Plongez dans ses yeux - Test de Senran Kagura Reflexions

Partons ensemble à la découverte d'un jeu qui sort un peu des sentiers battus de la saga Senran Kagura, avec toujours autant de coffre, mais un peu moins de combats de ninja.

La console Nintendo possède de nombreuses fonctions intéressantes. L'une des plus intéressantes est la vibration HD, qui vous permet des trucs aussi bénins que de compter des billes dans une boîte dans 1-2 Switch) ou de profiter du système de crochetage de Skyrim. Cependant, on attendait encore de voir un jeu qui en tirait pleinement partie. C’est maintenant chose faite, avec ce Senran Kagura Reflexions, qui fera littéralement vibrer chaque fibre de votre corps.

Avant-propos : ce jeu propose du contenu dont le visionnage n’est pas adapté à tous les publics et qui pourrait s’avérer être embarrassant ou gênant dans le cadre d’un visionnage en société ou au travail. Ce test entend partager l’expérience du jeu et contiendra donc des captures d’écran qui ne seront peut-être pas adaptées à tous les publics.

Sortez l'huile, c'est l'heure du massage !

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la licence Senran Kagura (une licence dans laquelle vous interagissez principalement avec des apprenties ninjas à forte poitrine qui s’affrontent dans des combats haletants qui finissent quand l’une a réduit en charpie la tenue de l’autre et dévoilé ses attributs les plus intimes), votre interlocutrice dans le cadre du jeu est Asuka, une des étudiantes de ces académies ninja et la protagoniste des différents volets de la saga.

La première étape du jeu est assez simple : elle veut que vous lui massiez les mains et les doigts. À vous de trouver quels doigts entraînent quelle réaction : ses expressions faciales et ses commentaires vous diront si vous chauffez ou si vous vous trompez lourdement. Notez que les dialogues sont disponibles en japonais, mais que l’interface du jeu est, elle, disponible en français.

Il ne faut donc pas que vous fassiez n’importe quoi, sous peine de mécontenter une apprentie ninja qui ne vous veut que du bien. C’est là que le système de vibration rentrera en jeu, pour le cas où vous ne compreniez pas le japonais : au fil de vos massages, le rythme cardiaque d’Asuka s’accélérera et avec lui l’intensité de la vibration au creux de vos mains. Sur le coup, on se dit que c’est pas mal et qu’on creusera petit à petit jusqu’au plus profond de l’âme d’Asuka, passera outre ses opulents attributs et partira à la recherche de son for intérieur, un peu à la manière d’un Chevalier du Zodiaque qui chercherait son 7ème sens.

Oups, mon doigt a glissé...

Sauf que… pas du tout. Le jeu ne cache pas ses ambitions et n’a jamais prétendu être autre chose que ce qu’il est : un énorme fan service pour les amateurs de la série, avec une couche supplémentaire pour titiller leur libido en les faisant interagir avec une Asuka qui s’avère en fait éperdument amoureuse du joueur (en passant par les clichés habituels des mangas/animes qui vont de la jeune fille qui découvre ses sentiments à la prof un peu perverse). Du coup, plutôt que de partir dans un jeu qui pourrait aboutir à un résultat semblable en vous faisant défaire un à un les noeuds de tout son corps, le jeu vous fait masser les doigts d’Asuka pour qu’elle vous révèle l’un des sept rêves coquins dans lequel vous êtes l’objet de son désir. Alors, à n’en point douter, certains tests vous parleront de fantasmes, voire de rêves érotiques. On ne les a pas pris comme cela, puisqu’au final, cela reste extrêmement gentillet : si certains sont tout émoustillés parce qu’ils entendent une demoiselle leur dire “Onii-chan” et qu’ils se croient dans un hentai, grand bien leur fasse, mais on n’est clairement pas dans la pornographie ou même dans une forme d’érotisme (même si il existe des moyens détournés de rendre le jeu plus… stimulant, si vous voyez ce qu'on veut dire ; on y reviendra).

Chaque histoire a une trame en cinq parties et vous pouvez la suivre d’une séance de réflexologie à l’autre, avec l’aide de petites bulles qui apparaissent pour vous indiquer dans quelle histoire le doigt que vous massez vous emmènera. Une fois à l’intérieur, un bref échange avec Asuka pose les bases du scénario, puis il vous appartiendra de relaxer la demoiselle en lui offrant un massage un peu plus profond. Deux mains apparaissent en surimpression et vous pouvez maintenant interagir avec le corps entier de la jeune étudiante. Tête, bras, cuisses, ventre : tout y passe, même si, comme on s’en doute, si un joueur accède à une telle possibilité, ce ne sont clairement pas les premières parties du corps d’Asuka avec lesquelles il interagira.

