Test : Attack of the Earthlings

Imaginez que vous soyez un gros insecte, tranquille, pépère, vous creusez votre trou dans votre astéroïde afin de bâtir une colonie. Tout va bien, quand soudain une bande de sauvages venus d'une planète bleue lointaine décide d'y implanter une mine pour un consortium galactique. Là, forcément, ça ne va plus.

Enrobé d'un humour potache et de dérision d'un genre surexploité "d'invasion alien", Attack of the Earthlings est un jeu de tactique au tour par tour comparable à du XCom, Xenonauts ou encore Templar Battleforce ; même un peu à du Commandos, sauf que les rôles y sont inversés : le méchant monstre, c'est l'humain, tandis que le joueur incarne la gentille maman géante insecte.

On se retrouve donc devant un terrain de jeu en 3D en vue du dessus, découpé en cases carrées, comme c'est souvent le cas dans ce type de jeu. À son tour, le joueur joue toutes ses unités dans l'ordre qui lui plaît, puis l'ordinateur joue toutes les siennes (militaires et civiles) et c'est un nouveau tour qui commence.

Une aide de jeu sous forme de manuel animé, que l'on peut ignorer, guidera le joueur à chaque nouveauté.

La première unité contrôlée par le joueur est la reine de la colonie, capable d'engendrer d'autres unités en assimilant de la biomasse. C'est-à-dire en mangeant les restes des cadavres humains que vous sèmerez tout au long de votre parcours.

J'ai abordé la notion de civil un peu plus haut, développons. Il existe 3 grands types d'unités adverses : militaires, civiles, robotiques. Les militaires sont généralement des humains armés et attaquent le joueur si les conditions sont bonnes. Les civiles sont souvent des ingénieurs qui n'attaquent pas, mais peuvent crier, courir ou alerter. Ces deux là se mangent et donnent de la biomasse. Les robots peuvent être des tourelles ou des engins de services, qui sont parfois neutres ou agressifs. Et les boulons ne sont pas comestibles.

Un parcours par ailleurs très court, et peu rejouable, puisque le jeu ne propose que 7 niveaux faits à la main, où la part d'aléatoire est bien maigre. Ces niveaux s'enchaînent toujours dans le même ordre, étages d'une foreuse géante contrôlée par la compagnie minière envahisseuse. Entre chaque niveau, un écran permet de répartir des points de mutations entre 4 des 6 unités jouables. Peu de niveaux, pas d'aléatoire, peu d'unités différentes : mais alors, c'est tout naze ?

Non.

Heureusement, les niveaux sont assez intéressants et forcent le joueurs à s'adapter à de nouvelles situations assez régulièrement, avec en parallèle une progression des unités et de leurs capacités. Les adversaires demandent aussi des actions tactiques plutôt que de la force brute pour être vaincus. En effet, si le soldat de base se découpe facilement d'un coup de patte griffue, les armures, boucliers et armes automatiques exigent que le joueur prenne son temps afin d'exploiter au mieux les possibilités du jeu.

Puisqu'il y a peu d'unités, passons-les en revue.

La mère, tout d'abord, est l'unité maîtresse. La perdre revient à perdre la partie ; il faudra donc la protéger. Elle a le pouvoir unique et primordial de transformer la biomasse (récoltable par toutes les unités dans un stock intangible et commun) en unités alliés. Elle peut aussi contrôler un humain civil qui servira d'éclaireur et ouvrira les portes fermées sans sonner l'alarme. Elle peut se cacher dans certaines armoires, car elle est à peine plus grande qu'un humain. Évoluée, elle tapera plus fort et augmentera les capacités de ses bébés chéris.

La première unité engendrée sera une sorte de zerg, capable de se déplacer dans les conduites d'aération et les placards, mais très fragile. Extrêmement utile pour se déplacer avant de muter. En effet, c'est cette unité basique qui deviendra au choix une brute, un cracheur ou un chasseur.

La brute est forte et solide, tellement qu'elle ne peut entrer dans les cachettes. Évoluée, elle pourra taper plus fort, encaisser mieux et même frapper le sol pour endommager les unités tout autour et à travers les murs.

Le cracheur est fragile, mais agile. Il peut envoyer une giclée à bonne distance et ainsi blesser, voire tuer, ses adversaires sans risquer les baffes en retour. Évolué, il pourra créer un "crachat bruyant" pour détourner l'attention et se déplacer avoir avoir craché.

La chasseur est un prédateur rapide et mortel ; une fois évolué, il sera capable de poser un piège immobilisant et blessant la cible ainsi que de bénéficier d'un bonus lors des attaques dans le dos.

Comme on peut le voir, les unités sont presque exclusivement des combattants de mêlée et cet aspect change totalement l'approche du jeu, comparé à d'autres jeux tactiques où flèches, balles et lasers fusent de toutes parts. Si les attaques ne peuvent pas échouer (pas d'aléatoire ici, et c'est tant mieux), il reste très facile de se faire faire piéger dans un couloir, face à un soldat lourdement armé.

Afin de venir à bout de certains ennemis solides, outre la furtivité qui fait partie intégrante du gameplay, le jeu permet de faire des attaques combinées. On positionne les unités qui vont participer, puis un bouton déclenche toutes les attaques simultanément. À noter aussi que l'on peut très bien créer plusieurs unités du même type, à l'exception du contrôle mentale sur un civil : il ne peut y avoir qu'un seul éclaireur à la fois.

Que dire de plus ?

Attack of the Earthlings est un jeu intéressant, un peu bancal et parfois frustrant (pas de quick save/load, pas de possibilité de rejouer les précédents niveaux, interface un peu trop massive...), mais attachant, grâce à ses mécanismes et au traitement de son thème. Son développeur, Junkfish, est à surveiller : de bonnes idées pourraient donner une autre belle surprise par la suite, avec un budget plus conséquent. Leur premier jeu, Monstrum (2015), était déjà une jolie réussite dans le genre folie et survie, et c'est avec curiosité que je vous invite à attendre leur prochain projet.

Test réalisé par Tchey à partir d'une version fournie par le développeur.

Source : http://store.steampowered.com/app/621930/

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