Test de 007 First Light - Une fusion presque parfaite
IO Interactive, surtout connu pour la franchise Hitman, a adapté la licence James Bond. Avec succès.
Par les créateurs d'Hitman
007 First Light est un jeu aux multiples influences. Commençons par la plus évidente : celle d'Hitman, la franchise phare de IO Interactive, dont j'ai testé deux des trois derniers opus, le reboot de 2016 et Hitman 3. First Light est un jeu d'aventure, souvent assez linéaire, mais qui propose aussi des zones semi-ouvertes. C'est dans ces moments que le jeu brille le plus. En effet, on prend énormément de plaisir à explorer tous les recoins. Surtout, il existe toujours de nombreux chemins possibles. Au sens propre, comme au sens figuré : on peut atteindre une zone donnée depuis des endroits différents, mais aussi profiter de failles distinctes.
Plusieurs outils guident le joueur. Premièrement, il existe des opportunités, versions allégées de celles proposées dans Hitman. Deuxièmement, chaque mission propose son lot de défis. Certaines sont classiques - réussir la mission sans être vu, y parvenir en tuant tout le monde ou, au contraire, sans toucher un seul garde -, mais d'autres sont plus originaux et amusants à réaliser. Enfin, des collectibles parachèvent de récompenser l'exploration. Il y a aussi un réel soin du détail. C'est particulièrement vrai dans une des premières missions du jeu, mais on trouve des moments vraiment drôles, inutiles donc indispensables, un peu partout.First Light est un jeu vraiment généreux, qui n'a pas limité ses ambitions pour réduire ses coûts, et c'est en cela qu'il excelle.
Cependant, toutes les astuces du célèbre assassin ne sont pas de la partie. Ainsi, il n'est pas possible de se déguiser - sauf en de rares occasion scriptées -, ni de déplacer les corps. L'usage des objets est aussi limité : il en existe certains, débloquant des interactions spécifiques, mais leur nombre est infiniment plus réduit que dans les Hitman récents.
Toutefois, l'absence qui m'a le plus pesé est ailleurs : il n'est pas possible de sauvegarder manuellement. Durant les parties linéaires, ce n'est pas un problème, mais dans les zones ouvertes il n'est pas rare de perdre une dizaine de minutes de temps de jeu à cause d'une erreur. Surtout, cela transforme certains défis - comme de ne jamais être repéré -, en un pur calvaire. En effet, au vu de la nature du défi, toute erreur est éliminatoire et certaines missions imposent des étapes rébarbatives, que l'on doit donc refaire en boucle. J'insiste beaucoup sur ce défaut, car à mes yeux il est, de loin, celui qui entache le plus l'expérience. Il bride la créativité, poussant à ne pas essayer différentes choses de crainte de devoir tout recommencer. Il transforme l'accomplissement des défis, qui sont une de mes parties préférées du jeu, en des moments frustrants. Je prie pour qu'une mise à jour corrige ce défaut.
Une ambiance inspirée
Si First Light perd certains des éléments de la franchise Hitman, il les compense avec des mécaniques inspirées de la licence James Bond. Ainsi, à défaut de pouvoir dissimuler les corps, James dispose d'outils sociaux : il peut par exemple bluffer pour justifier sa présence ou attirer un ennemi en sifflant (ce n'est pas pire que de le faire en lançant une pièce, non ?). En outre, il a à sa disposition un panel de gadgets qui s'étoffe au fil de l'aventure et est personnalisable.
Plus globalement, que l'on soit un fan hardcore de la saga ou un néophyte, on se sent vraiment immergé dans la franchise James Bond. Le personnage créé par IO Interactive est pleinement crédible ; il est beau, drôle, un peu naïf, héroïque et un tantinet arrogant. En outre, ses acolytes sont à la hauteur : du principal antagoniste aux personnages secondaires en passant par les PNJ qui ne sont là que le temps d'une mission, tous sont globalement réussis, aussi bien en termes de personnalité que de design. Il y a de rares ratés (comme Moneypenny), mais le niveau d'ensemble est vraiment impressionnant, particulièrement dans le contexte actuel dans lequel tant d'œuvres, vidéoludiques ou non, peinent à créer des personnages intéressants et attachants.
Enfin, l'histoire globale est plutôt solide et le rythme bien maîtrisé. Tout n'est pas parfait ; je pourrais lister quelques accrocs dans la balise appropriée, mais la performance globale est solide.
Inexploré
Autre référence souvent citée dans les tests, celle d'Uncharted. Certes, il y a de l'escalade, mais elle est quand même plus crédible et moins présente que dans la franchise de Naughty Dog. Certes, il y a aussi des phases de tir, mais il est possible d'en éviter l'essentiel. Non, l'inspiration se voit surtout dans certaines séquences absolument absurdes, dont l'une rappelle beaucoup un chapitre d'un des jeux et son adaptation cinématographique.
C'est aussi un des reproches que j'ai à faire au jeu, car il s'en passerait aisément, mais d'un côté je trouve que cela colle aussi à l'univers et de l'autre IO Interactive n'exagère pas tant que ça, contrairement au studio californien.
Pendant que j'y suis, signalons aussi qu'une fois l'aventure principale terminée, il est possible de recommencer les chapitres indépendamment, en partant depuis le point de contrôle de notre choix, ce qui permet de réaliser les défis qu'il nous manque. Il y a aussi d'autres missions, les entraînement tactiques et les simulations tactiques, qui exploitent à nouveau les environnements du jeu. Soyons direct : comme j'aime surtout l'exploration, retourner en des lieux connus m'intéresse très peu, surtout que je trouve le temps qu'il m'a fallu pour atteindre le générique de fin (24h) parfaitement équilibré. Cependant, si vous êtes le genre de personnes considérant qu'une durée de vie colossale est un point positif, vous ne serez pas déçu, surtout que IO a promis d'intégrer d'autres missions de ce type.
Le goût du perfectionnisme
On pourrait lister les défauts de 007 First Light, comme les quelques mauvaises idées concernant le récit ou ses personnages ou encore l'absence de sauvegarde manuelle. En outre, un doublage français, en plus des sous-titres actuellement présents, n'aurait clairement pas été de refus, surtout que le jeu oublie parfois de sous-titrer - et donc de traduire - ce que disent certains personnages. Cependant, se concentrer sur ces quelques fausses notes, ce serait oublier l'essentiel : 007 First Light est un jeu dont le niveau de finition est d'une qualité extrêmement élevée. Il combine à merveille les qualités des jeux Hitman avec la franchise James Bond, livrant une histoire solide, bien rythmée et agréable à jouer. Alors que tant de studios cherchent à réduire leurs coûts, il est d'une générosité incroyable, accordant un soin admirable au détail, ce qui se remarque également par la possibilité de choisir son niveau de difficulté ou de supprimer entièrement les QTE.
Plus encore, IO Interactive offre avec 007 First Light une autre forme de synthèse : il s'inspire des jeux d'aventure linéaires si fréquents dans les années 2000, mais en modernisant la formule pour l'adapter à la génération actuelle. On obtient un jeu unique, que des dizaines de millions de joueurs découvriront certainement, que ce soit à plein tarif désormais, en solde dans cinq ans ou dans un programme d'abonnement.
Test réalisé sur PlayStation 5 par Alandring grâce à une version fournie par l'éditeur.
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| Plateformes | Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Windows, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Action, tir, tir à la première personne (fps), contemporain, espionnage |
| Sortie |
26 mai 2026 |
Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.
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