Nongünz. L'hémo manque

Nongünz est un jeu de type plate-forme et action, avec des éléments de la famille étendue du roguelike. On y incarne un squelette humanoïde sans tête, armé d'équipement moderne (fusils, bazooka...). Évoluant dans un univers unique, à la fois onirique et cauchemardesque, le personnage arpente un décor de cimetière et de crypte en noir et blanc, peuplé de monstres allant de la jambe rampante à l'œil gluant, en passant par la mouche dévoreuse d'os et le mutant difforme.

Nongünz est développé par Brainwash Gang pour Windows, Mac et Linux. Disponible sur Steam et Bundel Stars pour environ 7€.

http://www.bundlestars.com/en/game/nongunz (donne en fait une clef Steam)
http://store.steampowered.com/app/633130/Nongnz/

gif officiel

Je commence par la fin. Pour quitter le jeu, il faut :

1/ Aller dans les options et naviguer vers l'icone Tourne-vis.
2/ Naviguer vers la carte avec une grosse croix rouge en appuyant sur "Aller à droite".
3/ Maintenir la touche de Saut enfoncée 3-4 secondes. Une pression simple ne suffit pas.
4/ On se retrouve dans un "jeu dans le jeu", une mise en abîme où l'on dirige une silhouette humaine dans une chambre "normale".
5/ Déplacer ce personnage vers le lit jusqu'à l'apparition de l'icône d'interaction.
6/ Appuyer sur la touche "Ouvrir coffre/porte" pour se coucher et enfin quitter le jeu.

J'ai essayé d'aimer le jeu, et j'ai échoué. Je trouve Nongünz inutilement, voire prétentieusement, abstrait et énigmatique jusque dans son interface. Pourtant, j'adhère à l'enrobage artistique, et au sentiment nihiliste que revendiquent les développeurs. J'ai cependant assez joué pour en percevoir les différents éléments qui composent cet organisme défaillant et en même temps attachant. Les gens de Brainwash Gang sont actifs sur le forum Steam pour répondre à toutes les questions et effacer les éventuels tracas des joueurs (déjà plusieurs petites mises à jour en quelques jours suite aux retours des joueurs). Je ne doute pas qu'il trouvera son public. D'ailleurs, je m'y amuse moi-même par intermittence !

Chaque niveau de la crypte est généré plus ou moins aléatoirement et se compose de plusieurs pièces liées par des portes, qui forment une sorte de labyrinthe. Des pièces spéciales peuvent apparaître, en particulier une boutique et une salle de boss. On y trouvera également quelques coffres et cages à prisonniers. Les premiers permettent de découvrir du matériel et des cartes, j'y reviendrai. Les secondes permettent de libérer des fidèles qui iront prier pour le joueur, générant des points disons de... score, mana, réserve, passion ? Le jeu ne les nommant pas, j'opte pour passion. La passion se gagne à chaque coup tiré, à chaque adversaire touché ou éliminé et avec le temps en fonction du nombre de fidèles.



Entre chaque exploration de la crypte, le joueur se retrouve au cimetière, la base des opérations. En ce lieu calme et sécurisé, il est possible de dépenser de la passion pour acheter des armes, mais aussi des têtes, et chaque élément existe en trois niveaux. C'est ce qui est pratique quand on a perdu la tête : on peut en changer. Chaque tête a un pouvoir particulier. Par exemple, le crocodile charge plus ou moins loin, le gorille provoque des dégâts plus ou moins importants à l'atterrissage d'un saut, l'oiseau double/triple/quadruple-saute selon le niveau, une tête permet même de créer un portail et de tirer au travers, tandis qu'une autre autorise la téléportation. Le cimetière donne également accès à plusieurs salles particulières.

Au fil des explorations, on pourra découvrir et libérer des alliés. Un vendeur proposera alors un choix limité d'équipement, mais accessible hors crypte. Dans un tombeau, on pourra stocker du matériel pour un usage ultérieur et invoquer un guerrier qui pourra nous aider en assemblant différentes parties de corps et d'équipement. Un fossoyeur ira creuser de nouvelles tombes, augmentant ainsi l'espace de stockage et débloquant certaines aptitudes passives.

Les cartes sont les attributs du personnage. Recul de l'arme, dégât de chute, hauteur de saut, vitesse de course... sont évolutifs au fil de la partie. Les cartes ont une usage alternatif. En détruire une permet de se soigner, d'un montant relatif au niveau de la carte. Équipements et cartes ne seront pas de trop pour vaincre les boss massifs qui parsèment l'exploration de la crypte. La difficulté générale est assez relevée, sans être horrible.

nongunz

Certains choix de gameplay et de design rendent le jeu parfois crispant et ont un intérêt discutable.

On ne peut tirer que tout droit, pas en diagonale, ni en bas. On peut cependant tirer en haut, mais il faut pour cela effectuer une glissade et tirer pendant l'animation où le personnage glisse sur ses rotules, pour envoyer du plomb à la verticale. Autre élément, on ne peut pas "sauter en bas" d'une plateforme. Les niveaux sont assez bien faits pour assumer ces choix, mais c'est potentiellement frustrant de se sentir limité de la sorte, là où de nombreux autres jeux nous ont habitué à des déplacement et à des actions globalement plus fluides. L'absence de tout mot dans le jeu est intriguant et intéressant, tout en ajoutant à la confusion d'un menu d'option déjà pas très clair.

Options qui par ailleurs ne permettent pas de ré-assigner certaines actions sur certains boutons. En particulier, sur ma manette Xbox One USB, je ne peux pas mettre l'action "glissade" sur le Stick Gauche Bas, car on ne peut pas modifier le Stick, et les gâchettes LT/RT ne répondent pas, seulement LB/RB.

Lorsque l'on est à l'écran de la chambre dont je parle au début de l'article, le temps en jeu passe plus vite. Quand on utilise certains objets dans cette chambre (tapis de course, yukulélé, télescope...), le temps défile encore plus vite. Le cimetière existe toujours en parallèle, ce qui permet de gagner des points de passion plus rapidement. Il est alors tout à fait possible d'utiliser le tapis de course et de laisser le jeu tourner. Alt-Tab, puis vaisselle, film, sexe, course, autre jeu... selon vos préférences du moment. Au retour, il suffira de se rasseoir à la chaise devant l'ordinateur de de la chambre, pour retourner "dans le jeu" et constater que l'on a plusieurs milliers de points de passion à dépenser.



Est-ce que Nongünz est un bon représentant de sa famille ? Probablement. La maniabilité m'a frustré et certains choix de design me paraissent pompeusement desservir le jeu plus qu'autre chose. La présentation officielle revendique tout de même que le jeu a le potentiel de changer votre perception de la vie. Mouais. Humour raté ou obscure prétention ? Je ne suis pas habituellement un adepte du genre, mais le thème m'a séduit et la direction artistique également. Le jeu dans son ensemble, moins. Vous l'aurez lu, mon sentiment est mitigé.

Nongünz plaira probablement aux inconditionnels du genre plate-forme action difficile et teinté de roguelike, tandis que les autres passeront leur chemin ou jetteront seulement un œil curieux, attirés par ces décors en noir et blanc pixelisés.

 Test réalisé par Tchey à partir d'une version fournie par l'éditeur.

Source : http://www.nongunz.com/

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