Test de Nioh 3 (PS5) - La troisième est la bonne ?

Après plus de cinq années, Team Ninja est de retour avec sa licence phare : Nioh. L'occasion de retrouver les codes de la trilogie, mais aussi de découvrir de nouvelles options apportant nettement plus de profondeur au titre. Il est temps de retourner dans le japon médiéval et ses Yokais.

Jamais deux sans trois

Vous incarnez Tokugawa Takechiyo, petit-fils (ou petite fille) de Tokugawa Ieyasu et héritier du titre de Shogun. Votre frère, Tokugawa Kunimatsu, rongé par la jalousie et une force maléfique, déclenche une horde de Yokai pour vous assassiner et s’emparer du pouvoir, transformant l’ère de paix en chaos infernal.

Afin de survivre, vous aurez le pouvoir de votre esprit protecteur Kusanagi qui permet de voyager dans le temps et d’explorer diverses époques du Japon : l’ère Edo précoce, mais aussi l’ère Sengoku, Heian et Bakumatsu. L’histoire est une quête de changement du destin, de trahison fraternelle ou encore de devenir le shogun tant désiré.

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Nioh n’a jamais brillé par une histoire prenante malgré des personnages bien souvent hauts en couleur. Qu’on soit clair, c’est toujours le cas et encore plus à cause de l’arrivée d’un monde beaucoup, beaucoup plus ouvert. On a tendance à faire de l’histoire un élément secondaire alors que l’exploration devient un moteur réel du gameplay. Est-ce que c’est dérangeant pour autant ? Pas forcément. Il apparait qu’on nous propose une histoire simpliste : lui gentil, lui méchant et toi tuer méchant avec quelques éclairs d’écriture par moment.

Exploration mon amour

Un point d’évolution majeure du jeu est l’exploration d’un monde semi-ouvert avec des changements de zone en fonction des ères visitées par le héros. Alors que les autres Nioh étaient principalement constitués des zones couloirs enchainées avec un HUB, ce sont aujourd’hui de belles et grandes zones qui s’ouvrent à nous. On retrouve toujours un HUB qui est maintenant plus secondaire et sert notamment en matière de récompenses à certains moments, mais aussi d’entrainement.

La bonne idée de Team Ninja est d’avoir rempli ces zones semi-ouvertes avec une série d’activités, souvent redondantes, mais qui apportent une réelle plus-value à l’évolution et à la prise de puissance du personnage. De ce fait, plus vous explorez, plus vous obtenez des bonus, que ce soit des statistiques ou de l’équipement. On a donc envie de parcourir cet univers sans pour autant s’en délecter forcément de par la linéarité de ses activités.

Nous ne sommes clairement pas ici au niveau d’un Elden Ring en matière de qualité, mais nous restons sur un élément assez agréable comparativement aux précédents opus. À noter que certaines zones demanderont d’avancer plus en avant dans l’histoire pour permettre de débloquer des passages précis via les esprits protecteurs.

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C 02 Bakumatsu opening
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Autre nouveauté concernant le gameplay, c’est l’arrivée de deux styles de combats : Samurai et Ninja. Pour ce premier style qu’est le Samurai, nous sommes ici sur le système connu des différentes postures (basse, moyenne et haute) avec le système de déviation et des enchainements fluides. Pour le style Ninja, qui est nouveau, nous avons un gameplay nerveux, rapide et qui s’accroit avec le ninjutsu. Il est possible d’alterner les deux styles via une simple touche. À noter que ce changement de posture est intégré directement dans le gameplay. En effet, les monstres peuvent réaliser une attaque « rouge » qui peut être contrée via ce changement de posture et a un impact important sur la barre de ki de l’ennemi. 

On retrouve d’ailleurs une quantité d’armes assez incroyables avec en tout 14 armes réparties entre les deux styles. Pour le samurai, vous aurez droit au katana à une main, au double katana, à la hache, à la lance, à l'odachi, au cestus et au glaive tandis que le ninja utilise le katana à une main, le double katana, le tonfa, le kusarigama, les doubles haches, le bâton et les griffes. Il est réellement impressionnant d’avoir autant de choix et surtout des gameplays sensiblement différents d’une arme à l’autre. Pour tout vous dire, il y en aura clairement pour tous les goûts !

