Test de Starlink - Vaisseaux... spacieux ?

Starlink : Battle for Atlas est le dernier-né d'Ubisoft Toronto. Très visible dans les enseignes de jeux vidéo, il tente de reprendre la recette de figurines qui prennent vie comme l'avait fait Skylanders il y a quelques années. Le pari est-il réussi ? On va essayer d'y voir plus clair dans ce test !

Starlink, c'est celui que l'on remarque en magasin en cette fin d'année par ses têtes de gondole pleines de figurines et autres vaisseaux spatiaux. Et d'ailleurs, c'est ce qui est mis en avant par Ubisoft depuis le début, éclipsant le jeu en lui-même.

Des vaisseaux en pagaille

Passons donc au premier point important : l'attirail d'équipements qui sont nécessaires pour jouer à Starlink. La boîte de base comprend le jeu, un support Joy-Con, un vaisseau (l'Arwing de Starfox, donc), deux personnages (avec Fox McCloud bien entendu) et deux armes. Sur Switch, il faut pour commencer glisser deux Joy-Con dans le support fourni. Ensuite, on fixe un personnage dans l'emplacement prévu à cet effet, puis on ajoute le vaisseau (le personnage se trouve donc dans le cockpit avec des proportions tout à fait respectées) et on fixe ensuite une arme sur chaque aile. Et voilà ! La manette en jeu a donc quelque chose d'assez imposant voire un peu lourd selon la combinaison choisie (il est aussi possible de jouer avec les versions virtuelles des accessoires, ce qui peut en intéresser certains).

Le but du mécanisme est de pouvoir changer d'accessoire à volonté pendant la partie. Ce sont les armes que vous modifierez le plus souvent même si il est parfois utile d'avoir des vaisseaux en réserve. Cependant, ceci sous-entend d'acheter des figurines supplémentaires, ce qui peut très vite faire grimper la facture.

Une escouade un peu onéreuse

Starlink propose en effet de nouveaux vaisseaux, personnages et armes à la vente, dont les prix varient entre 8 et 30€ selon le modèle. Les tarifs correspondent peu ou prou à ce qu'on trouvait sur Skylanders et il faut être un collectionneur (ou vraiment fan du jeu) pour compléter totalement la collection. Autre bémol, à part les vaisseaux, qui proposent une très bonne finition (j'ai pu en tester deux), les figurines et les armes montrent des bavures de peinture qui ne sont pas très esthétiques, même pour des sujets qui mesurent moins de 4 cms. Le tout semble un tantinet fragile et j'ai peur de casser mes vaisseaux si je les retire mal de leur support et donc, contrairement aux Skylanders, l'attirail Starlink n'est pas à laisser entre les mains des enfants un peu trop brusques.

Le jeu en lui-même peut se faire avec uniquement le contenu de la boîte de base. Toutefois, l'achat de figurines supplémentaires vous offrira un certain confort. Les armes vous permettront d'avoir accès à de nouveaux effets ou, mieux, d'affronter plus facilement certains types d'ennemis (j'ai béni ma seconde arme de glace lors du passage qui nous fait affronter des hordes d'ennemis de feu). Les vaisseaux vous offriront la possibilité de varier votre gameplay et de mieux gérer certaines situations (le vaisseau lent et très solide sera généralement plus utile que l'Arwing contre des hordes d'ennemis en combat spatial) et les personnages vous ouvriront la porte de nouvelles améliorations via un système de réputation et disposent chacun d'une compétence spéciale qui est plus ou moins intéressante selon le héros choisi. En clair, tout est calibré pour vous inciter à agrandir votre collection même si, rappelons-le une fois de plus, le jeu est franchissable sans remettre la main à la poche (surtout sur Switch, l'ami Fox McCloud est doté d'un pouvoir spécial très puissant une fois amélioré).

Starfox à l'assaut

Le scénario du jeu est relativement basique même si il propose une histoire plutôt bien ficelée en abordant quelques thèmes matures qui poussent à la réflexion et qui sont toujours les bienvenus dans un jeu destiné pour un public jeune. L'univers tire son inspiration de plusieurs univers cinématographiques et vidéoludiques, comme Star Wars, World of Warcraft ou No Man's Sky. Gros point positif : l'équipe Starfox est parfaitement bien intégrée au scénario, allant jusqu'à apparaître dans les cinématiques de l'histoire principale. On est bien au-delà du simple rôle de caméo, si bien qu'on se demande parfois si Starlink ne serait pas le début d'une extension de l'univers Starfox, comme l'avaient fait les Skylanders avec Spyro.

Manette en main, si on met de côté l'aspect encombrant que l'installation peut provoquer, les commandes répondent au doigt et à l'oeil. Le seul défaut vient de l'impossibilité de les réassigner, ce qui peut parfois être gênant pour la touche de la compétence ultime (gâchette L) qui peut être actionnée par mégarde sur cette petite manette. Néanmoins, à part ça, tout va bien et les déplacements se font avec aise, même dans l'espace.

