Test de NAIRI : Tower of Shirin – La communauté du Furry

La Nintendo Switch est vite devenue la console des studios indépendants et nombreux sont ceux qui ont succombé à son chant de sirène. Certains y portent leurs anciens titres afin de leur donner un second souffle tandis que d’autres proposent leurs jeux sur ce support supplémentaire dès leur sortie. C’est cette dernière solution qu'a choisie HomeBearStudio pour leur première création.

Comme beaucoup de titres indépendants, la genèse de NAIRI débute avec une campagne Kickstarter, en octobre 2016. Le petit studio néerlandais promet une longue aventure parsemée de puzzles, le tout étant prévu sur PC pour mars 2017. Le projet connaît son petit succès et atteint ainsi le second pallier de financement (sur les quatre proposés). Au fil du développement, il acquiert un sous-titre, Tower of Shirin, et surtout un portage pour la console de Nintendo. Et c’est finalement fin novembre 2018 que le titre devient disponible. Nairi respecte-t-elle ses promesses ? Nous allons voir cela ensemble.

Test de NAIRI : Tower of Shirin – La communauté du Furry

L’odyssée de Nairi

Nairi est une petite humaine, fille du Maître du Conseil Luna. Elle vit dans les quartiers riches et son précepteur l’assomme de devoirs ennuyeux comme lire toute l’Histoire de la ville, Shirin, où cohabitent diverses créatures anthropomorphiques.

Cependant, un soir où la jeune fille lutte pour ne pas sombrer dans le plus profond des ennuis, son professeur débarque en panique dans sa chambre : ses parents ont été arrêtés par la Garde Royale et elle n’a que peu de temps pour s’enfuir chez le voisin ! Ce dernier a été prévenu et il l’aidera à quitter la ville en cachette.

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La fuite ne se fait malheureusement pas sans déboire ; le convoi est attaqué dans le Grand Désert et Nairi se retrouve prisonnière d’un gang de félins voleurs.

Après quelques péripéties, elle cherche à retourner à Shirin pour retrouver ses parents et en apprendre au passage un peu plus sur les secrets de la cité.

À l’aventure, compagnons !

Le déroulement de NAIRI : Tower of Shirin se fait dans le cadre des plus classiques point’n clic. On contrôle un curseur et ce dernier permet d’interagir avec le décor, de manipuler des objets ou de se déplacer dans les dédales de la ville, son apparence changeant selon l’action à mener. On dispose d’un inventaire où se trouvent les objets trouvés ici et là et quelques énigmes sont proposées au fil de l’aventure.

Les puzzles sont dans l’ensemble assez faciles. Les opérations à effectuer sont plutôt évidentes et l’héroïne ne manque pas une occasion de donner un indice sur la marche à suivre. Après la rencontre avec un personnage, le joueur hérite en plus de son carnet de note, une sorte de version pour enfant de celui de Nathan Drake. Ce n'est finalement que sur son dernier segment que Tower of Shirin propose un défi un peu plus corsé. Sinon, il y aussi de nombreuses pièces cachées dans le décor, un peu comme dans les Professeur Layton.

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Quelques énigmes, donc. Et énormément de texte, car le jeu est très bavard, au point où on finit parfois par se demander si on joue à un jeu d’aventure ou à un visual novel. L’histoire est un peu enfantine, mais plaisante. La narration joue beaucoup sur le gimmick de la petite fille riche qui découvre petit à petit la triste vie du quartier pauvre de Shirin, avec ses problèmes et ses gangs. Quelques destins peuvent parfois s’avérer tragiques, mais l’ensemble reste tout de même bon enfant.

L’ensemble a quand même du charme. Les dessins semblent dessinés à l’aquarelle et présentent toute une foule de personnages distincts, ainsi que des décors détaillés. La musique n’est pas en reste non plus, avec quelques morceaux agréables, comme la guitare acoustique au Canard Sauvage. Au final, il n’y a que le son des textes qui défile qui fasse un peu tache, surtout lorsque l'on doit écouter plusieurs bips alors que seulement trois malheureux petits points sont affichés à l’écran, mais sur ce point-là, c’est clairement du chipotage.

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Un point par contre plutôt contraignant est le temps de chargement entre chaque tableau. À chaque fois que le joueur se déplace vers l’écran suivant, il lui faut subir une attente de trois à quatre secondes durant lesquelles une petite animation de Nairi vue de dos est affichée. Une fois, ce n’est vraiment pas grand chose. Cependant, quand on doit effectuer plusieurs aller-retour dans une zone, cette interruption systématique casse vraiment le rythme et devient vite pénible.

