Test de Indivisible - Et pourtant, c'est pas zéro du tout

Sorti en 2019 sur les autres consoles, Indivisible est sorti un peu par surprise fin avril sur la Switch. En effet, le jeu n'aurait pas réellement dû sortir à ce moment, qui a surpris même les développeurs originaux du jeu qui avaient sous -raité le portage sur la console de Nintendo. Si j'en parle, c'est parce qu'à l'heure actuelle, le jeu n'a pas certaines fonctionnalités prévues. Mais même en l'état, Indivisible fait partie des très bons jeux sur Switch.

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Une réalisation qui ne divise pas trop

Les toutes premières secondes de jeu peuvent dérouter même quand on est habitué à ce classique : on est directement mis en combat face à ce que l'œil du gamer repère tout de suite être du genre "boss final" et si l'on n'a pas trop le temps de bien comprendre le système de combat qui est pour le moins original, j'y reviendrai, le parti pris d'une direction artistique style dessin animé fait son effet.

Tout ce qui est à l'avant plan est donc en 2D et animé à l'avenant devant des décors et fonds en pseudo 3D pour un ensemble très réussi. On note néanmoins de temps en temps quelques légers ralentissements face à certains effets visuels en mode docké tout comme des écritures moins fines. Le jeu semble optimisé pour être joué en mode portable même si sur une télévision, ça passe plutôt bien.

Les musiques sont souvent très belles et totalement raccord avec les environnements variés que l'on traverse : thème aux inspirations de Monkey Island dans la ville portuaire ou encore de style plus sud-américain dans les ruines typées aztèques.

Du point de vue de l'histoire, on incarne Ajna, une jeune combattante impétueuse et un peu insolente qui s'entraîne dans son village jusqu'au jour où il est détruit par les troupes du seigneur Ravannavar. Commence alors une aventure qui l'amène dans divers lieux où elle rencontre et s'allie à une galerie de personnages qu'elle absorbe.

Y'a du monde dans ma tête

Non non, Ajna n'est pas une méchante d'anime japonais et ne se nourrit pas des personnages qu'elle rencontre : ces derniers se retrouvent dans son "for intérieur" en tant qu'Incarnations et en ressortent au besoin, que ce soit pour se battre ou pour participer à la discussion. For intérieur dans lequel on peut entrer quand on veut pour discuter avec les personnage, s'entraîner ou encore modifier l'apparence des personnages.

Notons d'ailleurs que certains d'entre eux sont optionnels et qu'une partie de l'exploration du monde peut consister à trouver tous les combattants. Rien d'obligatoire évidemment vu que les personnages débloqués par le scénario sont largement suffisants pour finir le jeu. Cependant, vu qu'ils possèdent chacun des caractéristiques et des styles de combat différents, il serait dommage de se priver d'un maximum de choix possibles.

Pour illustrer cette variété, on a par exemple en possibilité de soigneur Ginseng and Honey, qui fait un soin de groupe dont l'intensité est d'autant plus élevée qu'il a avant frappé (faiblement) les ennemis, ou Thorani, qui dépose des flaques d'eau au sol soignant les alliées qui passent dedans.

Ces personnages peuvent être la source de quêtes annexes et ont plus ou moins d'importance dans l'histoire, mais ils sont le plus souvent très charismatiques. Mention spéciale pour Razmi, qui est le personnage le plus drôle du jeu et nous gratifie régulièrement de réflexions décalées.

Un gameplay original et soigné

C'est sur la partie combat qu'Indivisible ne ressemble a aucun autre jeu auquel j'ai joué. Il se déclenche quand on rencontre un ennemi et il est recommandé de frapper l'adversaire en préambule pour gagner un petit bonus en début de combat.

Notre groupe se compose au maximum de 4 personnages, chacun réagissant à une des touches X-Y-A-B. Une pression sur la touche correspondante au personnage lance son attaque de base et on peut au départ enchaîner jusqu'à 2 coups, mais ceci augmente en trouvant des ringsel (autre raison d'explorer le jeu à fond). On lance des capacités spéciales en associant la pression de touche à une direction et c'est nécessaire ne serait-ce que pour briser la garde de certains ennemis ou les faire atterrir. Certains personnages sont plus simples que les autres à aborder, mais pas nécessairement plus puissants. Heureusement, le jeu fait progresser en expérience tous les personnages ce qui fait qu'on peut les interchanger à l'envie sans en avoir à la traîne et tant mieux vu que l'histoire peut vous priver de certains d'entre eux temporairement.

On dispose également d'une jaune d'Iddhi qui varie pendant le combat et permet de lancer des coups spéciaux particulièrement efficaces ou de ressusciter les morts.

Les combats se déroulent en semi temps réel qui permet d'enchaîner les frappes, mais qui met également l'offensive en pause quand c'est l'ennemi qui frappe, car c'est le moment de parer les coups et la défense est primordiale. En effet, il n'est pas rare qu'un adversaire puisse envoyer un de vos personnages au tapis en deux ou trois coups non parés. La parade est donc très importante, car elle diminue grandement les dégâts reçus et encore plus si la parade est faite de façon précise. De plus, la jaune d'Iddhi descend quand on se met en parade, mais remonte si l'on effectue une parade au bon moment.

Entre ces combats, le jeu consiste à faire de l'exploration-plateforme dans le plus pur style Metroidvania : au fur et à mesure que l'on progresse, on gagne de nouvelles capacités qui permettent d'atteindre des lieux impossibles à atteindre avant. Ajna réagit très bien aux commandes et le design des niveaux fait que l'on doit associer agilité du doigté et utilisation de toutes les capacités à bon escient. Rarement un jeu m'a autant plu sur sa partie plateforme.

Presque parfait

C'est par contre aussi sur cette exploration que le jeu peut subir quelques reproches : si le jeu n'a pas à rougir de sa durée de vie (comptez 20 à 25 heures pour finir l'histoire) principale, c'est parce qu'il abuse un petit peu des aller-retour à faire dans les différents lieux. D'ailleurs, il arrive plus d'une fois qu'un personnage vous dise quelque chose du genre "on devrait aller voir ailleurs, on ne peut pas passer pour le moment".

La difficulté de certains combats peut également parfois agacer, mais généralement le dernier point de sauvegarde est heureusement assez peu punitif.

Enfin, comme indiqué en introduction, la version Switch est pour le moment incomplète, sans New game+ ou mode coop, mais c'est voué à changer.

Ces défauts ne remettent pas en cause le fait qu'Indivisible est un très bon jeu à la fois sur le fond et sur la forme et sera probablement un des meilleurs jeux de l'année sur Switch.

Testé par Aragnis sur Switch avec une version fournie par l'éditeur.

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5,3 / 10 - Moyen

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