Test de La-Mulana 1&2 - Les aventuriers des ruines perdues

Freeware à ses débuts, La-Mulana avait finalement bénéficié d'un remake payant en 2012 puis de portages sur Wii et PlayStation Vita il y a déjà de nombreuses années. Metroidvania connu pour sa difficulté, la série revient dans des portages timides sur Switch, PlayStation 4 et Xbox One et qui sentent un peu la naphtaline.

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Les pièges de La-Mulana

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La-Mulana, c'est un concept à lui seul. Mi-metroidvania mi-jeu de puzzles, ses énigmes donnent du fil à retordre à celles et ceux qui oseraient se laisser tenter par cette aventure. Le jeu n'explique pas grand chose, si ce n'est qu'on incarne un aventurier (ou une aventurière dans le second jeu) parti vers les ruines de La-Mulana. Avec notre look presque identique à Indiana Jones, on commence à arpenter des donjons qui semblent avoir eu la peau de bon nombre d'autres aventuriers un peu trop enthousiastes. Progresser au sein de ces ruines n'est pas une mince affaire : les pièges sont nombreux (et certains particulièrement sournois) tandis que progresser nécessite de réussir des puzzles dans certaines salles. Activer des leviers, pousser des rochers là où il faut, vaincre les bons ennemis, faire un saut de l'ange et espérer que la stèle qui nous donnait un indice dix minutes plus tôt ne mentait pas... Toutes les raisons sont bonnes pour se triturer les méninges, d'autant plus que les indices donnés par les cadavres d'anciens aventuriers et les autels trouvés ici et là sont les seuls qui peuvent nous aiguiller. Il ne faut cela dit pas s'attendre à des indices très clairs, puisque avec son langage soutenu et son sens des formules, le jeu n'esquisse que de vagues indices qui laissent une grande place à l'interprétation. Et c'est probablement un élément qui en a inspiré d'autres par la suite, avec cette manière de faire passer la narration par l'environnement (stèles, arrières-plans) plutôt que par de longs textes, bien que l'on soit accompagné par une poignée d'e-mails envoyés par un simili-narrateur censé nous aider. 

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Metroidvania oblige, les donjons sont interconnectés et divisés en petites salles qui ont chacune leurs propres défis. Il ne faut toutefois pas s'attendre à aller en terrain connu puisque La-Mulana a une proposition surprenante pour le genre. Si le personnage se contrôle d'une manière assez classique avec un saut, une touche d'action et une touche de combat (avec un seul fouet en tout début du jeu), l'inertie des sauts et la faiblesse du personnage - mort en une poignée de coups dans les premières heures - rendent l'expérience assez brutale. Et le système de jeu n'aide pas beaucoup plus, avec une certaine avarice en matière d'objets et bonus permettant de booster les points de vie et l'obligation de trouver des "logiciels" et objets pour des fonctionnalités basiques dans la plupart des metroidvania. On pense notamment à la possibilité d'afficher la carte qui nécessite un logiciel à installer sur le PC de l'aventurier, avant de trouver les cartes des donjons au petit bonheur la chance. Ces logiciels sont d'ailleurs centraux dans l'aventure puisqu'ils seront nécessaires, outre les cartes, pour pouvoir lire les textes sur les stèles ou encore bénéficier de quelques bonus passifs. Des éléments de game design qui ne sont jamais vraiment expliqués par le jeu et que l'on découvre par hasard, en testant des choses. Néanmoins, c'est aussi des éléments qui ont, là aussi, su inspirer d'autres jeux : on pense par exemple au cartographe de Hollow Knight qui ressemble finalement beaucoup à ce que faisait La-Mulana avec ses cartes. 

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Et La-Mulana fait bien partie de ces metroidvania modernes qui tentent de faire de la difficulté un argument. En effet, tout est difficile dans le jeu : outre son absence totale d'aide au joueur en ne lui présentant pas des mécaniques de base du jeu, La-Mulana n'est pas plus tendre lorsqu'il nous met face à des pièges, des énigmes et des combats de boss particulièrement douloureux. De manière générale, La-Mulana et sa suite (qui reprend presque tout ce qui fait le sel du premier) sont des jeux austères, tant pour leur difficulté que leur gameplay, se révélant même difficiles à terminer sans guide pour le commun des mortels. Très longs à terminer - 30 à 40h pour chaque jeu -, ils offrent indéniablement un contenu conséquent et souvent très maîtrisé.

Un retour vers le passé

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Quand bien même les deux La-Mulana apparaissent un peu datés, ils n'en restent pas moins un vrai plaisir à parcourir tant ils ont à offrir. Leur direction artistique fait des miracles, avec des ruines pleines de détails et un vrai cachet dans chaque zone qui nous dépayse instantanément. La musique mérite elle aussi qu'on y passe du temps, avec des boucles musicales qui ont tendance certes à se répéter - encore plus lorsque l'on reste bloqué longtemps dans une zone -, mais qui offrent aux ruines une vraie identité. Cette compilation est d'ailleurs un excellent compagnon pour notre Switch, comme la plupart des metroidvania, même si son côté très chronophage ne cadre pas toujours avec une utilisation en déplacement. La-Mulana 1 & 2 demande en effet un vrai investissement du joueur, avec une part de réflexion importante, qui n'offre pas nécessairement un fun immédiat.

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On regrette toutefois que le portage n'apporte rien de très nouveau : La-Mulana 1 est le même que celui sorti depuis de nombreuses années sur d'autres plateformes, tandis que La-Mulana 2 reprend l'essentiel de la formule de son aîné, même s'il est très légèrement plus souple dans ses mécaniques. Alors, ce sont certes tous deux d'excellents jeux, mais on aurait aimé - à défaut de réellement remasteriser le premier - au moins une traduction française pour des jeux où le texte, et le sous-texte, sont extrêmement importants. Le niveau de langage utilisé, parfois très soutenu et avec un accent mis sur les sous-entendus, risque de frustrer celles et ceux qui ne maîtrisent pas entièrement la langue anglaise.

Conclusion

La-Mulana 1 & 2 n'ont rien perdu de leur charme, de leurs ruines qui sentent bon l'aventure et les prouesses épiques. Mais aussi les pièges, la difficulté, les énigmes un peu tirées par les cheveux et l'austérité globale qui décourage beaucoup de joueurs. Si les deux titres récompensent ceux qui s'investissent avec une histoire que l'on adore découvrir au travers des cadavres et stèles laissés ici et là, ils peinent quand même à donner envie d'y retourner alors qu'on avait déjà bien souffert sur le premier titre, notamment, il y a quelques années. L'absence de traduction française nous empêche de le conseiller à tout le monde, mais le voyage sera certainement une belle expérience si vous êtes prêts à vous investir et à tenter de surmonter les épreuves des ruines de La-Mulana.

Test réalisé par Hachim0n sur Switch à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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