Test – Wall Town Wonders : une maquette vivante dans vos murs
Wall Town Wonders est un city-builder “casual” en réalité mixte sur Quest 3/3S qui greffe une micro-cité directement dans votre pièce. On scanne l’environnement, on épingle des bâtiments sur les murs, on pose un lac au sol, puis de minuscules habitants produisent automatiquement ressources et argent pendant que l’on récolte, améliore et décore. La progression se rythme de mini-jeux (pêche, petit avion, défense de cultures, expéditions à dos de lézard) qui accélèrent l’essor de la ville et débloquent structures et cosmétiques. Ce n’est pas un Sim ultra-exigeant, mais un diorama vivant et chaleureux, pensé pour des micro-sessions où l’on observe et ajuste plus qu’on ne “tryhard”.
On sait quand la magie opère en réalité mixte: c’est le moment précis où l’on cesse de regarder un jeu pour commencer à espionner un monde. Wall Town Wonders provoque ce basculement très tôt. On scanne sa pièce, on accroche une minuscule porte sur un mur et soudain des habitants hauts comme trois pommes s’activent, montgolfières et biplans traversent le salon, un port prend racine au pied du canapé. L’effet diorama est délicieux, presque enfantin, et l’illusion prend grâce à une occlusion convaincante : un lézard qui file derrière la bibliothèque disparaît vraiment derrière la bibliothèque. Dans ces instants, on touche du doigt ce futur où les lunettes AR feront des micro-cités nos colocataires invisibles.
Le cœur du jeu est volontairement simple. Les habitants produisent bois, nourriture et monnaie pendant que l’on agrandit la ville de façade en façade : mine, mairie, ferme, restaurant, ateliers, port… La boucle est douce, presque méditative, et l’on peut se contenter de passer ramasser le fruit du travail quotidien, comme on arrose des plantes. Mais Wall Town Wonders n’est pas qu’un tableau vivant : à mesure que l’on débloque de nouvelles structures, des mini-jeux s’invitent pour rompre l’attente et nous occuper. Je me suis surpris à guider un petit avion pour récolter des nuages et éteindre des feux, à pêcher sur un lac posé au sol du salon (oui, il faut le construire par terre, pas sur un mur), à défendre une ferme verticale d’une invasion d’insectes. Rien de difficile, mais une variété sincère, propice aux micro-sessions, ce qui évidemment est parfait pour l'utilisation de VR/AR.
C’est d’ailleurs là que le jeu trouve son rythme : on picore. On expérimente des placements (certains bâtiments côte à côte font apparaître des petits ponts adorables), on repeint, on déplace, on déménage même de pièce sans perdre sa progression lorsque le salon est réquisitionné par la famille. On dépense des étoiles et des ressources pour améliorer, on cible ce dont on manque via les mini-jeux (plus de nourriture ? On va pêcher), on investit un peu de vivres pour relancer une mine quand la veine du jour est tarie. La ville gagne en personnalité au fil des heures et les habitants – expressifs, jamais raides – finissent par devenir familiers, malgré des répliques qui se répètent et quelques fautes qui accrochent l’œil.
Par contre, autant c'est agréable à regarder, autant Wall Town Wonders paie cash ses angles morts d’ergonomie. Le jeu pousse le hand-tracking, mais ses interactions très pointeur laser m’ont fait revenir aux manettes pour la fiabilité. C'est vraiment pas assez précis et très vite frustrant. À distance, cliquer marche très bien ; de près, on rêverait d’outils plus tactiles, moins gadgets jetables invoqués au poignet le temps d’un mini-jeu. Le confort global profite du choix intelligent de placer la ville à hauteur de regard : moins de nuque cassée que dans un city-builder miniature posé à vos pieds. Mais certaines activités au ras du sol finissent par peser si vous êtes sensibles. On sent une œuvre pensée pour des allers-retours de quelques minutes… alors que l’état actuel du matériel VR/AR en général nous pousse encore à des sessions dédiées. On est, à nouveau, plus dans la démo courte session que dans un vrai jeu vidéo. Il serait temps que les développeurs, s'ils veulent vraiment que la réalité virtuelle fonctionne et se pérennise, pensent à être un peu plus ambitieux.
Plus gênant, le joueur doit souvent deviner ce qu'il doit faire, ce n'est pas toujours intuitif. L’exemple le plus parlant : ce mini-jeu de cueillette de champignons où rien n’explique que l’on doit d’abord vaporiser une brume verte pour les faire pousser, ni que seules les grosses têtes comptent pour la récolte. Le studio a ajouté des indices après retours, mais on continue de trébucher ici ou là sur des explications trop elliptiques. Et quelques bugs cassent ponctuellement l’illusion : une mine qui disparaît ou se téléporte au fond de la pièce, des trophées capricieux, un PNJ suspendu dans les airs pendant un tuto… Jamais bloquant chez moi, mais assez pour sortir du flow et rappeler que l’exécution n’est pas encore au niveau de l’idée.
Malgré cela, je reviens. Parce que Wall Town Wonders a cette chaleur rare des bons dioramas : un monde dense à l’échelle réduite, des gestes simples, une envie d’ouvrir une fenêtre et de voir ce que la petite ville a vécu en mon absence. On n’est pas dans la profondeur d’un grand city-builder ni dans le challenge soutenu : on est dans l’accompagnement, la contemplation active, le “je passe, je pêche deux minutes, je repeins la mairie et je laisse tourner”. Pour une vingtaine d'euros, sur Quest 3/3S, l’équation est honnête si vous aimez les expériences chills.
Wall Town Wonders est une merveille d’intention – une réalité augmentée à hauteur d’yeux qui transforme vos murs en théâtre miniature – freinée par un guidage trop léger, des interactions encore trop laserisées et des accrocs techniques qui piquent. Quand tout s’aligne, c’est magique. Quand ça accroche, on se dit que ce jeu vient d’un futur un peu trop proche.
Jeu testé sur Meta Quest 3 par Seiei avec une version fournie par l'éditeur
| Plateformes | Casque de réalité virtuelle |
|---|---|
| Genres | Réalité augmentée, réaliste |
| Sortie |
24 novembre 2024 |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.






Réactions (1)
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