogues et contient quelques descriptions textuelles et illustrations propres à choquer les plus jeunes.

En résumé, j'encourage tous les joueurs qu'il pourrait intriguer à s'y intéresser. Il n'est ni très cher, ni très long (comptez une vingtaine d'heures pour une première partie), ses qualités plus que compensent ses défauts, son système de combat mérite d'être essayé (surtout si vous cherchez une alternative au tour par tour) et je lui souhaite sincèrement de trouver son public.

Test réalisé sur Switch par Alenn Tax grâce à une version fournie par l'éditeur.

Réactions


Personne n'a encore réagi. Soyez le premier.

Plateformes Nintendo Switch, PlayStation 5, Windows
Genres J-RPG, jeu de rôle (rpg), asie, japon contemporain

Sortie 24 septembre 2026 (Windows)
24 septembre 2026 (Nintendo Switch)
24 septembre 2026 (PlayStation 5)

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.