Test de Lego DC Super-Villains - Kapow!

On ne va pas se cacher la face, des super héros, on en mange un peu à toutes les sauces en ce moment et de manière exponentielle depuis quelques années. Est-ce que l’on va s’en plaindre ? Peut-être pas, puisque cela démocratise clairement le genre, donne à de nouvelles générations l’occasion de découvrir des personnages dont certains approchent lentement et sûrement la centaine d’années et surtout rend de plus en plus mainstream un loisir qui était l’apanage exclusif du dork américain.

Les oeuvres à la gloire des super-héros se multiplient, mais on tend à oublier trop souvent que la très grande majorité d’entre eux ne seraient rien sans de super méchants à leur juste mesure et après moults Lego Batman (le jeu sort d’ailleurs 10 ans après la sortie du premier, Lego Batman: The Videogame) et quelques Lego Marvel, l’équipe de Traveller’s Tales a décidé de leur rendre un vibrant hommage en leur dédiant un jeu complet, baptisé Lego DC Super-Villains. De là à penser qu’une version Marvel et une compilation remaster des deux titres sur la prochaine génération de consoles sont déjà prévues, il n’y a bien sûr qu’un petit pas, mais on se contentera pour le moment des méchants adversaires de la Justice League, entre autres.

Mais pourquoi est-il aussi méchant ?

Sans trop savoir pourquoi, en installant le jeu, on n’a pas pu s’empêcher de penser à l’adaptation cinématographique de Suicide Squad, sortie il y a deux ans. Peut-être parce que même si le film laissait à désirer, c’était sans doute l’un des rares exemples en dehors du monde du comics dans lequel les méchants étaient les protagonistes de l’histoire. Le film valait ce qu’il valait, mais il serait intéressant de voir s’il y a eu une quelconque forme d’inspiration ou une forme de déclic pour faire se dire aux producteurs que ce ne serait pas forcément une mauvaise idée.

Autant le film en question a fait le choix discutable de privilégier l’esthétique aux dépens de la substance, Lego DC Super-Villains est lui à la fois très soigné et bourré de contenu, avec la désormais fameuse patte Lego (comprendre : un bon humour complètement débile mais avec différents degrés de lecture). L’histoire est particulièrement captivante et inspirée par différentes trames plus ou moins récentes (la très grande majorité postérieure à The New 52, le reboot complet de la timeline des univers DC en septembre 2011). On avancera que la principale source d’inspiration est Forever Evil en raison de l’importance donnée au Syndicat du Crime, mais il y a de nombreux éléments issus d’autres histoires, une des plus évidentes étant The Darkseid WAR avec Lex Luthor faisant une apparition dans son armure de combat de Superman et la présence en jeu de Grail.

Pour ceux qui ne sauraient pas trop de quoi il retourne, on vous la fait courte : la Justice League est portée disparue, mais les seuls personnes à en être conscientes sont leurs ennemis jurés, les méchants de leurs univers, car tous les supers héros ont été remplacés par des doubles aux intentions beaucoup moins louables venus de Earth 3 qui forment un groupe appelé le Syndicat du Crime, l’antithèse même de la Justice League. Quelles sont leurs intentions ? Et bien… Ils veulent juste filer un coup de main à Darkseid et détruire notre univers. Voilà. C’est pas bien compliqué, non ? On vous parlait de Suicide Squad, c’est un peu le même principe dans les grandes lignes, sauf que là, au lieu d’un pathos un peu navrant, votre équipe de cas sociaux vous offre l’aventure d’une équipe improbable faisant tant bien que mal face à ses désaccords et à l’adversité avec une très grosse dose d’humour fantaisiste et de nombreux gags ou rebondissements.

Dance Dance Retribution

Le jeu propose comme de coutume du contenu à foison et vous gardera occupé pendant 15 à 40 heures en fonction de votre volonté de débloquer ou non l’ensemble du contenu et des succès. Comme de coutume, oui, mais pas tant que cela. Il y avait fort longtemps que l’on n’avait pu jouer à un jeu Lego (bon, d’accord, on a seulement omis le dernier Marvel Super Heroes) et force est de constater que le développeur a su proposer quelque chose de frais et d’innovant dans les grandes lignes.

