Test de Darwin's Test - Vivre, mourir, évoluer

Il y a parfois des jeux qui attirent votre attention pour des raisons étranges. Prenez Darwin’s Test par exemple. Un jeu français développé par une seule personne en un an et qui déclare s’inspirer de quelques excellents jeux comme Portal, The Talos Principle, The Witness ou The Turing Test. Bref, un défi intéressant sur papier. Je n’ai pourtant pas survécu à ces tests de Darwin. Voici mon histoire.

Protocole de soin

Le scénario du jeu débute d’une façon assez classique. Un homme se réveille dans une étrange installation, sans souvenirs. Une voix, qui déclare être son médecin, l’informe qu’il a été victime d’un grave accident et qu’il est le sujet d’un protocole de soin expérimental. Celui-ci est constitué d’une dizaine de tests, mettant à l’épreuve sa logique, ses réflexes, ses perceptions sensorielles et son sens moral. Auxquels on ajoute sa patience, dans le cas du présent testeur. Les choses ne sont bien sûr pas si simples et tant le patient que le joueur se posent vite quelques questions sur ces tests et sur le véritable objectif de ce protocole. Le tout avec des dialogues entièrement doublés, c’est à signaler.

Un cube, une salle blanche : on est au bon endroit
Un cube, une salle blanche : on est au bon endroit

Santé mentale

Nous enchaînons donc les salles de test les unes après les autres, dans la plus pure tradition du modèle Portal. Bizarrement, alors que les références du développeur tendent vers des jeux mettant en avant la réflexion, la première partie du jeu tient plus du jeu de plateforme. On croise ainsi très vite des passages demandant d’éviter des lasers, fixes ou mobiles, d’autres vous proposant d’esquiver des tourelles vous tirant dessus à vue et autres joyeusetés du genre. Drôle de protocole de soin, vous avouerez.

Mais non, personne ne cherche votre mort...
Mais non, personne ne cherche votre mort...

Cependant, le GLaDOS local a d’autres types de salles en réserve pour vous. On passe rapidement sur les salles plongées dans le noir où il vous est demandé de vous guider au son. Pareil pour les fameux tests de moralité dont on se demande encore la finalité. Dans les deux cas, on a un peu l’impression d’être dans des salles qui sont là histoire de meubler un peu et d’apporter un peu de répit entre deux salles plus conventionnelles. C’est d’autant plus décevant que lorsqu’on tombe enfin sur des salles mettant nos neurones à contribution, c’est pour y trouver des tests bien logiques généralement basés sur des redirections de rayons laser. C’est globalement bien foutu ; on résout ça étape par étape et quelques passages nous demandent même d’improviser un peu. Bref, cette partie logique du jeu est plutôt réussie.

Rediriger un laser, autre grand classique
Rediriger un laser, autre grand classique

La physique selon Darwin

Le problème, c’est que ces salles aux énigmes logiques sont le seul endroit du jeu où on lui pardonne ses nombreuses imperfections. On passe vite fait sur tous les petits éléments qui tiennent du manque de finition, comme l’impossibilité de naviguer dans les menus avec un pad ou certaines options aux choix en double exemplaire ; ça n’a aucune influence sur le jeu en lui-même. On ne peut malheureusement pas en dire autant des problèmes de collisions et de la physique du jeu dans son ensemble.

La physique va bien, merci pour elle
La physique va bien, merci pour elle

Darwin’s Test est un jeu dans lequel vous passerez pas mal de temps à trimbaler des cubes, que ce soit pour les mettre sur une plaque de pression ou pour rediriger un laser. Et c’est aussi un jeu où vous passerez presque plus de temps à perdre les cubes en question durant le transport. Le moteur physique du jeu est ainsi fait que la moindre collision d’un cube avec un élément du décor vous fait lâcher le cube et l’envoit voler à plusieurs mètres. On vous laisse imaginer l’épreuve que peut alors représenter une activité aussi banale que monter sur une plateforme faisant office d’ascenseur.

Et vous devez monter un cube tout là haut. Joie.
Et vous devez monter un cube tout là haut. Joie.

Notez que le personnage lui-même est soumis à cette physique un peu étrange. Contrairement à d’autres jeux du genre, Darwin’s Test prend le parti de lui donner un corps. Vous pouvez donc baisser la tête et voir vos pieds. Néanmoins, j’avoue avoir eu beaucoup de difficultés avec le ressenti de ce corps une fois en mouvement, que ce soit au niveau de la longueur des sauts ou, plus gênant, au niveau des chutes qui sont parfois mortelles et parfois non pour la même hauteur. Une situation loin d’être anecdotique puisqu’elle m’amène à un problème majeur dans le gameplay du jeu : la manière dont le jeu gère la mort du personnage.

Je te le fais pas dire...
Je te le fais pas dire...

S'adapter pour survivre ?

Ou plus exactement, la destruction des objets en général. Le jeu sauvegarde automatiquement à l’entrée d’une salle, ce qui implique déjà que vous devez finir une salle si vous ne voulez pas la refaire en totalité. En règle générale, lorsqu’un objet est détruit, il réapparaît à sa position d’origine. Idem pour le joueur, qui réapparaît au dernier point de sauvegarde. Un problème apparaît toutefois lorsque le joueur meurt sans que le cube qu’il transporte ne soit détruit. Le cube reste alors là où le joueur l’a perdu, ce qui peut donner des situations où l’élément nécessaire pour passer une section du jeu n’est plus disponible qu’après la section en question. On se retrouve donc à courir en sautant comme un lapin pour essayer d’échapper aux tirs des tourelles lasers, tel un Leeroy Jenkins de seconde main. Ou à réinitialiser la salle en se retapant les mêmes dialogues impossibles à passer encore et encore.

Le cube qui doit couvrir ma traversée est visible derrière le mur laser. Après le passage où j'en ai besoin, donc.
Le cube qui doit couvrir ma traversée est visible derrière le mur laser. Après le passage où j'en ai besoin, donc.

Darwin’s Award

Si on peut saluer le travail effectué par son développeur pour tenir les délais qu’il s’était fixé, il faut aussi reconnaître que le jeu a par moment la tête d’un jeu en accès anticipé sorti trop tôt. En effet, "frustration" est probablement le mot que je choisirais pour résumer mes heures passées sur Darwin’s Test. Des frustrations en partie causées par le décalage entre ce que j’attendais et ce que le jeu est réellement, mais pas seulement. En effet, le jeu a encore besoin d’une bonne dose de finitions et on attend maintenant de Wolfalone Studio qu’il n’abandonne pas son bébé. J’ai certes échoué à vaincre les tests de Darwin, mais le jeu a le potentiel pour trouver son public, avec du boulot. Après tout, la vie trouve toujours un chemin.

Le jeu a été testé par Grim sur PC à partir d'une version fournie par le développeur

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5,3 / 10 - Moyen

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