Test d'Hadès - La course de l'Enfer

Supergiant Games (Bastion, Transistor, Pyre) revient avec un nouveau titre très énervé : Hadès. Rogue-Lite/Action/RPG/Choucroute... Le jeu s'inspire du passé pour créer l'avenir. Est-ce qu'il vaut le coup ?

Il y a bien des accès anticipés qui finissent par décevoir ou tomber dans l'oubli le plus total. Et parfois, il y a des perles qui naissent comme Hollow Knight ou encore Slay the spire. Hadès est de la dernière catégorie sans en douter. Après une première sortie en accès anticipé en décembre 2018, Hadès est revenu le 17 septembre 2020 dans une version beaucoup plus solide.

Highway to hell

Le pitch est simple comme bien souvent dans ce genre de jeu. Vous êtes Zagreus, le fils d'Hadès. Un jour, vous décidez de défier votre père et de partir des enfers. Bien entendu, ce simple scénario est étoffé par quelques personnages secondaires qui font évoluer votre relation père/fils. À l'instar de Bastion et de Transistor, Supergiant Games pose son ambiance dès les premiers instants de jeu et notamment via ses doublages toujours très sombres.

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Vous partez ainsi à l'aventure dans Tartarus, la prison des enfers. Équipé d'une arme et d'un bonus passif, vous devez occire des monstres pièce par pièce pour arriver finalement au boss de l'étage. Une fois celui-ci vaincu, vous accédez à un nouvel étage et ainsi de suite. L'objectif, dans un premier temps, est de pouvoir récolter un maximum de monnaie pour améliorer votre personnage et aller toujours plus loin. Autant le dire tout de suite : Hadès reprend ici les codes du Roge-lite/Like en proposant une difficulté par piquée des hannetons !

Pour diversifier son gameplay et notamment les runs que vous faites, Hadès vous offre la possibilité de choisir votre chemin et votre récompense. Ainsi, chaque pièce réussie vous récompense d'un objet (Monnaie, amélioration de pouvoir, pouvoir offert par un dieu de l'Olympe, ...) et vous permet de choisir entre deux portes, chacune représentant une nouvelle récompense. Le choix se pose entre la volonté d'avoir un maximum de monnaie pour améliorer passivement votre héros et ainsi espérer faire de meilleurs runs et celle d'améliorer vos pouvoirs pour aller plus loin dans votre run actuelle.

Chaque dieu offre des bonus spécifiques :

  • Zeus permet de foudroyer les ennemis (leur infligeant des dégâts).
  • Artémis augmente les chances de coups critiques.
  • Arès affecte les ennemis touchés par l'état "maudit", qui leur inflige des dégâts après un certain temps.
  • Poséidon pousse les ennemis.
  • Athéna renvoie les attaques adverses.
  • Aphrodite permet de charmer les ennemis.
  • Dyonisos les intoxique, leur infligeant des dégâts sur la durée.
  • Démeter les gèle, les ralentissant.
  • Hermès augmente la mobilité du joueur.

Le choix du joueur pendant une partie étant limité, ce sont ces bonus qui orientent l'expérience, la rendant à chaque fois unique. De plus, il est possible pendant une partie d'obtenir des modifications de l'arme équipée, rendant la partie encore plus spéciale.

Avec une vue sur le dessus, caractéristique des jeux Supergiant, le jeu dispose d'une lisibilité à toute épreuve. Les monstres sont généralement très colorés et permettent sans soucis de lire l'action au fur et à mesure des combats. Le gameplay, extrêmement énervé, est aussi assez simple à prendre en main. Vos premières morts servent généralement de prise en main.

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Stronger

Il existe trois moyens de progresser entre deux parties. Tout d'abord, le joueur n'a accès qu'à une seule arme, une épée, mais peut en débloquer cinq autres, au style très varié. Au menu : un arc, une lance, un bouclier, des gantelets et un lance-grenade. Une fois toutes les armes débloquées, il est possible de les personnaliser et de les améliorer. Deuxième possibilité, le passif. Celui-ci peut être choisi parmi une vingtaine (qu'il faut débloquer) et changé entre chaque niveau, permettant d'adapter ce bonus en fonction de la situation. De plus, ce bonus peut progresser au fur à mesure des combats, devenant de plus en plus puissant. Enfin, les ressources récoltées peuvent être dépensées dans un miroir magique (améliorant le personnage) ou auprès du contremaître (offrant des bonus durant le donjon, comme des coffres au trésor).

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C'est l'éternel débat des rogue-lite : faut-il proposer une expérience unique à chaque run ou, au contraire, une progression continue ? Faut-il suivre la voie de Rogue Legacy ou de The Binding of Isaac ?