Et là ? Ca fait du bien ?

Vous pouvez tapoter, caresser, mais aussi saisir et déplacer ; à noter que dans le cadre de la poitrine de votre partenaire, la physique prend une sacré claque dans les dents, car autant les tapes font rebondir ses seins de manière assez réaliste, autant on est à peu près sûr que la plus forte poitrine d’un studio de production qui commence par Braz et qui finit par zers est totalement incapable de faire ce que vous pouvez faire subir à celle d’Asuka. Bien entendu, toute la séquence est doublée et bourrées de petits bruits ou de commentaires un peu coquins qui entendent faire plonger le jeu de plus en plus profondément vers l’entrejambe du joueur.

Mais attention, si vous ne vous égarez pas en cours de route et que vous entendez réellement jouer au jeu, hors de question de faire n’importe quoi : si vous jouez avec sa poitrine trop longtemps ou trop violemment, Asuka se plaindra et croisera les bras pour vous empêcher de continuer votre “travail”. De manière générale, il en ira de même dès lors que vous vous montrez trop rude ou insistant sur une partie de son corps, mais ne vous en faîtes pas : si elle se montre menaçante, le fan service reprend du service puisqu’elle se penche vers vous d’un air colérique, permettant aux joueurs les plus attentifs de plonger dans son décolleté toujours plongeant. Vous pouvez sans aucun problème changer de zone en déplaçant vos mains ou en faisant tourner la caméra pour qu’elle vous offre son dos. Vous pouvez aussi zoomer et dézoomer pour être plus précis dans vos manipulations.

Chat échaudé craint l'eau froide

Si vous voulez calmer Asuka, vous devrez l’arroser avec votre pistolet à eau. Et non, ce n’est pas une métaphore de notre part, même si vous êtes libres de faire ce que vous voulez sur l’écran de votre Switch : le jeu vous donne accès à un pistolet à eau pour calmer le courroux de la demoiselle. Bien évidemment, que se passe-t-il quand vous arrosez qui que ce soit longuement ? Vous passez en mode concours de tee-shirts mouillés et Asuka vous dévoile donc ses dessous. Cela piquera sans doute la curiosité de certains, mais, à vrai dire, étant donné que cela ne se produit que quand vous faites une erreur en jeu, ce n’est pas vraiment quelque chose sur lequel nous avons perdu du temps dans le cadre de ce test.

Après avoir tâtonné pour trouver les différents points de réponses d’Asuka, qui sont tous associés à des couleurs vous permettant de remplir un réceptacle qui lui-même débloquera un morceau d’une fresque à la fin de chaque scénario, vous rentrez dans une phase de massage plus active : au fil du jeu, vous débloquerez quatre accessoires pour masser Asuka. Vous commencez avec vos mains, qui iront masser l’intérieur des cuisses de la jeune demoiselle. Vous débloquerez ensuite un rouleau qui lui massera le dos de la cuisse, une brosse que vous utiliserez sur ses bras (sans conteste la moins évocatrice des méthodes proposées) et enfin un masseur électrique à utiliser sur le ventre de la jeune ninja, qui fera tout autant vibrer son buste que les JoyCons de votre Switch. Ce dernier nous est vendu comme un simple outil de massage, mais vous nous excuserez, mesdames et messieurs de chez Marvelous!, chez vous, on en fait peut-être des comme ça, mais chez nous, quand on nous vend un masseur avec cette forme et qu’on l’utilise avec cet angle de vue, il n’est clairement pas prévu pour l’estomac de l’utilisatrice, ou même de l’utilisateur ; ne soyons pas sectaires, Coffee Lover pourrait nous en vouloir.

Change pas de main...

Dans le cadre de ce mini-jeu, qui est en fait la seule réelle séquence de gameplay du jeu, vous devez cependant faire attention à autre chose qu’aux formes de votre ninja favorite : en effet, ce qui compte, c’est la qualité du service fourni dans le temps imparti. Dans un espèce de jeu de rythme, vous devez trouver la bonne cadence pour qu’Asuka apprécie pleinement votre massage : trop lent, elle s’ennuiera ; trop rapide, elle aura mal. À vous de trouver le bon dosage : vous avez 60 secondes pour remplir sa barre de satisfaction, qui ne se remplit que si vous êtes dans le bon tempo. Une fois la barre remplie, vous pouvez continuer à la masser aussi longtemps que vous le souhaitez ou jusqu’à ce que vous ayez fini de faire ce que vous êtes en train de faire, à vous de voir. Vous n’aurez plus qu’à appuyer sur A pour une petite séquence de fin relativement suggestive.

