Test de Beyond these stars : un city-builder chill avec des valeurs
Quand le logo Hooded Horse s’affiche, on s’attend à du lourd. Manor Lords, Against the Storm, Old World : l’éditeur a l’habitude de dénicher des jeux qui demandent de s’accrocher. Beyond These Stars, signé Balancing Monkey Games, studio néo-zélandais de Dunedin déjà auteur de Before We Leave, arrive donc avec une réputation à tenir. Il est sorti le 15 octobre 2026 directement en version 1.0 sur PC (Steam, GOG, Epic, Microsoft Store) et dans le PC Game Pass.
Une baleine, des Peeps et un sacré point de départ
Le pitch fait mouche. Vos Peeps sont échoués sur le dos de Kewa, une baleine spatiale géante qui traverse une galaxie générée de façon procédurale. Leur ville se construit sur son dos et elle réagit à vos décisions. Kewa a de la santé, de l’énergie, des humeurs. Son nom vient du mot maori pour une baleine à fanons, un clin d’œil à l’identité du studio. Le narrateur a un délicieux accent kiwi et l’ensemble dégage une gentillesse assumée.
C’est un décor de city builder que je n’avais encore jamais vu et c’est sa plus grande force.
Un air d’Anno, en plus doux
Dans son idée, Beyond These Stars m’a fait penser à Anno. On retrouve le même esprit : des chaînes de production à enchaîner, des besoins de population à satisfaire, des habitants qui se débrouillent seuls pour trouver du travail (on gère juste leurs priorités) et une expansion vers de nouveaux territoires. Ici, ce sont des avant-postes sur des planètes quand Kewa fait escale dans un système.L’inspiration est là, mais en version allégée. Les bâtiments se placent sur une grille hexagonale, avec des bonus de voisinage (les habitations aiment être groupées). L’arbre technologique se débloque par de petites missions : minez assez de fer et vous obtenez un ascenseur pour atteindre les plateaux plus hauts. On ne dépense pas de points pour débloquer, on remplit des conditions, ce qui est plutôt malin.
Pollution, déchets et terraformation : le vrai cœur du jeu
C’est là que le jeu devient original. L’industrie pollue et la pollution désactive les bâtiments touchés. Centrales à l’arrêt, usines à l’arrêt ; toute la production se bloque. Sans purificateurs à proximité, les Peeps tombent malades. Il faut donc anticiper et parfois démolir pour reconstruire autrement.Rien ne se perd, tout se transforme. La suie devient un ingrédient pour le verre et l’acier, la boue se change en sable et en eau et les gravats des canaux servent à combler les mines épuisées. Le terrain lui-même est un outil : on abaisse une case hexagonale, ça produit des gravats, qu’on utilise pour en surélever une autre. On ouvre ainsi le chemin à une rivière, on rend fertile un sol aride, on plante des forêts qui agrandissent la zone d’atmosphère respirable. Ce n’est pas qu’esthétique, ça redéfinit où poser les fermes et comment circulent les habitants.
Petit bémol tout de même dans l'idée, du coup, c'est que cette logique de recyclage affaiblit un peu le message écologique du jeu. Si tout déchet finit par servir, rien n’incite vraiment à polluer moins : on peut polluer d’abord et réparer ensuite.
Voyager avec Kewa
Une fois les bases posées, on choisit une destination et la baleine trace sa route, se nourrit et récupère de l’énergie en chemin. Chaque système solaire a son climat, qui influence les cultures et le moral des Peeps. Les planètes offrent océans, pêche et nouvelles zones d’extraction qui soulagent la pénurie du début. Il y a aussi des dangers, comme des pluies d’astéroïdes qui endommagent les installations.
Plus tard, on peut dialoguer avec Kewa via un vieux terminal textuel. Ses réponses dépendent de votre comportement : elle se méfie au départ, s’ouvre si vous la respectez, se referme si vous saccagez sa peau. Quand elle est vraiment heureuse, des arbres spéciaux apparaissent, dont les fruits boostent le bonheur de vos habitants. Petit plaisir : en zoomant à fond le soir, on voit les Peeps se retrouver dans les parcs et les cafés et Kewa chante avec eux.
Simple, mais pas toujours limpide
Pour un jeu publié par Hooded Horse, je trouve Beyond These Stars assez simpliste, avec une gestion qui reste en surface par rapport à ce que l’éditeur propose d’habitude. Si vous venez d’Against the Storm ou d’un Anno bien chargé, vous risquez de vite en faire le tour.
Attention, simple ne veut pas dire limpide. Plusieurs retours pointent que le jeu communique mal. La production doit être activée à la main bâtiment par bâtiment, les alertes décrivent les symptômes (« une zone est contaminée ») sans relier la cause (les bâtiments à l’arrêt) et certains ordres de terraformation ne s’exécutent pas sans prévenir. On se retrouve à chercher pourquoi une usine ne tourne pas, alors que la mécanique en elle-même n’a rien de compliqué.
C’est un peu le paradoxe : un jeu peu profond, mais qui ne tient pas toujours la main pour comprendre ses propres règles.
Visuellement, c’est très réussi. Les paysages hexagonaux baignent dans une lumière dorée permanente, avec un cycle jour/nuit lisible, et la terraformation offre de beaux moments quand une vallée s’inonde. La bande-son est agréable mais très discrète, du genre musique d’ambiance qui ne dérange jamais et dont on ne retient aucun thème. Côté technique, aucun problème majeur, quelques saccades en longues sessions et des Peeps parfois perdus sur la carte.Beyond These Stars a de quoi séduire par son thème. Ville sur une baleine spatiale, ambiance zen, message sur l’interconnexion, c’est vraiment original et le jeu a du charme. Le mode histoire est ajustable en difficulté, avec des scénarios alternatifs et un mode libre pour jouer tranquille.
Mais pour un éditeur qui nous a habitués à plus de substance, je reste un peu sur ma faim. C’est un bon city builder accessible et attachant, pas la nouvelle claque à la Manor Lords. À conseiller à ceux qui veulent une ambiance cosy et de la logistique sans prise de tête, ou qui ont aimé The Wandering Village (une ville sur le dos d’une créature géante) ou SteamWorld Build. Les vétérans d’Anno, eux, feraient bien d’essayer la démo gratuite sur Steam avant de se lancer.
- Jeu testé par Seiei avec une version fournie par l'éditeur
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| Plateformes | Windows |
|---|---|
| Genres | City-builder, gestion, simulation, science-fiction |
| Sortie |
15 octobre 2026 |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.








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