Test de Reanimal - Plongée en eaux troubles
Après avoir marqué le jeu d’horreur indépendant en 2017 avec Little Nightmares et sa suite Little Nightmares II sortie en 2021, Tarsier Studios revient avec une nouvelle licence dès le 13 février 2026 : Reanimal. Édité par THQ Nordic et disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2, le titre s’inscrit dans la continuité thématique et artistique du studio, tout en cherchant à s’émanciper de l’aura de sa série culte. Particulièrement sombre et viscéral, et pensé pour la coopération, Reanimal propose une expérience d’horreur intriguante.
Pour autant, cette nouvelle descente aux enfers saura-t-elle se hisser au niveau des attentes de ce studio, surtout après la sortie récente de Little Nightmares 3 ?
Fuyez, pauvres fous
Reanimal vous fait vivre l'histoire d'un frère et d'une sœur tentant d’échapper à une île cauchemardesque peuplée de créatures difformes ayant kidnappé plusieurs de leurs amis. Fidèle à la philosophie et l'ADN de Tarsier Studios, le récit est volontairement opaque : pas de dialogues, peu d’indices directs, mais une narration environnementale omniprésente. Les différents décors que vous serez menés à traverser, usines abandonnées, trains désaffectés, forêts noyées dans le brouillard ou des villes aux bâtiments délabrés vous dévoilent peu à peu l'histoire dérangeante de ces lieux. Ne vous attendez pas à des réponses concrètes des évènements qui se dérouleront sous vos yeux, le récit se veut volontairement rempli de symbolique et laisse la part belle à votre propre interprétation. Un choix assumé, qui saura parler aux amateurs du genre.
Une atmosphère qui prend aux tripes
Tarsier Studios a clairement frappé fort avec Reanimal. Alors que la saga Little Nightmares flirtait avec une esthétique de conte macabre, la direction artistique adopte dans ce nouveau titre un ton plus cru, plus organique. Les créatures sont encore plus dérangeantes, souvent imprévisibles, et s’intègrent parfaitement à des environnements conçus pour générer un malaise constant. La première rencontre avec ceux que je nommerais les « écorchés » saura clairement vous marquer, que ça soit dans leur attaque imprévue, appuyée d'un angle de caméra volontairement restreint et d'une ambiance sonore marquante.
La gestion de la lumière n'est pas en reste non plus : les sources lumineuses sont rares (et ce n'est pas votre briquet qui fera une bien grande différence), les ombres sont mouvantes, les contrastes marqués… tout concourt à créer une sensation d’insécurité permanente. Vous n'êtes pas seuls et l'environnement se fait un malin plaisir de vous montrer avec parcimonie que vous n'êtes pas en sécurité. L’exploration devient alors une épreuve psychologique, chaque recoin pouvant dissimuler une menace.
Il est intéressant de noter que le jeu ne présente aucun ATH, aucun élément visuel ne venant perturber le tableau qui se déroule devant vous. Vous aurez des informations sporadiques vous indiquant comment courir ou accélérer sur votre bateau et... c'est tout. Les seuls UI que vous apercevrez sont de simples points blancs indiquant qu'une action telle qu'ouvrir une porte ou ramasser un objet est réalisable. Le minimalisme volontaire permet donc de mettre en exergue tous les décors sans être perturbé en permanence. Malin.
En soutien à ce tableau horrifique, une mention spéciale au travail effectué sur le son. Reanimal utilise le silence comme une arme, ponctué de bruits métalliques, de gémissements lointains et de respirations saccadées. La musique, discrète mais parfaitement dosée, n’intervient que pour souligner les moments de tension extrême. Le son n'est jamais décoratif et fait parti intégrante du gameplay : il guide, peut vous alerter, vous accompagner... ou volontairement vous tromper afin de vous mener à votre fin.
Sur son aspect visuel comme sonore, Reanimal est définitivement une réussite totale.
Donne-moi ta main et prends la mienne
Côté gameplay, Reanimal ne change pas la formule proposée par le studio depuis bientôt 10 ans : le titre repose sur une alternance d’exploration, de phases de fuite et d’énigmes basées sur l'environnement. Ces dernières sont parfois un peu trop cryptiques, ce qui peut bloquer la progression sans obtenir pour autant d'aide ou d'indice permettant d'avancer. Toutefois, si vous avez fait leurs titres précédents, vous ne serez pas dépaysés.
La grande nouveauté réside cependant dans l'aspect coopératif du jeu, jouable en local (suffisamment rare pour être noté !) ou en ligne (avec crossplay et pass ami disponible au lancement, permettant à un ami de faire le jeu avec vous sans acheter 2 fois le titre). Si le jeu est tout à fait réalisable en solo, l'IA du second personnage fait globalement le travail attendu, mais peut montrer ses limites dans les phases tendues où la précision et la rapidité d'exécution sont primordiales. C'est donc à deux que le jeu révèle tout son potentiel, car l'entraide, la coordination et la bonne communication deviennent essentielles. Et compte tenu du stress généré par certains passages, cela ne fait que renforcer l'impact émotionnel vécu par les personnages.
L'expérience n'est tout de même pas irréprochable. J'ai pu noter quelques baisses de framerate et un bug bloquant nécessitant de charger la dernière sauvegarde pour pouvoir continuer. Rien de dramatique et des éléments probablement corrigés avec l'arrivée du désormais classique patch day one.
Une pensée pour les copains
La comparaison avec Little Nightmares 3 est forcément inévitable. Alors que le troisième épisode, développé sans Tarsier Studios, proposait une expérience assez lisse, pour ne pas dire peu inspirée, Reanimal apparaît comme un retour aux sources du genre : volontairement moins accessible et plus dérangeant, Reanimal ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais assume pleinement sa vision rugeuse.
Reanimal, du long de ses 7 à 8 heures de jeu, est une expérience d’horreur intense, sensorielle et assurément marquante, qui confirme le talent de Tarsier Studios. Malgré quelques imperfections techniques, le jeu s’impose comme la concrétisation de tous les projets entamés avec Little Nightmares 1 et 2. Disponible au prix de 39,99€, c'est un titre à ne pas manquer pour les amateurs d’horreur atmosphérique et de récits implicites. Notons pour finir que 3 chapitres additionnels sont d'ores et déjà prévus via le DLC « The Expanded World » et permettront d'explorer plus en profondeur encore les racines de la violence de Reanimal. À vous de voir si vous souhaitez donc plonger dès à présent en eaux troubles ou attendre une version complète du titre à découvrir dans quelques mois (pour Halloween par exemple ?).
Test réalisé sur Xbox Series X par Dunta à partir d'une version fournie par l'éditeur.
| Plateformes | Nintendo Switch 2, Ordinateur personnel, PlayStation 5, Xbox Series X|S |
|---|---|
| Genres | Action-aventure, survie, survival-horror, fantasy |
| Sortie |
13 février 2026 (PlayStation 5) 13 février 2026 (Xbox Series X|S) 13 février 2026 (Ordinateur personnel) 13 février 2026 (Nintendo Switch 2) |








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