Test de Thronebreaker : The Witcher Tales

Ovni dans le paysage des gros titres actuels, Thronebreaker peut surprendre : Le jeu mélange habillement, RPG, TGC, stratégie et même point and clic. Un mélange qui sur le papier peut sembler improbable, mais jugeons l’ensemble sur pièce.

Annoncé en 2016 par CD Projekt Red, Thronebreaker: The Witcher Tales est une campagne narrative solo et indépendante issue de Gwent, le jeu de cartes multijoueur, lui même descendant direct du mini jeu inclut dans The Witcher 3. La sortie de Thronebreaker est cependant conjointe à la mise à jour de Gwent intitulée “Homecoming” et qui porte sur de nombreuses modifications de règles. Notre test ne porte ici que sur la campagne solo, cependant sachez que les règles des cartes appliquées sont les mêmes entre Thronebreaker et Homecoming.

Test de Thronebreaker : The Witcher Tales

Commençons par le commencement !

Le jeu propose trois niveaux de difficulté :  “Explorateur”, réservé aux joueurs débutants ou ne souhaitant profiter que de l’histoire et du RPG sans la partie stratégie/carte, “Aguerri” pour les joueurs souhaitant un équilibre difficulté/histoire, et “Briseur d’Os” pour les joueurs expérimentés de Gwent ou l’élite Jolienne.

Et le premier constat qui en ravira plus d’un dès les premières secondes : le jeu est totalement localisé en français, que cela soit les textes, mais aussi les voix. Mention spéciale aux doublages d’excellente qualité, qui vous immergeront parfaitement dans l’histoire.

Second constat côté visuel : Le jeu est en 2D isométrique dans un style dessin très soigné et peint à la main (si ma traduction du polonais est correcte). Les cartes sont superbes, et on appréciera les animations et cutscenes très soignées qui contribuent à nous plonger dans la richesse du lore de The Witcher.

Thronebreaker - Introduction

Un Lore riche !

Ainsi le jeu nous plonge d’entrée dans la géopolitique de l’univers de The Witcher, dans la digne lignée de ses prédécesseurs. Le joueur incarne Meve, la reine de Lyrie et Riv, revenant sur ses terres après un sommet entre les dirigeants des royaumes du Nord, face à l’ombre de la guerre avec le Niilfgaard qui se profile.

Ce personnage est au final peu évoqué dans la série des Witcher et c’est donc une aventure nouvelle qui nous est proposée. Certains regretteront l’absence de Geralt, mais cela permet d’aborder le contexte géopolitique d’une autre facette, et d’une manière totalement différente de celle proposée dans la saga originelle.


De la variété dans le gameplay

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Côté gameplay ils sont multiples. D’un côté le joueur va explorer son royaume à la manière d’un RPG troisième personne en mode point and click, tout en parlant avec la population, répondant à leurs sollicitations à la manière d’un RPG classique induisant des choix, et collectant des ressources qui serviront à améliorer le campement militaire et faire grossir l’armée de Meve. Le campement fonctionne lui même à la manière d’arbre de talent déblocable avec les différentes ressources collectées, et les améliorations achetées vous permettront de faire évoluer votre deck de cartes… entre autres !

Pour la partie combat, c’est donc le Gwent qui est mis à l’honneur. Les habitués du jeu ou de The Witcher 3 en reconnaîtront facilement les mécaniques, cependant ce stand-alone propose de nombreux puzzles qui bousculeront les habitudes des connaisseurs. Et l’on parle là de réels puzzles. Le côté die and retry pourra en rebuter certains, mais pour les adeptes de stratégie il propose un vrai challenge et cela dès la difficulté intermédiaire.

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Il vous sera nécessaire de répondre à des objectifs précis lors de certains combats, par exemple détruire une carte précise, ou ne pas en détruire certaines autres, etc. La variété des puzzles proposés, et la synergie des cartes permettent de ne pas se lasser et amènent un aspect stratégique marqué et réellement intéressant. Que les débutants ne paniquent cependant pas, le jeu propose un didacticiel particulièrement complet et qui permet une prise en main rapide et claire du mode de jeu.

Détail intéressant, on retrouve le côté décalé et saugrenu de certaines quêtes de The Witcher dans les puzzles proposés comme celle de la vache contaminée qui ne manquera pas de marquer les esprits… une reine réduite au nettoyage dans un champ avec le recule, nous dirons que c’est cocasse !

Au fur et à mesure de vos pérégrinations, vous découvrirez de nombreux coffres sur la carte dont certains vous offriront des cartes spécifiques pour Gwent. Une manière très habile de la part de CD Projekt de vous inviter à vous investir dans son multijoueur sans toutefois l’imposer dans le stand alone.

Thronebreaker - Carte Gwent

Une (toute petite) ombre au tableau

Quelques bémols sur la jouabilité : le style point and clic trouve ici quelques limites. Certes il est possible de jouer une main de slip (au sens propre - du terme pas du slip) ce qui fera plaisir à certains Joliens, cependant le clic gauche ou maintien de celui-ci pour se déplacer bloque parfois le personnage juste par le fait d’être un peu trop loin de celui-ci ou mal orienté. Pas de quoi cependant ternir l'expérience de jeu, juste de faire râler le gamer clavier !

Thronebreaker - Visuel


Et la musique dans tout ça ?

La bande-son est excellente, collante parfaitement à l’univers, et extrêmement bien dosée. Elle s'intègre parfaitement à l’histoire, et c’est même un plaisir de la réécouter a posteriori pour en découvrir les nuances, car en s’intégrant aussi bien à l’univers exploré, il en est naturel par moment ne même plus la “remarquer”.

L'heure du bilan... The Witcher sans Geralt : oui ou non ?

Enfin Thronebreaker vous emmènera dans une aventure de plus de 30h, semée de rebondissement, de duels de cartes qui ravira les appétits en matière de puzzle des plus stratèges, et de complots géopolitiques proposant encore plus de profondeur à cet univers déjà très riche.

Au final c’est un avis très positif que nous retirons de ce jeu. Notre héros d'origine est anecdotique dans le cas présent, mais ce n'est réellement pas un problème. Thronebreaker permet à la fois d’offrir une vraie aventure RPG, avec un univers toujours plus fourni et riche, mais aussi d’appréhender d’une manière plus simple Gwent qui restait jusqu’alors un TGC moins accessible que le leader incontesté Heasthstone.

Pari donc réussi pour Cd Projekt Red !

 

Thronebreaker - Geralt

Test réalisé par Aeria à partir d'une version fournie par l'éditeur.


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5,9 / 10 - Assez bien

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