Vous avez comme dans tout le jeu la possibilité de jouer avec les JoyCons détachés de la console ou en mode portable. Pour être franc, on a souvent été bien plus efficaces en mode portable qu’en utilisant la reconnaissance de mouvement qui demande d’être extrêmement précis dans ses mouvements pour que votre déplacement soit correctement interprétés par le jeu d’une part, mais aussi pour qu’il soit dans le bon tempo. À noter que le jeu ne reconnaît pas le Pro Controller pour le moment.

La beauté, c'est à l'intérieur

Chaque fois que vous terminez un mini-jeu, vous remplissez un cristal, dont la couleur du contenu dépend de la couleur qui est liée à la partie du corps d’Asuka que vous avez massée avant de déclencher le massage actif, autour de laquelle vous verrez apparaître une aura colorée au fil de vos interactions. Chaque partie du corps d'Asuka est assignée à des couleurs différentes : vous pourrez ainsi voir des cercles verts en caressant son coude, sa tête sera généralement cerclée de rouge et sa poitrine alimentera une aura bleue. Si vous réussissez à rester consistant dans la couleur que vous obtenez au fil des massages, votre cristal aura aussi cette couleur à la fin. Après cinq mini-jeux, le jeu considère que vous avez terminé un niveau et vous recevrez l'une des cinq pièces d’un puzzle qui déverrouille la fin du jeu dans son ensemble, en plus de débloquer de nouveaux accessoires et vêtements pour Asuka. À noter qu’en appuyant sur le bouton Plus, vous pouvez voir une liste des couleurs nécessaires pour suivre telle ou telle histoire et, de toute façon, dès lors que vous aurez rempli un réceptacle, Asuka vous donnera un aperçu du rêve associé au doigt que vous massez.

Dans un autre menu, vous pouvez donc habiller Asuka. Habiller est un bien grand mot, puisque vous pouvez tout aussi bien vous contenter de teindre son uniforme d’étudiante ou lui faire porter le mankini de Borat. Bien évidemment, vous pouvez aussi partir dans des délires furry à base d’oreilles de lapins ou de queues de chiens ou lui donner un air de Madame Dupont, votre professeure d’anglais de 5ème au regard de braise par-dessus ses lunettes si c’est votre trip. Summum du fan service : sans aucun doute la culotte que vous pouvez faire pendre à la cheville de la jeune ninja… Libre à vous dès lors de perdre votre temps dans le mode photo offert par le jeu.

Crache ton pistolet à eau, Myrhdin

Alors, ceux qui ont pris le temps de lire ce test se poseront sans doute la question : mais… il est où le jeu ? Et bien, il est là. Ce sont sept petites histoires entrecoupées de cinq séances de massages. Ni plus, ni moins. Cependant, on parle d’un jeu à télécharger vendu pour 10 euros sur Switch, donc je pense qu’il est normal qu’on n’en attende pas trop. On notera que le jeu propose d’ores-et-déjà un DLC qui vous propose le même contenu, mais avec une autre membre du cast de la série, la normalement très froide et cérébrale Yumi… pour pas moins que le prix du jeu de base, soit 10 euros, avec cependant un nouveau scénario et quelques accessoires ou tenues supplémentaires.

Senran Kagura Reflexions est sûrement l’un des jeux les plus orientés fan service qu’il nous ait été donné de tester. Il n’est conçu pour rien d’autre que pour satisfaire les appétits pervers des joueurs les plus fans de la licence. À vrai dire, on a même été un peu déçu de voir le contenu de ce titre, étant donné qu’il vient ruiner tout le boulot qu’on a pu faire pour tenter de donner un tant soit peu de crédibilité à la licence au cours des dernières années en disant “Non, ce ne sont pas que des jeux de gros pervers”. Là, c’est clairement le cas, car l’intérêt vis-à-vis de la licence est nul et que le jeu n’a d’autre finalité que de permettre à une certaine catégorie de fans de se touilloter devant leur écran.

Difficile de le recommander, donc, mais ça reste sans aucun doute un délire assez rigolo et original ; à ne pas mettre dans toutes les mains cependant.

Test réalisé par Myrhdin à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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5,0 / 10 - Moyen

Aucun jolien ne joue à ce jeu, aucun n'y a joué.