Test de Rune Factory 4 Special - Mon jardin secret

Je découvre sur le tard, avec son 4ème épisode, la série des Rune Factory. Sorti en 2012 sur la 3DS, il aurait dû être le dernier de la série, le studio Neverland ayant disparu en 2013. Cependant, le voici dans une version Special pour la Switch, repris par le studio Marvelous en préambule de Rune Factory 5 qui devrait sortir plus tard cette année, mais ce ne serait pas une raison pour rater cet opus bourré de qualité.

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Savez-vous planter les choux ?

Les Rune Factory sont un spin-off de la série des Harvest Moon dont le producteur a dit que c'était "Harvest Moon où vous brandissez une épée".

Suite à une introduction sous forme de dessin animé avec une chanson j-pop entraînante, on incarne ?????? (le joueur choisit son nom), qui est un homme ou une femme. Suite à une altercation en plein vol avec des gardes, on tombe du ciel directement sur un dragon. La chute entraîne une amnésie et l'on est rapidement désigné prince protecteur du village et fermier attitré. Oui, je sais, ça paraît brutal et le coup de l'amnésie n'est pas des plus original, mais après une première heure de jeu assez bavarde, on se retrouve directement en pleine action à courir partout.

Une des premières chose qu'on découvre est le calendrier. Il est très important, car on joue chaque jour (comme le dernier talatataaaa) du lever au coucher de la façon qu'on souhaite.
Sachant qu'une seconde IRL équivaut à 1 minute dans le jeu, les journées passent vite vues toutes les activités que propose le jeu. Même si l'on a toujours un petit sentiment d'urgence, ce n'est pas désagréable, car on peut remettre à demain ce que l'on a pas fait le jour même. Et c'est tant mieux parce que les horaires des boutiques peuvent se révéler incompatibles avec une exploration de donjon.

L'activité primordiale est de s'occuper du jardin : les fleurs et légumes sont votre principale source de revenus, car il faut les vendre, ces radis. Il ne s'agit pas juste de planter une graine : il faut tout d'abord bêcher puis, une fois la graine plantée, arroser (à moins que le temps soit pluvieux). Toutes ces actions coûtent de l'énergie ; si cette énergie vient à manquer, c'est votre vie qui est drainée et si on abuse trop, on tombe inconscient et on se réveille à la clinique qui facturera cher ses soins.

Cette énergie est très importante, car en plus du jardinage, elle sert à récolter des ressources naturelles, mais aussi à lancer des sorts et capacités. Autant dire qu'au début du jeu, après une grosse séance de jardinage, on n'a pas l'énergie de partir explorer notre environnement. De plus, les moyens de récupérer de l'énergie sont volontairement limités de façon à ce qu'on en arrive systématiquement au meilleur qui soit : dormir et ainsi passer à la journée suivante. D'ailleurs, même si on a toute notre énergie, il faut dormir régulièrement, sinon notre personnage se met à bailler, ce qui est fort pénible quand on est par exemple en train de se battre contre un boss.

Néanmoins, pour ne pas dormir 16 heures par jour, il y a toute la partie sociabilisation avec les gens du village avec lesquels vous nouez des liens jusqu'à un potentiel mariage et même enfant.

Elder scrolls Rune

Comme dans les jeux de Bethesda, votre personnage progresse en fonction de ce qu'il fait. La moindre action, ne serait-ce que de se déplacer, entraîne l'augmentation d'une capacité.

Tout cela augmente la vie et l'énergie de notre personnage, ce qui lui permet d'effectuer de plus en plus de choses chaque jour, mais aussi d'affronter des ennemis de plus en plus forts.

De la même façon, chaque arme a sa propre maîtrise, donc il ne faut pas hésiter à varier très vite ce qu'on utilise, car sinon on peut se retrouver plus avancé avec une très belle arme, mais pour laquelle on ne dispose d'aucun coup spécial.

Parallèlement au développement du village, on découvre une intrigue dans laquelle le dragon sur lequel on est tombé joue un rôle prépondérant qui nous amène à explorer les environ du village. À ce niveau, on est systématiquement limité par des obstacles qui ne disparaissent qu'au gré du scénario. Tant mieux, car c'est un garde-fou qui évite de se faire exploser par des monstres contre lesquels on n'a rien.

