Test de Journey To The Savage Planet – Y a-t-il un astronaute pour sauver la planète ?

Fondé par des anciens de grosses sociétés de jeux vidéo, Typhoon Studios n’avait pas encore sorti son premier jeu qu'il est passé sous la coupe de Stadia Games and Entertainment. Cette Planète Sauvage vaut-elle vraiment autant le voyage ?

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Allô, Houston ?

L’humanité a bien pourri sa planète et ce n’est pas dans l’avenir que ça s’améliorera. Consciente de ce fait, la société Kindred, 4ᵉ meilleure au monde, met en place un tout nouveau programme spatial : des astronautes (plus ou moins amateurs) sont envoyés sur diverses planètes pour y déterminer si l’endroit est viable comme future colonie humaine.

Votre personnage fait partie de ces heureux élus (la plupart motivés par la prime qui leur permettra de rembourser leurs titanesques dettes). Il se réveille sur l’ensemble de cailloux qui fait office de planète AR-Y26. Alors que l’exploration démarre, il est vite évident que quelque chose cloche. Quelque chose de colossal, d’imposant, et que pourtant personne n’avait encore repéré. Une nouvelle mission s’ajoute donc au contrat du protagoniste : comprendre ce que c’est.

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Pas le temps de niaiser !

L’ambiance du titre est très portée sur l’humour. Le réveil du personnage est accompagné par une vidéo (en prise de vue réelle) plutôt kitch et l’intelligence artificielle qui l’assiste, Eko, s’avère très facétieuse (certainement une cousine éloignée de GlaDOS). D’ailleurs, quand on vous demande de vous identifier sur une liste de portraits, comprenez bien qu’il s’agit là de choisir son personnage ; donc évitez de jouer au plus fin, à moins de vraiment vouloir entendre des grognements et des jappements à chaque effort de votre personnage.

Au sein du Javelin, vous êtes régulièrement accueilli par des spots commerciaux vantant divers produits complètement improbables. L’image fleure souvent bon les FMV des années 90, mais en haute résolution.

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Même si ce n’est pas de suite visible avec les premières étendues glaciaires, les environnements de la planète sont très colorés et couverts de plantes aux proportions arbitraires. Les créatures sont tout aussi loufoques : bestioles aux gros yeux globuleux, oiseaux qui fuient en hurlant à la mort, simili-marmottes belliqueuses… Par moment, ces décors étranges ont un petit air de No Man’s Sky.

Le jeu est disponible en français. Enfin… Précisons que Eko et Martin Tweed, le directeur de Kindred, s’adressent au joueur avec un fort accent québecois. Oh, ça rajoute certes une nouvelle couche au côté burlesque du titre, mais il n’est pas certain que ce soit l’effet escompté. Il est tout à fait possible de basculer les voix en anglais (très réussies, surtout pour Eko), mais attendez-vous à tomber sur quelques expressions très typiques de nos cousins américains dans les sous-titres.

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Metroid Lame

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Le jeu se déroule en vue à la première personne. Toute la panoplie des mouvements classiques est bien présente : courir, esquiver, sauter, se baisser ou partir en glissade. Tout cela est nécessaire pour progresser sur les plateformes de niveaux assez aériens ou pour gérer les créatures hostiles. Pour se défendre, on dispose d’une unique arme ; ses munitions sont infinies, mais il faut régulièrement la recharger. Il n’y a que la roue des outils secondaires qui est pénible à parcourir ; des raccourcis pour aller directement à l’objet voulu n’auraient pas été de refus.

La mission première est l’exploration. Il faut donc fouiner dans tous les recoins des trois régions et de leurs zones diversifiées, même si on retrouve la plupart des clichés possibles en la matière. On découvre aussi au fur et à mesure tout un réseau de téléporteurs qui permettent de circuler plus rapidement entre le vaisseau et les zones visitées. Il faut aussi scanner créatures, plantes et autres artefacts afin de remplir l’encyclopédie. Chaque spécimen est alors accompagné d’un petit commentaire humoristique.

Pour progresser dans l’aventure, un certain nombre de nouveaux équipements est nécessaire. Pour en débloquer un, il faut d’abord trouver une ressource unique qui permet au vaisseau de le synthétiser à l’aide de son imprimante 3D.

L’équipement de base peut également être amélioré par la même machine : un inventaire plus large, un booster qui permet des sauts plus longs, un scanner plus efficace, une arme plus dévastatrice… Cette fois, il faut remplir diverses missions scientifiques afin de monter en grade et ainsi avoir accès au matériel plus performant. Ces expériences ressemblent cependant à des défis du genre faire telle action ou tuer X créatures d’une manière précise et elles ne sont guère intéressantes.

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Pour construire tout ça, il faut aussi collecter diverses ressources minérales. Certains filons sont planqués dans divers recoins de la carte et leur présence est indiquée par un léger effet sonore quand ils sont proches.

Quant à la vie et à l’endurance du personnage, c’est par l’ingestion d’un fruit autochtone que ça se passe, cet étrange produit étant lui aussi caché un peu partout sur la planète.

