Test de Death Stranding - Rejoins moi sur la grève

Hideo Kojima revient sur le devant de la scène avec un tout nouveau titre : Death Stranding. Avant même sa sortie, le jeu divisait déjà la communauté entre les pro et anti Kojima ou encore sur le gameplay du jeu. Nous avons eu la chance de devenir des porteurs de talents et nous vous conterons ici nos aventures !

Préambule

Quand j'ai voulu faire le test de Death Stranding (DS), je ne m'attendais pas à me retrouver dans une position extrêmement difficile. En effet, ce jeu provoque tellement d'émotions (tristesse, colère, frustration…) qu'il est parfois compliqué de savoir vraiment si on a devant nous un jeu incroyable ou un étron de la pire espèce. Or, comme nous basculons dans le pli des émotions, il devient dès lors compliqué de faire preuve d'objectivité. D’ailleurs, même en faisant de mon mieux, je ne pourrais pas être 100% objectif sur ce test (bouh, au bûcher le testeur !).

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Je tenterai de faire un pas de côté pour vous conter l'histoire que j'ai vécue en lien avec les différents points positifs (et négatifs) du jeu. Encore une fois, Kojima nous a fait du Kojima et le retranscrire ne sera pas une mince affaire. Pour votre bien et pour votre future découverte (ou non), nous ne parlerons que brièvement de l'histoire, car celle-ci est au coeur de l'oeuvre de Kojima et le moindre spoiler ruinerait l'expérience de jeu. Bonne lecture !

Précédemment dans The Walking Stranding

Vous incarnez Daryl Sam (Norman Reedus) dans un univers ravagé par le Death Stranding. L'humanité est réduite à quelques milliers d'individus qui se sont retranchés dans des abris. Dans le jeu, nous n'avons qu'une vision de l'Amérique. Sam est un porteur, sa tâche est de prendre des commandes entre les différents points relais et d'apporter des marchandises. Pourquoi diable aurait-on besoin de livreur dans un monde ravagé ? Les gens ne se sont-ils pas regroupés entre eux et n'ont-ils pas construit des murs géants pour se protéger de monstres ? Non.

Concrètement, le monde est totalement déconnecté et chacun vit dans son coin, faisant sa propre vie ou ses propres recherches. À l'extérieur, la terre est, par endroits, occupée par des spectres. Autrefois humains, ceux-ci sont morts et un phénomène de nécrose les a transformés en spectres qui cherchent à attirer les vivants. Ah oui, au passage, la pluie extérieure accélère le vieillissement des humains ou des objets ! Un monde sympa quoi. Outre le fait de livrer des paquets, Sam va se voir confier la mission de reconnecter les différents relais se situant en Amérique pour rebâtir une nation soudée.

Si le pitch est simpliste, l'histoire et l'univers sont tout autres. Dès les premières minutes, il faut vous accrocher, car on vous balance une tonne d'informations et des mots qui n'ont peut-être aucun sens pour vous au début : Death Stranding, Néantisation, Dooms, ... Ne paniquez pas, tout est expliqué en temps et en heure si vous prenez la peine de vous concentrer sur le jeu. Maintenant, si vous vous faites des pâtes carbos en jouant, il ne faudra pas venir vous plaindre de pas avoir compris pourquoi Mickaël couche avec la soeur de Sarah qui est en fait sa cousine, hein !

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Bien entendu, une bonne histoire a souvent son antagoniste et ses personnages dont on ne sait jamais s'ils sont amis ou ennemis. Death Stranding ne déroge pas à cette règle et nous propose des personnages secondaires joués par des acteurs comme Troy Baker (qui est une des grandes voix des jeux vidéo et fait notamment Joel dans The Last of Us, Gul'Dan dans WoW, ...), Léa Seydoux (actrice française ayant joué dans James Bond, Mission Impossible, La VIE d'Adèle,...) ou même Guillermo Del Toro (si tu le connais pas, arrête de lire ce test et regarde Pacific Rim ou Hellboy). Je ne vous parle même pas de Mads Mikkelsen...

Chaque personnage a un background assez bien détaillé et parfois même prenant aux tripes. On note là aussi la performance de Margaret Qualley (Once Upon A Time, The Leftovers...) dans le rôle de Mama.

Vis ma vie de transporteur UPS

On se lance tout de suite dans le point qui divise le plus la communauté : le gameplay !

Est-ce que vous passez votre temps à livrer des paquets voire même des pizzas ? Oui monsieur.

