Test d'Astérix et Obélix XXL 3 : Le Menhir de Cristal - À la recherche des cristaux perdus

Quatorze années séparent ce Astérix et Obélix XXL 3 : Le Menhir de Cristal de son prédécesseur. Si le deuxième épisode a connu un remaster assez paresseux l'année dernière, il a fallu attendre longtemps pour voir arriver une suite d'une licence qui se portait plutôt bien. Sympathique à jouer à l'époque, on espèrait avec ce troisième épisode retrouver le fun d'antan. Mais les français d'OSome Studio en ont profité pour modifier la formule, une prise de risque pour une licence qui n'en demandait peut-être pas tant.

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Par toutatis !

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Un étrange menhir arrive dans un irréductible village gaulois toujours en proie à l'envahisseur romain. Panoramix reçoit un étrange courrier : nos deux héros Astérix et Obélix doivent partir loin de chez eux. Le menhir semble pouvoir être alimenté par des cristaux aux propriétés élémentaires très différentes, il faut à tout prix empêcher César de mettre la main dessus. On sera honnête, l'idée de retrouver la licence Astérix et Obélix XXL a réveillé une certaine nostalgie. Celle d'heures passées sur ses deux premiers opus, qui sans être irréprochables, constituaient de sympathiques adaptations de la bande dessinée. Son humour et sa malice y étaient très présents, permettant de prolonger le plaisir d'un univers si important dans le paysage de la BD franco-belge, la curiosité nous a donc poussé à jeter un œil à ce troisième épisode qu'on n'attendait plus vraiment.

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À cette occasion OSome Studio en a profité pour changer la formule. De beat'em all relativement linéaire en vue de derrière à la troisième personne, on passe à une succession de mondes en simili-monde ouvert en vue du dessus. Un changement de perspective et de structure des niveaux qui bouleverse en réalité largement l'approche du jeu. Le jeu nous installe dans la quête principale du Menhir en proposant à chaque niveau - qui sont des cartes relativement grandes et diverses aux quatre coins du monde d'Astérix - une poignée de quêtes secondaires à accomplir auprès des habitants des différentes régions. L'occasion de gagner un peu plus de crédits pour améliorer nos personnages et leurs compétences spéciales. Astérix et Obélix bénéficient en effet chacun de quatre coups spéciaux et d'un "ultime" : la potion magique pour Astérix, l'attaque d'Idéfix pour Obélix. Les quêtes secondaires ont le mérite de nous faire découvrir quelques personnages hauts en couleur tout en variant le type d'objectifs, mais c'est bien la quête principale qui nous occupe le plus clair de notre temps.

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Et c'est là que le jeu pêche terriblement. Son humour manque certainement de la finesse des bande dessinées, avec des vannes qui ne sont pas toujours très inspirées. Ce d'autant plus que la quête principale a tendance à tourner en rond, en nous larguant dans un simili-monde ouvert qui ne se renouvelle jamais vraiment. Si quelques niveaux offrent une poignée de puzzles, les deux derniers notamment, les autres consistent essentiellement à naviguer dans un monde faussement ouvert et à enchaîner quelques camps de Romains (qui se ressemblent tous) pour récupérer un objet clé. Les combats ne bénéficient pas de beaucoup plus de soin puisqu'on se limite à une touche pour frapper et à une combinaison de touches pour utiliser les coups spéciaux qui utilisent la barre d'énergie. Le système d'amélioration des personnages quant à lui permet d'augmenter la barre de vie, d'énergie et la puissance des attaques, mais rien de nouveau à se mettre sous la dent puisque tous les coups et techniques sont utilisables très tôt dans le jeu. La seule nouveauté en matière de gameplay est à voir du côté du menhir que porte Obélix, qui obtient quelques nouveaux pouvoirs élémentaires au fil de l'aventure. Une aventure que l'on conseille très fortement de parcourir en coopération à deux, puisque l'IA qui contrôle le personnage que l'on n'a pas sélectionné sur le moment se révèle parfaitement inutile dans les combats, sortant très peu de coups et nous laissant la plupart du temps nous débarrasser de l'intégralité des ennemis. Cela a d'ailleurs pour conséquence, malgré un public relativement jeune, de provoquer une difficulté parfois relevée. Avec des Romains très nombreux et qui tapent parfois plutôt fort, les combats finissent de temps à autre par ressembler à une épreuve d'endurance qui consiste à taper de la même manière des dizaines et dizaines d'ennemis pendant de longues minutes en évitant les projectiles (archers, lanciers) qui font de gros dégâts. Alors, on n'est jamais contre un peu de challenge, mais ces sursauts de difficulté et ces séquences qui tirent en longueur s'avèrent plutôt malvenues dans un jeu qu'on aurait tendance à vouloir parcourir avec nos enfants ou petits frères et sœurs.

Vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bon ou de mauvais jeu...

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D'autant plus que les combats souffrent d'un criant manque de lisibilité. La faute peut-être à une vue du dessus qui peine à mettre en scène ses héros, il n'est pas rare de se retrouver submergé au milieu des Romains et de taper au hasard sans trop savoir où on se trouve réellement. Un phénomène accentué par les nombreuses latences d'un jeu qui tourne très mal sur sa version Switch, que nous avons testée, avec des baisses de framerate conséquentes chaque fois qu'il y a quelques ennemis et effets (explosions, coups spéciaux) à l'écran. Pourtant, le jeu n'est pas très fin graphiquement, même s'il est sauvé visuellement par une direction artistique qui colle plutôt bien à l'univers d'Uderzo et Goscinny.

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Heureusement, on voit rapidement le bout de l'aventure puisqu'il faut compter environ cinq heures de jeu pour arriver à la fin de l'histoire principale. un peu plus en s'attachant à terminer toutes les quêtes secondaires et encore plus en recherchant les nombreux collectibles qui peuplent les différentes régions du jeu. La diversité des environnements est d'ailleurs une vraie force pour le jeu : s'il rate beaucoup de choses, Astérix et Obélix XXL 3 a le mérite de nous emmener aux quatre coins des conquêtes de l'Empire romain, passant autant de la montagne enneigée de l'île mythologique de Thulé à la Crète, en passant par Tyr et, évidemment, Rome et le village gaulois.

Conclusion

C'est bien un sentiment de déception qui domine après ces heures passées sur Astérix et Obélix XXL 3. La quête du menhir nous a fait rêver d'un retour plein de nostalgie dans les BD de notre enfance, mais le résultat s'avère hors du temps, la faute à une nouvelle formule qui tente de moderniser la structure de son prédécesseur d'il y a quatorze ans, mais qui ne parvient finalement qu'à la vieillir. L'humour ne fonctionne pas et, si les doublages français sont de bonne facture, ils ne parviennent jamais vraiment à nous faire décrocher le moindre sourire. Peu intéressant à jouer à cause d'une répétitivité trop marquée, compliqué à partager avec les plus jeunes à cause de sa difficulté parfois mal dosée, le jeu rate à peu près tout ce qu'il entreprend et ça nous attriste terriblement.

Test réalisé par Hachim0n sur Switch à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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