Chaque nouvelle évolution du matériel permet d’accéder à des zones jusque-là inaccessibles. Il est donc nécessaire de revenir sur ses pas afin de dégoter de nouvelles ressources et autres secrets.

L’exploration, les énigmes, le scanner, les combats… La réunion de tous les mécanismes proposés font inéluctablement penser à Metroid Prime. Mais dans un style complètement second degré et débridé.

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Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Le personnage répond bien aux commandes, c’est un plaisir de courir partout et de virevolter avec le grappin. Combattre les créatures demandent un peu de précision : certaines se déplacent plutôt vite et d’autres nécessitent de viser un point faible précis. Une aide à la visée est toutefois disponible dans les options. Sur PC, le contrôle se fait via le duo clavier/souris ou à la manette.

L’ensemble du jeu n’est pas spécialement difficile : les morts sont principalement dues à une faute d’inattention ou à un manque de vigilance au sujet de l’état de la barre de vie. Quand cela arrive, le personnage est cloné au sein du Javelin et il faut chercher le sac contenant les ressources amassées à proximité du lieu de décès. Même les chutes dans le vide insondable ne sont pas fatales, les modules d’exploration du vaisseau étant là pour vous rattraper. Pour ceux qui souhaiteraient un peu plus de challenge, il existe toutefois le mode « vieux jeu » avec un nombre de vies limité, un chronomètre et une mort définitive en cas d’échec.

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Il est possible de faire la totalité de l’aventure en coopération en ligne avec un autre joueur, mais il est à noter que la sauvegarde de la progression se fait uniquement chez l’hôte.

Parmi les options bonus, on trouve un mode photo avec une grande quantité de filtres et de poses pour le personnage. Cependant, il est étrange de constater que le monde continue à tourner pendant la pose ; il est par conséquent assez difficile d’efficacement se prendre en photo avec une créature. D’ailleurs, précisons que ce phénomène est également constaté quand on est dans le menu de configuration ! Vous pouvez tout à fait vous faire attaquer pendant que vous modifiez vos touches, le jeu n’étant pas mis en pause.

Les musiques sont assez discrètes, se révélant aux moments clés ou lors de combats. Elles sont toutefois de bonne facture et contribuent à donner sa personnalité au jeu. L’entraînante musique du menu donne déjà le ton.

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Sur la plage abandonnée

Le jeu s’est récemment enrichi d’un nouveau DLC payant, Hot Garbage. Au cours de l’aventure principale, Kindred demande au joueur de jeter un coup d’œil à sa nouvelle station balnéaire. L’accès se fait par le téléporteur du Javelin. En explorant, on apprend vite que Vyper, un concurrent de Kindred, y a construit des stations qui polluent les environs. Les lieux sont protégés par Kronus, une autre intelligence artificielle tout aussi abrutie que la vôtre. Le but est donc de trouver des preuves compromettantes afin de les chasser de là.

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Boomerdale se présente comme une jungle au bord d’un lagon. Si l’environnement est principalement constitué de la même faune que celle de la campagne principale, l’extension apporte quand même quelques nouvelles créatures et plantes à scanner. Sa superficie est équivalente à une nouvelle région. On y trouve des plans pour de nouvelles améliorations de l’équipement et il y a enfin une vingtaine d’enveloppes à trouver, dispersées dans tous les coins de la carte.

La grosse nouveauté est la possibilité de voler sur une courte distance. De plus, en passant par des anneaux qui rechargent alors les propulseurs, il est même possible de couvrir de grandes distances. La mécanique est toutefois assez mal amenée : comme dans le jeu de base un nouveau matériel avait toujours été introduit par une petite quête, le joueur pourrait avoir tendance à laisser cela de côté pour plus tard alors qu’il s’avère que la combinaison gère cela nativement.

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Veni, vidi, vidi, vidi, vidi, vidi, vidi, vici

Le premier contact avec Journey To The Savage Planet est agréable. L’humour potache est omniprésent et les mystères qui entourent les lieux donnent envie d’en savoir plus. Cependant, le déroulement s’avère vite assez routinier, répétitif : on est bloqué, on nous indique la position d’une ressource qui peut aider, on crée le nouvel équipement et on continue la progression. Les expériences scientifiques, nécessaires pour un meilleur équipement (et donc pour accéder à certains éléments facultatifs) ne sont pas vraiment intéressantes. Même les combats tournent vite court : il s’agit principalement d’éviter les attaques, de potentiellement faire tomber une barrière protectrice et enfin de tirer sur le point faible. Une bataille contre un boss, tout aussi imposant qu’il puisse être, ne consiste donc qu’à tirer sur « l’évidente grosse protubérance orange », comme l’indiquera si bien Eko. Pour finir, la fouille de niveaux déjà parcourus pour récupérer de nouveaux éléments peut également lasser.

Le DLC n’est pas transcendant non plus. Son histoire indépendante use du même humour, mais on se retrouve encore une fois à devoir refaire les mêmes choses en boucle : aller dans une installation, scanner, combattre des robots et passer à la suivante. Le système de vol est intéressant, mais il donne aussi l’impression que les zones sont beaucoup trop étriquées.

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Test réalisé par NeoGrifteR à partir d’une version fournie par l’éditeur.

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