Les combats sont en temps réel en vue du dessus et deviennent de plus en plus intéressants avec notre progression et des ennemis plus retors. Les affrontements contre les boss nécessitent de bien comprendre ce qui se passe et sont souvent synonyme de retour à l'infirmerie : parfois parce qu'on s'est mal débrouillé, souvent parce qu'on n'était pas prêt ; il faut alors farmer pour progresser avant de se mesurer à nouveau au challenge.

Je peux vous dire que c'est une humiliation motivante quand on teste un chemin sur lequel on sait qu'on a rien à faire et qu'on se fait oneshot alors qu'on se croyait fort.

Atelier Factory

En ce qui concerne l'amélioration de l'équipement, des potions et autres repas, on en récupère évidemment dans les donjons et sur les ennemis.
Cependant, la plus grande partie de tout ça provient de nos propres créations. Comme pour toutes les autres capacités, on progresse en alchimie, en cuisine, en forge, etc.
Avec quelques recettes de base, on élève son niveau, puis on apprend de nouvelles recettes soit en essayant des composants au hasard, soit en mangeant des pains spéciaux qui nous les enseignent au hasard.
A moins d'aller tricher en regardant un wiki, trouver des recettes au hasard est compliqué, car même si on met les bons ingrédients, ça peut échouer vu que chaque recette nécessite un minimum d'énergie. C'est d'ailleurs ce qui fait que même si on avait les composants, on ne pourrait créer les armes ou armures ultimes du jeu trop tôt.

Nos créations (ou ce qu'on ramasse) servent également à se lier d'amitié avec les villageois qui peuvent se joindre à nous en combat et progressent également, tout comme les animaux qui peuvent rejoindre notre ferme et nous aider en combat ou en fournissant des matières premières comme l'œuf journalier de la poule.

Si le système de craft n'a pas la profondeur de celui d'un jeu de la série Atelier, il est bien assez riche pour nous occuper et nous motiver à progresser.

Allez hop, au boulot

Le jeu regorge de contenu. Si on peut lui reprocher une certaine répétitivité, car vous faites souvent jardinage - fabrication - exploration dans un sens ou dans l'autre, la progression ressentie est permanente. Les événements aléatoires ou liés au calendrier cassent régulièrement ce qui pourrait apparaître monotone et on avance de découverte en découverte avec grand plaisir.

Je n'ai volontairement pas parlé des points de prince qui permettent de créer des événements ou d'améliorer le village, ni de notre chambre qui peut et doit s'améliorer pour accueillir tous les ustensiles nécessaires à la progression, ni de plein d'autres petites surprises agréables à découvrir.

Le jeu est parfois peu explicatif, ce qui peut perturber. Par exemple, après une douzaine d'heures de jeu, j'ai affronté un boss qui avait tout d'un boss final avant d'enchaîner sur un générique. J'ai vraiment cru avoir terminé, du coup j'étais  un peu déçu, car si ça avait été bien, c'était court. Un peu circonspect, j'ai continué à avancer un peu dans le calendrier et après quelques jours au village arrive un nouvel événement qui relance une autre grosse intrigue. C'est gonflé de la part des développeurs, car je pense que des joueurs ont dû éteindre définitivement le jeu après cette fausse fin, mais impossible de leur en tenir rigueur tant ça s'enchaîne tellement bien dans l'ambiance du jeu où finalement on vit sa vie sans savoir de quoi sera fait le lendemain.

Graphiquement, la partie en 3D aurait pu être mieux : on a de l'aliasing sans pour autant avoir des textures de qualité, mais rien qui casse l'immersion. Les musiques, quant à elles, sont tout à fait dans l'ambiance féerique du titre, bien qu'elles ne soient pas marquantes.

Rune Factory 4 s'avère donc être un des très bon J-RPG de la Switch. L'édition Special n'est pas forcément recommandée aux joueurs qui l'ont terminé sur 3DS, mais pour tous les autres, si vous n'êtes pas rebuté par le design enfantin et la partie répétitive de la gestion de ferme, c'est un titre à avoir.

Testé sur Switch par Aragnis avec une version fournie par l'éditeur.

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