Test de Shadow of the Tomb Raider

Eidos Montreal reprend le flambeau après le second opus pour amener la touche finale au reboot de l'histoire d'une des héroïnes les plus connues au monde : Lara Croft. En continuant à suivre les notes de son père, Lara sera de nouveau confrontée aux Trinitaires, mais aussi à ses propres démons.

Précedemment dans Tomb Raider

Tout commence en 2013 avec le reboot de Tomb Raider (qui porte le même nom). Celui-ci voulait revoir les fondements de la saga en proposant les débuts des aventures de Lara Croft. Le gameplay est totalement revu et propose désormais des phases d'actions très proches de celles d'Uncharted. On retrouve aussi des systèmes de crafts et de talents pour égayer l'aventure.

Test de Shadow of the Tomb Raider

Le reboot est bien accueilli par la critique en règle générale malgré quelques défauts comme la survie peu présente ou le manque de cohérence dans les émotions de Lara ("Ho mon dieu j'ai tué quelqu'un" pour enchaîner après des dizaines de morts). C'est donc un succès pour Crystal Dynamics qui repart deux ans plus tard avec une suite : Rise of the Tomb Raider.

Lara Croft est donc de retour en 2015 (en exclusivité Xbox pendant quelques mois). Elle semble fragilisée par sa première aventure, mais est bien déterminée à suivre les notes de son père concernant la vie éternelle. Elle rencontre l'Ordre de la Trinité et en apprend plus sur la mort de son paternel tout en mettant en péril les plans de l'Ordre. 

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La suite des aventures de Lara a été elle aussi bien accueillie, mais moins que le reboot. Notamment parce que Crystal Dynamics a peu amélioré le gameplay du titre et s'est surtout contenté de garder les acquis en offrant une aventure différente et haute en couleur. On retrouve ainsi les feux de camps, les équipements à améliorer et les talents à choisir. On remarque sans nulle difficulté une certaine inspiration de The Last of Us, notamment dans le fait de ramasser des objets pour les améliorer et en faire par exemple des bombes. La seule personne qu'on retrouve du premier opus est Jonah. Celui-ci nous accompagne aussi dans le prochain titre : Shadow of the Tomb Raider.

Trois ans se sont écoulés depuis Rise of the Tomb Raider et le développement du jeu est maintenant confié à Eidos Montréal, que l'on connaît notamment pour les derniers Deus Ex. On retrouve donc nos comparses Jonah (qui a eu droit à un sacré lifting) et Lara toujours en train de suivre les traces des Trinitaires. Cet épisode est censé apporter un dénouement final à la transformation de Lara, qui passe ainsi de jeune femme à la fameuse aventurière "pilleuse de tombe"

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À la recherche de son style

Dès les premiers instants, nous retrouvons nos marques assez facilement dans le gameplay de Tomb Raider. En effet, à l'instar de Rise of the Tomb Raider, cet opus reprend les mêmes bases. Dites de nouveau bonjour aux feu de camps, à un nouvel arbre de talents (peu intéressant) et à des améliorations d'équipement. Il apparaît clairement qu'au vu du succès des deux précédents opus, les développeurs ne veulent pas prendre trop de risques en proposant un gameplay trop différent de ce que l'ont connait déjà.

Toutefois, ce serait mentir de dire qu'il n'y a rien de nouveau. Cet opus met en avant un aspect plus prédateur chez Lara. De ce fait, il est maintenant possible de se cacher dans certaines végétations (parfois, il faudra vous badigeonner de boue) pour attraper vos ennemis de manière sournoise. Cette manière de s'infiltrer rappelle clairement la licence Assassin's Creed. On peut de ce fait quasiment tuer tout le monde de manière silencieuse tellement les approches sont maintenant variées (sous l'eau, dans l'herbe, à travers la végétation des murs, des hauteurs, ...). Cela rendrait limite l'utilisation des armes inintéressantes tellement on prend plaisir à trouver les meilleures trajectoires pour ne pas se faire repérer.

