Test de Forza Horizon 6 – Le pays de l'horizon levant
Grosses cylindrées, grands espaces à parcourir, défis toujours plus improbables et public en folie. Cinq ans après le festival Horizon au Mexique et ses volcans, ses plages et ses pyramides, Playground Games et Microsoft remettent le couvert avec un sixième opus qui s'envole pour le Japon. Une destination réclamée par la communauté depuis particulièrement longtemps, qui débarque enfin sur Xbox Series X|S et PC. Attache ta ceinture : Forza Horizon 6 arrive dès le 19 mai 2026 à toute allure.
Forza Horizon, c'est une série de jeux de course arcade en monde ouvert développée par Playground Games et publiée par Microsoft. À mi-chemin entre l'accessibilité d'un jeu grand public et les sensations d'une simulation, la série s'est depuis longtemps imposée comme la référence absolue du genre. Après le Colorado (FH), le Sud-Est de la France et le Nord-Ouest de l'Italie (FH2), l'Australie (FH3), l'Écosse (FH4) et le Mexique (FH5), c'est donc au pays du soleil levant que le festival Horizon pose ses paddocks. Et pour la première fois, le joueur n'y arrive pas en rockstar de l'asphalte, mais en simple touriste avec un rêve plein les yeux. Un postulat différent des épisodes précédents, et qui change la façon dont on s'approprie ce monde gigantesque.
Ce qu'on a aimé
Ichi, ni, san... une carte démesurée !
Commençons par ce qui saute aux yeux : la carte de Forza Horizon 6 est tout simplement colossale. C'est la plus grande de toute l'histoire de la licence. Playground Games n'a pas cherché à reproduire le Japon à l'identique, mais plutôt à en capturer l'essence et le résultat est plutôt crédible (en tout cas, pour quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds là-bas !). D'un côté, Tokyo et ses artères typiques, le célèbre croisement de Shibuya, la Tokyo Tower qui se découpe dans le ciel nocturne, les autoroutes suspendues et leurs enchevêtrements vertigineux. De l'autre, les cols de montagne, les campagnes isolées, les docks industriels et les sommets enneigés qui rappellent que le Japon, c'est bien plus qu'une mégalopole. Chaque recoin mérite d'être exploré et c'est sans doute la plus belle réussite du jeu : donner aussi envie de lever le pied pour regarder autour de soi.
Une claque graphique dans la trombine
On ne va pas y aller par quatre chemins : Forza Horizon 6 est le jeu de course le plus beau qu'il m'ait été donné de voir. Les reflets sur le bitume mouillé de Tokyo la nuit, les cerisiers en fleurs qui explosent de rose au printemps, la neige qui recouvre doucement les toits des temples de montagne en hiver, les feuilles d'automne qui virevoltent dans les cols... Chaque saison est un tableau vivant, chaque biome une carte postale. Sur Xbox Series X en mode qualité (4K, 30fps), le jeu est une carte postale interactive. Et la météo dynamique, avec son cycle jour/nuit sur quatre saisons, ne fait pas que du bien aux pupilles : elle change aussi radicalement le comportement des véhicules. Sur le sec, votre bolide répond au doigt et à l'œil. Sous la pluie, il faut tout recalibrer, reprendre en main, se méfier des virages. Une dimension supplémentaire qui ajoute de la profondeur sans jamais alourdir l'accessibilité qui a toujours été le maître-mot de la série.
Un buffet asiatique à volonté...
La carte est immense mais ne manque en rien d'activités pour la remplir. Courses sur circuit, sprints, tout-terrain, drift, courses de drag, contre-la-montre, histoires Horizon, découvertes de monuments, 200 panneaux d'XP à percuter, 200 mascottes cachées, achats et optimisations de voitures au garage, construction de sa propriété, personnalisation de sa collection... On en passe et des meilleures. La question n'est pas de savoir si vous trouverez quelque chose à faire, mais de savoir si vous aurez assez de temps de jeu pour tout voir. Les fans de 100% peuvent déjà dire adieu à toute vie sociale. FH6 promet sans ambiguïté des centaines d'heures de jeu en solo, et ce n'est pas du remplissage pour gonfler les chiffres : chaque activité a sa propre saveur.