C’est la première fois, à notre connaissance, que vous incarnez au cours de l’histoire du jeu un personnage que vous avez créé et non pas un héros de l’univers : votre personnage, votre allure, vos choix douteux de couleurs et de costume, mais votre personnage est bien au coeur de l’action dans la plupart des niveaux. Et il ne fait vraiment pas de la figuration, les autres protagonistes (ou devrait-on parler d’antagonistes vu que ce sont des méchants ?) interagissant avec lui et en faisant régulièrement la cible de blagues qui collent parfaitement à leur personnage. Force nous est de constater qu’il n’était pas rare que Catwoman ou Harley Quinn nous fassent éclater de rire. Vous avez vraiment une multitude d’options à votre disposition pour créer VOTRE avatar et il y a fort à parier qu’il sera à nul autre pareil. Libre à vous de partir d’un héros, euh, d’un vilain déjà existant ou de créer votre personnage en caleçon à coeurs rouges et chaussettes rouge et jaune à petits pois avec les lasers des Kryptoniens dans ses yeux : vous jouez vraiment à un jeu dont vous êtes le héros.

Et pour ceux que cela gênerait, pas de panique : ce n’est jamais que l’un des personnages que vous pouvez jouer. Vous devez le jouer à certains moments du jeu pour progresser (vu que seul votre personnage peut débloquer certaines zones ou situations), mais vous pouvez passer d’un personnage à l’autre sans aucun souci pour utiliser leurs compétences respectives pour résoudre les différents puzzles qui bloquent votre progression. Rien de bien sorcier à ce niveau, on parle toujours d’un jeu Lego qui se veut aussi grand public que possible, mais c’est aussi ce qui fait le charme de la saga. En effet, il s’agit la plupart du temps de trouver le bon personnage avec le pouvoir adéquat pour faire ce que vous voulez faire : si vous voulez avancer dans l’histoire, il est très certainement déjà dans votre équipe, alors que si vous êtes à la recherche des objets à collectionner, il y a fort à parier que vous devrez revenir en mode jeu libre avec un personnage bien spécifique pour atteindre votre objectif. Votre neveu de 5 ans saurait le faire et c’est bien le but.

Apokolips, wow!

On parlait du contenu à débloquer, une des principales nouveautés consiste à proposer au joueur seulement 5 des fameux mini-kits utilisés pour recréer des modèles inspirés par l’univers, une petite révolution par rapport aux traditionnelles 10 pièces à trouver dans les jeux précédents. Les développeurs s’en sont aussi donnés à coeur joie sur les personnages : avec 174 personnages (oui, on les a comptés, ne nous remerciez pas), on est très certainement dans la fourchette haute si ce n’est très haute du plus grand nombre de personnages jouables dans un jeu Lego. Et attention : on vous parle ici seulement des personnages de base et pas des DLC disponibles, les principaux apportant plus de personnages des univers d’Aquaman (depuis début décembre) ou encore de Shazam (à venir).

Le souci de cette foultitude de personnages, c’est que comme depuis le deuxième jeu Lego de Traveller’s Tales, on peut leur reprocher un gameplay identique à la précédente mouture. Certes, ils ont tous des animations différentes et des pouvoirs différents, mais le gameplay de base consiste 90% du temps à simplement se défouler sur un seul et unique bouton pour détruire tout ce qui se dresse sur votre chemin. On joue des méchants, donc pour une fois, c’est très RP, mais cela reste quand même un peu trop simpliste. Si on comprend le pourquoi du comment, que cela fait partie de l’identité même du jeu et que c’est cela même qui fait en sorte que votre neveu Kevin comme votre mamie Jeannette peuvent jouer à ces jeux, on aimerait voir à terme une forme d’évolution.

