Test : Arslan, un manga sacrifié sur l'autel du jeu vidéo

Quand Koei Tecmo sort des sentiers battus et rebattus de Samurai Warriors, on peut s'attendre à tout, au pire comme au meilleur... Qu'en sera-t-il pour Arslan: the Warriors of Legend, adaptation d'une saga littéraire très populaire au Japon et d'un manga au succès mondial ?

Découvert à l'occasion de la Paris Games Week 2015 sur le stand de KOCH Media France, le jeu avait attiré notre attention par sa patte graphique assez intéressante. En effet, il est juste impossible de ne pas reconnaître le trait si caractéristique d'Hiromu Arakawa, la mangaka à qui l'on doit le mythique Full Metal Alchemist, dans les images d'illustration du jeu. Notre curiosité piquée, nous attendions avec impatience d'avoir la possibilité d'y jouer...

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Et dire que ce qui nous a attiré sur ce jeu nous a au final déçu est un doux euphémisme, tant, en jeu, les graphismes sont à la limite du tolérable. Les animations des personnages, notamment, sont juste inacceptables : quoi de moins convaincant, et surtout quoi de moins évident, qu'un de vos héros déclenchant une attaque spéciale avec une expression figée qui vous ferait presque dire que l'Inconnue de la Seine était la joie de vivre incarnée. Les cinématiques, extraites directement de l'adaptation animée du jeu, viennent un peu rattraper le tout, mais le parti pris du cell shading, toujours à double tranchant, laisse une impression plutôt négative.

C'est quand même dommage, parce qu'on peut douter du réel attrait du jeu pour les fans de la licence, puisqu'ils ne découvriront quasiment rien de plus dans ce jeu par rapport à leur lecture et qu'en plus, ils feront mal à leur petit coeur en s'infligeant un véritable massacre graphique d'une de leurs oeuvres favorites. D'ailleurs, il est opportun ici de préciser un point qui ne surprendra pas les fans, mais qui peut avoir son importance pour les novices : le jeu n'a pas de "réelle" fin. Et oui. C'est normal, après tout, le manga est encore en cours d'écriture. Sauf que ça laisse quand même un sacré goût d'inachevé dans la bouche et sans doute une petite douleur au portefeuille ou ailleurs...

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Après, il faut être honnête. Une fois qu'on est en jeu et qu'on arrive à passer outre les questions légitimes sur la qualité des graphismes, on retrouve la solidité de tous les jeux de musou de Koei Tecmo. Simple, sobre, efficace, la recette qui marche depuis plus de dix ans maintenant sur la série Samuraï Warriors fait encore une fois merveille, en proposant même quelques petites innovations plutôt sympathiques. On trouvera notamment, en parallèle du mode bourrinage jusqu'à faire sauter la garde du boss, un système d'esquive pour le moins inédit, qui vient rompre la monotonie des combats et qui prend tout son sens dans les modes de difficulté les plus avancés.

Tant qu'on parle des niveaux de difficulté, il y en a quatre à disposition, et à moins que vous ne souhaitiez affronter des pantins qui vous regardent vous mouvoir sans esquisser la moindre offensive, on vous recommande chaudement de totalement ignorer les deux niveaux les plus faciles.

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Autre innovation plutôt agréable dans Arslan, le mode "Rush" vous propose de déclencher un mini-jeu (accessible via une zone bleutée clairement identifiable en jeu) qui vous fait charger à la tête de vos simples péons, qui servent pour une fois à un peu plus que rien. Charger avec une centaine de cavaliers, décocher une volée de plusieurs milliers de flèches, il n'y a pas à dire, ça flatte votre égo, et c'est d'ailleurs visiblement voulu par Omega Force, qui vous fait exploser le compteur du nombre de coups infligés pendant cette opération...

Malgré tout, ce jeu n'en reste pas moins qu'un Musou (comprendre un jeu orienté action/stratégie dans la lignée des Dynasty/Samurai Warriors) comme un autre. C'est toujours un peu la même chose, les missions sont toujours plus ou moins les mêmes et on tourne vite en rond face à des IA mal calibrées ou des boss sans charisme aucun. C'est peut-être même encore accentué dans Arslan, qui ne propose que très peu de modes de jeu (mode histoire et mode jeu libre) et aussi très peu de personnages jouables (une quinzaine, même si il y aura des mises à jour, sans doute payantes, en rajoutant de nouveaux à l'avenir si on en croit le site officiel), notamment par rapport aux dernières moutures de Samurai Warriors. Par contre, on lui accordera qu'il offre des personnages vraiment charismatiques et facilement identifiables, parce que sacrément originaux : ce n'est pas tous les jeux qui vous proposent de mettre des coups de pinceaux à tour de bras dans la tête de vils paltoquets. Jouez Narsus, c'est très drôle.

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La seule caractéristique de ce jeu qui a su vraiment nous captiver est le système de cartes à collectionner, qui vous permet d'améliorer grandement les capacités ou les statistiques de vos personnages, même si bon, à moins de jouer en difficulté avancée, soyons honnêtes, vous êtes déjà increvables pendant 90% du jeu. De ce que nous en avons vu, il y a a priori plus de 200 cartes à collectionner pour l'instant, qui vous permettent par exemple si vous les combinez comme il faut de vous déplacer plus vite sur le champ de bataille (les meilleures amies du testeur de jeux vidéo, ces dernières). Cet élément, combiné aux manuels d'apprentissages qui vous permettront de renforcer vos compétences, participe à une vraie expérience de personnalisation de votre personnage qui fait que vous vous y sentez encore un peu plus attaché.

Enfin, parce qu'on est sur JOL, et que JOL ne se refera pas, on précisera ici que malgré la distribution en France, le jeu n'est PAS jouable en français. Et oui, il faudra vous résoudre à jouer en anglais si vous vous laissez tenter par l'aventure Arslan. Si ça peut vous consoler un peu, vous pourrez mettre les voix originales japonaises pour vous guider en jeu.

En résumé

Que dire en conclusion de ce test... Ce test nous a laissé une impression très mitigée. On sent que l'histoire est solide, mais le fait que le scénario qui sert de base ne soit pas fini nous donnerait presque envie de réclamer Arslan 2 aussi vite que possible pour savoir de quoi il retourne. Sauf que si il n'y a aucune amélioration au niveau graphique, la suite sera une véritable purge : c'est quand même extrêmement problématique quand un joueur en vient à réclamer des cinématiques plus souvent pour éviter d'avoir à supporter des graphismes dépassés ! Pour ce qui est des mécaniques de jeu, c'est solide, c'est carré, ça tient la route et ça innove. Du Koei-Tecmo, quoi.

Si vous êtes un fan de musou un peu en rade et que vous voulez un petit jeu pas trop long et pas trop cher pour vous boucher un creux, il pourrait très bien faire l'affaire. Si vous êtes un joueur pour qui les graphismes font tout, passez votre chemin. Si vous êtes un fan du manga ou de l'animé, prenez le temps de regarder quelques vidéos du jeu sur YouTube pour bien prendre conscience de ce à quoi ressemble le jeu, JOL décline toute responsabilité si vous vous mettez à pleurer des larmes de sang cinq minutes après avoir fini d'installer le jeu.

 Test réalisé sur une version PS4 fournie par le distributeur du jeu.

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