Le Japon, terrain de jeu rêvé pour la communauté
Et si on vous disait qu'en plus du solo bien fourni, Forza Horizon 6 fait également la part belle au multijoueur ? Parce que le festival Horizon, c'est aussi une fête collective depuis plusieurs épisodes. Les modes en ligne ont été revus et enrichis pour l'occasion.
- Cache-cache géant en voiture dans les rues de Tokyo ? ✅
- Party fun délirants à plusieurs ? ✅
- Mode Convoi permettant de se retrouver à 12 amis dans la même partie ? ✅
Le mode Rival est toujours là pour ceux qui veulent en découdre proprement, et la quasi-totalité des épreuves du jeu peut être bouclée en coopération. Bref, que vous soyez du genre loup solitaire ou meute bien organisée, Forza Horizon 6 saura s'adapter à votre envie.
Pléthores de véhicules...
Plus de 550 véhicules soigneusement modélisés sont disponibles. Les JDM (Japanese Domestic Market) qui ont bercé des générations entières de fans de grosses cylindrées (Mazda MX-5, Nissan GT-R, Toyota AE86, Honda NSX, Mitsubishi Lancer Evolution) côtoient les supercars européennes et les muscle cars américains. Chaque moteur a son propre son, retravaillé avec soin, et les animations de volant apportent toujours plus de réalisme à l'expérience en tant que joueur. Que vous soyez team sportives, team tout-terrain ou team combi WW, le garage de FH6 a forcément de quoi vous combler.
Un festival totalement inclusif, dans la lignée des précédents opus
La série Horizon fait un effort remarquable pour s'ouvrir au maximum, je l'avais d'ailleurs déjà fait remarquer dans mon test du précédent opus. FH6 pousse le curseur encore plus loin. La personnalisation du personnage est d'une liberté totale, sans aucune distinction de genre, de morphologie ou de style. Les options d'accessibilité sont, elles aussi, exceptionnellement riches : interface adaptable, aides à la conduite modulables à l'infini, mode AutoDrive pour explorer tranquillement la carte sans s'occuper de la conduite, options visuelles et auditives pensées pour les joueurs ayant des besoins spécifiques. Horizon ne laisse personne au bord de la route. Littéralement.
La sono du siècle (ou presque)
À chaque nouvel épisode, la bande-son de Forza Horizon fait aussi parler d'elle. Avec FH6, Playground Games passe à neuf stations de radio, du jamais-vu dans la série, pour la sélection de morceaux la plus grande de toute l'histoire de la franchise. Et l'adaptation au Japon est totale : pour la première fois, la J-pop débarque au festival avec la toute nouvelle station Gacha City Radio (YOASOBI et son inévitable Idol, Creepy Nuts, Ado...). Côté retours aux sources, Horizon XS assure le rock et metal avec Linkin Park, Baby Metal, Turnstile ou Spiritbox, Hospital Records fait trembler le bitume à coups de drum & bass, Horizon Wave fait monter la nostalgie avec son synthwave des années 80, et Sub Pop Records impose sa sélection indie/alternative pour les âmes sensibles qui font de la randonnée en Lamborghini. Un éventail musical pour s'adapter à toutes les envies.
Irasshaimase, bienvenue dans le Japon de vos rêves
On a gardé le meilleur pour la fin : le Japon en tant que cadre de jeu est une réussite totale. Faire une course contre le Shinkansen, drifter dans les docks industriels de Yokohama sous une pluie battante, défier un mécha géant au sommet d'un col de montagne enneigé, traverser en trombe le carrefour de Shibuya aux aurores... Autant de moments que personne n'avait encore vécus dans un jeu de courses et qui donnent à Forza Horizon 6 une saveur particulière. Les fans de culture japonaise en général trouveront en permanence des clins d'œil qui les feront sourire. C'est un Japon fantasmé, certes, mais fantasmé avec un amour et un soin rare. Et les retours des joueurs locaux que l'on peut déjà lire sur les réseaux sociaux, c'est un plaisir immense de voir leur pays modélisé avec une telle fidélité.
Ce qui nous a moins accroché
La formule a-t-elle atteint ses limites ?
Je me dois d'être honnête car la question m'a traversé l'esprit à plusieurs reprises. Cinq ans ont passé depuis l'épisode mexicain (je ne compte pas l'arrivée décalée sur PS5 !). Après quelques heures passées à Tokyo, une question s'est imposée à moi : qu'est-ce qui a vraiment changé ?
