Test de Skater XL - Faut pas craindre de se ramasser

Après une décennie particulièrement avare en planche à roulettes vidéoludique, Easy Day Studios fait parler de lui en sortant Skater XL dès le 28 juillet, sur Xbox One, PlayStation 4 et PC. Alors sortez votre vieux baggy et préparez-vous aux chutes suites à des tricks mal placés sous un soleil californien brûlant !

Plutôt goofy ou regular ?

Avant toute chose, il est important de prendre en compte que le jeu se place dans le domaine de la simulation réaliste. Si vous cherchez à enchaîner des tricks et vous envoler à 15 mètres du sol à chaque saut, ce titre n’est clairement pas le bon pour ça !

Ici, vous contrôlez votre personnage, et notamment ses pieds, grâce à vos joysticks : le stick gauche correspondant au pied gauche et le droit au pied… droit de façon évidente. Les mouvements que vous réalisez permettent donc de déclencher les différents Olie, Kickflip et autre 360°. Vous avez bien entendu la possibilité d’accélérer (touche X) et de freiner (touche O) à votre guise, tout comme diriger votre personnage vers la gauche (touche R2) ou la droite (touche L2). L’ensemble de vos actions est d’ailleurs visible en permanence à l’écran, illustré par une manette prenant aisément 10/15% de votre écran dans le coin inférieur gauche. Si je peux comprendre l’idée dans une volonté de stream, pour montrer à ses viewers les différentes touches appuyées pour réaliser ses tricks, je reste perplexe quant à son affichage en mode solo.

Bref, bien que le gameplay s’avère relativement simple à l’écrit, il faut reconnaître que le tout est particulièrement brouillon et très difficile à prendre en main. On se retrouve rapidement à ne plus savoir où mettre ses doigts sur la manette ou à réaliser des tricks involontaires (se soldant presque systématiquement par une chute) alors qu’on pensait juste tourner la caméra avec le joystick. Et c’est très frustrant.

Et si le tout n’était pas assez compliqué, il n’y a aucune aide ou explication en jeu. Vous voulez faire des tricks en particulier ? Soit vous savez comment le faire dans la réalité (et franchement, respect !), soit vous tentez votre chance pour sortir quelque chose en faisant n’importe quoi. Notons tout de même l’existence d’un menu « Challenge », qui permet d’apprendre les différentes figures, sous forme de défis propres à chaque figure dans lesquels le but est simplement de répéter une action montrée. Si c’est amusant sur un trick ou deux, c’est vite ennuyant et on a tendance à vouloir partir rapidement s’amuser dans un des différents niveaux du jeu.

Et un grind, un !

BOUM  : Trauma crânien + fracture du scaphoïde droit

Et là, le bât blesse. Ils sont, en tout et pour tout, au nombre de cinq : Easy Day High School, The Big Ramp, Downtown LA, California Skatepark et West LA courthouse. En plus, ils s’avèrent particulièrement petits. C’est simple : vous faites le tour de chacun de ces niveaux en quelques minutes seulement. Pour autant, Easy Day Studios a été plutôt malin et offre la possibilité de jouer à des cartes communautaires. Joie ! Celles-ci sont actuellement au nombre de trois, on espère que cela augmentera rapidement. Néanmoins, le jeu ne proposant pas d’éditeur de niveaux, cela semble difficile de créer une carte communautaire, non ?

En ce qui concerne leur construction/design, ils souffrent tous du même problème… ils sont vides. Littéralement. On sent la bonne volonté des développeurs de reproduire certaines ambiances californiennes digne des « Lords of Dogtown », mais ça ne prend pas. Il n’y a pas de vie, rien. Si ce n’était pas suffisant, le jeu est totalement à la ramasse graphiquement et donne l’étrange sensation d’être revenu à la génération PlayStation 3 et Xbox 360. Malgré la présence d’un patch day one, j’ai été confronté à plusieurs ralentissements répétitifs, à de gros soucis d’aliasing, à des décors qui apparaissent et disparaissent aléatoirement ou encore à des bugs de textures et de collision divers me permettant de passer au travers de bâtiments, mais de tomber lamentablement sur une marche d’escalier.

D’ailleurs, les réactions de votre personnage sont dignes de celle d’un mannequin de crash test. La sensation de jouer à Human Fall Flat dans un jeu de skate est une expérience innovante et étrange. Certes, c’est drôle, mais quand on essaye d’offrir un gameplay réaliste, ça fait surtout rire jaune le joueur.

Pour en terminer sur les (bien trop) nombreux points négatifs, nous pouvons noter une absence totale de mode histoire ou compétition, pas de système de scoring, pas de multijoueurs (en ligne ou en local), pas de possibilité de quitter sa board pour marcher (ce qui est pratique pour sortir d’un point d’eau ou monter des escaliers par exemple !) ou encore une localisation digne des grandes heures de Google Trad (dès le tutoriel, on peut admirer des textes mélangeant français et anglais, couplé à des erreurs d’orthographe ou de grammaire particulièrement grossiers).

En juillet 2020, c'est difficilement acceptable.

Go taper un nosegrind sur un rail !

Pour autant, le jeu n’a-t-il vraiment rien de positif à proposer ? Pas totalement, heureusement !

En effet, la bande son indie rock/electro s’écoute bien et apporte la fameuse ambiance Cali/West Coast recherchée. On aurait pu apprécier un peu plus de punk rock propre à la culture en question, mais ça serait chercher la petite bête là où l’offre est honnête.

Par ailleurs, le jeu propose un éditeur de personnage plutôt bien rempli. Si le choix au niveau des personnages reste très limité (et tout aussi daté graphiquement que le reste du titre), on retrouve néanmoins de nombreuses marques célèbres comme Element, DC, Etnies, Sk8Mafia ou encore Santa Cruz pour ne citer que celles-là. Les fans pourront se faire plaisir, jusqu’à choisir le grip ou les trucks de leur board. Et ce n’est pas grand-chose, mais ça fait toujours plaisir de voir que les marques historiques ont jouées le jeu !

La rampe, ça passe tranquille

Tous à board !

Malgré tout, cela ne rattrape pas le tableau général. Skater XL est un jeu moyen, voire mauvais. On s’y ennuie très rapidement et rien n’est fait pour donner envie de prolonger l’expérience particulièrement famélique qui est proposée. À titre personnel, j’ai insisté en me disant que ce n’était qu’une mauvaise première impression, mais rien n’y fait : la sauce ne prend pas. Et compte-tenu de son prix de 40€, bien qu’il vise un gameplay plus arcade, je ne saurais vous conseiller d’attendre la sortie du remake de Tony Hawk Pro Skater 1+2 en septembre prochain si l’envie de taper des tricks vous chatouille les mains.

Et si vous tenez à vous faire un vrai kiff, ressortez Skate 3. Bien que sorti en mai 2010, il s’avère largement plus complet que ce titre, bien plus vivant, avec plus d’options en termes de gameplay. De plus, accessoirement, il n'est pas tellement à la ramasse visuellement, en comparaison. Enfin, de vous à moi, ça me fait mal de devoir l’avouer, mais Skater XL est vraiment raté, d’autant que le titre a été repoussé encore récemment pour être peaufiné.

Une dernière pour la route ?

Test réalisé par Dunta sur PlayStation 4 à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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Plateformes PlayStation 4, Windows, Xbox One
Genres Simulation sportive, contemporain

Sortie 28 juillet 2020 (France) (PlayStation 4)
28 juillet 2020 (France) (Xbox One)
28 juillet 2020 (France) (Windows)

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5,3 / 10 - Moyen

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