Il est important de remettre les pendules à l'heure, mais Hideo Kojima n'a jamais proposé un gameplay incroyable ou novateur dans les jeux dans lesquels il a cumulé les postes (et notamment le poste de game designer). Metal Gear a un gameplay rigide qui a très peu évolué au fil des années et encore aujourd'hui, dans Death Stranding, on retrouve Metal Gear. Clairement, le gameplay se veut simpliste, mais il n'en reste pas moins efficace. C'est dans la connexion avec d'autres joueurs que ce gameplay évolue pour proposer plus qu'un simple jeu dans lequel on porte des colis, un enjeu dont ces livraisons ne deviennent qu'un prétexte pour reconstruire le monde.

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En effet, Death Stranding a beau être un jeu solo, vous n'êtes pas vraiment seul. Vous êtes connecté avec d'autres joueurs et leurs actions ont un impact sur le monde dans lequel vous évoluez, tous ensemble. En effet, pour faciliter votre vie de porteur, il vous faut construire des ponts pour travers des rivières, des tyroliennes à travers les montagnes ou simplement des routes. Fort heureusement, vous n'êtes pas le seul à avoir besoin de ces chemins : les autres joueurs aussi. C'est là que l'entraide, sans réellement s'en rendre compte, prend du sens. Mes constructions dans le monde ont un impact sur celui des autres et donc quand je veux m'aider moi-même, j'aide aussi les autres.

Le point le plus intéressant, à mon sens, reste celui des routes. Il y a tout un système routier qui ne demande qu'à être reconstruit, mais cela demande des tonnes de ressources. Cependant, en se mettant à plusieurs, cela devient tout de suite plus simple. Chaque joueur peut faire le choix de mettre ou non des ressources pour construire des routes. Celles-ci simplifient énormément les transports, mais coûtent cher. Vous pouvez même aider les joueurs à construire/évoluer leurs bâtiments. C'est notamment très pratique pour les véhicules du jeu. On retrouve des motos et des camions et ceux-ci ne sont pas ultra pratiques pour faire du hors pistes. Les routes permettent donc d'accéder facilement aux différents points et ont l'avantage de ne pas consommer la batterie des véhicules.

En effet, il y a aussi un aspect survie dans le jeu qui vous pousse à changer de temps en temps de chaussures, à boire pour récupérer de l'endurance, à vous reposer,...Et donc à faire aussi attention à vos niveaux de batteries que ce soit pour vos exosquelettes ou vos véhicules.

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Il est donc probable qu'à chaque connexion et à chaque pas dans une zone, vous voyez votre monde changé, devenir plus abordable ou finalement que vous empruntiez un chemin tout tracé par un autre joueur qui est passé avant vous. Je suis assez fier de mon système de tyrolienne dans les montagnes, de rien les mecs !

À côté de cela, on ajoute qu'il est possible de récupérer les marchandises que d'autres joueurs n'ont pas acheminées à leur point final ou qui ont été perdues contre les spectres.

On ressent une réelle avancée dans le gameplay à mesure que l'on avance dans le jeu et dans l'histoire. On débloque de nouveaux gadgets, des armes qui nous permettent de nous défendre contre les spectres, mais aussi contre les Mules, ces pirates en quête de vos marchandises. Le jeu se transforme alors, par moment, en jeu d'action où on décide de s'occuper d'un camp de Mules pour leur piquer leurs ressources, par exemple afin d'alimenter une route.

Il est tout à fait possible de jouer en mode déconnecté et de ne profiter d'aucune infrastructure des autres joueurs. Toutefois, l'expérience n'est clairement pas le même et ce n'est pas le but du jeu.

Like me, i'm famous

Pour complémenter ce gameplay, Sam évolue en fonction des livraisons qu'il effectue. Les livraisons sont divisées en plusieurs catégories (qualité de la marchandises, poids, temps de livraison, connexion...). Ces différentes catégories gagnent des niveaux et augmentent celui de Sam, qui reçoit alors des bonus. Vous engrangez donc des points qui sont appelés "Likes" et sont répartis automatiquement en fonction de vos connexions avec les autres joueurs ou des livraisons que vous faites.

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Chaque construction que vous faites ou panneau que vous posez pour aider les autres joueurs peut aussi recevoir des likes. Un moyen de récompenser les joueurs qui vous ont aidés à traverser des endroits périlleux. Comme une instagrammeuse en manque, on devient limite accro à ces likes qui nous donnent envie d'aider encore plus les autres joueurs et de parfaire nos constructions.

En plus, à chaque fois qu'un autre joueur emprunte une de vos constructions, vous avez un message discret qui s'affiche. On a l'impression de jouer en multijoueurs à un jeu de construction par moments, c'est assez troublant !

