Test de Devil May Cry 3 : Special Edition - Les yeux qui pleurent

Comme beaucoup de monde, à l'époque j'avais beaucoup apprécié Devil May Cry 1, jeu qui était censé être un Resident Evil 4 et qui a, à la place, lancé un genre de beat them up sous stéroïdes. Puis, comme beaucoup de monde, j'ai été déçu par le deuxième opus, au point de ne même pas avoir joué au troisième. Sa sortie sur Switch en mode Special Edition me permet de rattraper ce retard et de voir ce que donne ce jeu qui en 2005 avait été très apprécié ... et on va voir que le temps qui passe peut être cruel.

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Comme au bon vieux temps

Le jeu s'ouvre sur une superbe cinématique... voilà ce que j'aurais pu écrire en 2005. Sauf qu'en 2020, ça ressemble plus à une bouille de pixels. Néanmoins, on comprend que Dante et Vergil sont deux frangins plutôt énervés qui se mettent sur la tronche jusqu'à ce que Vergil plante Dante.

Ensuite, petit passage par les menus qui, eux aussi, sont d'époque et du coup presque illisibles sur un grand écran en plus d'être en mode 4/3.
On lance alors le mode histoire qui nous demande si on veut jouer en "dorée" ou "jaune" sans la moindre explication (d'après Wikipédia, ça change les modalités de respawn).
Par contre, je peux choisir d'avoir droit au tutoriel, ouf.

On retrouve alors Dante, dans un bureau qui fait un peu détective privé. Il est torse nu et visiblement plus jeune que dans DMC1 ; c'est normal, car on est dans une prequelle. Dante reçoit un coup de fil et cabotine un max, peut-être même trop. Je ne suis pas contre l'humour qui contrebalance une histoire noire, mais on a constamment l'impression de diriger un ado qui ne sait pas la fermer. Du coup, le voir se la péter en cinématique alors qu'il a fallu 10 essais pour vaincre un boss, ça a un peu de mal à fonctionner.

Graphiquement, une fois en jeu, c'est beaucoup mieux : les graphismes sont assez fins, sans trop d'aliasing. ce qui implique d'avoir un peu sacrifié les textures. Le jeu tourne sans problème, même avec du monde à l'écran, que ce soit en mode portable ou dock et c'est ce qui est le plus important dans ce style de jeu.

En ce qui concerne la musique, elle est globalement discrète pour mieux surgir à fond de guitare électrique au moindre affrontement.

Un gameplay nerveux et énervant

Ce qui a rendu célèbre les DMC, c'est leur système de jeu qui a créé un genre : le stylish action.
Le principe est que c'est bien beau de tuer des monstres, mais les tuer avec beauté, c'est encore mieux.

Une jauge à l'écran indique une note de style qui monte ou descend selon qu'on varie ou non les coups par exemple et cette note influe grandement sur la note finale du niveau, synonyme de rejouabilité pour ceux qui voudraient viser les meilleurs rangs de notation.
Pour être stylé, il faut également jongler entre les attaques au corps à corps et celles à distance.

Dans le jeu d'origine, on disposait de 4 styles (au départ) qui ne pouvaient être changés qu'à des moments particuliers. Cette special edition permet de le faire à la volée si on le souhaite.
On a donc :
- Trickster : pour ceux qui privilégient l'esquive.
- Swordmaster : avec des capacités pour les armes de corps à corps.
- Gunslinger : avec des capacités pour les armes au corps à corps.
- Royal Guard : qui permet de renvoyer les attaques.

Chacun de ces styles dispose de ses techniques propres qui sont améliorables avec les orbes rouges ramassés.

Avec un peu d'entraînement, on peut donc varier les techniques et styles assez facilement, ce qui permet d'augmenter son score. Enfin "assez facilement" si vous jouez au contrôleur pro, le jeu avec les joycons s'avérant moins ergonomique et du coup ça rend le jeu peu agréable en nomade.