 

Planètes en déroute

Starlink est un third-person shooter qui offre aussi des phases de vol dans l'espace. Toutefois, la plupart du temps, on évolue sur différentes planètes en dirigeant le vaisseau comme un personnage. Il peut y récolter différentes ressources, analyser les espèces vivantes et accomplir des quêtes dans le but de s'enrichir et d'améliorer sa flotte. Bien sûr, il faudra affronter différents ennemis, des sortes de monstruosités robotiques qui demandent des traitements particuliers. Ils sont en effet généralement reliés à un des éléments du jeu (Feu, Glace, Gravite, etc) et certaines armes ne leur font aucun dégât tandis que d'autres sont dévastatrices. Par conséquent, acquérir de nouvelles armes est plutôt conseillé et, d'ailleurs, Ubisoft n'a rendu l'élément "stase" disponible que dans un pack avec un vaisseau à 30€...  Pas folle, la bête.

Starlink propose aussi des combos d'armes, qui consistent à frapper un ennemi avec un élément puis un autre. Chaque association provoque un effet différent, comme par exemple un choc thermique en utilisant successivement des armes de Feu et de Glace, et les plus gros monstres ne peuvent être vaincus que de cette manière. Petit bonus inattendu, mais plutôt bien foutu : il faut veiller à disposer les armes dans le bon sens sur le vaisseau, sans quoi elles tirent en arrière et servent pas à grand-chose. Un simple détail qui montre l'attention apportée au jeu.

En mode vol (ou dans l'espace), on se rapproche beaucoup plus d'un Starfox. Les mouvements en trois dimensions sont assez intuitifs et les ennemis proches sont indiqués sur l'écran par de petites flèches. D'ailleurs, certains affrontements contre les plus gros vaisseaux offrent une touche épique la première fois qu'ils sont réussis. Ce n'est pas l'Étoile Noire, mais c'est une expérience fort agréable qui s'en rapproche un petit peu.

 

Une défense à reconstruire

Si le jeu dans l'espace se limite au déplacement et aux batailles, les planètes proposent ce qui fait réellement l'essence de Starlink. Elles peuvent n'être parcourues que dans le but de compléter la campagne principale, mais elles proposent surtout un véritable "jeu dans le jeu". La Légion attaque sans relâche et l'objectif est de protéger les planètes en les équipant de différents bâtiments : des observatoires pour l'exploration, des raffineries pour obtenir de la monnaie, des ateliers pour fabriquer des mods pour les vaisseaux et des casernes pour défendre la planète en votre absence. Ceux-ci demandent à être améliorés, par exemple en complétant des quêtes ou en ramenant des ressources. Si cela peut paraître répétitif et pas forcément adapté à tout type de joueur, on se prend rapidement au jeu : on essaie d'optimiser la répartition des bâtiments et d'avoir un bon équilibre. La part belle est également laissée à l'exploration et à la recherche de la faune et de la flore locale, qui puvent vous offrir différents avantages.

Bien entendu, tout est lié à un système d'équipement de vaisseaux et d'armes assez poussé. On a par exemple la possibilité de fusionner ou d'améliorer soi-même les différents mods obtenus, de nombreuses améliorations à débloquer pour sa flotte, comme la possibilité de transporter plus de ressources ou d'amplifier les bonus apportés par ses bâtiments, ou encore des arbres de talents qui dépendent du personnage joué et dont certains bonus ont une répercussion sur toute votre collection.

 

Le mot de la fin

Starlink est le jeu que personne n'attendait. C'est peut-être dû à son univers assez générique ou à la sortie quasi simultanée de Red Dead Redemption II, qui l'a complètement éclipsé, mais force est de constater que ce jeu est une surprise fort agréable. On nous propose un monde ouvert assez vivant avec des activités plutôt variées, des personnages attachants et des combats mémorables.

Alors oui, il ne faut pas oublier qu'on essaie gentiment de nous pousser vers l'achat de figurines supplémentaires, mais l'expérience de la boîte de base est tout à fait satisfaisante pour se suffire à elle-même. Dans tous les cas, ce Starlink constitue une très bonne idée de cadeau de Noël qui se combine très bien avec de petites sessions de jeu sur Switch. En revanche, il peut vous provoquer le syndrome "je finis ces deux missions et je vais au lit" pour au final éteindre à plus de 2 heures du matin et commencer la journée suivante en petite forme. Généralement, ça veut dire que le jeu a plutôt bien fait le boulot.

 

Test réalisé par Malison à partir d'une version commerciale, complétée par un pack comprenant un vaisseau, deux packs d'armes et un personnage fournis par l'éditeur.

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