Test de City Hunter - Un shot de nostalgie et puis c'est tout

Sorti il y a 35 ans sur PC-Engine, on ne peut pas dire que l'on attendait particulièrement un portage de City Hunter sur les consoles modernes. Jeu d'action basé sur l'anime, le City Hunter de Sunsoft poussait à l'exploration au sein de ses niveaux, au milieu de hordes d'ennemis prêts à stopper Ryo Saeba. Mais alors, au-delà de la nostalgie pour les personnes qui y ont joué à l'époque ou qui sont attachées à l'anime et au manga, qu'est-ce que ça vaut aujourd'hui ? Hé bien...

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Une ombre file dans la nuit...

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La plus grande qualité de City Hunter, c'est qu'il n'a pas tant vieilli que ça. Adaptation fidèle, on y retrouve vite son ambiance caractéristique grâce à quelques dialogues qui ne sont pas sans rappeler les premiers chapitres du manga ou les premiers épisodes de l'anime. Les principaux personnages y font leur apparition, Ryo Saeba a la même classe et ne manque pas montrer son côté pervers, comme dans les salles où l'on surprend des demoiselles en train de se changer qui nous permettent, étonnamment, de retrouver des points de vie. Et ce remaster fait très bien les choses avec un menu principal qui nous accueille d'entrée avec le formidable Get Wild et offre même l'inattendue possibilité de passer le jeu dans sa version "Nicky Larson" et de profiter, ainsi, du générique français. Mais également des noms français, comme Umibozu qui devient Mammouth ou Laura à la place de Kaori. Un clin d’œil franchement sympathique, qui offre la possibilité à celles et ceux qui le souhaitent de se replonger dans la VF de l'époque. Le jeu repose ainsi sur quatre niveaux légèrement scénarisés, avec un dialogue initial où une cliente explique la mission à Ryo, puis quelques dialogues en cours de mission qui donnent des indications sur la suite de l'histoire et la marche à suivre. Ça fonctionne pas mal, plus encore pour un jeu de son époque, avec une certaine ambition de s'inscrire dans l'ambiance de l’œuvre originale.

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Côté gameplay, c'est du jeu d'action en scrolling horizontal classique pour l'époque, avec une touche de saut, une pour s'accroupir et un tir simple au pistolet, avec la possibilité plus tard de récupérer lance-missiles et bazooka. On y affronte des vagues d'ennemis qui réapparaissent à l'infini à chaque tableau, mais avec un twist : le jeu est non linéaire. Cela signifie que dans chaque niveau le titre pousse le joueur à explorer chaque tableau, chaque salle, pour débloquer la suite et arriver jusqu'au boss de fin de niveau. Toutefois peu inventif et très répétitif, le jeu repose sur des cartes magnétiques à trouver en parlant aux bons PNJ au bon moment, poussant à faire encore et encore des allers-retours, tout en tuant les ennemis qui reviennent sans cesse, afin de parler à ces différents PNJ dans le bon ordre. Pas déplaisant à jouer dans un premier temps, le système devient vite pénible et les deux derniers niveaux, beaucoup plus labyrinthiques que les deux premiers, ne sont pas particulièrement passionnants à explorer. La faute à des réutilisations de salles à l'infini, qui se ressemblent donc toutes et qui finissent par nous perdre faute de véritables repères visuels. Pour autant, on parle d'un titre qui se termine en 1h30 en prenant son temps (et probablement 30 minutes en sachant où aller) donc on en fait malgré cela très vite le tour.

Nicky Larson ne craint vraiment personne ?

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Il fallait toutefois, dans le jeu original, s'armer de patience et faire preuve d'une certaine connaissance du comportement de la poignée d'ennemis que l'on affronte pour anticiper leurs apparitions et les dézinguer au plus vite. Car, finalement assez peu mobile à cause d'une latence désagréable dans ses mouvements, Ryo, ou Nicky, était le premier responsable de son trépas. De quoi offrir au jeu une certaine réputation de difficulté, que ce remaster vient remettre en cause avec un nouveau mode de difficulté intitulé "amélioré". Cette amélioration, non pas visuelle (le jeu étant identique graphiquement à l'original) mais mécanique, améliore considérablement l'agilité du héros et permet, notamment, de changer de direction et de sauter en souffrant de beaucoup moins de latence qu'à l'origine. Un vrai plus pour découvrir l'aventure dans de meilleures dispositions, même si le remaster conserve un mode "original" pour les personnes qui veulent y jouer comme à l'époque de sa version PC-Engine. Le troisième mode de difficulté, intitulé "difficile" est lui aussi nouveau, et se contente de rendre les ennemis plus résistants, plus forts et plus nombreux en se basant sur le gameplay amélioré. Un ajout pas indispensable pour un jeu qui ne gagne pas vraiment à être plus difficile, mais pourquoi pas.

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D'autres élements agrémentent le jeu, comme un rewind utilisable autant que nécessaire et facilement d'une simple pression sur la gâchette droite, ou encore un filtre CRT. Mais également côté contenu bonus, avec une charmante boîte de jeu PC-Engine qui reprend celle de l'époque, visionnable en 3D, que l'on peut ouvrir pour y découvrir la HuCard du jeu et son livret d'origine. À côté, un jukebox pour y écouter Get Wild et le générique français et les musiques du jeu, et enfin une galerie reprenant des images de l'anime. Plutôt chiche côté jukebox, on aurait aimé y retrouver les autres titres de l'anime. Idem pour la galerie, les images tirées de l'anime présentant un intérêt assez limité, il aurait été intéressant d'y trouver plutôt des documents permettant de recontextualiser le développement du jeu à l'époque. On se retrouve ainsi avec un remaster certes efficace, qui joue sur la corde sensible, mais qui se loupe un peu sur le côté historique en allant déterrer un jeu de cette époque.

Conclusion

Loin d'être un indispensable de l'histoire du jeu vidéo, City Hunter n'en reste pas moins une adaptation sympathique pour qui voudrait s'offrir un petit shot de nostalgie. Soit par intérêt pour la production de jeux à licence, soit pour City Hunter lui-même. Le titre joue plutôt bien avec son univers et, même si sa structure répétitive l'empêche d'offrir des moments vraiment intéressants, ça reste néanmoins un coup d’œil pas inintéressant sur l'adaptation. Et on va pas se mentir, Get Wild fait toujours son petit effet. Toutefois, à 25 euros, cela reste un peu léger.

Test réalisé par Hachim0n sur Nintendo Switch 2 à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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Plateformes Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, PC-Engine (TurboGrafx-16), PlayStation 5, Windows, Xbox Series X|S
Genres Action, asie, japon contemporain

Sortie 2 mars 1990 (PC-Engine (TurboGrafx-16))
25 février 2026 (Windows)
25 février 2026 (Nintendo Switch)
25 février 2026 (PlayStation 5)
25 février 2026 (Xbox Series X|S)
25 février 2026 (Nintendo Switch 2)

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