Test de Diluvion : explorons les profondeurs abyssales de l'océan

 "Aujourd'hui vivants, demain morts, que nous importe d'amasser ou de ménager, nous ne comptons que sur le jour que nous vivons et jamais sur celui que nous allons vivre" - Alexandre-Olivier Exquemelin, flibustier français du XVII/XVIIIe siècle.

Test de Diluvion : explorons les profondeurs abyssales de l'océan

Diluvion est un jeu d'aventure qui nous place plusieurs centaines d'années après un énorme cataclysme qui condamna l'humanité à trouver refuge sous l'océan. 

La survie de l’humanité dépend de son ingéniosité

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Coincée par une immense couche de glace, l'humanité a réussi à coloniser les fonds marins, mais se retrouve néanmoins constamment opposée à une nature farouche et indomptable ! C'est dans ce contexte que nous, joueurs, débarquons dans le monde de Diluvion aux commandes de notre sous-marin, en quête d'aventure et d'exploration. Toujours repousser les limites, toujours aller voir plus loin, plus profond ! La curiosité est clairement la qualité que possède l’humanité et qui lui a permis de survivre sous les glaces que forment les océans, censés lui être hostiles. La technologie s’étant perdue avec le temps, on survit avec ce qu’on trouve. Et de ce fait, l’univers n’est pas sans nous rappeler l’imaginaire d’un Jules Vernes, d’un bon proto-steampunk. Une uchronie agréable à visiter, surtout que le folklore local, l’histoire déformée transmise par les aïeux, pousse vraiment dans ce sens.

Le jeu commence par un choix qui imposera, du moins dans votre première partie, votre façon de découvrir les premiers fonds marins. 3 sous-marins sont proposés. Du petit appareil rapide, mais peu efficace au combat, à son opposé en passant par un 3e bien équilibré, voilà le choix qui nous est demandé de faire au début. Mais sachez que, quel que soit votre décision, au final il vous sera possible de piloter d’autres sous-marins, car 9 submersibles (enfin, vu qu’ils ne peuvent atteindre la surface, le terme est un peu caduc…) différents vous seront proposés. De quoi varier les plaisirs. Vient ensuite la découverte de l’océan. Je mets tout de suite en garde les curieux : le début du jeu n’est pas représentatif de l’ensemble. Au début, on suit un long couloir, un canyon sous-marin, qui nous permet de découvrir les commandes du jeu et on arrive rapidement dans notre premier environnement « ouvert ». Notez les guillemets : la première zone, si elle est ouverte, n’est pas fort grande.

En fait, toute la première partie donne une impression faussée du jeu, car ce n’est pas super grand, le jeu est assez simple avec des ennemis faibles, l’océan est coloré. La suite fera vite déchanter tout cela… passée cette zone, on ressent vraiment la densité des profondeurs et la menace constante qui pèse sur notre petite coquille de métal. Et il faudra braver tous ces dangers externes… mais aussi internes !

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Exploration, maître-mot

Ben oui, parce que c’est bien gentil d’explorer les océans pour l’aventure, mais on est la aussi pour la survie… parce que vous n’êtes pas seul dans votre sous-marin ! Il vous faudra recruter de l’équipage… mais qui dit équipage dit : prévoir de la bouffe et de l’oxygène en quantité suffisante ! Et ça… si déjà au début c’est pas toujours évident de trouver des zones de recharges d’oxygène, dans les profondeurs c’est encore pire… On se prend vite à paniquer en voyant la jauge descendre dans la zone critique. Les alarmes qui se mettent à retentir appuient encore plus cet état de stress ! De plus, l’exploration n’est pas aisée, car on revient, dans la gestion de l’environnement, à la bonne vieille pratique de « carte + boussole ». Aucun indicateur luminescent ne vous dit où vous vous trouvez sur la carte (qui est bien sûr en papier et ne gère la profondeur que par les couleurs de celle-ci) donc vous devez vous orienter avec l’aide de la boussole qui vous donne quelques indicateurs du genre « cité des glaces / NNE ». En recoupant un peu les indications de la boussole extérieure, vous pouvez estimer votre position sur la carte et naviguer en conséquence. Compliqué au début, mais ô combien génial pour l’immersion. De plus, la gestion de la lumière est magnifique. On se demande constamment ce qu’est l’ombre qui se dessine au loin, à la limite de notre éclairage. Le sonar aide un peu à dessiner les contours de l’immensité que nous couvre, mais on reste souvent ébahi par la beauté de nos découvertes, au détour d’un obstacle ou en plongeant pour découvrir une épave.