Tant qu’on est à parler des similitudes avec les titres précédents, on peut évoquer l’aspect monde ouvert. Comme la grande majorité des autres jeux Marvel et DC sous la bannière Lego avant lui, ce Lego DC Super Villains est un jeu avec des hubs en monde ouvert (avec un petit côté GTA avec le vol de véhicules dans la rue) qui vous permettent d’accéder aux niveaux du jeu ou à d’autres activités, comme notamment la chasse aux objets à collectionner, les nombreux défis à remplir et la possibilité d’explorer des lieux emblématiques des différentes sagas DC comme Gotham ou Metropolis, mais ce n’est jamais qu’un remplissage totalement pensé pour les chasseurs de trophées et succès. Vous pouvez tout à fait jouer au jeu en vous contentant de suivre les pièces fantômes qui vous emmènent d’un objectif à un autre… Mais ce serait vous priver d’une bonne partie du contenu du jeu et pas forcément le moins drôle. Une fois encore, c’est votre choix et on le respecte.

Darkseid of the Moon

Le jeu propose lui aussi la possibilité de jouer en coopération, ce qui marche toujours aussi bien depuis qu’ils ont introduit la possibilité de séparer l’écran pour donner un espace propre et une liberté relative à chacun des deux joueurs. C’est toujours aussi agréable de partager ces bons moments à deux et cela donne l’occasion de créer des partenariats entre des méchants que l’on ne verra sans doute jamais ailleurs. La caméra est parfois un peu limitée dans ses angles quand la séparation apparaît et il faut bien évidemment privilégier un grand écran pour avoir une expérience optimale, mais ce ne sont que des petits détails, très facilement compensés par l’ingéniosité des puzzles qui deviennent vraiment amusants à deux grâce aux interactions entre les différents personnages disponibles alors que seul, ils font rapidement figure de purge comme évoqué plus haut.

Petite mention sur les DLC : le pass saisonnier qui les englobe tous coûte à peine 15 euros et vous donne accès en plus à quatre packs de personnages (coûtant chacun 2 euros quand achetés individuellement) dont DC Super Villains : Séries Télés, DC Super Heroes : Séries Télés, Justice League Dark et DC Films. Le premier DLC de contenu, en deux parties, est connecté au film Aquaman et vous permet d’en revivre l’histoire avec les personnages du film. La première partie est disponible depuis le 4 décembre, la suite est prévue pour le 8 janvier. Suivront les level packs de Batman : The Animated Series (que l’on attend avec impatience pour retomber en enfance), Young Justice et les deux niveaux autour du film Shazam! qui sortiront un peu en amont du film courant 2019.

Crache ta brique, Myrhdin

On va vous faire une petite checklist.

  • Vous aimez les comics ?
  • Vous connaissez un peu l’univers DC (comprendre vous savez qui sont Batman, Superman, The Flash ou encore Wonder Woman) ?
  • Vous n’avez pas de souci à incarner un personnage qui est normalement le méchant de son histoire ?
  • Vous êtes confiants dans votre aptitude à jouer à un jeu prévu pour les 3 ans et plus ?
  • Vous avez un partenaire de jeu avec lequel partager cette expérience ou alors un.e ami.e (ou plus si affinités) qui répond par l’affirmative aux questions précédentes ?

Alors, il n’y a aucune raison pour que vous n’aimiez pas Lego DC Super-Villains. Partez donc à la découverte de Gotham et Metropolis. On vous l’a dit, n’attendez pas une révolution dans le monde des jeux Lego, mais juste une approche et une histoire originale portée par un casting forcément inhabituel vu qu’il est composé des méchants d‘un univers qui en regorge (et bon, ils ont parfois un peu fait les fonds de tiroir). C’est du fan service d’enfer accessible à tous et on peut affirmer avec aplomb qu’on doute fort que qui que ce soit en attende autre chose.

Si vous avez une famille joueuse et que vous ne saviez pas quoi faire de l’une ou l’autre de vos cartes cadeaux de Noel, c’est un investissement qui réjouira petits et grands.

Ce test a été écrit sur une version Xbox One du jeu fournie par l'éditeur du jeu et n'est en aucun cas le fruit d'une transaction commerciale entre l'éditeur et JeuxOnLine.


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4,7 / 10 - Moyen

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