Test de Monster Energy Supercross 3 - Énergique, mais sans folie

Nous sommes passés par toutes les émotions depuis l'arrivée de Milestone dans le petit monde de la supercross à l'américaine, un premier jeu décevant laissait en effet sa place l'année dernière à un deuxième opus plus solide. Discipline spectaculaire qui se dispute dans des stades gigantesques, elle est tout de même méconnue dans nos contrées. Pourtant, elle sied parfaitement au genre vidéoludique : combinaisons colorées, motos qui dérapent dans la boue, feux d'artifices et public survolté sont autant de choses utiles pour rythmer un jeu de course atypique. Alors, qu'en est-il de ce troisième essai ?

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Une moto ou une autre...

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Dopé à la boisson énergisante, le championnat américain de supercross est une curiosité. Très techniques, les circuits consistent en une succession de lignes droites semées de bosses plus ou moins hautes où les pilotes doivent trouver le bon rythme pour se sortir de la masse. Tout le monde passe par les mêmes sauts, mais le vainqueur est celui qui aura fait preuve de régularité et de précision pour les enchaîner sans perdre trop de temps. Les opportunités de dépassement sont aussi très nombreuses avec les virages serrés qui entrecoupent les lignes droite, où prendre l'extérieur permet de maintenir une vitesse intéressante tandis que l'intérieur est souvent un lieu de bataille terrible pour gagner une place.

Spectaculaire à regarder, notamment grâce à l'ambiance de ses tribunes et du spectacle pyrotechnique qui entoure la course, la compétition est aussi une évidence pour les jeux vidéo. L'enchaînement d'obstacles permet ainsi d'offrir une courbe de progression intéressante ; apprendre à maîtriser la physique de la moto et mémoriser les circuits et la meilleure manière d'aborder chaque zone (vitesse, hauteur du saut) permet à terme d'améliorer considérablement nos chronos. Et c'est quelque chose que Monster Energy Supercross 3 restitue plutôt bien, comme son aîné, en mettant l'accent sur cette inévitable phase d'apprentissage qui récompense plus tard les apprentis pilotes les plus sérieux. L'euphorie des tribunes et de l'environnement qui entoure la compétition tranche d'ailleurs énormément avec la concentration exigée par chacune des courses : pouvant durer jusqu'à 15 ou 20 minutes, elles ne pardonnent - dans les niveaux de difficulté les plus élevés - aucun moment de faiblesse puisqu'il suffit d'un saut mal pris pour rater tout le reste de l'enchaînement et ainsi faire revenir nos concurrents qui guettent le moindre faux pas. D'autant plus qu'à la différence d'autres disciplines sur deux roues (le MotoGP par exemple), il n'y a jamais de ligne droite entièrement plate pour nous reposer deux secondes avant un enchaînement compliqué.

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Cette nouvelle édition reprend d'ailleurs les bases de son prédécesseur, et on le dit tout de suite : la série tâtonne déjà. Les améliorations sont très légères et sont à regarder du côté de la physique des motos, un poil plus lourdes, avec des sauts légèrement mieux gérés qu'il y a un an (lorsque

les motos décollaient parfois trop facilement). Cela permet au gameplay de se targuer d'être plus précis, plus nerveux, mais on doit bien avouer que les différences avec le deuxième épisode de la série sont bien trop superficielles pour nous faire sauter de joie. Heureusement, le jeu reste toujours aussi agréable et même très gratifiant lorsque l'on commence à bien connaître les enchaînements. Monster Energy Supercross 3, à l'instar de son prédécesseur, brille de mille feux lors des courses sous la flotte : piste boueuse, motos crades et dérapages en tout genre, c'est là que le moteur physique du jeu se révèle le mieux. D'autant plus que le gameplay insiste toujours sur le contrôle à la fois de la moto (avec le stick gauche) et l'inclinaison du pilote (avec le stick droit), deux éléments bien trop simples à prendre en main en temps sec, mais particulièrement décisifs sur une piste humide ou sous la pluie.

