Test d'Agents of Mayhem : génialement solo

Une multitude de personnages jouables ? Check. Des missions répétitives, quand elles ne sont pas répétées pour obtenir davantage d’expérience et de nouvelles apparences pour ses personnages ? Check. Des quêtes journalières ? Check. Agents of Mayhem respecte à la lettre chacun des codes des jeux de tir coopératifs en ligne. Tous, sauf un, de l’ordre du détail : le jeu est exclusivement jouable en solo. Et c’est précisément ce qui en fait un aussi bon jeu.

Commençons par les armes offertes au joueur : 12 personnages différents. Contrairement aux jeux traditionnels, choisir ne signifie ici pas exclure : le joueur embarque dans chaque mission trois personnages différents, auxquels il peut faire appel d’une simple rotation de mollette, et il peut changer la composition de son escouade en un rapide retour à la base. Logiquement, chaque personnage dispose de ses propres capacités ; le joueur en adorera certains et en détestera d’autres, mais la diversité est indéniable. Chaque combattant excelle dans un style de combat précis et contre certains adversaires spécifiques et il est évidemment possible de les personnaliser, entre les points de compétence à attribuer, les gadgets à assigner et les technologies à découvrir. Il est possible de personnaliser son groupe de manière très poussée, mais rien n’est irrémédiable : les gadgets se changent instantanément, les points se réinitialisent gratuitement et le groupe se modifie facilement. Pouvoir passer en un instant d’un combattant à l’autre pour triompher d’un ennemi ou en laisser un se reposer est le meilleur moyen de combattre la lassitude.

Test d'Agents of Mayhem : génialement solo

Le système de combat de surprendra guère les habitués des jeux de tir : un bouclier qui se recharge, une barre de vie qui ne le fait pas, sauf quand l’agent est inactif ou qu’un objet de soin est ramassé. Des ennemis qui n’ont rien des boss aux barres de vie infinies des MMO, mais peuvent tuer un joueur mal avisé en quelques instants, même les plus faibles. Une capacité spéciale au cooldown court et un ultimate une fois la jauge remplie. Du très classique, mais du classique diablement efficace, ce d’autant plus qu’Agents of Mayhem renforce encore la mobilité avec un triple saut, un dash et parfois un dash aérien ou la capacité d’escalader un mur. La diversité des personnages finit de transformer les combats en un grand plaisir sans cesse renouvelé.

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Dans sa petite liste d’éléments indispensables pour un jeu de 2017, Agents of Mayhem ne pouvait pas manquer le plus fondamental : le monde ouvert. Le titre propose une vaste catégorie d’activités : points à capturer, ennemis à tuer, otages à secourir, etc. La réalisation est appréciable et le level design est très agréable puisqu’il propose une importante verticalité correspondant parfaitement aux qualités des héros. Cependant, un choix est très difficilement compréhensible de prime abord : les objectifs se réinitialisent régulièrement. Passe encore pour les objectifs annexes, qui ont pour avantage de ne pas quitter la mission en cours : ils sont faciles à effectuer en passant et ils participent à rendre la ville plus vivante. En revanche, ce qui est difficilement pardonnable, c’est que les bases de L.E.G.I.O.N., les grands méchants du jeu, sont régulièrement reprises par l’ennemi. Or, cette perte provoque aussi celle des bâtiments utiles de la zone…

Autant adapter les fonctionnalités multi-joueurs à un jeu solo fonctionne parfaitement, autant cette décision est difficilement pardonnable. En effet, cela renie le principe même du jeu en monde ouvert : parcourir la carte dans le but d’en résoudre tous les marqueurs. Ne pouvant tout faire, on finit rapidement pas abandonner et décider de ne plus rien faire, ce qui est vraiment dommage. Ce choix s’explique probablement par la taille extrêmement réduite du monde : s’il n’y a pas besoin de se battre éternellement pour déterminer qui a la plus grosse carte et que celle d’Agents of Mayhem écrase la concurrence en termes de hauteur, sa taille totale est absolument ridicule ; il n’y a par exemple que quatre bases à capturer. Ne pas faire réapparaître les objectifs aurait transformé la ville de Séoul en un lieu morne et sans vie après quelques heures de jeu, ce qui aurait été difficilement envisageable. Il s’agit en somme d’une très mauvaise solution pour régler un problème réel, mais cela n’excuse en rien ce choix de game design.

Heureusement, le titre dispose de son écriture pour nettement rehausser le niveau. Elle ne plaira assurément pas à tout le monde, car elle ne saurait guère être plus clichée. Les personnages sont des caricatures ambulantes et leur design, en particulier concernant les personnages féminins, touche ce qui s’est fait de pire ces dernières années. Certes. Néanmoins, en acceptant le parti pris du jeu, l’humour peut faire mouche de manière systématique et régulière pour le bon public. L’écriture n’est donc en soi ni bonne ni mauvaise : elle sera parfaite pour certains et complètement inutile pour d’autres. Dommage cependant que la localisation se soit limitée aux sous-titres français : un doublage audio aurait été indispensable pour profiter des savoureux dialogues durant les phases de combat les plus intenses.

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Au final, Agents of Mayhem est un jeu constellé de défauts. Son écriture surexploite les clichés, sa localisation est incomplète, ses missions sont répétitives, le design de certains de ses personnages est exécrable et son monde ouvert est aussi petit qu’étrange dans ses mécanismes. Cependant, c’est aussi un jeu terriblement addictif, capable de faire tomber sous le charme comme bien peu de jeux en sont capables. Son gameplay soigné et son concept en fera sans peine l’un des grands jeux de 2017… pour un certain public.

Test réalisé par Alandring à partir d’une version fournie par l’éditeur.


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