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Outre cela, le gameplay n'a pas évolué. On passe de phases d'action à des phases d'exploration, le tout saupoudré parfois d'un tombeau où nos méninges seront mis légèrement à l'épreuve. C'est tout l'esprit Uncharted qui s'incarne dans cette manière de parcourir l'aventure. D'ailleurs, à l'instar d'Uncharted 4, on retrouve pas mal de courses face à un danger imminent.

C'est ainsi que Tomb Raider trempe dans de nombreux styles sans réellement trouver le sien. De ce fait, aucune identité propre ne ressort du jeu si ce n'est au travers de la narration. Lara est obligée de s'interroger sur ses propres motivations et les conséquences que celles-ci peuvent avoir sur le monde et les personnes qui l'entourent. Cet aspect est certainement le plus intéressant du titre même s'il reste vu de manière légère. Les développeurs veulent nous donner une expérience plus sombre et plus étouffante que ce soit dans les décisions de Lara ou dans les environnements qu'elle parcourt.

"J'ai déjà vu ça", frustration quand tu nous tiens

C'est une impression que j'ai eu durant l'ensemble de mon parcours dans les aventures de Lara. Quand Eidos Montréal a eu une idée intéressante, ils ont décidé de nous la ressortir à de multiples reprises. Par exemple, pour donner une sensation d'étouffement, Lara doit à un moment ramper à travers un tunnel très serré où des cadavres sont empilés. L'ambiance est lourde, étouffante et sombre à souhait. Sauf que ce passage, on le revoit 4-5 fois durant l'aventure. De ce fait, on a une sensation qui s'estompe rapidement pour donner place à de l'ennui à force de voir la même scène se répéter.

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Bien que ce soit un problème récurrent du reboot, on retrouve une Lara constamment dans des positions où elle frôle la mort de peu en se rattrapant de justesse ou en réussissant des sauts humainement peu probables. Si cela apparaît rarement, ce n'est pas un problème, mais dès qu'on commence à grimper, on sait déjà que rien ne se passera calmement. Cela gâche certains sentiments de surprise ou encore la volonté de réaliser des "jumpscare". Tout devient donc très prévisible.

Un autre élément devient aussi, à un moment, rédhibitoire : l'escalade. On passe facilement la moitié de l'aventure à escalader des montagnes ou des falaises, à tel point que cela devient un mécanisme automatique qui fait qu'on ne regarde plus vraiment où l'on va. Et c'est très bien, car le jeu est tellement sur une ligne bien droite qu'on risque rarement de se tromper de chemin.

Par ailleurs, les options proposent un mode "immersion". Celui-ci permet de faire parler les personnages dans leur langue d'origine. Un aspect fort intéressant vu qu'on passe le plus clair de son temps en Amérique Latine. Toutefois, le studio n'a pas trouvé bon de faire parler plusieurs langues à notre héroïne. Ainsi, quand les personnages vous parleront dans leurs dialectes respectifs, vous leur répondrez en anglais. Quant on sait qu'un des éléments optionnels du jeu est d'apprendre d'anciens dialectes, on en vient à se poser la question de la réflexion autour de cette fameuse "immersion".

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D'ailleurs, tant qu'on parle immersion, il faut dire que Lara Croft aime jouer dans la cour des incohérences. On pourrait déjà parler des animations de sauts qui sont toujours plus incroyables les unes que les autres. Ne soyez donc pas surpris de voir Lara proche de voler dans les airs. Cependant, on connaît cela depuis les épisodes précédents. Le fait que le jeu soit totalement scripté fait parfois prendre des chemins à Lara qui manquent de cohérence. Ainsi, elle préfère passer dans une maison en ruine pour rejoindre la cour plutôt que d'enjamber une grille. De même, armés seulement d'un couteau, vous tuerez des ennemis armés sans pour autant récupérer leurs armes ; il faudra attendre que l'histoire vous permette d'en récupérer. Ce genre de situation se répète plusieurs fois durant l'aventure et a tendance à faire se lever les poils...