À côté de cela, Nioh 3 a gardé son système d’équipement et de caractéristiques qui restent assez complexes et quelque peu ennuyants au quotidien. Il y a toujours cette quantité astronomique d’équipements avec des statistiques dans tous les sens et, à chaque fois qu’on obtient du butin, il faut se retaper les menus pour vérifier les avantages apportés par le nouvel équipement. Il est dommage que Team Ninja n’ait pas planché pour rendre ce système de récompense plus lisse et moins énergivore pour le joueur.

Ça bosse dur, mais ça ralentit quand même

Chaque zone, et chaque partie de l’histoire, connaît des boss qui apparaissent comme des défis bien moins importants que dans d’autres Nioh. On se surprend parfois à galérer bien plus sur un monstre ou un pack que sur un boss. Je n’arrive pas réellement à faire le lien avec la montée en puissance de l’exploration et le fait que le boss (ou même les monstres) ne scale pas forcément avec celle-ci. Dès lors, j’ai la sensation que plus vous favorisez l’exploration, plus il y a un décalage avec certains boss assez important, les rendant peut être peu attrayants.

On est censé trouver une difficulté plus élevée au niveau de la nouvelle fonctionnalité : le purgatoire. Une zone essentiellement remplie de Yokai sous testostérone et où chaque dégât reçu provoque l’érosion de votre barre de vie maximale. Pas de panique (et c’est bien dommage), vous récupérez cette érosion à mesure que vous tapez vos adversaires. Clairement, on aurait préféré un monde où réellement il fallait éviter de se faire toucher (petit clin d’œil aux runners des Souls-like) pour dire de rajouter un vrai défi au jeu.

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Du côté de la technique, le test a été réalisé sur une PlayStation 5 classique et on peut dire qu’à certains moments, des ralentissements ont pu être ressentis dans l’arrivée de certaines zones ou encore durant les cinématiques. Heureusement, cela n’apparait que 10 % du temps et on ne sait pas encore si les patchs day one régleront ce type de soucis. À côté de cela, aucune difficulté particulière n’a été constatée durant les dizaines d’heures de tests. Graphiquement, le jeu offre son meilleur Katana Engine.

Du côté de la musique, je dois dire que celle-ci se fait relativement discrète la plupart du temps, mais j’ai eu droit à quelques morceaux d’une rare beauté pour un titre comme Nioh. C’est juste dommage de ne pas avoir été plus loin à ce sujet, car l’univers s’y prête réellement.

Alors, la troisième, c’est vraiment la bonne ?

J'ai eu du mal à accrocher à Nioh 2. Je trouvais celui-ci beaucoup trop redondant comparativement au premier et le système de butins était vraiment une pierre d’achoppement pour moi. C’est toujours le cas, mais j’avoue que le fait d’avoir une semi-ouverture du monde, mais surtout des nouveautés de gameplay, a été plutôt rafraichissant pour ma part.

Bon, il faut par contre clairement faire un deuil, From Software et Elden Ring ont placé la barre des Souls beaucoup trop haute pour qu'elle soit atteinte par un studio de la taille de Team Ninja. Mais on peut également apprécier l’évolution constante du studio avec sa licence, bien qu’on aurait aimé un travail plus profond, notamment autour du système de butin, mais aussi de l’histoire qui reste, pour le coup, assez anecdotique. On tient malgré tout le meilleur des Nioh (jusqu’au prochain ?).

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Le jeu est disponible sur PlayStation 5 et PC au prix de 80 euros. Franchement, autant je trouve au jeu de nombreuses qualités et une durée de vie franchement intéressante pour peu qu’on prenne le temps d’explorer toutes les zones (on passe de 35 heures à facile 60 avec l’exploration), autant je trouve que le prix est vraiment élevé. Nioh 3 représente une expérience sympathique, mais qui ne révolutionne rien de particulier, reste avec des graphismes honorables et manquant cruellement de profondeur malgré tout. Je pense qu’à moins d’être un fana de la licence, une petite promotion ne sera pas de refus ! À noter qu’il existe une démo qui offre tout de même quelques heures de jeu, histoire de prendre la température !

Ce test a été réalisé sur PlayStation 5 par Glaystal via une copie fournie par l’éditeur

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