Et parlons-en de l’immersion : l’équipage aide pas mal avec des discussions qui peuvent poindre le bout de leur nez un peu n’importe quand. Même si c’est assez basique, c’est toujours un petit plus agréable. Les courants ! Vraiment terrifiants, parfois. Surtout quand on est dans l’urgence de trouver un point d’oxygène et qu’un courant violent se lève, trimballant notre pauvre carlingue comme un hochet dans les mains d’un bébé et souvent pour vous éloigner de votre objectif. Les sons, pesants, de votre navire parcourant les profondeurs aquatiques : les craquements de la coque, les sons qui se répercutent au loin, que ce soit d’animaux ou d’un combat opposant d’autres navires… ou une torpille qui s’avancerait vers vous, avec une gestion du son 3D vraiment bien fichue si on a un bon casque 7.1. Mais là où le travail est vraiment magnifique, c’est au niveau de la bande originale du jeu. Un véritable nectar, que je conseille vivement de dénicher pour faire plaisir à vos oreilles. Vous ne le regretterez pas !

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De plus, pour la petite anecdote, le jeu est produit par le studio californien Arachnid Games, qui ont sorti il y a quelques années Ballpoint Universe - Infinite, un jeu de plate-forme totalement réalisé en crayonné. J'en parle, car on ressent tout de suite la patte du studio dans Diluvion. Car si l'environnement est vraiment agréable à l'oeil lorsqu'on sillonne les fonds marins, tous les intérieurs du jeu sont affichés en 2D crayonnée ! Et le contraste n’est pas du tout gênant et contribue grandement à l’aspect décalé du jeu. Je regrette peut-être juste le manque d’animation des personnages et le nombre de personnages différents. Il y en a très peu, ce qui fait qu’on a des sosies partout. Je ne sais pas si c’est prévu dans leur programme d’améliorer cet aspect, mais c’est possible, car le studio continue à travailler activement sur le jeu après sa sortie.

Déjà des patchs

Car oui, le jeu n’est malheureusement pas exempté de défauts, et pas des moindres. Le premier choc, c’est la caméra. Durant la période d'accès anticipé, la caméra était placée en diagonale du submersible, ce dernier étant sur le côté gauche de l’écran. Horrible… non seulement pour manœuvrer, contourner les objets, décors et autres, mais c’est encore pire une fois qu’un peu d’action se lance. Tout le flanc gauche du vaisseau est super exposé, car il est très pénible de le défendre… vu que le vaisseau se met devant la caméra dès qu’on essaye d’orienter les tirs dans ce sens-là et que la vision est limitée à un arc d’une trentaine de degrés derrière le vaisseau. Mais rassurez-vous : pour la sortie officielle du jeu, devant les critiques assez unanimes sur l’horreur qu’était cette gestion de la caméra, ils ont corrigé le tir. La caméra est à présent en vue arrière du sous-marin, un peu plus éloignée. Ouf… mais ça n’arrange pas tous les problèmes, car malgré cette nouvelle orientation générale de la vue, elle reste malgré tout assez difficile à gérer (notamment par une gestion hyper lente des mouvements de la souris pour son orientation).

Les combats aussi ne sont pas une franche réussite. Ils consistent à balancer des bouts de mitrailles ou des torpilles, qu’on a découvertes au cours de nos pérégrinations, en essayant (grâce à un viseur d’estimation) d’anticiper le mouvement de l’ennemi. Pas bien compliqué, car l’ennemi est assez prévisible (du moins, tant que la caméra ne fait pas des siennes et que la souris daigne s’orienter).

Autre soucis : la gestion des touches pour piloter le vaisseau (celle par défaut) est vraiment, à mon sens, totalement illogique. Il faudra reconfigurer tout cela pour ne pas encore plus compliquer la maniabilité générale de notre brique de fer sous-marine.

Et dernier petit point, si on peut découvrir l’océan un peu à sa guise, on suit malgré tout une suite de quête très « Fedex » pour la trame du jeu… on regrettera peut-être un peu un manque de liberté à ce niveau-là, mais cela a l’avantage de forcer le joueur à s’aventurer dans tous les recoins.

Bref, Diluvion aurait pu mieux faire sur certains aspects, mais c’est en progression et le studio mérite toute notre clémence, car ils ne sont que 4. On sent qu’ils y ont mis tout leur cœur tant ce jeu est vraiment d’inspiration très personnelle, réalisé par des passionnés pour d’autres passionnés.

Et en toute franchise, le jeu vaut largement son prix. J’ai pris beaucoup de plaisir à arpenter les dessous des icebergs et je vous conseille vivement d’y jeter un œil. 

 Test réalisé par Seiei à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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