Test de Forza Motorsport 7 - Accessible mais exigeant

Forza Motorsport est une des licences fortes de Microsoft. Fer de lance de sa Xbox One, mais également disponible sur Windows 10, c'est un nouvel opus développé par Turn 10 qui se présente pour reprendre sa place de référence dans la course automobile.

Forza Motorsport s’est toujours placé comme une simulation accessible et ce nouvel opus en est la meilleure émanation. Parfaitement jouable au pad sans beaucoup y perdre en sensations, il parvient à proposer un jeu sérieux et suffisamment profond pour accrocher l’amateur de courses automobiles sans pour autant faire peur aux néophytes. On y trouve de nouvelles aides au pilotage qui, lorsqu'elles sont activées, font en sorte que la conduite se rapproche plus d’un Forza Horizon que d’une simulation, mais une fois désactivées elles permettent aussi d’apprendre tranquillement à piloter toutes sortes de véhicules. Le jeu ne se révèle jamais frustrant, au contraire d’un Project Cars où la première approche peut être abrupte ; ici les développeurs de Turn 10 n’oublient pas une partie de leur public. Car c’est bien là la force du gameplay de Forza Motorsport 7 : s’il n’a pas la profondeur et le réalisme d’un jeu comme iRacing ou Assetto Corsa, il assume pleinement ce statut à mi-chemin entre la simulation et l’arcade pour offrir un jeu très accessible, sans pour autant renier ceux qui recherchent un véritable challenge. En effet, si désactiver l’ensemble des aides au pilotage n’y fera rien face à l’adhérence exceptionnelle et parfois irréaliste de certains véhicules, d’autres catégories comme les super et hypercars seront bien plus difficiles à maîtriser et nécessitent un temps d’adaptation et de progression bien supérieur. Et c’est aussi là que le mode carrière se révèle utile, puisqu’il se concentre dans un premier temps sur des véhicules faciles à maîtriser avant de terminer en apothéose sur les bolides les plus impressionnants, mais aussi les plus nerveux. La courbe de progression est donc bien présente, et bien pensée, ce qui permet à Forza Motorsport 7 de se placer comme référence dans son genre. Pour autant, il faut bien en avoir conscience et ne pas s’attendre à une simulation totale, auquel cas on conseillera plutôt d’autres jeux, plus austères et moins accessibles, mais également bien plus exigeants.

La simulation accessible

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Le mode carrière revisité reste néanmoins assez classique dans son approche. Impersonnelle, elle se constitue d'une simple succession d'épreuves jusqu'à atteindre une dernière coupe où sont réunies les voitures les plus puissantes. Elle offre toutefois des moments assez originaux avec le retour des épreuves de bowling "Top Gear" et des épreuves spéciales où il faudra remplir certains objectifs pour débloquer un véhicule spécial. Par exemple, citons une épreuve où il faudra dépasser le maximum de véhicules en l'espace de quelques tours ou encore une autre où il faudra gagner une course durant laquelle tous les concurrents pilotent le même véhicule. Ces épreuves permettent surtout d'obtenir des véhicules qui coûteraient autrement extrêmement chers alors que les crédits sont toujours aussi difficiles à gagner. En effet, certains véhicules dépassent le million de crédits alors qu'une simple course rapportera difficilement plus de vingt mille crédits, de quoi forcer le joueur à enchaîner les courses, mais également à tirer profit de ces épreuves particulières qui donnent accès à des véhicules très coûteux. Autre moyen de gagner des crédits, la montée en niveau : chaque niveau gagné, après avoir obtenu de l'expérience en course, permet de choisir un bonus ; soit un bonus d'argent, soit une nouvelle voiture à prix réduit, soit une nouvelle tenue pour le pilote. Si on passera sur l'intérêt de la tenue du pilote (qui sera une femme ou un homme, au choix), le choix entre le véhicule et les crédits sera toujours difficile. Le coup de pouce en crédits permet d'accéder plus facilement à des championnats qui nécessitent des véhicules plus coûteux, mais la voiture à prix réduit est aussi un bon moyen de compléter sa collection. Cette collection de véhicules est un bon moyen d'accrocher ceux qui ont l'âme de collectionneurs : représentée par un grand tableau de véhicules à débloquer, la collection du pilote est aussi symbolisée par un niveau de collectionneur qui, lorsqu'il augmente, permet d'accéder à des compétences plus importantes lors de la montée en niveau. Ainsi, chaque véhicule acheté offre un certain nombre de points de collection, obligeant le joueur à constamment faire le choix entre intérêt du véhicule et niveau de collection.