La structure du jeu reste identique à celle des épisodes précédents. On arrive dans une région, on découvre la carte progressivement, on enchaîne les courses et les activités pour monter en notoriété, on achète des maisons et des voitures, on monte les rangs du festival, on débloque des courses originales et marquantes. C'est la formule Horizon, et elle fonctionne. Mais elle fonctionne exactement comme avant.
Les nouvelles mécaniques, telles que la carte qui se dévoile à l'exploration, le journal des tampons inspiré de la culture japonaise ou encore les mascottes à collectionner sont sympathiques et s'intègrent bien à l'univers nippon. Mais elles ne constituent pas une révolution de gameplay.
On est davantage face à un Forza Horizon 5.5 qu'à une véritable remise à plat de la série. Pour les nouveaux venus, FH6 sera une claque monumentale. Pour les vétérans de la licence, la sensation de déjà-vu sera parfois difficile à ignorer. La question se pose légitimement : la formule Horizon est-elle arrivée au bout de ce qu'elle peut offrir sans une refonte structurelle ? Doit-on proposer une nouvelle variété de véhicules (camions, motos, quad, etc.) pour aider la formule à se renouveler par exemple ? Playground Games aura du mal à esquiver cette question pour un éventuel septième opus.
Le carton rouge total contre Microsoft : adieu le doublage français
Et là, ça fait vraiment mal. Forza Horizon 6 est disponible dans de nombreuses langues à sa sortie, mais le français en est absent pour le doublage. Toutes les autres langues ? Doublées. Le français, langue pourtant présente dans tous les épisodes précédents de la licence ? Aux abonnés absents.
Et contrairement à beaucoup de jeux où le doublage est anecdotique, Forza Horizon parle énormément. Les courses sont commentées, l'histoire du pays et de ses us et coutumes est racontée dans des missions spécifiques, les événements du festival sont animés... Essayez donc de suivre un dialogue en anglais alors que vous foncez à 280 km/h dans les rues de Tokyo. Résultat : vous manquez la moitié de la narration ou vous levez le pied et perdez votre temps.
Fidèle de la marque depuis presque 20 ans, je me dois de mettre un carton rouge tout à fait mérité à Microsoft. Les raisons de cette absence sont connues et liées à une volonté de protection des doubleurs français de leur voix vis-à-vis de l'usage de cette dernière dans l'IA maison de Microsoft. Toutefois, on espère sincèrement qu'un patch de doublage arrivera rapidement, mais le mal est déjà fait pour le lancement et envoie un signal particulièrement alarmant pour les joueurs francophones quant aux prochaines productions majeures à venir (Gears E-Day et Fable en tête de liste).
Fais cracher le V12 Dunta
Forza Horizon 6 fait exactement ce qu'on attendait de lui : livrer un jeu de course spectaculaire, généreux, magnifique, et ancré dans une culture qui lui va comme un gant. Le Japon était le rêve des fans et le studio l'a abordé avec un respect et une passion sincère. La carte gigantesque, le contenu pléthorique, la bande-son de folie, les 550 bolides et l'excellence graphique en font sans aucun doute l'un des plus grands jeux de courses jamais produits. Le multijoueur est riche, l'accessibilité au sommet, et les quelques nouvelles mécaniques s'intègrent avec intelligence à l'univers japonais.
Pour autant, Playground Games ne peut pas indéfiniment repeindre le même tableau avec de nouvelles couleurs sans que les joueurs fidèles ne finissent par s'en apercevoir. FH6 est un sommet d'exécution dans une formule qui tourne tout de même un peu en rond. Et l'absence intolérable du doublage français vient gâcher la fête pour une partie non négligeable du public.
La bonne nouvelle, c'est que ce Horizon-là reste une machine à bonheur difficilement égalable dans le paysage vidéoludique actuel. Qu'importe la langue, qu'importe le déjà-vu : quand le soleil se couche sur les toits de Tokyo et que votre GT-R décolle d'un tremplin au-dessus du Shinkansen, vous savez pertinemment que personne d'autre ne fait ça aussi bien que Playground Games.
Test réalisé sur Xbox Series X par Dunta à partir d'une version fournie par l'éditeur.
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| Plateformes | Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Course, course automobile, sport, contemporain |
| Sortie |
2026 |












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