Test de Two Point Hospital

Sorti en 1997, Theme Hospital nous avait permis d'endosser le rôle d'un gestionnaire d’hôpital grâce au studio Bullfrog, aujourd'hui disparu. Pour ceux qui sont nés au siècle dernier, le studio de Monsieur Peter Molyneux s'était notamment illustré avec les titres Populus, Syndicate ainsi que Theme Park. Seulement voilà, il aura fallu attendre 20 ans et que des anciens de Bullfrog se réunissent sous le nom de Two Point Studio pour nous présenter un héritier spirituel. Parviendra t-il à lui rendre hommage ? L'élève dépassera-t-il le maître ? C'est ce que je vous propose de découvrir dans ce test.

Une prise de risque ?

Pour tous les Gamers ayant grandi dans les années 80, développer un titre qui marche sur les plates-bandes de Theme Hospital, qui même après 21 ans est encore une référence jamais égalée, peut sembler être une hérésie voire un sacrilège, aucun jeu de gestion n'ayant réussi à retranscrire l'alchimie originelle entre le challenge et l'humour caustique.

Test de Two Point Hospital
theme hospital-2

Ainsi, la où le commun des mortels pourrait sentir poindre l'ennui, Theme Hospital avait su rendre la gestion d'une clinique fun à souhait quelques années avant l'apparition des Sims, qui ont banalisé le genre (certes centré sur la vie quotidienne).

Hey, what did you expect ?

tête d'ampoule

Bien entendu, sachant que des anciens de Bullfrog rempilent en créant leur propre studio, on s'attend à ce que Two Point Hospital soit de la même veine que Theme Hospital, même si les créateurs nous ont promis qu'il ne s'agissait pas d'une suite. Ici, bien sûr, on ne se prend pas au sérieux et l'on retrouvera une kyrielle de maladies imaginaires toutes plus drôles les unes que les autres. On appréciera aussi la patte graphique ainsi que les animations qui ne manqueront pas de vous dérouiller les zygomatiques.

The movies

Par conséquent, si vous vous sentez l'âme d'un gestionnaire et que vous lancez dans l'aventure, pour peu que vous ayez joué ou entendu parler de Theme Hospital, vous trouverez rapidement vos marques quant à la manière de construire et d'aménager vos salles. Viendra ensuite la décoration, le chauffage et la remise des prix en fin d'année digne de The Movie. Certains se plaindront des annonces de la standardiste en anglais - et vous ne pourrez pas changer cet état de fait - malgré son accent so british.

remise des prix

Initialement annoncé comme un titre différent, on ne pourra pas s'empêcher de voir des clins d'œil sans équivoques : ainsi le syndrome du King de Theme hospital (NRDL : qui transformait les patients en clones du regretté Elvis) se voit ici transformé en Freddie Mercurite aiguë qui poussera les patients à s'habiller comme le chanteur de Queen.

Vous aurez aussi droit à la visite de VIP, à des lettres et à des inspections du ministère, ce qui laisse donc penser à une version 2.0 contrairement à l'annonce de Gary Carr, co-fondateur de Two Point Studios :

Ce n'est pas juste une version ré-imaginée du même jeu. C'est une des nombreuses simulations que nous allons ajouter à Two Point County, le monde où notre jeu est implanté. Nous projetons bien plus que ça, nous avons beaucoup d'idées, qui s'entrecroisent les unes avec les autres. 

Mark Webley, autre co-fondateur du studio, voit en Two Point County un ensemble d'entreprises qui pourront avoir des interactions :

Nous avons un plan d'action en tête, mais ce qui vient juste après ça n'est pas encore totalement décidé pour le moment. 

Nous ne débattrons pas dans nos colonnes pour savoir si l'on doit considérer Two Point Hospital comme un Theme Hospital 2 ou une nouvelle mouture à part entière. Néanmoins, fort de nouvelles mécaniques, d'un rythme constant et d'un mode carrière qui vous permettra de vous familiariser avec les rouages du jeu, force est de constater que le pari est réussi et le fun bien là.

