The Warlock of Firetop Mountain

C'est au plus profond des labyrinthes de l'inquiétante Montagne de Feu que se cache un redoutable Sorcier, gardien d'immenses trésors... si toutefois on en croit la rumeur, car de nombreux aventuriers ont pénétré dans les grottes de la Montagne et nul n'en est jamais revenu. VOUS avez décidé, à votre tour, de tenter l'aventure. Mais êtes-vous bien conscient des périls qui vous guettent ?

Le sorcier de la Montagne de Feu, édition Folio junior.

The Warlock of Firetop Mountain

Cette introduction, je suis persuadé que certains d’entre nous l’ont déjà lue dans le passé. C’est simplement le 4e de couverture du « livre dont vous êtes le héros » du Sorcier de la Montagne de Feu, le premier livre des Défis Fantastiques qui ont inauguré le genre et permis à toute une génération de sombrer dans la décadence des jeux de rôles et autres « activités débilitantes », dixit nos parents, ce qui a causé de nombreux cauchemars chez ces derniers pendant bien des années.

Mais c'est aussi un peu grâce à cela qu'on est là, aujourd'hui, non ?

Tin Man Games travaille à l’adaptation au format numérique de livres interactifs depuis plusieurs années, mais pour marquer le coup et pour rendre un bel hommage à ce précurseur du genre, ils ont lancé en octobre 2015 un Kickstarter pour pousser le jeu plus loin qu’une simple retranscription des livres au format interactif. Pour cela, ils demandaient 20 000$, objectif atteint en moins de 36 heures. Et avec un résultat final de 54 676$, ils pouvaient vraiment s’en donner à coeur joie.

Presque 1 an plus tard, nous voilà donc avec le jeu entre les mains, une aventure interactive avec des poils au menton. Et on peut dire que Tin Man Games à bien réussi son pari.

La structure du jeu est en fait assez identique à ses prédécesseurs, mais le studio a introduit toute une série d’innovations qui rend l’immersion vraiment plus totale. Votre héros est représenté par une figurine modélisée qui évolue dans un environnement en 3D isométrique. Tandis que dans les livres vous deviez vous rendre «  à la page XXX » pour découvrir la suite, ici chaque décision fait apparaître une nouvelle salle, ou un nouveau couloir, auquel vient se juxtaposer le texte de l’aventure qui décrit ladite pièce, ainsi que des dessins tirés du livre et remis, avec brio, en couleurs.

Petit bonus pour les puristes : un simple clic sur l’image enlève la colorisation et on se retrouve avec l’image originale devant les yeux. 

Tout cela n’est pas sans nous rappeler les jeux de société « portes, monstres, trésors » à la HeroQuest.

De plus, le jeu possède une bonne bande-son, avec peu de musiques, mais beaucoup de sons d’ambiance, selon la situation ou le cadre dans lequel notre héros évolue.

Graphiquement, ce n’est pas désagréable. L’ensemble jouit d’une belle harmonie.

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Baston !

En ce qui concerne la grosse innovation, le système de combat, on tombe ici sur un jeu dans le pur style tactique, avec un système de déplacement en damier. On pourrait donc penser à un rogue-like simplifié, mais on en est assez loin dans le fond.

Les déplacements de tous les combattants, puis les coups portés, se font dans l’ordre de la valeur de combat, une des 3 caractéristiques du personnage (avec la chance et les points de vie). Il arrive que des déplacements aboutissent sur la même case, auquel cas celui qui se déplace en second reste sur place.

En cas d’opposition sur les coups portés, les 2 combattants prennent leur valeur de combat et additionnent deux dés de 6. Le coup porté sera celui qui aura le plus grand total, une égalité donnant une annulation des attaques respectives. Tout simplement.

Les combattants possèdent des caractéristiques qui leurs sont propres : des coups circulaires, 2 coups plongeants, des tirs à distances sur X cases, etc. Certains ennemis prennent plusieurs cases du terrain, taille oblige. Ce sont les deux points qui apportent un semblant de challenge dans le combat, car on en arrive vite à « on frappe devant l’ennemi au cas où il bouge » ; au mieux cela fonctionne, il se déplace sur ladite case et on inflige des dégâts, au pire on frappe dans le vide, mais on ne prend aucun point de dégâts. Et si l’ennemi est au contact, au mieux il frappe à côté et il nous rate, auquel cas on lui inflige une perte de points de vie en retour, au pire on lance un jet d’opposition souvent à notre avantage, la valeur de combat des monstres étant rarement élevé.

Bref, à ce jour, l’IA est vraiment faible et n’oppose aucune réelle difficulté. Mais n’oublions pas que ce système de combat n’est qu’un apport par rapport au système de base d’un livre interactif, encore plus simpliste. Je ne pense pas que les joueurs se lançant dans l’aventure attendaient une grosse profondeur de jeu à ce niveau-là, ce n’est pas l’intérêt de ce genre de produits.

On en voudrait encore, patron !

Le gros défaut des « livre dont vous êtes le héros », c’est clairement la rejouabilité de ce genre de bouquins. À part laisser le temps estomper les souvenirs, il n’y a aucun intérêt à reprendre l’aventure fraîchement terminée, vu que ladite aventure est très souvent « one-true-path », c’est-à-dire qu’il n’y a qu’un seul vrai parcours pour arriver au terme du livre. Encore plus d’ailleurs dans la version papier de l’aventure qui nous est ici présentée. Étant le premier du genre, il ne possède pas la profondeur que pouvaient avoir certains autres livres, sortis ultérieurement.

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Ici, Tin Man Games a travaillé cela via la sélection des héros. En effet, au début de l’histoire, on nous propose de prendre un personnage parmi 4 héros aux compétences variées et aux objectifs différents. Certains iront dans la Montagne pour s’entraîner, d’autres pour trouver un gobelin qui a capturé un nain, etc. Chaque petite progression (ennemis tués, trésors découverts, objectifs atteints) apporte des points qui permettront de débloquer quatre autres personnages, plus forts, plus expérimentés. Eux aussi ont leurs propres objectifs. Et il y a un troisième palier de héros, encore plus puissants.

On pourrait s’interroger sur l’intérêt, l’aventure n’étant pas des plus compliquées, de s’aventurer dans la Montagne avec des personnages puissants. Je dirais : presque nulle… mais c’est sans compter l’éventuelle arrivée d’autres scénarios, donjons ou autres livres adaptés dans le schéma que nous propose le studio australien. Si le jeu s’avère être un succès, ce qui est probable, le genre ayant son public, il est fort possible que nous pourrons poursuivre l’aventure avec ces mêmes personnages.

Au final, j’ai bien aimé l’aventure ; cela m’a rappelé des souvenirs et il est évident que Tin Man Games joue sur la nostalgie de ses clients potentiels. Par contre, débourser 20 euros pour le titre, c’est peut-être cher payé. Si des DLC avec des aventures supplémentaires viennent s’y greffer pour un prix honnête, alors ça vaut le coup. Si ça reste ce tarif-là… c’est trop cher. En effet, le jeu est assez court et se termine en quelques heures, 8 à 10 en comptant très large et en voulant faire les objectifs annexes de nos personnages.

Le jeu est en anglais et à ma connaissance, il n’y a pas de traduction de prévue. Toutefois, ce sont des livres dédiés pour les jeunes, le niveau de vocabulaire est donc très accessible ; cela ne doit pas vous freiner. Il est disponible sur Steam depuis le 31 août 2016.

Test réalisé par Seiei à partir d'une version fournie par le développeur.


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5,3 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.