On remarquera de plus une grosse amélioration du côté de l'ergonomie du mode solo, avec des temps de chargement qui servent enfin à quelque chose. Si la licence est aussi connue pour ses interminables chargements avant les courses, ici les développeurs ont eu la bonne idée de permettre, le temps que la course se charge, de régler son véhicule (manuellement ou au moyen de réglages partagés par les autres joueurs) ou encore de modifier les aides au pilotage. Mais c'est aussi pour le joueur de choisir ses "mods", des sortes de cartes bonus qui, au nombre de trois par course maximum, permettent d'avoir un bonus d'expérience ou de crédits. En échange, ces cartes donnent certains objectifs au joueur pendant la course : terminer avec un ABS désactivé, réaliser un tour propre, un dépassement correct, terminer dans le top 3... Les objectifs sont nombreux et s'ils sont remplis ils permettent de doubler, voire de tripler les gains de course. Ces mods sont toutefois à récupérer dans des caisses à acheter, qui offrent aléatoirement des mods, mais aussi des tenues ou même des voitures. Cependant, l'intérêt de ces caisses en début de partie est assez discutable tant leur coût en crédits est élevé pour des récompenses très relatives. Signalons que le "Forzathon", un mode introduit dans Forza Horizon, est également de la partie et devrait permettre d'obtenir divers récompenses en accomplissant chaque semaine des défis. Mais il faudra attendre une prochaine mise à jour puisqu'il n'est pas encore disponible, à l'image de la salle des ventes qui devrait vous permettre de vendre et acheter des véhicules à bas prix. 

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Comme il est de coutume avec la licence, Forza Motorsport 7 peut se targuer d’un contenu titanesque. Avec plus de 700 voitures et quelques 200 tracés (sur 32 environnements différents), ce nouvel opus offre un contenu bien supérieur à ses prédécesseurs. Il allie ainsi le meilleur avec des circuits officiels et des tracés urbains, mais également un grand nombre de catégories de véhicules. Chacune offre un challenge différent, qu’il s’agisse de voitures de tourisme dont il faudra tirer le meilleur ou d'hypercars difficiles à maîtriser. Pour autant, et c’est là que le bât blesse, comme à l’accoutumée un certain nombre de véhicules sont tout à fait dispensables. Par exemple, si les véhicules de rallyes ont le mérite d’être là, aucun tracé n’est prévu pour de telles courses et on se rendra vite compte que ces bolides n’ont pas un grand intérêt sur des circuits classiques. Un peu de la même manière, les développeurs ont largement mis en avant les courses de camions, alors qu’au final le joueur n’aura accès qu’à un seul camion. Heureusement, l’essentiel du jeu se situe ailleurs, avec la plupart des autres catégories de véhicules qui, elles, offrent des sensations et moments très intéressants.

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Le jeu impressionne également du côté de ses graphismes. Largement mis en avant pendant la campagne promotionnelle, le jeu se targue notamment d’être un des premiers à être développés pour la future Xbox One X. En attendant, et sur une Xbox One normale, Forza Motorsport 7 offre des moments absolument somptueux. On pense notamment aux courses sous la pluie, grâce à une nouvelle gestion de la météo qui peut évoluer très vite en pleine course. Ces moments sont impressionnants : voir la tempête nous arriver dessus, au-delà de ses effets et textures qui subliment le jeu, est aussi un moment de tension où on comprend qu’il faudra adapter son pilotage. Une donnée qui semble évidente, mais qui peut remettre en cause une course alors que les flaques d’eau commencent à se multiplier sur la piste, poussant à adapter ses trajectoires ou à ralentir pour éviter tout tête-à-queue. Néanmoins, lors des courses en plein jour et par temps sec, le jeu peut parfois décevoir avec un aliasing prononcé et des reflets pas toujours glorieux sur les véhicules. Mais, dans l’ensemble, le jeu fait du bien aux rétines, notamment grâce au fait qu’il tourne de manière quasiment parfaite à 60 images par seconde. Quasi, car il s'est avéré qu'il était impossible de faire une course sur le mythique circuit Laguna Seca sans que la piste disparaisse sous nos yeux, la voiture semblant voler sur un circuit invisible. Si on peut s'attendre à ce que ça soit réglé rapidement à coup de patchs, il est tout de même regrettable qu'un circuit présent depuis des années dans les Forza Motorsport soit victime de tels déboires...