On notera d'ailleurs que l'IA des ennemis est très inégale, voire totalement aux fraises. Certains ennemis vous détecteront sans soucis quand d'autres n'arriveront pas à voir au-delà de leurs pieds. Un ennemi tué durant son dialogue n'attire pas l'attention ; le fait qu'il disparaisse de sa ronde a très peu d'effets. Ainsi, on se balade parfois trop aisément durant les phases d'actions malgré le nombre d'ennemis croissant au fil de l'aventure.

Lara, belle Lara, ne serais-tu pas la plus belle ?

S'il y a bien un aspect qu'Eidos Montréal a mis en avant, ce sont les plans de caméra qui dévoilent les graphismes du jeu. Ainsi, vous mangerez durant plusieurs heures des paysages à base de cascade, de vue plongeante sur des villages et autres. Clairement, bien qu'étant sur PlayStation 4, les graphismes sont au rendez-vous. Néanmoins, on note surtout le travail fait sur les cinématiques, mais un décalage est présent quand on revient aux phases de gameplay. C'est ainsi qu'on retrouve parfois une Lara qui manque d'expressions faciales notamment quand elle court. C'est un problème que tous les personnages ont en dehors des cinématiques.

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Même si cela reste très plaisant à regarder, il y a toujours cette répétition dans l'aventure qui fait que cela devient lassant. D'ailleurs, les séquences où Lara se transforme en Rambo sont assez bien réalisées aussi. Lara se confond parfaitement avec le paysage.

En parlant de paysage, c'est certainement celui de Paititi qui est le plus intéressant. On retrouve un village assez dynamique et très coloré. S'y promener offre une ambiance réellement plaisante où l'on sent que la vie s'écoule. On passe d'ailleurs dans différents paysages (jungle, grotte, ruines, ...), ce qui fait que l'aspect couloir du jeu passe plus facilement.

Il faut noter que les tombeaux, bien que principalement optionnels, sont assez bien réussis en termes d'ambiance. Ils mettront vos méninges à l'épreuve sans pour autant vous filer la migraine.

You want some tea, miss Croft ?

Finalement, quand on finit Shadow of the Tomb Raider, c'est une impression partagée qui est ressentie. On pourrait se plaindre du manque de prise de risque, du manque de renouveau dans la licence et d'un aspect narratif parfois limite, mais on reste quand même content du voyage bien que celui-ci ne soit pas inoubliable.

Toutefois, on ne peut pas dire que c'est mauvais pour autant. Le jeu reste honnête dans sa proposition tout en apportant des aspects intéressants concernant l'évolution psychologie de Lara. On regrette pourtant que cela ne concerne que certains moments et qu'une fois de retour dans le jeu, on oublie presque ce qu'il vient de se passer. 

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On pouvait clairement attendre plus de l'évolution d'une des héroïne les plus connues du jeu vidéo. Même une fois le jeu fini, on ne sent pas la réelle transition, ce petit clin d'oeil qui fait que le fan retrouve ses souvenirs. Eidos et Crystal auraient pu mettre les bouchées double, sortir des sentiers battus et oser proposer plus qu'une certaine noirceur. Il faut aussi noter que 45% du jeu consiste en de l'optionnel (quêtes annexes, objets à collectionner, tombeau optionnel, ...). Pour un jeu où l'aventure est censée être le principal atout, perdre quasiment la moitié du temps de jeu pour du contenu optionnel est assez désagréable.

Si vous avez aimez les deux premiers épisodes, vous retrouverez aisément vos marques dans ce dernier opus et profiterez sans doute du spectacle. Si vous aviez déjà des doutes, vous risquez sûrement de les garder et je vous conseillerai notamment d'attendre un peu que le prix du jeu (avoisinant les 60-70 euros) diminue.

Shadow of the Tomb Raider est disponible sur PC, Playstation 4 et Xbox One.

Ce test a été réalisé par Glaystal avec une copie fournie par l'éditeur

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Note moyenne : (3 évaluations | 0 critique)
5,3 / 10 - Moyen

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