Graphiquement musical

Parlons d'abord des graphismes du jeu, qui sont assez bluffants. La motion capture rend fidèlement le travail des acteurs et leurs moindres mimiques. Norman Reedus ou Léa Seydoux offrent un panel d'émotions à l'écran qui nous pousse à mettre la manette de côté et à se mettre en position film pour mieux apprécier les scènes se déroulant devant nous. Clairement, Death Stranding est l'un des plus beaux jeux réalisés à ce jour sur PlayStation 4. La photographie de certaines scènes (notamment celles de Mads Mikkelsen) est tellement incroyable qu'on voudrait limite faire des captures d'écrans dans tous les sens !

L'univers du jeu est, lui, aussi gigantesque que beau. On passe de zones dévastées à de la verdure pour finir dans des montagnes enneigées en plein blizzard tout en proposant des panoramas. C'est un réel plaisir d'évoluer dans un monde aussi dévasté, mais proposant des environnements très variés. On regrette néanmoins que la population qu'on rencontre ne soit pas plus développée, l'histoire se limitant à quelques protagonistes que l'on rencontre souvent en hologramme. Il manque bien souvent de vie dans ces différents relais. De temps à autre, on rencontre quelques PNJ porteurs qui vous offrent des objets, mais cela reste assez anecdotique.

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Outre l'aspect graphique, l'aspect musical constitue un autre point vraiment réussi, même s'il est assez limité. Kojima a énormément mis en avant Low Roar, qui apparaît à divers moments de l'histoire pour vous accompagner dans votre aventure. Outre cela, tout une bande originale est déjà disponible ; on retrouve notamment un titre de Major Lazer & Khalid ou encore de The Neighbourhood. Des sons généralement très dirigés ambiance qui collent parfaitement à ce que le jeu propose. 

C'est en effet cette ambiance très particulière qui rend Death Streading aussi intéressant, cette espèce de monde ouvert qui se bâtit au fur et à mesure, ces plans qui peuvent être très sombres avec des moments assez rudes.

Diviser pour mieux se réunir ?

Death Stranding est obligatoirement une oeuvre qui divisera les gens, car elle parle directement aux tripes des uns et des autres ou alors pas du tout. On y parle de connexions, de liens, de la mort... Des sujets qui provoquent chez les gens diverses émotions ou souvenirs. Il est déjà parfois difficile d'être tous d'accord sur un jeu, mais quand il s'agit d'un jeu de ce gabarit, c'est d'autant plus compliqué.

Mon impression concernant le jeu est que Kojima a voulu offrir un maximum de possibilités aux gens pour raconter son histoire. En effet, c'est au final ce qui reste de Death Stranding une fois qu'on a posé sa manette : l'histoire. Kojima a toujours voulu faire du cinéma et encore une fois, il nous le montre via son histoire et via ses protagonistes, à tel point qu'il nous offre de longues cinématiques et un dénouement extrêmement long. Avant de vous lancer dans la fin du jeu, prévoyez deux heures sinon vous serez obligé de stopper et de reprendre ensuite ou alors de veiller tard !

Si certains applaudiront une démarche scénaristique poussée, d'autres mettront le doigt sur le fait qu'on a envie de jouer à un jeu et pas seulement de le regarder. Même si Death Stranding essaie de proposer une aventure complète, celle-ci reste imparfaite sur certains points et notamment le gameplay des phases de tir, qui sont assez peu intéressantes.

Death Stranding propose une expérience différente de la soupe qu'on nous sert actuellement dans le monde du jeu vidéo (hors petites perles indépendantes à droite ou à gauche). Plus vous avancerez dans le jeu, plus les pièces du jeu se mettront en mouvement pour finir par s'unir et s'imbriquer in fine.

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Autre complication du jeu, il met un temps vraiment important avant de prendre une direction qui pousse à en savoir toujours plus et à se lancer à corps perdu dans l'aventure. Il installe son ambiance, ses personnages, ses connexions et cela prend du temps (trop ?). Néanmoins, clairement, j'ai trouvé le voyage très intéressant au final et cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti d'autres émotions que de l'amusement dans un jeu et cela fait du bien !

Difficile donc de recommander ou non Death Stranding : le jeu offre clairement une expérience particulière. Si vous n'êtes pas chaud actuellement, peut-être pouvez-vous attendre une promo (ou la sortie du jeu sur PC durant l'été 2020). Vous ne passerez pas à côté du chef d'oeuvre de 2019, je vous rassure. Si par contre le jeu vous intrigue, je ne peux que vous inviter à passer le cap et à découvrir cet univers qui vaut vraiment le coup.

Le jeu est actuellement disponible sur PlayStation 4 pour une somme avoisinant les 60 euros.

Ce test a été rédigé par Glaystal avec une copie offerte par l'éditeur.

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4,5 / 10 - Intéressant