Malheureusement, si les qualités sont les mêmes que son prédécesseur, les défauts le sont également. Le pilote reste par exemple toujours trop figé dans les airs, tandis que l'intelligence artificielle fait un peu plus d'erreurs qu'avant - la rendant au passage plus humaine dans son comportement -, mais la physique ne semble pas toujours s'appliquer à elle tant les pilotes contrôlés par le jeu semblent vissés à leur moto, ne chutant que trop rarement quand bien même certaines séquences, comme l'atterrissage d'un paquet de pilotes collés les uns aux autres sur une piste humide, serait désastreux en temps normal. Autre problème et non des moindres : les scrubs. Cette technique si chère à la discipline reste toujours en retrait, à la fois trop simple à utiliser et offrant trop peu de récompense. Alors que le scrub est un élément décisif du spectacle et de la gestion des sauts lors des vraies courses de supercross, le gain n'est pas suffisamment probant en jeu pour penser à l'utiliser régulièrement. Pour peu  que l'on trouve le bon tempo de chaque enchaînement de sauts, les scrubs ne présentent pratiquement plus d'intérêt.

Visuellement réussi, mais à l'ambiance limitée

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Le mode carrière reste toutefois un élément assez dispensable. On apprécie la possibilité d'incarner une femme, néanmoins à part cette nouveauté et quelques éléments cosmétiques, on reste sur quelque chose de très similaire à l'édition sortie l'année dernière. On choisit en effet de courir en 250cc (conférence Est ou Ouest) ou en 450cc, on choisit un sponsor et c'est parti. Rien de très passionnant ici à part un enchaînement d'épreuves issues du calendrier officiel du championnat, permettant de gagner en popularité et en crédits pour acheter d'autres éléments cosmétiques. Ils ont quand même eu le bon goût d'offrir quelques courses hors-championnat, organisées sur le terrain d'entraînement, afin de varier les plaisirs.

Le contenu n'en reste pas moins riche, les 17 étapes officielles sont en effet accompagnées par une énorme zone ouverte à parcourir librement, qui propose également quelques pistes d'entraînement et des défis. On retrouve évidemment l'éditeur de circuit qui n'a toutefois pas bénéficié d'amélioration particulière, mais qui permet quand même suffisamment de choses pour agrémenter le jeu de quelques pistes intéressantes créées par la communauté.
La zone ouverte devient par ailleurs une tradition pour la série et c'est un vrai jeu dans le jeu, à tel point qu'on prend plaisir à s'y balader en cherchant des zones de sauts inattendues. D'autant plus que le jeu reste assez joli et est agréable à l'oeil, bien qu'il n'y ait pas d'amélioration majeure de ce côté-là, tournant dans sa version Steam sans aucun problème sur notre machine. 

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On regrette toutefois que les développeurs peinent toujours du côté de l'ambiance. L'approche de l'année dernière fonctionnait plutôt bien, mais on espérait un peu plus cette année, notamment du côté de l'ambiance sonore. Les tribunes restent toujours trop mornes et peu enjouées, tandis que les commentateurs ne se font entendre que dans les cinématiques de début et de fin de course. Les motos, elles, sonnent plutôt juste, mais les sons manquent quand même de profondeur et de variété. On espère que la prochaine édition s'intéressera à ces éléments qui, dans un jeu finalement très accessible en visant un public assez large, pourrait être déterminant pour donner un second souffle à la licence.

Enfin, le multijoueur l'année dernière manquait de paramètres et de modes différents pour contenter la communauté. Il a donc été revu et bien amélioré sur de nombreux points. De nouveaux serveurs dédiés permettent d'abord de participer à des courses un peu plus stables que l'année dernière, mais ce qui nous a le plus plu est l'arrivée enfin d'un mode "directeur de course" : à la manière par exemple des jeux F1, un joueur peut être désigné pour organiser la compétition selon ses règles et même la diffuser, en gérant notamment les caméras. On ignore si la fonctionnalité sera utilisée par la communauté, mais cela pourrait quand même provoquer une certaine envie de créer des compétitions en ligne pour les diffuser sur Twitch et compagnie.

Conclusion

Trop similaire à la précédente édition, Monster Energy Supercross 3 a les mêmes qualités et défauts : accessible et fun à jouer, le jeu ne parvient pas à pleinement saisir l'intérêt du scrub dans les courses de motocross et perd une belle occasion d'aller plus loin dans sa proposition. La physique de la moto est certes légèrement améliorée, mais le pilote reste le plus souvent vissé à elle et n'a que peu d'impact sur le comportement de l'engin peu importe sa position, à l'exception des courses sur piste humide qui sont beaucoup plus difficiles à aborder. Certes, on s'amuse, certes, il est visuellement correct - bien qu'il manque un peu d'ambiance propre à la compétition sous licence qu'il adapte -, mais le jeu de Milestone ne parvient pas à se libérer complètement pour contenter un public plus exigeant.

Test réalisé par Hachim0n sur PC à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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