Test de Panzer Dragoon Remake - Un dragon pour tout cramer

Licence dans l'ombre depuis bien longtemps, Panzer Dragoon fleure bon les années 1990. Le jeu continue de trotter dans la tête de bon nombre de joueurs, tant pour son univers si atypique que pour sa bande-originale, mais aussi pour son gameplay shoot à 360 degrés qui nous mettait à dos de dragon. 25 ans après la sortie du premier épisode sous le giron de SEGA sur Saturn, le studio français MegaPixel et son éditeur Forever Entertainment le font revivre dans un remake un peu inattendu. 

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Le dragon à bout de souffle

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Quelle curiosité est Panzer Dragoon en 1995 ! un shoot atypique avec son univers très original, présentant quelques touches d'heroic-fantasy et de grosses machines volantes. Un des jeux qui ont assurément marqué la Saturn, révolutionnant presque le genre du shoot'em up en le transposant à un univers 3D. On nous mettait dans la peau d'un chevaucheur de dragon, sur le dos duquel il tente de libérer son monde de l'Empire, une force militaire qui s'est emparée de la technologie des Anciens, retrouvées au cours de fouilles. Une technologie curieusement très avancée qui leur permet de s'armer de vaisseaux surpuissants, terrassant absolument tout le monde sur leur passage, jusqu'à ce que notre cher héros les attaque à dos de dragon.

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Le gameplay est simple, avec un dragon qui avance seul et que l'on peut bouger latéralement et en hauteur, reprenant finalement ce qui faisait l'essence même des shoot en 16-bits, profitant simplement de l'apparition de la 3D pour une meilleure gestion de l'altitude et de la profondeur. À son bord, on peut viser à 360 degrés, bien que les contrôles de l'époque - sans stick droit pour contrôler la caméra - se fassent vite ressentir. Il faut en effet compter sur les boutons de tranche pour changer de point de vue, au choix entre quatre : avant, arrière et les deux côtés du dragon. Le studio français qui chapeaute le remake a préféré coller à l'original en conservant ce système plutôt que de s'en détacher, même s'ils ont modernisé légèrement le système en proposant deux types de commandes différents : le premier est (presque) identique à l'original, avec une visée sur le stick gauche qui fait également bouger le dragon, le deuxième type de commandes est plus moderne en nous permettant de bouger avec le stick gauche, de viser avec le droit et de tirer avec les gâchettes. Un bon choix à notre avis, car ce nouveau système permet de beaucoup gagner en précision, malgré la frustration de ne pas pouvoir tourner la visée librement tout autour du dragon. 

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Le tout dans des niveaux toujours très courts où il s'agit avant tout de décimer le maximum d'ennemi, le jeu nous rappelant à chaque fois en fin de niveau (ici désignés comme "épisodes") le pourcentage d'ennemis que l'on est parvenu à abattre. Du haut de ses sept épisodes qui ont été recréés tel qu'ils étaient en 1995, le jeu se termine toujours en une petite heure. Les plus acharnés et nostalgiques du fameux port-étendard de la Saturn en son époque se font évidemment un plaisir d'y revenir de temps en temps pour essayer d'améliorer leur pourcentage de réussite, mais les autres, qui n'ont pas cette même nostalgie de l'époque, pesteront certainement sur l'absence de réelle nouveauté et de contenu inédit, ou au moins de nouveaux modes pour démultiplier l'intérêt de la courte campagne. Le studio en a quand même profité pour recréer les cinématiques de l'époque : elles sont plus fines et offrent des plans légèrement modifiés pour un résultat des plus corrects. Certes, cela n'apporte rien de particulier à une narration qui reste très cryptique, pas plus aidée par les explications peu nombreuses entre chaque niveau. Néanmoins, cette nouvelle vision du jeu permet d'apprécier un peu plus sa beauté. 

Il est beau mon dragon

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Mais l'essentiel n'est peut-être pas uniquement au niveau du contenu. Si Panzer Dragoon a laissé de si bons souvenirs à de nombreux joueurs, c'est aussi parce que sa direction artistique si particulière est unique en son genre. Et le remake lui rend un bel hommage, profitant de la puissance d'une machine plus récente pour améliorer la distance d'affichage, multiplier les effets, mais surtout offrir des textures qui rendent grâce à la beauté de ces sept niveaux qui disposent tous de leur propre identité, nous donnant même la possibilité d'en profiter avec un mode photo. D'autant plus qu'on retrouve la musique orchestrale de l'époque signée Yoshitaka Azuma, une bande-originale qui rythme de la meilleure des manières l'action du jeu. Depuis le 2 avril, une semaine après la sortie du jeu, il est également possible de profiter de nouveaux arrangements de la bande-originale de l'époque par la compositrice Saori Kobayashi, qui a travaillé sur les épisodes Panzer Dragoon Saga et Orta. 

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Malheureusement, on reste sur une note amère : Panzer Dragoon Remake souffre réellement d'un contenu trop chiche. Les seuls bonus se cachent en effet derrière un menu secret à débloquer lorsque l'on termine le jeu en mode difficile, permettant d'accéder à des croquis du jeu et à un "shadow menu" qui nous donne la possibilité de parcourir les niveaux avec différents bonus ou handicap. On aurait aimé par exemple avoir accès à la bande-originale dans le menu, pouvoir rejouer à l'original ou même un simple mode de boss rush, mais le studio ne propose que le strict minimum.

Conclusion

Panzer Dragoon Remake s'adresse avant tout aux nostalgiques. Du haut de ses vingt-cinq euros, il est bien difficile de donner envie aux néophytes de s'y lancer. La refonte graphique met en valeur la qualité de la direction artistique de l'époque et on prend un malin plaisir à le parcourir en écoutant les musiques qui rappellent tant de souvenirs. Mais il faut bien admettre que la pauvreté du contenu lui est préjudiciable et pourrait bien décevoir des joueurs dont la nostalgie n'est pas titillée lorsqu'ils entendent parler d'un dragon bleu. 

Test réalisé par Hachim0n sur Switch à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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4,7 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.