Cette gêne est accentuée par le fait que l’orientation en jeu n’est pas toujours claire : la direction du Nord change constamment d’un écran à un autre et il n’y a rien à l’écran pour indiquer cela. Le joueur se rend dans la zone suivante en cliquant sur la flèche vers la gauche. Et s’il clique ensuite sur la droite, il se retrouve dans un lieu différent ; pour revenir sur ses pas, il fallait cliquer sur la direction du bas. Et ce genre d’errance est très fréquente au fil de l’aventure.

Au final, si l’aventure occupe une poignée d’heures, on a plutôt l’impression de les passer principalement sur du texte ou sur l’écran de chargement. Surtout que Tower of Shirin n’est finalement que le premier chapitre des aventures de Nairi. L’histoire telle quelle n’est pas avare en révélations, mais le plus important reste encore à venir.

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Tu pointes ou tu tires ?

Originalement prévu pour le PC, le jeu est clairement pensé pour la souris. Qu’en est-il alors sur console ? Cette version propose en fait plusieurs modes de contrôle.

Il y a d’abord le mode à la manette classique : le curseur est déplacé par le stick gauche et une pression sur la gâchette permet de ralentir son mouvement afin d’être plus précis. Toutefois, ce n’est clairement pas l’idéal, le déplacement manquant cruellement de réactivité. Les interactions se font à l’aide de seulement deux boutons : l’action en elle-même et l’ouverture rapide de l’inventaire.

Le mode le plus agréable est celui qui utilise le gyroscope. Un seul joy-con en main, il suffit de bouger le périphérique comme un pointeur pour aisément déplacer le curseur à l’écran. Enfin, aisément, la plupart du temps... Il arrive régulièrement que le curseur soit désynchronisé avec la manette, mais il suffit d’une pression sur la gâchette pour le centrer au milieu de l’écran. Le plus gênant, c’est plutôt quand le curseur se met à bouger tout seul (particulièrement énervant quand on est dans une énigme où il faut suivre un chemin précis) ou au contraire à se figer (dans ce cas, il faut bouger le second joy-con pour pouvoir récupérer la main).

Si la console est sortie de son dock, il est également possible de profiter de l’aspect tactile de son écran. Par contre, le curseur disparaît dans ce mode de jeu ; on ne sait donc pas si l’action déclenche un interaction avec le décor, un dialogue ou un déplacement dans une autre zone (point qui ne serait pas dramatique si cela ne signifiait pas de subir encore plus de temps de chargements).

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Néanmoins, en dehors de sa maniabilité à la manette, la version Switch apporte aussi quelques bugs bien pénibles : il y a certaines actions qui affichent des écrans dont il est impossible de sortir, à moins de quitter complètement le jeu ! Cela concerne la galerie d’illustrations, un des objets et quasiment toutes les dernières énigmes. Pour ces dernières, le jeu quitte toutefois automatiquement l’écran une fois résolues. Cependant, il en est une qui bloque complètement la progression du joueur ! Le jeu a été testé en version 1.02 et ce n’était toujours pas corrigé.

En fait, il s’avère que ces bugs n’affectent la partie que lorsqu’on joue avec les manettes en mains. Si on passe la console en mode complètement nomade, avec les joy-cons directement connectés à l’écran, la croix pour quitter ces écrans fonctionne à nouveau. Fantastique…

Les voyages forment la jeunesse

Mais alors, à qui est destiné ce NAIRI : Tower of Shirin ?

Le jeu est plutôt facile, l’histoire et le design assez enfantins et les mauvaises langues souligneraient qu’il est disponible sur une console Nintendo : on pense donc aux enfants.

En effet, le jeu peut faire l’affaire pour initier de jeunes têtes blondes aux jeux d’aventure. Surtout qu’il est possible de jouer avec chacun un joy-con, une des deux personnes prenant la main quand elle le désire d’une pression sur la gâchette. Et un peu de coopération ne sera probablement pas de refus sur les dernières épreuves.

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Cependant, même s’il n’a pas la profondeur d’un Pixar ou d’un Ghibli (références citées par les auteurs eux-même), le jeu peut tout aussi bien plaire à un adulte, avec entre autres ses quelques traits d’humour et deux trois blagues un peu méta.

Nintendo Switch oblige, le jeu se prête bien au jeu en nomade, surtout que c’est finalement le mode de jeu avec le moins de bug… mais aussi parce qu’il permet de sauvegarder n’importe quand. Enfin, à condition de ne pas être en pleine discussion avec un autre personnage, ce qui arrive plutôt souvent.

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Un peu trop bavard et truffé de quelques bugs pénibles, le coup d’essai de HomeBearStudio n’est assurément pas un coup de maître. Mais le jeu propose néanmoins un univers fort sympathique et pourrait faire office de jolie porte d’entrée pour initier quelqu’un au genre du point’n clic.

Test réalisé par NeoGrifteR à partir d'une version fournie par le développeur.

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