Hadès se rapproche davantage du second que du premier, notamment via le fait qu'il est nécessaire de réaffronter les boss (au nombre de quatre) à chaque passage. N'espérez donc pas, après avoir perdu contre le boss final, retourner directement le défier : il faut se refaire tout le parcours, au risque de perdre contre le boss précédent, que l'on avait enfin vaincu après plusieurs tentatives.

Heureusement, la progression est sensible. Chaque boss représente un obstacle important la première fois qu'il est affronté, mais cela devient peu à peu une routine : l'enjeu n'est rapidement plus seulement de le battre, mais avant tout de perdre le moins de ressources en l'affrontant.

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Cette progression est renforcée par la qualité majeure du jeu, dissimulée dans les options de personnalisation : le mode "divin". Après chaque mort, le joueur gagne 2% de résistance aux dégâts, accélérant sa progression. Certains préféreront s'en passer, mais cette option rend l'aventure sensiblement plus agréable donc on la recommande à tous ceux qui ne désirent pas recommencer encore et encore le jeu. Pour les autres, il y a aussi l'inverse : un système de malus extrêmement poussé (désirez-vous affronter plus d'ennemis ? Subir plus de dégâts ? Donner des mouvements supplémentaires aux boss ?) offrant en contre-partie des récompenses supplémentaires.

On ne le répètera jamais assez : le meilleur choix de game design est toujours de laisser le choix au joueur. Une difficulté "parfaitement dosée", cela n'existe pas, car elle dépend forcément du rapport de chacun au jeu vidéo. Les rogue-lite ont souvent été très pauvres en options de personnalisation, mais Hadès est un exemple à suivre : il propose une difficulté globale parfaitement dosée, mais propose aussi des options pour ceux recherchant un jeu plus facile ou plus difficile.

Mais sur Switch

Lors de son accès anticipé, Hadès n'était disponible que sur l'Epic Games Store. Sa sortie complète a été l'occasion de l'amener sur Steam ainsi que sur Switch et le moins que l'on puisse dire, c'est que la transition s'est faite avec succès. Le jeu est techniquement presque irréprochable : il est joli sur le plan visuel et, surtout, très fluide. En une vingtaine d'heures, je n'ai constaté que quelques chargements un peu longs (une dizaine de secondes) et un problème d'affichage lié à un PNJ spécifique. Jamais mon expérience n'a été dégradée par le fait que je jouais sur la dernière console portable de Nintendo.

À dire vrai, c'est même tout le contraire : Hadès est vraiment adapté au fait d'y jouer sur un tel support. En effet, les parties sont courtes (de 30 à 45 minutes) et facilement divisées en des temps encore plus court (une salle ne prend qu'une minute, un monde une dizaine). C'est le jeu parfait auquel jouer quand on a la console sous la main, où qu'on soit, puis à laisser de côté avant d'y retourner plus tard.

Supergiant, c'est plus fort que toi

Il est habituel que les rogue-lite aient un gameplay soigné, une direction artistique efficace et une bande-son entraînante. Ce qui l'est moins, c'est de proposer une histoire captivante. Il existe une intrigue principale (pourquoi Zagreus désire-t-il sortir et, surtout, pourquoi son père l'en empêche-t-il ?), mais aussi de nombreuses histoires annexes : chaque personnage secondaire dispose de sa propre intrigue, qui évolue au fur et à mesure des rencontres. Ainsi, on ne relance pas une partie uniquement pour profiter du gameplay, mais aussi pour en savoir plus sur chacun, pour savoir comment évoluera la relation entre deux personnages.

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Supergiant Games a toujours proposé des univers enchanteurs, une narration soignée et un gameplay facile à prendre en main. Néanmoins, les éléments ne se sont jamais aussi bien combinés entre eux. Durant leurs précédents jeux, chaque ingrédient semblait savoureux, pris individuellement, mais l'ensemble avait toujours un goût assez fade. Hadès est très différent : c'est le premier titre qui exploite enfin avec succès toutes les forces de Supergiant afin d'arriver à un titre aussi addictif que qualitatif. C'est un grand jeu pour le studio, mais aussi pour le genre du rogue-lite, qui attendait un tel titre depuis longtemps. On ne peut que vous conseiller de craquer pour ce titre qui est disponible sur Switch, Steam ou epic Games Store autour des 20 euros. FONCEZ !

Test réalisé par Glaystal et par Alandring, à partir de versions PC et Switch fournies par le développeur.

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5,4 / 10 - Moyen

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