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Un coup de polish et roulez jeunesse

Forza Motorsport 7 donne toutefois cette désagréable impression de n'être qu'une mise à jour de son prédécesseur. S'il est incontestablement plus beau, notamment grâce à sa météo dynamique, il ne se complique pas la vie. Entre son mode carrière très classique et ses voitures, certes au nombre impressionnant, qui n'ont pas toujours une place très pertinente à la vue des tracés, il peut parfois s'avérer décevant. Alors que les développeurs de Turn 10 ont largement fait leurs preuves dans le domaine, il aurait peut-être été intéressant pour eux d'apporter un peu de nouveauté du contenu (en dehors des nouvelles voitures) et pourquoi pas proposer un mode carrière plus accrocheur. 

D'autant plus que le jeu déçoit énormément sur un autre point : son IA. L'intelligence artificielle des jeux de courses a toujours été un élément fondamental, d'abord pour offrir un challenge aux joueurs, mais aussi pour s'assurer qu'ils retrouvent les véritables sensations d'une course bien disputée. Depuis que Turn 10 a commencé à proposer les "Drivatar", cette IA qui émule les comportements des joueurs de votre liste d'amis, on a cru pouvoir assister à des courses un peu plus réalistes. Manque de bol, cela a surtout été une excellente excuse pour les développeurs de Redmond pour ne pas trop s'ennuyer sur ce point et Forza Motorsport 7 ne vient que confirmer cet état de fait. Peu importe les "Drivatar" qui s'immisceront dans vos courses, qu'ils soient la représentation d'un de vos amis qui n'a pas joué à un Forza plus d'une heure ou d'un autre ami passionné et qui y passe le plus clair de son temps, vous devrez toujours concourir avec des adversaires qui veulent votre mort. Dans chaque course, vous pourrez repérez un "futur vainqueur", la majorité du temps celui qui part en pôle position, et le reste des concurrents, plutôt que de chercher à gagner des places, s'attèleront plutôt à vous sortir de piste par tous les moyens. Si vous avez le malheur d'en dépasser un, il se rabattra vers vous pour vous sortir et si vous avez le malheur d'être collé par un autre au prochain virage, il s'amusera à maintenir sa trajectoire et sa vitesse quitte à vous rentrer dedans. Alors à moins que l'intégralité des joueurs de Forza soient d'incroyables bourrins, il semblerait que les développeurs de Forza Motorsport 7 n'aient pas saisi à quel point le féru de simulation aura à coeur de réaliser des tours rapides et propres : et cela implique que ses adversaires jouent le jeu. Au lieu de ça, les courses finissent rapidement par rappeler Destruction Derby et donnent surtout envie de baisser le niveau de difficulté des IA pour s'assurer de vite les larguer afin de pouvoir réaliser des tours propres.

Dans ces conditions, le mode solo n'a pas énormément d'intérêt et on se concentra essentiellement sur le mode multijoueur. Sans nouveauté non plus, il fait l'essentiel en proposant des lobbys et la création d'épreuves selon de nombreuses règles. De quoi s'amuser, d'autant plus que les serveurs semblent assez stables. Il faudra juste espérer tomber sur une session où les joueurs ont conscience qu'ils jouent à une simulation automobile et non pas à un jeu de stock-car, ce qui n'est pas toujours garanti.

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Conclusion

Forza Motorsport est un excellent jeu dans son domaine. Pour peu que l'on recherche une simulation accessible qui ne lésine pas pour autant sur les sensations, le jeu de Turn 10 est une référence du genre et le confirme une nouvelle fois avec ce septième épisode. Les amateurs de belles carrosseries et d'effets qui en mettent plein les yeux apprécieront sans mal le soin apporté aux quelques 700 véhicules ainsi qu'à la nouvelle météo dynamique qui s'avère parfois très impressionnante. Néanmoins, ceux qui recherchent une pure simulation risquent vite d'être déçus par des véhicules qui adhèrent parfois un peu trop à la piste et une IA indigne. Finalement, ce nouveau Forza donne la désagréable impression de n'être qu'une mise à jour sortie un peu trop tôt, à en juger par le circuit invisible et les modes de jeu qui arriveront "prochainement".

Test réalisé par Hachim0n à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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