De la même façon, on peut à la volée changer les armes pour encore plus de style. Y'a pas à dire, les doigts sont mis à rude épreuve.

Tout ça serait parfait si le jeu ne présentait pas des problèmes de caméra semblant dater d'une époque plus ancienne que le jeu d'origine lui-même.
Globalement, on a très peu la main sur la caméra, les plans sont régulièrement fixes et ne peuvent tourner que lentement et/ou dans une mesure limitée.
Le bouton de verrouillage, qu'on doit régulièrement maintenir ne serait que pour effectuer certains coups spéciaux, s'occupe de gérer la caméra de la façon la plus intelligente qu'il peut. Malheureusement, ce système de verrouillage semble être du niveau d'un bébé qui n'a pas encore appris l'usage du pot.

On tape ou tire donc régulièrement dans le vide, rate des plateformes ou encore revient au début du niveau à cause d'une perspective mal présentée. Le jeu n'est pas très facile et les game over sont réguliers, mais ce qui les rend le plus frustrant, c'est de perdre parce que l'action est illisible.

Ajoutons à ça l'architecture des niveaux qui, non content d'être bizarrement tortueuse (allez, disons que ça va bien avec l'ambiance du jeu), nous bloque régulièrement pour nous envoyer chercher la xème clé à l'autre bout du sinueux niveau.

Un Devil mi-ange mi-démon

On traverse donc avec plus ou moins de plaisir une vingtaine de niveaux, avec des points de sauvegarde parfois pénibles (se retaper des packs de monstres avant de pouvoir refaire un boss qui nous a tué peut être rébarbatif) et des moments de plateformes frustrants, car difficilement lisibles.

Les boss sont variés et représentent les meilleurs moments du jeu après s'être infligé un parcours souvent lourd, mais après quelques essais, on a peut avoir envie de passer en mode facile quand on meurt pour la énième fois à cause d'une caméra capricieuse.

La Special edition apporte un mode survie "Palace sanglant" qui consiste à affronter des vagues de monstres pour monter à l'étage 9999 d'une tour sachant qu'aléatoirement on peut monter de 100 étages d'un coup. Ce mode est également praticable à deux et est peut-être ce qu'il y a de plus drôle à jouer, car l'espace de combat laisse une bonne visibilité de ce qu'il se passe.

Du coup, j'ai du mal à croire qu'à sa sortie, ce jeu était considéré comme un gros succès.

Est-ce que suite au mauvais DMC2, avoir un jeu correct était une bonne surprise ? Est-ce le gameplay qui a pris un coup de vieux ? Est-ce moi qui suit trop vieux pour ça ?

Sûrement un peu des trois, mais je pense que le problème principal est que depuis les DMC, on a pu jouer à Bayonetta, qui renvoie Dante à la préhistoire des stylish action.

Si vous avez déjà joué à DMC3, cette version ne présente que peu d'intérêt d'autant que jouer en mode portable est pénible.
Si vous n'avez pas Bayonetta sur Switch, achetez-le plutôt que ce jeu.

Devil May Cry 3 : Special Edition n'est pas un mauvais jeu, mais il est un portage fainéant sur certains aspects avec un gameplay qui a mal vieilli même si la possibilité de changer de style a redonné du peps. À réserver aux fans de la série.

Testé par Aragnis sur Switch avec une version fournie par l'éditeur.

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Plateformes Nintendo Switch, PlayStation 2, PlayStation 3, PlayStation 4, Windows, Xbox 360, Xbox One
Genres Action, fantastique

Sortie 24 mars 2005 (France) (PlayStation 2)
3 avril 2012 (France) (Xbox 360)
3 avril 2012 (France) (PlayStation 3)
13 mars 2018 (France) (PlayStation 4)
13 mars 2018 (France) (Xbox One)
13 mars 2018 (France) (Windows)
20 février 2020 (France) (Nintendo Switch)

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