Chaque mission se décompose en plusieurs objectifs à atteindre afin d'améliorer la réputation de votre hôpital et ce jusqu'à obtenir 3 étoiles. Ce faisant, vous débloquerez de nouveaux défis ainsi que de nouveaux éléments (mobilier, salles, ...) et pourrez alors décider de rester dans votre établissement ou de passer au suivant. Ainsi, même si vous avancez crescendo dans le jeu, ceci aura donc le mérite de vous faire revenir sur vos pas pour améliorer vos autres cliniques ainsi qu'optimiser vos effectifs en les formant et en leur permettant d'être plus efficients. La présence d'embranchements aura le mérite de casser la linéarité entre les différentes missions.

Les premiers niveaux s’enchaîneront en une bonne heure, mais, rassurez-vous, le jeu ne pourra pas se finir les yeux fermés sans faire appel au bouton pause. Si vous voulez aller trop vite, vous serez vite débordé, les malades ayant une santé fragile et le personnel disposant seulement d'une formation basique. Il n'est donc pas question d'imaginer une routine à appliquer bêtement pour venir à bout du jeu.

On remerciera néanmoins les développeurs qui n'ont pas instauré un gameplay punitif, car vous aurez la chance de pouvoir réparer vos erreurs et de vous améliorer pour débloquer une situation semblant dans l'impasse.

Quant au gameplay :

Contrairement à son ancêtre, TPH propose une approche réaliste étant donné que vous conserverez vos progrès en recherche ainsi que tout le contenu que vous aurez débloqué au fur et à mesure de votre progression.

Tout au long du jeu, vous déverrouillerez des kudosh, sorte de crypto-monnaie locale qui vous permettra de débloquer des éléments de décor et d'améliorer vos établissement en quête de standing.

Au cours de la quinzaine de niveaux à parcourir vous pourrez :

  • Optimiser vos équipes en les formant (meilleurs diagnostics, résistance à la fatigue, grande vitesse, empathie…) et en les spécialisant (psychiatrie, recherche, ...) comme bon vous semblera, en sachant que vous devrez quand même composer avec un système de bonus/malus inhérent aux employés lors de leur recrutement. 
  • Définir les tâches de chaque employé afin d'améliorer le rendement.
  • Limiter l'accès à des salles suivant un type de population afin de fluidifier la circulation dans les hôpitaux.
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La maîtrise de tous ces paramètres ne sera pas essentielle afin de remplir vos objectifs et de progresser dans le jeu, toutefois ceux à la recherche du bô-jeu et de l'opti seront ravis ; après tout, vous ne voudriez pas voir repartir vos patients avant d'avoir quelque peu délesté leur porte monnaie.

Afin de surveiller le bon déroulement des opérations, vous disposerez de tableaux de suivi et de diagrammes en tous genres qu'il vous faudra parfois décrypter. Une fois les différentes icônes assimilées (patients mourants, par exemple), la gestion de la vue avec les rotations de caméra maîtrisées et les glisser-déplacer de salles complètes appréhendés, vous devriez pouvoir agencer l'hôpital que vous dirigerez de façon à optimiser la fluidité des déplacements de vos patients.

Les habitués trouveront vite leurs marques, les néophytes ne seront, eux, pas déstabilisés par une IA qui, dans Theme Hospital, avait la fâcheuse habitude d'essayer de vous mettre en faillite.

Bien qu'absent de Theme Hospital, on aurait pu espérer voir poindre un mode en ligne permettant de se mesurer à ses amis de manière directe ou indirecte, en leur refilant nos patients mourants par exemple. 

Seul petit bémol donc, il faudra se contenter de classements pour savoir qui a la plus grosse seringue ou le plus long stéthoscope voire de quelques défis chronométrés, rien de bien fou sur ce point.

Pour conclure, si vous êtes nostalgiques, en un mot : Foncez !

Test réalisé par Dilmax à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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